à, prép. Fréq., oral, mésolecte, basilecte. Nombreuses spécificités écrites
et orales.
1- Derrière
un comparatif, remplace souvent "que". Quant à N'Guessan, il était depuis longtemps devenu mon ami. C'était un
homme meilleur à moi. Chénier, 1972 : 14. Sa situation est peut-être défavorable avec son appartement de trois
pièces (pour treize personnes) mais elle est meilleure à celle de nombre d'employés.
FM., 05.10.1983. L'ambiance est
plus chaude à hier nuit*. (Jeune, Abidjan, 1983).
2- Pour
l'expression du temps.
a)- Indique
le moment de l'action. (Pas de préposition en fr. standard). C'est un lundi à l'après-midi qu'il a fait
l'accident*. (Secrétaire, Abidjan, 1990).
b)- Indique
la durée : pendant, durant. A mon CM2, je
vivais chez un tuteur. (Rédaction, élève 5ème, Bouaké, 1982). A ma quatrième, mon père était décédé. (Etudiant,
Abidjan, 1980).
LOC.: à bas
âge*, à l'absence de*.
3- Pour
l'expression du lieu, introduit un locatif désignant rue, route. (Pas de
préposition en fr. stand.). Maintenant il
habite à la rue Chardy. (Coiffeuse Abidjan, 1980). L'ouverture d'une nouvelle bouquinerie située à la rue du commerce*,
près de la gare routière, ouvre de nouvelles possibilités pour les amateurs de
lecture de Man FM.,
04.03.1982. Les policiers l'ont arrêté à
la route de Bingerville. (Copie 3ème, Abidjan, 1983). C'est au Café des Sports à la rue du Commerce, qu'il m'a donné pour la
première fois cinquante mille francs. Détective, 16.03.1995. Tu pars en gaz*-oil à la rue Princesse?
(Etudiant, Abidjan, 1998).
4- confusion
avec "en". V. A BAS AGE, A L'ABSENCE DE, A CE MOMENT, A L'ETAT, A
SON TEMPS, À SA FAVEUR. loc.adv.
Fréq., oral , écrit, mésolecte. En bas âge, en l'absence de, en son temps,
en temps utile, en sa faveur. La bande
avait rendu visite le même jour à Mme K. A. C'était à l'absence de la
propriétaire. FM., 21.03.1980. Trois
fois je suis parti* chez toi à ton absence. Je ne viendrai plus te saluer*. (Secrétaire,
Abidjan, 1983). Mme A.M.C. qui avait
fait, à son temps, une déclaration de vol.[.]. FM., 22.08.1990. Si vous aviez fait la demande à son temps,
hein? (Secrétaire, Abidjan, 1990). Tout
ça ne plaide pas à votre faveur ! (Enseignant, Abidjan, 1992). Il se rend à la police où il raconte
l'histoire à sa faveur évidemment. Détective, 16.03.1995. Les comptes seront faits à temps opportun.
Nouvel Horizon, n°143, cité Dagnac, 1996 : 170. La grève va continuer, à l'état actuel des choses. (Enseignant,
Bouaké, 1996). Que produire ? Où et
comment ? Par qui ? A quelle quantité ? Nouvel horizon, n°143, cité
Dagnac, 1996 : 170.
LOC.: être à
mesure* de.
5- par
modification de la construction verbale, soit par adjonction de "à" (V.
AIDER* A, FAUTER* A, ... ), soit par suppression de "à" (V.
ASPIRER*, ASSISTER*, ECHOUER*, ...), soit par substitution d'une autre
préposition (V. ACHETER* AVEC, ...).
6- entre dans
la composition d'un certain nombre de locutions :
+ à bas âge, loc.adj. V. BAS* AGE.
+ à chez
moi [toi, lui, ...] maison, à chez nous village, à chez nous
pays, loc.adv. V. MAISON*,
VILLAGE*, PAYS*.
+ à côté
à côté, loc.adv. V. COTE*.
Fréq., mésolecte, basilecte, surtout
oral. Dans le voisinage immédiat, tout à côté [de]. C'est à côté à côté Monoprix. (Chauffeur, Abidjan, 1982). Ça* quitte dans village à côté à côté pour
venir ici. ID., 30.04.1989.
"Tu habites loin ?" - "Non ! à côté à côté. "(Lycéen,
Bouaké, 1990).
+ à deux doigts, V. DEUX* DOIGTS, VOLEUR* A DEUX
DOIGTS.
+ à la lettre, loc.adv.
V. LETTRE*.
+ à l'africaine, loc.adv. V. AFRICAINE*.
+ à l'aise, loc.adv. V. AISE*.
+ à
l'enfance, loc.adv. V.
ENFANCE*.
+ à
l'indigénat, loc.adv. V.
INDIGENAT*.
+ à
l'ivoirienne, loc.adv. V.
IVOIRIENNE*.
+ à
mon [/ton/son/notre/votre/leur] temps, loc.adv.
V. TEMPS*.
+ à
plus!,[aplys], interj. V.
PLUS*.
+ à
ton nom, loc.adv. V. DANSER* A
TON (MON, SON,...) NOM*.
+ à toute! interj. V.
TOUTE*. Assez fréq., oral surtout,
familier et plaisant. chez les lettrés. A bientôt, à tout à l'heure. Si
quelqu'un me demande, je reviens tout de suite. A toute ! (Professeur,
Abidjan, 1986).
ENCYCL.: formule qui met fin à un entretien en sous-entendant qu'on
reverra l'interlocuteur au cours de la journée.
COM.: -t final prononcé avec durème.
aakwaaba! interj. V. AKWABA!*
abacos, n.m. V. BACOSSE*.
abacost, n.m. V. BACOSSE*. Sanglé dans un abacost gris-beige,
sourire aux lèvres, Gueï attendait en devisant. J.A.-L'Intelligent, 21/27.11.2000.
abacourt (être en ----), loc.verb. Argot
zouglou, (mot-valise sur "abacost*"
et "court"), jeunes urbanisés, plaisant. Etre de petite
taille. Dis donc, ton djo* il est en
abacourt ! Tu es plus grande que lui,
on dirait. (Corpus Tschiggfrey, Abidjan, 1995).
abalé, n.m. Spéc.,
(flore), (de l'agni), mais assez fréq. (Combretodendron africanum [Welw. ex
Benth ex Hook] Excell. = Petersia africana Welw.). Grand arbre forestier de la famille des Lecythidacées,
exploité pour son bois et utilisé en pharmacopée locale. Bois de cet arbre (V.
BOIS* JAUNE). L'abalé [.] est utilisé
par les guérisseurs ivoiriens qui lui attribuent unanimement des propriétés
laxatives ou purgatives selon la dose. Bouquet/ Debray, 1954 : 99.
Roberty, 1954 : 128, Aubreville 1959, III, 45. Adjanohoun/ Aké Assi, 1979 : 160.
SYN.: abimpé
(agni), kan (attié), koti (abé), pin (yakouba), toutou (krou).
abana ! interj. (du mandenkan , "il a fini" ), vieilli , oral, écrit, fam. Terminé
! Fini! Plus question ! Abana ! je n'en parle plus, j'ai compris.
(Militaire, Bouaké, 1977). Moi, les
taxis*-brousse après ça ? Abana ! (Enseignante,
Daloa, 1984).
abandonner la craie, loc.verb. V.
CRAIE*.
abboki, n.m. V. ABOKI*. Dans la soirée, lorsque les abbokis
reviennent, pas mal d'Abidjanais désargentés prennent un petit déjeuner en
guise de dîner. Bonnassieux,
1987 : 136.
abidjanaise, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Hymne
national ivoirien. Tu connais les paroles
de l'Abidjanaise ? (Enseignante, Abidjan, 1977). Vint le moment de l'exécution de l'abidjanaise par la jeune fanfare de
la ville. FM., 28.01.1983. Le
jour où on commencera à mettre les gens en prison pour ça chez nous, nous nous
mettrons tous au garde à vous dans nos salons, quand l'abidjanaise mettra fin
aux émissions de la télé. Ivoir'Soir, 14/15/16.08.1997. Car combien étaient-ils ceux qui éprouvaient
un plaisir patriotique à chanter, la main sur le coeur, l'Abidjanaise ? Ivoir'Soir,
18.01.1998.
abissa, abyssa,
n.f. Assez fréq., (du nzima), oral,
écrit, tous milieux.
1- Fête
traditionnelle annuelle des Nzima, caractérisée par des danses et des séances
rituelles de chants satiriques de critique sociale, destinés à apaiser conflits
et tensions. L'abissa [.] comporte une
séance rituelle d'accusation au cours de laquelle les conflits refoulés durant
l'année sont exposés publiquement. FM., 29.03.1983. L'abyssa n'est pas un simple rituel [.].
C'est une puissante institution de critique sociale et d'instruction morale
permettant de construire une communauté saine et fraternelle. FM.,
14.11.1983. A Grand Bassam, l'activité
touristique attend son point fort vers la fin du mois d'octobre avec la fête de
génération* et celle de réjouissances populaires dite abissa. FM.,
29.11.1990. Fête en l'honneur des morts,
l'Abissa se déroule à Grand Bassam au début de Novembre pendant sept jours.
Rémy, 1996 : 129.
2- Danse
spécifique exécutée lors de cette fête. On
avait donné l'ordre qu'on fit venir certaines danses* typiques [.], il y aura
forcément le goli*, le zaouli*, des danses poros* du pays sénoufo, celles du
pays bété sans parler de l'abissa, le nolé*, danses éburnéennes*, aussi
typiques, aussi variées, aussi colorées les unes que les autres. Anoma
Kanié, 1978 : 116. Nous sommes allés,
dimanche, voir danser l'abissa, c'est une des plus folkloriques du pays.
(Fonctionnaire du Trésor, Abidjan, 1982). C'est
du Chef* suprême de la ville de Begnini
que, chaque année, les sept clans de la tribu Nzima sollicitent et obtiennent
l'autorisation de donner l'abissa. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 155. Puis sous* le coup de 16 h., l'Abissa a
véritablement débuté. Considérée comme une danse de génies de la forêt,
l'Abissa, danse annuelle, danse sacrée à la truculence carnavalesque, danse
dont l'origine remonte à l'exode des Akan, est avec une redoutable précision
célébrée tous les ans à Bassam. C'est la nouvelle année en quelque sorte. Ivoir'Soir,
10.11.1997.
LOC.: danser* l'abissa : célébrer la fête de l'abissa.
ablakon,
[ablakT], n.m. Assez fréq., (de l'abouré), oral, écrit, sud-est.
Sorte de cache-sexe traditionnel consistant en une bande d'étoffe passée entre
les jambes et fixée à la taille par une ficelle qui sert de ceinture. C'est
ainsi que A.W. qui a préféré l'ablakon au short réglementaire, soulevait un
fou rire à chacune de ses interventions. FM., 22.04.1981. Pour
aller pêcher sur la lagune, les hommes portaient l'ablakon. (Informateur,
Bassam, 1982). Le match a toujours comporté un côté très amusant à cause de la
tenue très originale de certains joueurs [.]. L'un a préféré l'ablakon au
short. FM., 10/11/12.04.1982. Il
[: l'homme élu èbè*] a été
longuement ovationné par la salle du cinéma Samo, surtout dans sa tenue
d'"ablakon". Ivoir'Soir, 05.06.1997. En
effet, lors de son premier passage [: celui de la candidate miss),
son "ablakon" a choqué les uns et ravis les autres. Ivoir'Soir,
08.12.1997.
abodan,
abôdan, [abCdS],
n.f.
Fréq., (de l'agni ), oral,
écrit, sud. Célèbre danse agni
qui n'est exécutée qu'à l'occasion de grandes cérémonies traditionnelles. Ce
fut l'abodan juste après. C'est l'une des plus anciennes danses agni qui s'exécute
lors du déplacement, de l'intronisation* ou du mariage d'un dignitaire du
royaume. FM., 09.12.1980. Nous
avons demandé l'autorisation de filmer l'abodan parce que c'est un moment
important du peuple agni. (Sociologue, Abidjan, 1985). Tété
Bell nous propose de danser sur des rythmes comme l'abodan, le zouk*, le
soukouss* et le high*-life. Ivoir-Soir, 08.10.1997. Les
billets enlacés dansaient l'Abôdan, le Mapouka* serré, le Zouglou*, la danse
philosophique des pauvres. Adé Adiaffi, 2000 : 190.
abodjé, n.m. Argot zouglou. V. SAMARA*,
TAPETTE*.
abogi, n.m. V. ABOKI*. Un
abogi chauffe son eau, les morceaux de pain étalés sur la table. Deux hommes
sont assis et mangent en silence. V. Tadjo, 1992 : 12.
aboké, n.m., Spéc (flore), (de l'abé).
(Massularia acuminata [G.Don.] Bullock ex Hoyle). Petit arbre de la fam. des
Rubiacées dont l'écorce, les feuilles et les fruits sont utilisés comme poison
pour la pêche. Aubreville, 1959, III : 282.
aboki, agboki, abboki, abogi, [aboki], n.m. Fréq., (du haoussa du Niger, et du Nigéria,
"ami, camarade"), oral, écrit, tous milieux. Petit restaurateur en plein air, qui sert sandwiches, thé
ou café, à proximité d'un chantier ou sur le bord de la route. Celui-là qui se nomme aboki, qui se lève tôt
le matin pour tenir prêt le petit déjeuner des
travailleurs. ID, 29.07.1973. Au départ, il était une sorte d'aboki, vous savez ces braves
messieurs qui vous vendent du thé ou du café pour le petit déjeuner. FM.,
04.02.1980. L'agboki faisait la tasse et
le pain au beurre à soixante cinq francs. Otitro, 1984 : 52. Les abokis vendaient du café chaud et du
pain beurré ou de la viande grillée. Koné, 1986 : 36. Dans
la soirée, lorsque les abbokis reviennent, pas mal d'Abidjanais désargentés
prennent un petit déjeuner en guise de dîner. Bonnassieux, 1987, 136. Depuis quelques jours, ceux-ci [: des
commandos musclés] s'attaquent sans pitié
[.] aux "aboki" qui préparent dans la rue le café au lait et le pain
beurré des travailleurs [.]. Jeune Afrique, 24/30.07.1996 : 71. Le soir, je bois café chez l'aboki de mon
quartier. Ivoir'Soir, 10.12.1997.
abombez !, interj. Vieilli, (du frs "bombe"), oral, fam., basilecte, plaisant
chez les intellectuels. Plus vite ! A toute vitesse ! Allez ! Allez ! Abombez ! (cris de la foule à l'arrivée du rallye
du Bandama, Abidjan, 1982). Abombez,
espèces de tortue ! (Etudiante,
Abidjan, 1983).
COM.: utilisé uniquement comme injonction.
abondant, (être ----), loc.verb. litt., rare
(Kourouma). Etre prolixe, parler longuement. Tous les griots furent abondants. A. Kourouma, 1970 : 146.
aboudikro, aboudikrou,
n.m. Spéc., (flore), (de l'abé), relativement fréq.. (Entandophragma
cylindricum Sprague = E. rufa A. Chev. = E. tamentosum A. Chev.). Grand arbre
forestier de la famille des Méliacées, très exploité. Bois brun-rouge cuivre à
odeur de cèdre de cet arbre (V. BOIS* ROUGE 1). Roberty, 1954 : 158. La commission a recommandé l'arrêt total des
exportations de certaines essences en grumes : il s'agit de l'aboudikrou. Quant
aux célèbres acajous* d'Afrique [.] bien connus aujourd'hui, on les appelle
commercialement selon les espèces : acajou*, acajou blanc*, sipo*, aboudikro,
tiama* et kossipo*. Aubreville, 1959, I : 145. Des arbres de première grandeur, fromager*, samba*, aboudikro au fût
droit, lisse et nu. Meillassoux, 1964 : 93.
ENCYCL.: du point de vue du botaniste, l'aboudikro est le vrai acajou
d'Afrique, séparé du Swietania américain par un détail minime, alors que les
acajous* du commerce (Khaya) sont différents du véritable acajou américain.
COM.: sapelli
est le nom pilote de ce bois. CTFT, 1989 : 375.
SYN.: acajou* vrai, bossé*
rouge* (forestiers), sapelli (Cameroun), pan (gouro), bouboussou (bété).
abougnon, abou-gnon, n.m. adj.
Spéc., (agriculture), (du baoulé, "partager en deux
parties")
1- n.m. Système de métayage dans lequel la récolte est divisée en
deux parties, l'une pour le propriétaire de la plantation, l'autre pour le travailleur
agricole. Pour les métayages, il y a
passage tendant à se généraliser, au partage de la récolte en deux : abougnon
et non plus en trois : aboussan* dont un tiers seulement revenait au manoeuvre.
Ministère du Plan et de l'Economie, 1979, Schéma directeur, I : 35. La récolte est alors partagée dans la
proportion de deux tiers pour l'employeur et d'un tiers pour les manoeuvres
(c'est le système Abou-san*) ou à part égale (système Abou-gnon). Affou
Yapi, 1986 : 43.
LOC.: faire* abougnon. (part.)
2- n.m. Par extension, métayer, manoeuvre rémunéré selon le principe
du partage de la récolte en deux parties. Il
a palabre* avec l'abougnon. (Animateur rural, Bouaké, 1979).
3- adj. Qualifie un
ouvrier agricole retribué suivant le système du partage en deux parties de la
récolte. La rémunération du manoeuvre
Abou-san ou Abou-gnon se fait en nature. Affou Yapi, 1986 : 50.
4- abougnon, (faire ---- ), loc.verb. Travailler comme ouvier agricole selon les termes d'un
contrat garantissant à l'employé la moitié de la récolte. C'est mieux de faire abougnon parce qu'on gagne plus ! (Informateur,
Abidjan, 1983).
aboussan, abou-san,
aboussa, agboussa, agboussan. n.m.,
adj. Spéc., (agriculture), (du baoulé
"partager en trois parties".), vx. (Centre, sud)
1- n.m. Système de métayage traditionnel
dans lequel la récolte est divisée en trois parties, un tiers allant au
travailleur agricole, deux tiers au propriétaire. L'Abous-san est, par son origine, une catégorie économique des sociétés
agni-ashanti précoloniales. Affou Yapi, 1986 : 43. Le métayage, ici, c'était surtout l'aboussan avant, mais maintenant,
c'est fini. (Informateur, Adzopé, 1990).
2- n.m. Par extension, travailleur agricole
rémunéré selon le système du tiers de la récolte. Il a été observé dans les grandes exploitations villageoises, une
tendance à la reconversion des travailleurs mensuels en Abou-san (métayers au
tiers) après une période d'un an au moins au service du même employeur.
Affou Yapi, 1986 : 43. Quand mon père est
venu travailler en Côte d'Ivoire, il était aboussan pour un planteur de cacao,
du côté de Daloa. (Lycéen, Bingerville, 1989).
3- adj. Se dit d'un ouvrier agricole
travaillant selon le système de rétribution par le tiers de la récolte. Entre les planteurs* et les manoeuvres
abous-san, il existe un contrat libre (oral ou écrit) qui fait état de la
qualité du manoeuvre, de la durée du contrat, lequel est contresigné le plus
souvent par un membre de la communauté des manoeuvres. Affou Yapi, 1986 :
48.
4- aboussan,
(faire ---- ), loc.verb., vx.
Travailler comme ouvrier agricole selon les termes d'une sorte de contrat de
rémunération garantissant au travailleur un tiers de la récolte. On te disait :"Tu veux faire contrat*
ou aboussan ? "(: Tu veux être payé en argent liquide ou par le tiers
de la récolte ?), (Informateur, récit, Lakota, 1974 ).
ANTON.: faire
abougnon*, faire contrat*.
abre, n.m. V. ABRUS* A PRIERE.
abréba, n.m. V. COMMIS*, LETTRE*.
abricotier, n.m. Spéc. , (flore).
1- abricotier
d'Afrique, (Mammea africana G.
Don). Grand arbre de la famille des Guttifères à gros fruits dont la pulpe
fibreuse, à odeur de pomme, est comestible. Il fournit un bois rouge foncé et
dur. Aubreville, 1959, II : 330.
SYN.: djimbo*.
2- abricotier
d'Amérique, (Mammea americana Linn.). Grand arbre de la famille des
Hypericacées, à grosses drupes comestibles évoquant l'abricot par la couleur et
la saveur. L'abricotier d'Amérique aux
fruits comestibles est cultivé dans quelques jardins d'essais. Roberty, 1954 : 244.
abroma, n.m. Spéc., (flore). (Abroma augustum Linn.). Plante ornementale, cultivée en jardin d'essais comme plante
textile. Roberty, 1954 : 43.
abrus à prière, n.m. Spéc., (flore). (Abrus precatorius Linn.). Arbuste grimpant de la famille des Papilionacées. Il a des
graines rouges à point noir, jolies mais toxiques, utilisées pour la confection
de chapelets et de colliers. Reconnus
récemment comme très toxiques, les beaux colliers de graines d'abrus à prières
sont interdits sur tous les marchés du monde. Adjanohoun/, Aké Assi, 1979 :
216.
SYN.: arbre (vx), crab's eye (rare), jeguerity ou
jequirity* (portugais du Brésil), liane-réglisse*, pater-noster*.
absenter, v.tr.d. Assez fréq., oral, écrit , mésol.
et basilecte.
1- Ne pas
trouver à domicile quelqu'un à qui l'on venait rendre visite. Je suis venu absenter Monsieur. Je
reviendrai demain matin. (Note écrite, Bouaké, 1985). Combien de fois faut-il venir t'absenter pour arriver à te voir ? (Infirmière,
Abidjan, 1983).
SYN.: venir* manquer.
2- Etre cause
de l'absence de quelqu'un. C'est la
maladie seulement qui l'a absenté. (Abidjan, 1983). Il n'est pas là, la pluie l'a absenté. (Etudiante, Abidjan, 1988).
abyssa, n.m. V. ABISSA*. Ce n'est, en effet, un secret pour personne
que l'abyssa, du fait de sa grande popularité, était devenue ces dernières
années, une cérémonie dont il était difficile de percevoir les racines réelles.
FM., 27.10.1979.
acacia, n.m. Spéc.,
(flore). Terme générique désignant de nombreuses espèces d'arbres ou
arbustes épineux savanicoles.
1- acacia du Gabon, (Lonchocarpus sericeus H.B. et K.). Arbre de la fam. des
Papilionées au bois dur, jaune clair. Aubreville, 1959, I : 348.
SYN.: boma /
akafankrobou (baoulé), niako (dioula), ékopa (agni), samokon (abron), zéhoui
(gouro).
2- acacia du Sénégal, V. NEB*-NEB. (Acacia Senegal var. samoryana A.
Chev). Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 186.
SYN.: djala
(mandenkan).
2- acacia
flamboyant, vx. V.
FLAMBOYANT*. (Delonix regia [Boj.] Raf.)
3- acacia tannin, (Acacia nilotica [Linn.] Wild. et Del.). Petit arbre à fleurs jaunes et dont l'écorce
sert pour le tannage des peaux. Roberty, 1954 : 193.
4- acacia verek, V. GOMMIER*. (Acacia verek Guill. Perr.). Variété sahélienne de l'acajou du Sénégal. Roberty,
1954 : 193.
acagnibaka, n.m. Spéc., (flore), (de l'agni). (Olax subscorpioidea Oliv.). Arbuste des forêts denses humides. Aubreville, 1959, I :
106.
SYN.: acagnigué
(baoulé), hachéchémon zakoué (attié).
acaïou, n.m. Vx, Spéc, (histoire, flore), (du tupi,
l. amérindienne "acaju", "fruit du "cajueiro" ). V.
ANACARDIER*. (Anacardium
occidentale Linn.). Appellation très ancienne de l'anacardier, petit arbre de
la famille des Anacardiacées décrit en 1598 par A. Thevet, Singularitez de
la France antarctique... [.}avec une
grande quantité d'arbres qu'ils nomment acaïous, portant fruits gros comme le
poin en forme d'oeuf d'oye [.] . Au bout de ce fruit vient une espèce de noix,
grosse comme un marron, en forme de rognon de lièvre. Quant au fruit qui est
dedans, il est très bon à manger, pourvu qu'il ait légèrement passé par le feu."
cité par Bois, 1928 : 156.
acajou, n.m. Spéc., (flore), (du tupi, l.
amérindienne "acaïacatinga", désignant l'acajou d'Amérique, Swietania
mahagony, devenu en français par troncation "acajou" et confondu avec
"acajou" issu d'acaïou*, anacardium occidentale), très fréq. Terme générique transposé de
l'arbre américain (Swietania sp.) à son représentant africain (Entandrophragma,
V. ABOUDIKRO*, ACAJOU VRAI), puis étendu à l'espèce africaine Khaya,
botaniquement assez différente mais à bois rouge de qualité.
COM.: acajou d'Afrique est le nom pilote de ce bois ainsi qu'african mahagony pour
les pays anglophones. CTFT, 1989: 381.
COMP.: acajou à grande feuille, acajou-bassam, acajou blanc, acajou
de Bassam, acajou de Rhodésie, acajou du Sénégal, acajou épineux, acajou
femelle, acajou figuré, acajou lisse, acajou résineux, acajou vrai,
cèdre*-acajou.
1- acajou,
n.m. En Côte-d'Ivoire, désigne plus
particulièrement un arbre spécifique, l'acajou de Bassam, (Khaya
ivorensis A. Chev.) et le bois de cet arbre. Depuis qu'en 1855, la première bille d'acajou* sortit de la plantation
coloniale d'Elima. Languellier, 1977 : 17.
2- acajou à grande feuille, (Khaya grandifolia C. DC.). Grand arbre forestier de la
famille des Méliacées. Très exploité. L'acajou
à grande feuille occupe une aire plus méridionale que le caïlcédrat*. Aubreville,
1959, II : 147. Deux essences sont
typiques des galeries forestières du nord [.] l'acajou à grande feuille et le
lingué* . Arnaud /Sournia, 1980 : 30.
3- acajou-Bassam,
acajou-bassam, acajou de Bassam, V. ACAJOU 1. Usuel, (du nom d'une ville côtière de Côte d'Ivoire qui fut le premier
port exportateur de bois et la capitale du pays, de la création de la colonie
en 1893 jusqu'en 1901). (Khaya ivorensis A. Chev.). Grand arbre forestier
de la fam. des Méliacées, surexploité. Bois de cet arbre (V. BOIS* ROUGE). Cette espèce fournit l'acajou dit de
Bassam, l'acajou le plus tendre, celui qui a fait la réputation de la forêt de
Côte d'Ivoire. Aubreville, 1959, II : 154. A partir de 1880, les Anglais [.] furent les premiers à s'intéresser
aux bois de la région d'Assinie, surtout l'acajou-Bassam. Arnaud /Sournia,
1980 : 33. L'acajou-bassam [.] a
rapidement laissé la place à d'autres essences peu recherchées auparavant. FM.,
07.06.1980.
SYN.: acajou,
acajou à peau rugueuse (forestiers).
4- acajou blanc, (Khaya anthoteca [Welw.] C.DC). Grand arbre forestier de la
famille des Méliacées, exploité. Bois de cet arbre. L'acajou blanc est l'acajou exclusif du bassin du Sassandra. Aubreville,
1959, II : 147. Petit à petit, on
s'intéressa à d'autres essences telles que l'acajou blanc, le makoré*,
l'avodiré* et l'iroko* mais jusqu'en 1951, l'acajou-bassam* garda la première
place. Arnaud /Sournia, 1980 : 33.
SYN.: acajou à
peau lisse, acajou lisse, ira* (forestiers).
5- acajou de Bassam, V.
ACAJOU-BASSAM.
6- acajou de Rhodésie, V. LINGUE*. (Afzelia africana Smith.). Nom impropre d'un arbre de la famille des Caesalpiniacées
qui n'est pas un acajou et n'existe pas au Zimbabwé (ex- Rhodésie). Roberty,
1954 : 157.
7- acajou
du Sénégal, V. CAILCEDRAT*. Le
caïlcédrat ou acajou du Sénégal fut exploité bien antérieurement à 1880. Aubreville,
1959, II : 147.
8- acajou épineux, V. NIANGON*.
9- acajou
femelle, V. CEDRE*-ACAJOU.
10- acajou figuré, variété de bois
d'acajou* à fibres très irrégulières présentant sur une section des dessins à
reflets moirés d'un bel effet. Les bois
figurés sont très rares, du moins les beaux acajous figurés. Aubreville,
1959, II : 152.
ENCYCL.: parmi les bois figurés, les spécialistes distinguent les
frisés, les lamés, les mouchetés, les rubannés. Pour le plus cher, le bois
drapé, il s'agit d'une loupe d'acajou en hélice.
11- acajou indigène, V. CAILCEDRAT*. Les
pirogues étaient toutes en caïlcédra* (acajou indigène). Binger, 1892, I :
12.
12- acajou lisse, V. ACAJOU BLANC.
13- acajou résineux, V. NIANGON*.
14- acajou
vrai, appellation donnée globalement en Côte-d'Ivoire aux Entandrophragma (V.
ABOUDIKRO*, KOSSIPO*, SIPO*, TIAMA*, ZINZAN*) fort peu différents des
véritables acajous (Swietania) d'Amérique. Roberty, 1954 : 158.
acajoutier, n.m. Vx, spéc., (flore), (du tupi,
l. amérindienne : acaïou var. acaïuba, acaïaba (anacardium occidentale),
attesté acajoucantin (Copper, 1645), acajuba. cf. Arveiller, 1963, Contribution
à l'étude des termes de voyage en français (1502-1722), Paris, d'Artrey, p.
37-44). (Anacardium occidentale
Linn.). Anacardier. Appellation, localement en voie de disparition car elle est
-à tort- considérée comme impropre en raison de l'usage courant
d'"acajou" pour désigner les arbres de l'espèce Khaya.
SYN.: anacardier*, cajoutier*, pommier-cajou*.
acalypha, acalipha, acalyphe, n.m.
Spéc (flore). (Acalypha wilkesiana
Muell. Arg.). Arbrisseau d'ornement de la famille des Phyllanthoïdées, à
feuilles cuivrées et épis rouges et velus. Roberty, 1954 : 65.
SYN.: acalyphe* (vx), califa*
(usuel).
accaparer de, (s'---- ) v.pron. Assez fréq., écrit, oral. mésolecte, péj. S'emparer
de, accaparer. Ils s'accaparent des banquettes
des couloirs. FM., 11.01.1980. Madame,
il s'est accaparé de mon bic ! (Elève
3ème, Adzopé, 1978). Ils s'en accaparent
la nuit. FM., 02.02.1993. Ne
te gêne pas, accapare-toi de mon parapluie!
(Etudiante, Abidjan, 1994).
SYN.: s'approprier* de.
accélérateur, n.m. Fréq.,
oral, mésolecte, basilecte. V. KANKANKAN*. Aphrodisiaque. Le vieux
là, il cherche le bon accélérateur parce qu'il va marier* encore. (Etudiant, Abidjan, 1976). Des accélérateurs, tu en trouves partout sur le marché. Il y a beaucoup
d'hommes qui en achètent, tu sais. (Informateur, Abidjan, 1984). Un accélérateur, c'est bon pour un homme
quand il a des problèmes pour faire* beaucoup et souvent avec sa go*.
(Infirmier, Abidjan, 1987).
SYN.: cancan*, chargeur* de batterie, coup* de démarreur,
démarreur*, kankankan*, poudre* cancan, poudre* de démarreur.
accepter la bouche, loc.verb. V.
BOUCHE*.
accident, (faire [l'] ---- ) loc.verb. Usuel. écrit, oral, tous milieux.
1- Avoir un
accident, être victime d'un accident. Le
mois dernier, nous avons fait trois accidents graves, tu le sais. Bolli,
1977 : 35. Et c'est en revenant que vous
avez fait un accident? Yako*! Guenaman Colbert, 1985 : 86. Conduis
plus doucement, on va faire l'accident. (Enseignant, Abidjan, 1987). La victime aurait fait un accident en mars
dernier en état d'ébriété. Ivoir'Soir, 01.07.1997. Le mercredi 9 juillet,à 7 h du matin, une toyota DX de couleur
grise[.] ayant à son bord quatre personnes [.] a fait un grave accident au
carrfour du canton Anapé. [.]. De la voiture accidentée on a extrait trois
personnes dont deux blessés graves. Ivoir'Soir, 11.08.1997.
2- Avoir un
accident, être à l'origine d'un accident. Au
retour, Kouassi était tellement tendu qu'il a failli faire un accident. Akissi
Kouadio, 1983, 83. Je ne voulais pas
faire un accident ou avoir des histoires qui m'auraient conduit à la
gendarmerie. Deniel, 1991 : 156. "Madame,
j'ai pris la voiture pour aller voir quelqu'un." - "Et vous avez fait
un accident ?" - "Oui Madame" . (Au tribunal, FM., 19.03.1980). C'est seulement le 22 septembre que j'ai su
que nous avons fait un accident. FM., 30.12.1982.
accompagnant, n.m.
1- Dispo., oral, écrit. En contexte
historique, personne au service d'un roi qui accompagnait celui-ci dans la mort
pour continuer à le servir dans l'au-delà. On dit que bien des rois
ont encore des accompagnants. En tout cas, il paraît que certains s'enfuient
pour ne pas accompagner*. (Ethnologue, Abidjan, 1987).
2- Courant, oral, écrit, tous milieux. Personne proche d'un malade qui accompagne celui-ci à
l'hôpital pour lui fournir nourriture, linge, médicaments, soins hygiéniques
non médicaux. Les accompagnants des
malades sont priés de respecter les instructions affichées dans les salles.
(Note de service, CHU, Abidjan, 1992).
SYN.: accompagnateurs*.
accompagnateur, n.m. V.
ACCOMPAGNANT*.
accompagnement, n.m.
1- Rare, spéc.,
(histoire, tradition). Autrefois,
dans les sociétés très hiérarchisées (aires manden, akan,...), pour une épouse,
un serviteur,... d'un roi, fait d'accepter, plus ou moins volontairement, de
suivre celui-ci dans la tombe. L'accompagnement
se décidait sous l'effet de la drogue. (Informateur, Abidjan, 1980).
2- Rare, apparu dans les années 1975-80, avec la montée
de la délinquance, fam., oral, mésolecte, péj. Euphémisme pour désigner le châtiment populaire spontané
par mise à mort discrète d'un voleur ou d'un criminel. Différentes méthodes pour "accompagner"* un voleur ou un
criminel furent développées dans les villages comme dans les villes à savoir a)
le lavement d'acide [.], b) le jetage du voleur ligoté [.] dans l'eau [.], c)
l'accompagnement discret du voleur dans la brousse*. [.]. Caummaueth, 1988
: 119.
accompagner, v.tr.
1- Spéc., (histoire, tradition). Pour une
épouse ou un serviteur fidèle du roi, autrefois, dans la tradition manding ou
la culture akan, accepter plus ou moins volontairement de suivre son souverain
dans la mort. Chez les Akans, lorsque le
roi mourrait, on l'enterrait avec ses fidèles serviteurs et son épouse
préférée. Ils l'accompagnaient dans l'autre monde pour le servir.
Caummaueth, 1988, 118. Pendant le règne
du 4ème roi de la dynastie, on s'aperçut que l'islam interdisait la pratique de
faire accompagner un roi musulman par ses épouses, [.] les épouses des rois
défunts continuèrent à penser que c'était [.] une lâcheté de ne pas accompagner
; elles se pensaient frustrées et beaucoup se suicidaient. Kourouma, 1990 :
45.
2- Assez fréq. depuis les années 75-80, fam.,
oral, mésolecte, basilecte, péj. Tuer (en parlant du châtiment populaire
spontané d'un voleur). Différentes
méthodes pour "accompagner " un voleur ou un criminel furent
développées dans les villages comme dans les villes. Caummaueth, 1988 :
119.
ENCYCL.: ce châtiment populaire est apparu avec la
récente montée de la délinquance, notamment dans les quartiers populaires et
les villages. Les méthodes utilisées sont : le lavement à l'acide, la noyade ou
la mise à mort discrète en brousse*. (Caummaueth,, 1988 : 119).
DER.:
accompagnement*.
accorder la route, loc.verb. Fréq.,
(calque de nombreuses langues locales), acrolecte, recherché. Donner à un
invité l'autorisation de se retirer. Chef,
accorderas-tu la route à tes amis ? (Conversation, Adzopé, 1983). L'usage veut que le visiteur fasse la
demande trois fois avant que l'hôte lui accorde la route. (Notes d'un
informateur, Odienné, 1986).
SYN.: donner la route*. demander la route*.
accoster à, (s'----), v. pron. Assez fréq. mésolecte, écrit. recherché. S'accoter à, s'appuyer sur. Je me suis donc accosté à une voiture en
stationnement en attendant de pouvoir traverser. FM., 24.11.1980. Ma
tête tournait, je me suis accostée à la barrière. (Etudiante,
Abidjan, 1982).
accoucher, v.tr.dir. Usuel, oral, écrit, tous
milieux. Mettre au monde. Accoucher de. (Le sujet est une femme, au sens
propre ou par métaphore). Et le matin
d'harmattan*, comme toute mère, commençait d'accoucher péniblement l'énorme
soleil. Kourouma, 1970 : 125. La
pauvre ! elle a accouché un enfant mort. (Institutrice, Bondoukou, 1977).
accoutrement, n.m. Dispon., non connoté. Vêtements. C'est le royaume [.] des belles de nuit dont
les accoutrements* en disent long sur les intentions. Jeune Afrique,
24/30.07.1996 : 78. Ils [: les chasseurs] occupent très peu de place : des pieux pour accrocher leurs fusils* de
traite et leurs accoutrements au sol [.]. Kourouma, 1998 : 299.
accoutrer (s'---- ), v.pron.
Usuel, oral, écrit, tous milieux, non connoté. Se vêtir. L'illustre
visiteur était accoutré d'un magnifique boubou blanc brodé. (Radio, : 19H
30, 20.02.1977). Accoutré d'un grand
boubou*, surmonté d'un turban noué [.]. Konaté, 1987 : 47. En tant que femmes modernes, pour se vêtir
correctement [.] ou on porte un impeccable ensemble wax* camisole-pagne* ou on
s'accoutre dans un ensemble d'homme si cela vous sied. FM,
01/02.12.1990.
accueil, n.m. Fréq.,
oral, écrit, tous milieux. Manifestation organisée en l'honneur de
l'arrivée d'une personnalité. Tous les
corps constitués sont priés de se rendre à l'accueil. (Note de service,
Abidjan, 1976). Tous les enfants iront à
l'accueil en portant des petits drapeaux. FM., 08.05.1978. Pour l'accueil, les élèves de l'école se
masseront, dès 9 heures, le long de l'avenue Giscard d'Estaing. Ils porteront
un uniforme propre. (Directrice d'école, Abidjan, 1978). [.] à la foule enthousiaste qui lui dansait
un accueil, à la porte du rempart. Kourouma, 1990 : 28. Nous lui avons organisé un accueil [.]. Nous
lui avons monté un accueil à la hauteur de sa gloire, de sa fortune et de sa
chance. Kourouma, 1998 : 64.
LOC.: danser un accueil, être à l'accueil, monter un accueil,
organiser un accueil, venir à l'accueil.
acculturé, n.m. ou f., adj. Usuel, oral, écrit,
acrolecte. péj. Africain qui apparaît aux yeux de ses compatriotes comme
ayant renoncé au système de valeurs et de comportements de son milieu d'origine
pour s'européaniser dans tous les domaines. Nous,
les jeunes, nous sommes considérés comme des acculturés. Des acculturés par le
costume, par le comportement, peut-être, mais pas par le coeur. (Copie
licence, Abidjan, 1981). Cette fille
c'est une acculturée : elle a été élevée entièrement en Europe. Elle ne pourra
plus s'habituer ici . (Universitaire, Abidjan, 1988). Quand tu seras là-bas, évite de devenir acculturée, ma fille ! (Institutrice,
Korogho, 1992).
SYN.: assimilé*, blanc*, évolué*, toubab*, toubabou*.
COM.: l'individu
ainsi décrit est perçu comme ne relevant plus ni de sa société originelle ni de
celle qu'il a adoptée. Le jugement est encore plus défavorable s'il s'agit
d'une femme.
acharnément, adv. Dispon.,
vieilli, oral, écrit, mésolecte. Avec acharnement. Je travaille toujours acharnément et je n'arrive pas pour la moyenne. (Etudiant,
Abidjan, 1978). Il s'est battu
acharnément mais l'autre était plus fort. (Lycéen, Bingerville, 1989).
achatine, [akatin], n.f. Spéc., (faune).
1- (Achatina achatina). Très gros escargot comestible à
coquille allongée en cône pouvant atteindre 15 cm. L'achatine est un gros mollusque terrestre dont la coquille enroulée en
spirale peut mesurer plus de 15 cm. [.]. Les achatines sont consommées par
l'homme, en Côte-d'Ivoire en particulier. Les escargots* sont cuits dans leur
coquille sur des braises. Marché-Marchad, 1969 : 73. Adou et ses hommes s'attablaient devant un foutou* aux achatines comme
il n'en avait jamais mangé. Du Prey, 1979 : 86.
ENCYCL.: sa chair, fumée, très recherchée, est vendue en lanières sur
les marchés.
SYN.:
escargot*, escargot géant.
2- n.f. Peu fréq. sauf locution JOUER* A L'ACHATINE. Coquille du
mollusque, utilisée comme toupie par les enfants. Les enfants jouent souvent à l'achatine utilisant l'énorme coquille de
l'animal en guise de toupie. (Dossier de licence, 1982).
acheter, v. Fréq. oral, écrit, mésolecte, basilecte.
1- v.intr. Faire
des emplettes, faire des courses. Patron*,
demain, je demande* la permission, je vais acheter pour la Tabaski*". (Chauffeur,
Abidjan, 1977).
SYN.: aller au commerce*, commissionner*.
2- v.tr.dir., mésolecte. Souvent remplacé par PAYER*.
3- acheter
quelque chose avec quelqu'un, loc.verb.
V. AVEC*. Fréq., oral , écrit,
mésolecte, basilecte. Acheter quelque chose à (: chez) quelqu'un. Mon client ne le nie pas : "J'ai acheté
un carton de lait à un prix dérisoire avec une jeune fille. F.M.,
11.04.1980. La statue, je l'ai achetée
avec un antiquaire* du Plateau. (Cadre, Abidjan, 1981). Interrogée sur la provenance de ces
médicaments, la trafiquante a reconnu les avoir achetés avec [.] des femmes qui
venaient de la Guinée Conakry. Ivoir'Soir, 29.04.1997.
acheteuse-revendeuse, n.f. Fréq., oral, écrit, recherché. intellectuels
surtout. Commerçante vendant au détail sur le marché, sur le trottoir ou au
bord d'une route. Des véhicules chargés
de vivres débouchent en trombe, poursuivis par [.] une foule
d'acheteuses-revendeuses. ID, n° 951, 30.04.1989. Certaines de ces acheteuses-revendeuses sont
riches, tu sais. (Informateur, Abidjan, 1992).
ACP, n.m.pl. Spéc., (économie, politique). Sigle usuel pour désigner l'ensemble
des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. La semaine dernière, nous avons montré [.] le poids des produits de
base dans l'économie des ACP. FM., 10.11.1983.
ACP-CEE, n.m.pl. Spéc., (économie, politique). Ensemble constitué des pays de la
Communauté européenne et de 64 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique,
unis par une convention d'association économique. La réunion ministérielle ouverte avant-hier à Suva (îles Fidji) pour la
renégociation de la convention d'association ACP-CEE, prend fin demain. FM.,
04/05.10.84.
ENCYCL.: la convention créée à Lomé dans les années 70 a été
renégociée à Lomé puis à Yaoundé et à Suva. La 5ème convention fixant les
nouveaux accords est entrée en vigueur en 1985.
acte posé, acte
à poser, n.m. Dispon., oral, écrit,
rech., intellectuels. Action déjà accomplie (acte posé) ou à accomplir
(acte à poser), agissement, entreprise à effectuer. En dépit de tous ces faits et actes significatifs posés, aujourd'hui
encore, Koulalé, ses campements*, ses hameaux ne dorment plus que d'un oeil.
Détective, 06.03.1995. Sait-il au
moins que dans certaines circonstances telle que justement cette campagne de
vaccination, le geste, l'acte posé est plus expressif que la rhétorique ? Le
Monde Ivoirien, 10.03.1995. Le premier
acte à poser, c'est réaliser des compacts disques. Ivoir'Soir,
28/29/20.07.1997. C'est à l'annonce dans
les journaux de la mort de Boubacar que les quatre jeunes gens ont pris
conscience de la gravité de l'acte posé. Ivoir'Soir, 01.12.1997. Faisant mine de regretter l'acte posé [.].
Ivoir'Soir, 15.04.1998.
acte, (poser un [des] ---- ), loc.verb. V. POSER *. Il
faut poser des actes et non pas discourir!
(Enseignant, Daloa, 1992).
acte de notoriété, n.m. Vieilli, (actes administratifs, documents, ...
). Document officiel fixant approximativement grâce à l'intervention de
témoins, l'âge d'une personne dépourvue d'acte de naissance. Le candidat à une école demandait au
commandant* de cercle*, un acte de notoriété attestant qu'il [: le
candidat] était né "vers"
l'année qui convenait pour être admis à se présenter. Béart, 1955 : 175.
COM.: depuis l'indépendance (1960), le terme a disparu de l'usage
courant au profit de "jugement supplétif".
SYN.: jugement* supplétif.
actionnaires, n.m.pl. Argot estudiantin. "Anti-sèche".
Certains étudiants refusent de participer
à la "défense* en ligne"[.], s'asseyent seuls et se font aider par
les "actionnaires". Les "actionnaires", ce sont les bouts
de papier sur lesquels les étudiants recopient l'essentiel de leurs cours
qu'ils dissimulent soigneusement dans leurs poches. Ivoir'Soir,
07.05.1998.
adaïste, adj. Dispon., (religion), oral, écrit. Surtout
usité dans l'expression "l'église adaïste". En relation avec la
religion néo-chrétienne créée par Boto Adaï et qui a survécu au décès de ce
prophète*(en 1963) dans les régions de Grand-Lahou et Grand-Bassam. Citons encore [.] l'église adaïste, créée
par le Prophète Boto Adaï en 1932, à la suite d'une révélation divine.
Oberlé, 1983 : 84.
adaschia, n.m. Spéc., (flore), (de l'abé). (Trema
orientalis Bl.). Arbuste envahissant des forêts secondaires. à feuilles dentées
et rapeuses. Aubreville, 1959, I : 44.
SYN.: aïssien
(baoulé), foué foué (gouro), séchien / somobra (agni).
adhérer à, (s'---- ), v.pron. Dispon., oral, écrit, mésolecte. Adhérer
à. Quand on s'adhère à une organisation,
c'est en connaissance de cause, après avoir réfléchi. (TV, 25.03.1984,
20h30). Est-ce que tu vas t'adhérer au
syndicat? (Enseignant, Abidjan, 1996).
adiova, adiovan, adjovan,
[adjovS]
/ [adFovS],
n.m. Argot zouglou, (du baoulé : "poisson-odeur"), oral, fam. Poisson séché fermenté. Adjoua partir au marché / elle payer * adiova. (Chanson Adjoua yako*".
Groupe Les esprits de Yop, corpus T., 1994). On dirait l'odeur d'adjovan des femmes ébrié [.]. L'oeil du
peuple , 08.03.1995.
adja, n.f. V. HADJA*. Parents et amis vont, surtout, se
réjouir du retour, sains et saufs au bercail de ces Haji et Adja* à qui Dieu a
permis de réaliser le cinquième pilier de l'Islam. FM., 28.04.1997.
adjia, n.f. V. HADJA*. Ma mère est une adjia. Elle a fait le pélerinage en
1984. (Enseignante, Abidjan, 1992).
adjouaba, n.m. Spéc.,
(flore), (du nzéma), spéc. (Dacroyodes klaineana [Pierre] H..J.. Lam.).
Arbre moyen de la fam. des Burséracées, au bois grisâtre à grain fin dur et
résistant, de très bonne qualité. Il donne des grappes de fruits ressemblant à
de grosses cerises dont la pulpe fibreuse orangée est comestible et rappelle la
mangue par son odeur d'essence de térébenthine. Roberty, 1954 : 150.
Aubreville, 1959, II : 140.
SYN.: agbaa (ébrié), karanguia
/kérandja (agni), tsain/sai (attié), vi (abé).
adjovan, n.m. V. ADIOVA*.
administrateur, n.m. Vx mais encore disponible à l'écrit.
Fonctionnaire français de l'époque coloniale, placé à la tête d'un cercle* ou
d'une subdivision*. L'administrateur
d'Agbomoua, par une note de service, interdit à Climbié l'accès des bureaux de
cercle*. Dadié, 1973 : 233. Soubakagnandougou
appartenait au cercle* de Banfora à la tête duquel était un administrateur
colonial. Koné, 1976 : 32. L'administrateur
commandant de cercle* fut très fier de régner sur autant de vieux* et autant de
médailles, un peu plus de médailles que de vieux. Dadié, 1980 : 5. C'est en 1953, par l'administrateur M. qu'il
[: le chef* du canton ] fut
intronisé*. FM., 01.12.1983.
ENCYCL.: c'était généralement un ancien élève de l'Ecole coloniale,
(devenue plus tard Ecole nationale de la France d'Outremer.)
SYN.: commandant*, commandant de cercle*, chef de subdivision*.
adokaflè,
adonkaflè, donkaflè, dongaflen, [adTkafle], n.m.
Fréq., (du mandenkan "il met et
regarde"), oral surtout, mésolecte, basilecte, connot. péj.
1-
Fripe, vêtement d'occasion. L'argent ne suffit pas*,
j'ai payé* adonkaflé seulement. (Boy, Bouaké, 1977). Façon* tu es sapé, c'est pas un adonkaflé que tu portes ! (Etudiant,
Abidjan, 1984). Surtout pour R. N'G qui
n'a pas retrouvé sa valise à l'aéroport de Washington. En tout cas*, ces
broads* ou encore ces adokaflè ont fait l'affaire. ID., 23.03.1986,
cité in Caummaueth, 1988 : 148. Tout
compte fait, les adokaflè, ça gâté * pas et ça réussit toujours. Mousso,
07.03.1995.
SYN.:
boul* mich par terre,
broad*, chiffonnerie*, troutrounon*, vokoumi*, yougou*-yougou.
2-
Etal de fripier au marché, friperie et, par extension,
fripier. Le jean là* j'ai payé* avec* l'adonkaflé
au marché. (Jardinier, Abidjan, 1983). Le haoussa là,* il est adokaflé au marché de Treichville. (Chauffeur,
Abidjan, 1979).
adonmoteu,
[adTmotV],n.m.
Spéc., (flore), (de l'abé). (Anthonotha
fragrans [Bak f.) Exell et hillcoat). Grand arbre de la fam. des Caesalpiniées,
espèce caractéristique des forêts denses sempervirentes. Aubreville, 1959 :
281.
SYN.: houhoulé
/ goutoué (guéré), teoulébapé (krou).
A.D.S., n.m. Spéc.,
(santé). Sigle pour "agent de développement sanitaire". 83 A.D.S. ont été affectés dans plusieurs
villages. FM., 11.10.1983.
Mon frère est A.D.S. dans la région de
Dimbokro. Il nous accueillera. (Etudiant, Abidjan, 1994).
af, n.f. V. AFFAIRES*, AFFES*. Nous
leur répondons que nous faisons des affaires (dites : des af ! ). Bandaman, 1986 : 88.
afaforo !, a faforo ! interj.
Dispon., (du mandenkan "père + cul"), oral, vulg. Juron : par le cul de mon père ! Voilà, c'est tout. A faforo (cul de mon papa) ! Kourouma, 2000 : 12.
afakaya !, interj. Dispon., (du mandenkan "père + testicules"), oral, vulg. Juron très malsonnant : par les couilles de mon père ! Ici on les [: des enfants impolis] aurait fessés rapidement. Et puis... Afakaya
! Y a rien. Ivoir'Soir, 16.10.1997.
afambéou, n.m. Spéc., (flore), (de l'abé). (Dialium Dinklagei Harms). Arbre des bords de lagunes et de rivières, de la fam. des
Caesalpinées. Aubreville, I : 258.
SYN.: nséhia
(ébrié).
affaire, n.f. Un certain nombre de loc. fréq.,
souvent basilectales
1- affaire de, usuel, mésolecte, basilecte, fam.,
souvent plaisant chez les intellectuels, parfois péj. Terme passe-partout possédant une gamme étendue de
significations: occupation, entreprise, procès, dispute, problème, projet,
histoire, etc. Il en a l'affaire d'entité
. (: il a un problème de carte d'identité), (Boy, Abidjan, 1980). Affaire de l'argent, c'est pas petite
affaire. (titre d'article), FM., 05.10.1982. Dans l'affaire de femme, on ne peut pas donner conseil à son camarade. FM.,
19.11.1982. Moi, affaire de maison,
vraiment*, je n'y croyais pas. C'était trop beau! FM., 26.03.1984. Maintenant les gens ne voient que l'affaire
de banditisme. Bonnassieux, 1987 : 151. Souvent
dans affaire de Libanais*, c'est la femme qui commande, quand elle parle, le
mari accepte. Deniel, 1991 : 157. Affaire
de marche est devenu chaud* dans le pays maintenant. (Chanson
"Spectroman". Groupe Didier et Les parents* du campus, corpus T.,
1994).
COM.: omission ou postposition de l'article, caractéristique du
basilecte, même en contexte non basilectal. Parfois, réalisation écrite
amalgamée : laffaire.
DER.: affairiste*.
LOC.: aimer* trop l'affaire de qqun, connaître* l'affaire, casser* l'affaire, gâter*
l'affaire, s'intéresser* à l'affaire de qqun.
COMP.: affaire de courant, affaire sur batterie,
2- affaire de courant, vieilli, argot, basilecte, oral, souvent péj. V. COURANT*. Affaire sérieuse aux conséquences très
graves par rapport à "affaire sur batterie*" (: Le courant électrique
a plus de puissance qu'une batterie). Pour
affaire de courant là, le Vieux* seulement il connaît faire* (: Seul le
Président peut résoudre un problème de cette importance), (Marchand, Yopougon,
1981).
SYN.: affaire sur batterie.
3- affaire de garçon, dispon.,
basilecte, plaisant. En parlant
du corps féminin, clitoris. Mais
ceux-ci [ : les Wè] ajoutent que, pour une femme non excisée,
son affaire de garçon est trop*. Ivoir'Soir, 23.06.1997.
4- affaire sur batterie, vieilli, argot, basilecte, oral., péj., parfois plaisant. Affaire ennuyeuse,
source probable de conflits et de problèmes, V. AFFAIRE DE COURANT. Y a affaire de batterie avec le boy* d'à
côté, Patron*. Il dit que la casserole là* c'est pour* lui. (Cuisinier,
Abidjan, 1984). Elections là*, à* chez
nous, c'est l'affaire sur batterie!! (Vieux,
Anono, 1990).
SYN.: (part.)
affaire de courant*, palabre*.
5- affaires, n.f.pl. Fréq., oral, fam. Euphémisme désignant les parties
sexuelles. Ferme ton pantalon. On veut pas voir tes
affaires!! ( Lycéen, Abidjan,
1976).
SYN.: bagages*.
LOC.: faire*
l'affaire.
6- affaire, (aimer trop l'---- de qqun), loc.verb. V. AIMER*.
7- affaire, (connaître [l'] ---- ), loc.verb. Fréq.,
oral, fam. mésol., basilecte, Etre
compétent dans un domaine déterminé, être capable de résoudre un problème. Des fois, on va voir les gendarmes mais ils
disent qu'ils ne connaissent pas affaire de sorcellerie. FM.,
30.12.1982. Affaire de voiture là, il
connaît rien ! (Mécanicien, Abidjan, 1988).
8- affaire, (casser l'---- ), loc.verb. V.
CASSER*.
9- affaire, (gâter l'---- ), loc.verb. V.
GATER*.
10- affaire (faire l'---- ), faire les affaires, loc.verb. Fréq.,
oral, fam., jeunes urbanisés surtout. Avec compl. désignant une femme ou
une jeune fille, avoir des relations sexuelles. Oh, lui! Toutes les gadis*, il veut leur faire l'affaire! (Etudiant, Abidjan, 1979). "Tu crois qu'il lui fait l'affaire
?-"Eh bien, si elle gagne ventre*, on saura ! (Secrétaires,
Abidjan, 1984). Là-bas, un homme
d'affaires qui voulait faire les affaires avec sa secrétaire a été condamné à
80 coups de fouet. Ivoir'Soir, 01.12.1997.
11- affaire, (s'intéresser à l'---- de qqu'un), loc.verb. V.
INTERESSER*.
affairée, n.f. Dispon., argot zouglou, oral, fam.,
jeunes urbanisés, péj. Faiseuse d'histoires. /C'est quoi ça oh /
laisse c'est une affairée de première classe/ (Chanson
"Decapsulair". Groupe Les copines, corpus T., 1994).
affairiste, n.m. Dispon., oral, écrit, pas forcément
connoté péj. Homme d'affaires. Dans
son milieu, à Treichville, c'est un grossiste [.]. Voici l'homme. Un affairiste
provocateur que des coeurs sensibles voulaient sauver de la juste sanction.
La nouvelle république, 08.03.1995. Oui,
messieurs les vendeurs de drogue veulent être à la Coupe du Monde.[.] et comme
ce sont de bons affairistes, ils ont commencé depuis la semaine dernière à
envahir la France. Ivoir'Soir, 03.06.1998.
affectation, n.f.
1- Usuel, oral, écrit, ous milieux,
souvent péj. Pour un fonctionnaire,
mutation, déplacement (avec, assez souvent, idée de sanction disciplinaire). Je ne peux plus tenir dans cette ville.
Demander une affectation ? La situation est la même partout. Dadié 1965, (Min
adja o) : 26. Le jour où me
parvinrent les papiers d'affectation, mes collègues me firent la fête à
l'école. Kitia Touré, 1979 : 82. L'une
des filles de salle avait reçu l'autorisation de s'absenter - mal lui en prit.
Dès son retour, elle reçut son affectation. FM., 10.01.1982. Le jeune homme allait être condamné quand,
par coup de chance, un arrêté ministériel annonça l'affectation du Président du
Tribunal. FM., 10.03.1982. Mais
en attendant son affectation, nous devions partager la maison. A. Kouadio,
1983 : 34.
LOC.: avoir l'affectation, demander l'affectation : demander sa
mutation; recevoir l'affectation : être muté.
2- affectation, (avoir l'----- ), loc.verb. Fréq., mésolecte, oral. Pour un
fonctionnaire ou pour un candidat à un poste de fonctionnaire, être affecté à,
être nommé. Il vient toujours me supplier
pour avoir l'affectation. (Inspecteur primaire, Bouaké, 1977). J'ai l'affectation pour Gagnoa.
(Enseignant, Abidjan, 1983).
affecter, v.
1- v.tr. Fréq., mésolecte, oral. Employé sans indication de lieu : nommer à
un poste administratif. C'est le ministre
qui affecte, pas moi. (Inspecteur, Bouaké, 1982).
2- Fréq., oral, écrit, tous milieux. Pour un fonctionnaire déjà en poste, être muté, être
déplacé (avec souvent une idée de sanction). Tu dois faire deux choses : premièrement téléphoner à tes grands grands
copains de faire affecter Henriette ici tout de suite [.]. Du Prey, 1979 : 207.
La sage-femme titulaire ayant été
affectée depuis quinze mois, n'a pas été remplacée. FM. 16.11.1982. Le chef de village* préconise la mutation de
M. A.. Ils [ : ses collègues] disent
non : "Si A. doit être affecté, qu'il en soit de même pour les enseignants
de l'école parce que ce qui lui arrive aujourd'hui, peut bien arriver à
quelqu'un d'autre demain". FM. 20/21.11.1982. Il allait être affecté à Grand Lahou et nous
allions prendre sa place. A. Kouadio, 1983 : 34. C'était la villa inachevée d'un policier qui avait été affecté.
Krol, 1994 : 36. Les gens se sont plaints de son travail et
on l'a affecté . (Planteur, Dimbokro, 1995)
affes, affs, [af], n.f. Fréq., (abrév.
d'"affaires"), mésolecte, basilecte, argot urbain, oral, jeunes
surtout. Affaires, spéculations. Il
est dans les affes. Son bisnes* c'est l'import-export d'après lui. (Jeune,
Abidjan, 1982). Je viendra quand j'aurai
fini mes affs. (Etudiant, Abidjan, 1983). [.] nous leur répondons que nous faisons des affaires (dites des af !).
Bandaman, 1986 : 88
SYN.: bisnes*, business.
afférentes, adj.pl. V. PIECES* AFFERENTES.
affs, n.f.pl . V. AFFES*.
africa print, n.m. V. IMI* WAX.
africain-américain, n.m., adj. Dispon.,
écrit, oral, lettrés, mélior. Noir américain. Moi, je croirai que les USA ne sont pas racistes quand ils éliront
président un africain-américain. (Etudiant, Abidjan, 1996).
africaine, (à l' ---- ), loc.adv. V. A*. Fréq. oral, écrit, tous milieux.
1- Selon la
coutume africaine, conformément à la tradition africaine. [.] une autre fiancée à l'africaine. Mes parents la préfèrent, elle.
Anoma Kanié, 1978, 27. Si manger à
l'africaine a pu avoir parfois un relent péjoratif, ce n'est fort heureusement
plus le cas aujourd'hui, à en juger l'affluence, chaque soir, dans les maquis*.
Gaudio / Roekeghem, 1984 : 50. M. K.Y. a
du user de sagesse et de diplomatie pour obtenir un règlement à l'africaine. FM.,
16.02.1984. L'après-midi, je m'habille à
l'africaine. Le boubou*, c'est moins chaud!
(Enseignante, Bouaké, 1991). Il
est allé offrir la cola*, à l'africaine. (Cadre administratif,
Yamoussoukro, 1992).
2- De façon
secrète et détournée. Sans doute
convient-il d'observer que cette liberté ne s'exerce pas dans le cadre de la
légalité normale, mais en marge, à l'africaine. Amondji 1984, 236. Ce sera une conversation à l'africaine, à
côté de la réunion officielle. (Universitaire, Abidjan, 1999).
africainement, adv. Dispon., acrolecte,
oral, écrit. tous milieux. D'une façon
spécifiquement africaine, d'un point de vue africain, selon une optique
africaine. Africainement parlant, un tel
comportement n'est pas tolérable. (Rapport administratif, 1978). J'ai été élevé africainement et mes enfants
seront élevés pareillement. (Professeur, Abengourou, 1990).
SYN.: africamment*.
africamment, adv. Assez
fréq. oral écrit, tous milieux. A
l'africaine, selon la tradition africaine. Quand
nous parlons du tambour*, nous le définissons africamment. FM.,
18.12.1980. Même N.B. a pu déjà parler de
la manière africamment de raisonner. FM., 18.10.1983. [.] si les laboratoires modernes ne
parviennent pas à détecter chez certains malades les causes réelles de leurs
souffrances, africamment, je dis qu'il est possible également, que ces mêmes
appareils ne soient pas équipés pour détecter les principes actifs des
décoctions de Francisco Bambi. FM., n° 8741, cité Dagnac, 1996, 132.
Africamment, tu raisonnes bien. (Vieux,
Daloa, 1998).
SYN.: africainement*.
africanisation, n.f. Usuel, mélior., oral, écrit, tous milieux. Action visant à donner un caractère plus
africain à un organisme, un programme, un ouvrage. Par conséquent, cette politique d'africanisation des cadres se fera
progressivement au fur et à mesure que des Ivoiriens seront formés et bien
formés. (4ème Congrès du PDCI-RDA, 23/25.09.1965). Au lendemain de l'Indépendance, on a connu
le slogan de l'africanisation des cadres administratifs. FM.,
05.02.1982. Livres scolaires : enfin
l'africanisation. (titre d'article), ID, n °664, 30.10.1983. Il fallait éviter les extrêmes en tombant
dans un processus d'africanisation des cadres au rabais*. FM.,
15.10.1990. L'africanisation de
l'enseignement a fait des progrès. Krol, 1994 : 44.
COM.: plus particulièrement usité dans le domaine de l'emploi :
remplacement du personnel étranger par des Africains de même formation.
SYN.: (part.) ivoirisation*.
africaniser, v.tr. Assez fréq., oral, écrit, tous milieux, mélior. Donner un caractère
plus africain à un organisme, un programme, un ouvrage. Tous les postes d'instituteurs et même ceux de professeurs, dans
beaucoup de disciplines, ont été africanisés sinon ivoirisés*. (Inspecteur,
Abidjan, 1980). Les programmes de
littérature sont maintenant partiellement africanisés. (Enseignant,
Abidjan, 1984).
COM.: plus particulièrement, remplacer le personnel européen par
des Africains de même formation.
DER.:
réafricaniser*.
africanité, n.f. Dispon., oral, écrit, tous milieux,
mélior. Spécificité africaine. Nous devons
garder notre africanité qui est le respect des plus âgés. FM.,
04.12.1990.
afro, n.m. Vieilli,
(troncation de "afro-américain"), oral, écrit, tous milieux.
1- Musique
afro-américaine. Le Liberian Dream joue
de l'afro. FM., 22/23.12.1979. J'aime
écouter de l'afro. (Secrétaire, Abidjan, 1997).
2- Vieilli. Coiffure
(ou perruque) décrépée et gonflée à l'imitation de celle de certains chanteurs
noirs américains. Taille moyenne, mince, le regard pétillant
sous une coiffure en afro. FM., 09.10.1980. Le retour de la coiffure
en petites tresses fait disparaître chez les filles la mode de l'afro .(Radio,
19H30, 18.10.1980).
3- Se dit
aussi pour désigner la coiffure masculine à longues tresses du style jamaïcan
"rastaman"* (dreadlocks). Il a
choisi l'afro rastaman pour ressembler à Bob Marley. (Etudiant, Abidjan,
1981). Les gens disent que c'est un
drogueur* parce qu'il porte l'afro. (Musicien, Abidjan, 1982).
LOC.: faire
afro*, être en afro*.
4- afro (faire ---- ) loc.verb. Dispon.,
oral, fam., jeunes urbanisés. Porter une coiffure décrépée et gonflée. Elle croit qu'elle est moderne parce qu'elle
fait afro mais elle gâte* surtout ses cheveux. (Lycéenne, Bingerville,
1981).
SYN.: être en
afro*(vieilli).
5- afro (être en ---- ), loc.verb. V.
AFRO (FAIRE ---- ).
afro, adj. Fréq.,
oral, écrit, tous milieux.
1- Afro-américain. Cette
époque a vécu et a été suivie par une période afro dont certains se souviennent
encore! FM., 12.03.1981. Le
style afro a changé. Le sien n'est plus à la mode. (Etudiant, Abidjan, 1986).
De jeudi à dimanche, Abidjan a été
culturellement afro. Ivoir'Soir, 06.10.1997.
2- Décrépé et
gonflé à la mode afro-américaine. Il
présente bien : il s'est fait défriser les cheveux à la manière afro. Kitia
Touré, 1979 : 40. Beaucoup de peignes [.]
aux dents très écartées pour les coiffures afro. Gaudio /Roekeghem, 198 :
89. La toutou* [.] est assise comme une
évidence, passant de temps en temps une main baguée dans sa coiffure afro.
Tierno Monenembo, 1993 : 63.
3- A cheveux
longs tressés, comme dans la mode rasta. [.]
un brin de fantaisie et d'audace qui le distinguait autant que sa célèbre
coiffure afro. Konaté, 1987 : 49.
COM.: afro est
certes toujours disponible mais la mode afro a été remplacée par la mode
"disco" puis "rasta" puis "rap", zouglou*, etc.
COMP.: afro-défrisage, coiffure afro, perruque afro.
afro-antillais, adj. Usuel., oral, écrit, tous milieux. Caractéristique
des populations noires d'origine africaine vivant aux Antilles (Se dit surtout
à propos de musique ou de mode vestimentaire). Une conférence de presse se tient autour de l'organisation du premier
festival international de la musique afro-antillaise. ID n° 941, 43.
SYN.:
(part.) afro-cubain.
afro-défrisage, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Traitement capillaire pratiqué par un
coiffeur, visant à obtenir des cheveux décrépés et gonflés. Chez Bobb, on pratique la hair black
coiffure et l'afro-défrisage. Gaudio /Roekeghem, 1984: 195. L'afro-défrisage abime les cheveux, tu sais
? (Institutrice, Yamoussoukro, 1990).
agame, agame des colons, n.m. V. MARGOUILLAT*. Vx., spéc.,
(manuels). Donc, Yacouba était bien [.] un agame mâle qui le défiait en battant
sa tête jaune. Kourouma, 1990 : 164
agatha, n.f. Argot estudiantin, (par allusion au
livre "Le fils d'Agatha Moudio" de Francis Bebey), oral, mélior.
Jolie jeune fille, "nénette". Mais
l'agatha lui a fait mordre le carreau*. (Lycéen, Bingerville, 1980).
agbas,
agbass, agbasse,
[agbas],
n.m. ou f., adj.
Vx. (de l'agni "façon de porter
le pagne traditionnel, ample et traînant sur le sol." ), oral, écrit, tous milieux.
1- n.m. Danse
locale moderne. Un musicien : "Quel
morceau ?" - "Un agbas ! " Dadié, Min Adja o, 1965 :
14. La joie de danser n'atteignait son
summum que lorsque le piston, en quelques notes brèves, annonçait [.] un agbas.
Dadié, 1973 : 137.
2- n.f. Assez fréq.,
quoique un peu vieilli, mésolecte,
oral, écrit , basilecte,
péj. Par extension, "péquenaude",
paysanne, fille mal habillée. A une soirée
dansante où il y aurait une jeune fille en pagne*, combien d'entre vous,
Messieurs, l'inviteraient à danser ? Au contraire, elle serait traitée d'agbasse.
FM., 27.12.1974. Nelly
avait remarqué que depuis l'irruption de cette agbasse mal fagotée, Basile n'était
plus le même. Coulibaly, M., 1992 : 92.
ENCYCL.:
la danse agbas est
aujourd'hui démodée.
SYN.:
broussarde*.
3- adj. Démodé,
vieillot. Non
mais tu as vu si elle est agbasse ? D'où sort-elle ? (Convers., Abidjan,
1973). Ce pantalon est agbas, voyons ! (Etudiante,
Abidjan, 1988).
SYN.:
folklorique*.
agbodjama, n.m. V. AGBODIAMA*. Concernant les variétés d'attiéké*, il en existe
deux genres, à savoir, l'attiéké à gros ou moyens grains aussi appelé agbodjama
et l'attiéké à petits grains ou ordinaire.. Ivoir'soir, 06.10.1997.
agboki, n.m. V. ABOKI*.
agboussa, agboussan,
n.m. V. ABOUSSA*.
âge CFA, n.m. V. CFA*.
agence spéciale, n.f. Vx., spéc.
(histoire, administration). A l'époque coloniale, service administratif
chargé de tous les maniements de fonds pour le compte de l'Etat, au niveau de
chaque cercle*. V. AGENT* SPECIAL.
agent, n.m.
1- agent d'agriculture, assez fréq., oral ,
écrit, tous milieux. V. MONITEUR* AGRICOLE. Il y a aussi le fait que nous ne sommes pas encadrés par les agents
d'agriculture . FM., 18.04.1983.
2- agent de développement sanitaire, n.m.ou f. V.
ADS*.
3- agent de santé, usuel., oral,
écrit, tous milieux. Infirmier
itinérant chargé de la détection de grandes endémies. V. AM*, CIRCUIT*-LEPRE. Les
agents de santé en profitent également pour rechercher la lèpre, la
bilharziose* et la trypanosomiase*. FM., 09.12.1982.
4- agent spécial, vx., spéc, (histoire,
administration). A l'époque coloniale, fonctionnaire placé à la tête d'une
agence* spéciale. M. Delafosse, agent
spécial du cercle*, était d'une grande taille. Télé-miroir n°17,
janvier 1983.
SYN.: spécial*.
5- agent voyer, usuel, oral, écrit,
tous milieux. Fonctionnaire municipal des services de la voierie. Mon
père qui était agent voyer, est maintenant décédé. (Lycéen, Abidjan, 1986).
A la suite d'une réunion entre l'agent
voyer et les notables de la commune d'Abobo-Gare [.]. (Radio :
12.04.1977, 13H30).
agglo, n.m. Spéc.,
(construction, industrie, etc.), (abrév. d'aggloméré) .
1- Usuel, (oral, écrit, tous milieux. Matériau de construction artificiel, obtenu par compression
de diverses matières agglutinées par un liant : parpaing de ciment moulé,
brique d'argile rouge. La
commercialisation des agglos, parpaings, hourdis [.] et autres matériaux
entrant dans la construction immobilière.[.]. FM., 07.10.1980.
COMP.:
agglo-ciment*.
2- agglo-ciment,
n.m. Assez fréq. Matériau de construction artificiel obtenu par
compression, parpaing de ciment moulé. En
Côte-d'Ivoire, l'agglo-ciment et les tôles sont devenus des matériaux nobles
incontournables. ID., 19.03.1984.
agglomèrerie, n.f. Spéc.,
(industrie). Dans le cadre d'un complexe sucrier, usine qui transforme le
sucre raffiné en morceaux de sucre (V. CARREAU*) et opère la mise en
boîte. La grande originalité de Ferké 1
(premier complexe sucrier de Ferkéssédougou), c'est de posséder une raffinerie
[.] et une agglomèrerie pour transformer le sucre en carreaux*. FM.,
17.04.1980.
COM.: (1ère attes. locale 1978).
aggravation, n.f. Spéc.,
(sport). Vocabulaire du football, amélioration d'un score. Nos enfants* se sont battus pour
l'aggravation mais la chance leur tournait dos*. (Radio : 12.05.1987,
20H30).
aggraver la marque, aggraver le score, loc.verb. Spéc., (sport). Améliorer un score. Puis, profitant d'une nouvelle faute de notre défense, Gagarine, pour
les Ambassadeurs, allait de nouveau aggraver le score. Un score lourd pour nos
Demi-dieux. Guenaman Colbert, 1985 : 93. Jusque là menaçants, les avants bassamois vont aggraver la marque,
grâce à l'ailier gauche. FM., 11.01.1982.
DER.: aggravation*.
agouti, n.m. Spéc.,
(faune), (du tupi guarani), oral, écrit, tous milieux. V. AULACODE*.
(Thryonomys swinderianus Temminck, var. soudanienne, T. swinderianus raptorum
Thomas, var. forestière). Gros rongeur à la chair très estimée dont le nom
véritable est aulacode*. C'est cet
aulacode que les Européens d'Afrique désignent, bien à tort, sous le nom
d'agouti. Note : Rappelons que les agoutis sont des rongeurs
américains qui n'ont absolument rien de commun avec l'aulacode africain. Dekeyser,
1955 : 174. L'aulacode, improprement
appelé agouti en Côte-d'Ivoire, est un rongeur de la taille d'un gros lièvre, à
la chair particulièrement appréciée. Schwartz, 1975 : 67. L'agouti était présenté à la sauce claire*. FM.,
26/27.01.1980. L'agouti était même en
vente aux Halles Agripac. FM., 08.01.1981.Il n'y a pas de villageois ici pour vous offrir un agouti? Certes les
gourmets ivoiriens nous diront que l'agouti d'élevage n'a probablement pas le
même goût que l'agouti sauvage. Gaudio /Roekeghem, 1984, : 124. Trois clients [.] transpirent à grosses
gouttes sous la toiture de tôle en avalant les dernières bouchées d'un plat de
riz [.] et d'agouti, gros rongeur de la taille d'un lapin, la viande de
brousse* au menu du jour. Krol, 1994 : 71. A environ 3 km de la ville d'Adzopé, un homme surgit des hautes herbes
et brandit un gibier, un agouti. Ivoir'Soir, 01.07.1997.Yao Boty qui a entendu des bruits qu'il a
crus être ceux des agoutis, a tiré à bout portant sur l'herbe qui bougeait.
Ivoir'Soir, 08.01.1998. [.] ou
encore des paysans qui chassent l'agouti. Ivoir'Soir, 16.04.1998.
ENCYCL.: le véritable agouti est un rongeur d'Amérique tropicale,
très différent. L'animal local vit à l'état sauvage mais est également parfois
élevé pour sa viande.
COMP.: agouti d'élevage, agouti sauvage.
SYN.: aulacode*, kpéma*/ kpima*, sibissi.
COM.: 'aulacode' n'apparaît que dans les ouvrage scientifiques
spécialisés, 'kpéma var. kpima' est limité au Centre et au Sud-Est du pays.
agrégé, n.m. Argot
du milieu et des prisons, oral., mélior. Dur, récidiviste, caïd. Vivant dans la même chambre* [.] nos gawas*
écoutent les causeries des agrégés, habitués des lieux. FM.,
18.01.1980.
COM.: le premier sens d''agrégé' est naturellement connu et sert
de référence méliorative.
ANTON.: gawa*.
agriculture, (faire l'---- ), loc.verb. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte. Cultiver
la terre, être agriculteur. Je voudrais
faire l'agriculture quand je quitterai les bancs*. (Lycéen, Bingerville,
1979). Sa femme est retournée au village
pour faire l'agriculture. Bonnassieux, 1987 : 99.
SYN.: cultiver*.
agro-industrie, n.f. Spéc., techn. Industrie consacrée à
l'exploitation des produits agricoles comme le café, le caco, le coton, la
canne à sucre, le coprah, l'huile de palme. L'agro-industrie
est devenue depuis quelques temps l'une des préoccupations de notre gouvernement
dans le cadre de la politique de développement agricole de la Côte-d'Ivoire.
FM. 10.02.1982.
COM.: lexie
spéc. d'introduction assez récente liée au souci de traiter sur place la
production auparavant exportée.
agro-pastoral, adj. Spéc.(agriculture). Qui concerne les cultures destinées à l'élevage. La deuxième région retenue est la zone
agro-pastorale de Lokpoho dans le département de Korhogo, qui a une superficie
de 210 000 ha. FM. 16.04.1982.
agrumiculteur, n.m. Spéc., (agriculture), mélior.
Agriculteur spécialisé dans la culture des agrumes. Comme agrumiculteurs*, ces cinquante jeunes gens vont dans un premier
temps se consacrer à la culture du citron. FM., 03/04.03.1984.
COM.: lexie d'introduction récente. (1ère attest. 1984).
aguia, [aguja]/[agyja], n.m. Spéc., (flore),
(de l'abé). Terme générique désignant plusieurs arbres de la fam. des
Sapotacées à bois rose plutôt tendre : on distingue l'aguia (Omphalocarpum
anocentrum Pierre), de grande taille, l'aguia à grandes feuilles (O.
Ahia A. Chev.) de taille moyenne, et le pitiaguia (O. pachysteloides
Milbr), de petite taille. Aubreville, 1959, III : 112.
SYN.: adian
(attié), ayaya (ébrié), kétébou (agni).
ahianana, n.m. Spéc., (flore), (de l'ébrié). (Stemonocoleus micranthus Harms).
Grand arbre de la fam. des
Casalpiniées, assez rare. Bois brun sombre excessivement dur. Aubreville, 1959,
I : 314.
ahoubé, n.m. V. AOUBE*.
ahouïa des Antilles, n.m. Spéc., (flore). (Thevetia neriifolia Juss. =
Th. peruviana Schim.). Arbuste
ornemental importé, de la famille des Rubiales, à belles fleurs jaunes et
fruits toxiques. La présence de l'ahouïa
des Antilles dans de nombreux jardins n'est pas sans danger pour les enfants. Bouquet
/ Debray, 1974 : 37.
SYN.: chapeau de napoléon (rare), laurier jaune des Indes (vx),
thevetia (manuels).
ahoya, n.m. V. AHUA*.
ahua, ahuha, ahoya, hoia, hoya, ula, waya, woya, [aua]
/ [awa] / [aoja] / [oja] / [woja], n.m. Spéc., (faune), (onomatopée visant à
reproduire le cri de l'animal, du mandenkan : ahua, ahuha, ahoya, du baoulé :
hoya, de l'ébrié : woya, de l'attié : wawa, du guéré : ula...), oral, écrit,
tous milieux. V. DAMAN* D'ARBRES. (Dendrohyrax arboreus Smith).
Daman d'arbres, petit mammifère de zone forestière à cri lugubre. Là-bas se répercute, insistante la voix
lugubre du hoïa, le singe hurleur*. Dadié, 1973 : 46. Un hoya [.] reprend ses plaintes qui vont crescendo. Timité
Bassori, 1974 : 22. A la nuit tombante [.]
les marmots braillaient comme des ahuas. Du Prey, 1979 : 149. Les
Ivoiriens l'appellent ahua, nom directement dérivé de son cri effrayant qui
déchire la nuit et qui permet aux ahuas de se retrouver dans l'obscurité. Oberlé,
1983 : 24.
COM.: la graphie "ahua" tend à imposer. [aua].
SYN.: daman* d'arbres, singe* hurleur.
Aïd el Fitr, n.m. Peu fréq., ( de l'arabe),
oral, écrit, tous milieux. Fête
marquant la fin du mois du Carême. Chaque
année, à l'occasion de l'Aïd El Fitr et de l'Aïd El Kébir, des jeunes venus
d'autres quartiers[.]. Ivoir'Soir, 01.04.1998.
Aïd el kébir,
Aïd el Kébir, Aïd el kabeir, n.m. Fréq., (de l'arabe),
oral, écrit, tous milieux. V. TABASKI*. Grande fête musulmane
célébrant le souvenir du sacrifice d'Abraham. 2 mois (mois lunaires) et deux jours exactement après la fête du
Ramadan*, les musulmans de Côte d'Ivoire [.] célèbreront la fête de l'Aïd el
Kébir ou Tabaski*. FM. 19/20.10.1980. Les musulmans de Côte d'Ivoire, à l'instar de leurs coreligionnaires du
monde entier, ont célébré hier l'Aïd el kébir, le sacrifice du prophète Abraham
qui marque la fin du pélerinage à la
Mecque. FM. 29.09.1982.
COM.: tabaski
semble la forme localement la plus usitée.
ENCYCL.: cette fête est marquée par le sacrifice d'un mouton.
SYN.: fête* du
mouton, grande* fête, tabaski*.
COMP.:
fête* de l'Aid el kébir.
aider à, v.tr.ind. Fréq. oral, écrit,
mésolecte, basilecte . Aider quelqu'un, venir en aide à quelqu'un. Aide-lui, voyons ! (Etudiant, Abidjan,
1976). Si vous pouvez, vous devez lui
aider à pousser ses études. (Lettre, Etudiant, 1986). Tout de même, tu pourrais aider à ta sœur ! (Mère de famille,
Abidjan, 1995).
aïélé, [ajele], n.m. Spéc., (flore),
(de l'abé). (Canarium sweinfurthii Engl.= C. Chevalieri Guill. = C. Khiala
A. Chev. = C. occidentale A. Chev.). Grand arbre forestier de la fam. des
Burséracées, à fruits comestibles ressemblant à de grosses prunes violettes,
exploité depuis peu pour son bois. Bois blanc rosé de cet arbre. (V. BOIS*
BLANC). En Côte d'Ivoire, on trouve
un grand arbre, l'aïélé. Aubreville, 1959, II : 137. Les taux d'exportation
les plus sensibles concernant le bahia* (+ 250%), le faro* (+134%), le
kondroti* (+129%), l'aïélé (+ 106%). FM. 25.05.1980.
COM.: aiélé
est le nom pilote de ce bois. CTFT, 1989 : 368.
SYN.: canarium
(Angl., All., Belg.), ahié (agni), mouénohia (ébrié), nosou /ouréguinahi (bété).
aïeux, n.m.pl. Fréq., oral, écrit, tous milieux,
mélior. V. ANCETRES*. Par opposition à ancêtres, [ascendants
relativement proches], fondateurs mythiques du groupe.
aigle, n.m. Spéc. (faune). Entre
dans la composition d'un certains nombres de noms d'oiseaux et de poissons.
A- noms
d'oiseaux:
1- aigle-autour, nom de plusieurs espèces d'oiseaux de la famille des
Accipitridae: On distingue deux espèces forestières assez rares, l'aigle-autour
africain (Hieraaetus africanus Cassin = Cassinaetus africanus Cassin) ou aigle
de Cassin, l'aigle-autour d'Ayres (H. dubris Cassin = H. ayreri
Gurney) ainsi qu'une espèce de savane, l'aigle-autour fascié (H.
spilogaster Bonaparte = H. fasciatus Vieillot). L'aigle-autour d'Ayres a les mouchetures plus denses, plus longues [que
l'aigle-autour fascié] . Serle /Morel, 1988 : 46. L'aigle de Cassin signalé (Taï) . Bousquet, 1992 : 170.
2- aigle bateleur, V. BATELEUR*. (Therathopius ecaudatus
Daudin). Oiseau remarquable de la
fam. des Accipitridae, "grand
planeur qui doit son nom à sa façon de
"rouler" sans arrêt bord sur bord." Serle /Morel, 1988 : 39.
Signalé (Comoé). Bousquet,
1992 : 156.
SYN.: bateleur*.
3- aigle blanc, V. AIGLE-PECHEUR. (Haliaetus vocifer Daudin). Grand
rapace blanc et noir qui se nourrit de poissons. Il y a beaucoup de grands aigles
[.] ils ont de l'analogie avec
l'aigle blanc pêcheur. Binger, 1892, II : 69. Ma Côte-d'Ivoire des
aigles blancs et des canards d'eau. Dadié, 1950 : 17.
SYN.: aigle-pêcheur, aigle blanc pêcheur.
4- aigle blanchard, V. AIGLE DES SINGES. L'aigle blanchard immature a la tête et le dessous blanc mais les
cuisses tout tachetées. Serle /Morel, 1988 : 46. Signalé (Comoé, Taï).
Bousquet, 1992 : 156.
5- aigle couronné, V. AIGLE DES SINGES.
6- aigle de Cassin, V. AIGLE-AUTOUR AFRICAIN.
7- aigle des singes, Fréq. (Stephanoaëtus coronatus
Linn.). Le plus grand des rapaces de
Côte-d'Ivoire. Serle / Morel, 1988 : 45. Signalé
(Taï). Bousquet, 1992 : 175.
ENCYCL.: sous le nom d'"aigle", personnage symbolique des
contes traditionnels, roi des oiseaux.
SYN.: aigle, aigle blanchard, aigle couronné.
8- aigle de Wahlberg, (Aquila wahlbergi Sunderval). Petit aigle brun de savane. Serle / Morel, 1988 : 47. Signalé (Comoé). Bousquet, 1992 : 156.
9- aigle huppé, V. AIGLE HUPPARD.
10- aigle huppard, aigle huppé. (Lophaetus occipitalis Daudin). Petit
aigle de savane à longue huppe. Serle /Morel, 1988 : 43. Signalé (Comoé), Bousquet, 1992 : 156.
11- aigle martial, (Polemaetus bellicosus Daudin). Le plus grand aigle de
savanes claires. Serle /Morel, 1988 : 156. Signalé
(Comoé). Bousquet, 1992 : 156.
12- aigle-pêcheur, V. AIGLE BLANC.* Le royal
aigle-pêcheur, blanc et noir. Oberlé, 1983 : 26. Signalé (Comoé, Taï, Azagny) . Bousquet, 1992 : 156.
SYN.: aigle
blanc, pyrargue *vocifer.
13- aigle ravisseur, (Aquila rapax Temminck). Aigle brun de savanes. Serle
/Morel, 1988 : 46. Signalé (Comoé).
Bousquet, 1992 : 156.
14- aigle serpentaire, (Dryotriorchis spectabilis Schlegel). Petit aigle
forestier, mangeur de serpents, dont le cri rappelle le miaulement d'un chat. L'aigle serpentaire est voisin du circaetes.
Serle /Morel, 1988 : 40. Signalé
(Taï). Bousquet, 1992 : 170.
B- noms de
poissons :
15- aigle-bar, V. COURBINE*.
16- aigle des mers, V. RAIE-AIGLE*.
17- aigle-vachette, (Pteromylaeus bovinus Geoffroy St Hilaire). Espèce de
raie-aigle à pectorales falciformes, d'environ 1,50 m d'envergure. Commune.
Seret /Opic, 1981 : 70.
aigri, n.m. V. PERLE* D'AIGRI. Les colliers au cou, les bracelets des
poignets et des chevilles en or furent remplacés par des bijoux en aigri. Kourouma,
1990 : 151.
aiguille, aiguille-crocodile, n.f. Spéc., (faune). (Strongylura crocodila
Piron, Lesueur = Tylosaurus crocodilus crocodilus). Poisson pélagique côtier de
la famille des Belonidae, à silhouette caractéristique. L'aiguille a les deux mâchoires très allongées. Aldrin /Noyer
/Brégeat, 1972 : 31. Sur les côtes
occidentales d'Afrique, la famille des Belonidae est surtout représentée par
l'aiguille-crocodile. Seret /Opic, 1981 : 21.
aiguillette, n.f. Spéc.,
(faune). (Hemirhamphus sp. et Hyporhamphus sp. plus petit). Poisson de mer
de la famille des Belonidae, très allongé et à mâchoire inférieure dépassant
très largement la mâchoire supérieure. Les
aiguillettes ne sont pas consommées. Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 31
SYN.: demi*-bec,
nokro*.
aimer trop l'affaire de qqun, loc.verb.
Fréq., oral, fam., mésolecte, basilecte. Vouloir du bien à quelqu'un, s'intéresser à quelqu'un. J'avais un copain qui aimait trop mon
affaire, il a organisé notre rencontre. Krol, 1994 : 41. Ce professeur aimait trop mon affaire. Je
conversais souvent avec lui. Krol, 1994 : 180. Tu penses s'il aime trop
son affaire ! C'est son grotto*! (Serveuse, Bouaké, 1995).
aise, (à l'---- ), loc. V. A*. Fréq., mésolecte, basilecte.
1- loc.adv.
Aisément, facilement. L'ensemble de l'INA [: Institut National des Arts] a surclassé ses concurrents à l'aise. ID.,
n°951, 30. Il a été recu à l'aise! (Lycéen,
Abidjan, 1982). Moi, c'est en histoire et
géo que je coupe* haut à l'aise. (Etudiant, Abidjan, 1989). Toi au moins, tu vas réussir ton bac à
l'aise, je le sens. Krol, 1994 : 19.
LOC.: être* à
l'aise, se mettre* à l'aise.
2- à l'aise (être ---), loc.verb. Avoir
un peu d'argent, être à l'abri du besoin. et par conséquent, être bien, être
heureux. Oui, j'ai une copine [.] Elle
est à l'aise que* moi, elle m'aide un peu pour manger, quand elle a les moyens.
Krol, 1994 : 41. J'étais à l'aise chez lui,
je n'ai jamais été aussi bien logée. (Institutrice, Daloa, 1996).
SYN.: avoir le
coeur* au vert.
akan, n.m. Spéc.,
(flore). (Euphorbia drupifera Thonn.). Plante de la famille des
Euphorbiacées, arborescente ou candélibriforme. Roberty, 1954 : 60.
akassa, n.f. V. BOULE* D'AKASSA. /Si vous allez au pays des Anangos* / il faut leur dire que ce sont eux qui mangent akassa chaud/. (Chanson "Nawe".Groupe Sur-choc, corpus T., 1994).
akatio, [akatjo], n.m. Spéc., (flore), (de l'attié). (Chrysophyllum africanum var. Aubrevillei Pellegrin). Arbre moyen de la fam. des Sapotacées au feuillage dense à reflets fauves. Aubreville, 1959, III : 140.
akèdè,
[akDdD],
n.m.
Spéc., (flore), (de l'abé ). (Antiaris welwitschii. Engl.). Grand
arbre de la famille des Moracées qui donne un latex translucide. Bois tendre et
blanc jaune de cet arbre. (V. BOIS* BLANC). Aubreville, 1959, I : 58.
Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 193.
ENCYCL.:
parfois confondu avec l'ako*
et même l'iroko*.
akéato,
[akeato],
n.m. Spéc., (flore). (Cola
heterophylla [P.Beauv.] Sckott. et Endl.). Arbuste des sous bois forestiers de
la fam. des Sterculiacées. Aubreville, 1959, II : 292.
ako,
[ako],
n.m. Spéc., (flore), mais fréq., (de l'attié). (Antiaris
africana Engl. = Antiaris toxicaris Lesch.). Grand arbre exploité de la famille
des Moracées. Bois tendre et léger de cet arbre, (V. BOIS* BLANC).
Roberty, 1954 : 31. On peut confondre
l'iroko* avec son voisin de la forêt septentrionale, l'ako. Aubreville,
1959, II : 52. L'ako est un bois blanc et
léger. Marché-Marchad, 1965 : 38.
La zone de forêt dense, mésophile, dont les essences caractéristiques
sont le samba*, le bété*, le fraké* et l'ako. Arnaud /Sournia 1980 : 30.
ENCYCL.:
utilisé pour la
sculpture de masques et de statuettes. Son écorce, battue, sert à la
confection d'un pagne végétal, (V. TAPA*).
COM.:
ako est le nom pilote de ce bois. CTFT, 1989, 364.
akodiakédé,
[akodjakede],
n.m. Spéc., (flore), (de l'attié). (Pterygota Bequartii De Wild.).
Assez grand arbre de la
fam. des Sterculiacées dont le bois est tendre et grisâtre. Aubreville, 1959,
II : 296.
akofiamenda,
[akofjamSda] /
[akofjamRda],n.m. Spéc., (flore). Cassia
Aubrevillei Pellegr.). Arbre moyen de la fam. des Caesalpiniées. Aubreville,
959, I : 262.
akossika,
[akosika],
n.m. Spéc., (flore), (de l'abé). Appellation
désignant deux arbres souvent confondus de la fam. des Flacourtiacées : l'akossika
à grandes feuilles (Scottelia Chevalieri Chipp.) au bois dur blanc jaunâtre,
et l'akossika à petites feuilles (Scottelia coriacea A. Chev; ex Hutch.
et Dalz.) au bois jaune pâle dur. Aubreville, 1959, III : 14.
akori,
n m. V. CAURIS*, CORIS*.
akoua,
[akwa],
n.m. Spéc., (flore), (de l'attié). (Antrocaryon
micraster A. Chev. et Guillaum.). Assez grand arbre de la fam des Anacardiacées
au bois rappelant vaguement l'acajou. Fruit comestible de cet arbre rappelant
une petite pomme. Aubreville, 1959, II : 208.
SYN.:
akorabahia (ébrié), dehadidié) (yakouba), ékio (agni), nitoué (wobé).
akouapo,
[akwapo],
n.m.
Spéc., (flore), (de l'abé). (Sacoglottis
gabonensis [Baill.] Urban. = Aubrya gabonensis Baill. = Aubrya occidentalis A. Chev.). Grand arbre
au bois très dur de la fam. des Humiriacées dont l'écorce est, dans l'ouest,
utilisée pour rendre le gin plus amer. Aubreville, 1959, I : 368.
SYN.:
ozouga (Gabon), akohia (ébrié), efeuna / affouinlin (agni).
akpani, n.m. ou f. Fréq., (du baoulé ), oral, écrit,
mésolecte, basilecte.
1- V.
ROUSSETTE*. (Eidolon helvum Kerr). Grande chauve-souris rousse qui vit dans
les arbres et dont la chair est consommée. Avec
ta tête d'akpani, je ne sais même pas ce que j'ai vu en toi. Bolli, 1977 :
91. L'akpani, ici, les gens la mangent.
(Informateur, Abidjan, 1986).
ENCYCL.: personnage symbolique des contes traditionnels.
SYN.: roussette*.
2- Argot des jeunes, péj. Métis. Il n'a pas le teint très clair mais c'est un
akpani , de père baoulé et de mère américaine. (Etudiant, Abidjan, 1980)
akpessi, [akpesi], n.m. Usuel,
(du baoulé, "bouillie d'igname ou de banane"), oral,
écrit, tous milieux, (sud, centre). Purée de bananes-plantains* ou
d'ignames* assaisonnée d'huile* de palme. Dans
le centre du pays, l'akpessi se prépare un peu différemment. Biarnès, 1974
: 38. Moi, je préfère l'akpessi de
bananes-plantains*. (Secrétaire, Bouaké, 1990).
akpi, n.m. V. EHO*. Spéc., (flore, cuisine,...), (de plusieurs
langues kwa : abé, attié, baoulé, etc.), oral, écrit, tous milieux. Graine
(utilisée en cuisine) du Ricinodendron africanum Mull. Arg. ou R. Heudelotti
Baill. Pierre ex Pax.= Jatropha heudelotti Baill.), arbres de la famille des
Moracées. Faites griller l'akpi, les
poissons et les oignons. Biarnès, 1974 : 37. Utilisations thérapeutiques.
Adjanohoun /Aké Assi 1979 : 137. Ecrasez
100 gr de graines d'akpi avec deux cubes Maggi et un peu de sel. ID.,
n°768, 42. Retirez et pelez les
aubergines, le piment, les feuilles d'agnaram et l'akpi. Nouvelle presse,
29.04.1993. Tous ces mets sont issus
d'une espèce de syncrétisme culinaire alliant à la fois européanité (moutarde,
mayonnaise...) et africanité (akpi, épices...). Ivoir'Soir, 21.01.1998.
ENCYCL.: de la taille d'une arachide et d'odeur forte, cette graine
sert de condiment et est vendue sur tous les marchés. Elle fournit une huile
siccative utilisée dans l'industrie pour l'imperméabilisation. Busson, 1965 :
174.
akpogbo, n.m. V. AKPONGO*. Tout cela sur fond de "fanfare*"
d'Akpogbo, de slow, de biguine, de makossa* et de zouk love. Ivoir'Soir,
30.04/01.05.1997.
akpongo, akpongô,
akpogbo, [akpTgbC]
/ [akpogbo], n.m. Spéc., (tradition, musique), oral, écrit, un peu vieilli.
Danse ivoirienne moderne inspirée par la musique traditionnelle. Si
vous aimez le jazz new orléans, l'akpongo éburnéen*, le high-life* ghanéen,
le tcha-tcha-tcha, alors rendez-vous au Jazz-Club Quartier Latin au 331 Habitat*
Extension à Adjamé-nord. FM., 11/12.12.1982.
Ma musique est un mélange d'abodan*, d'akpogbo, de rock et de reggae. FM.
27.04.1983. C'est un genre akpongô trépidant.
ID., n° 664, 30.10.1983.
akuédao, akouédo,
[akwedo], n.m. Spéc., (flore),
(de l'abé). Afrosersalia Afzelii (Engl.] Aubr. Grand arbre de la fam. des Sapotacées, au bois rouge extrèmement
dur, difficilement entamé par la hache. Aubreville, 1959, III : 152.
SYN.: bediem'blé
(ébrié), toucoupé (krou).
akwaba !, aakwaaba !, kouabah ! [akwaba] /
[kwaba], interj. Usuel. (toutes langues du
groupe kwa de C.I.), oral, écrit, tous milieux.
1- Formule traditionnelle d'accueil. Bienvenue ! Et toute l'assistance est venue tout à tour
lui serrer la main en disant : Kouabah ! Kouabah ! Anoma Kanié, 1978 : 27. Dès maintenant,
nous lui disons akwaba et lui souhaitons de longues années au service des
communautés chrétiennes. FM., 09.04.1981. Akwaba
Mitterrand ! Le Président français est attendu à 16 H à Abidjan. FM.,
21.05.1982. La Côte-d'Ivoire ne vient pas
aux autres, elle les laisse venir [.]. Et s'ils viennent, aakwaaba ! David,
1986 : 7. Quelqu'un se lèvera et dira :
"Akwaba ! Quelles sont les nouvelles ?". V. Tadjo, 1992 : 34. Le premier ministre namibien chez nous
aujourd'hui : Akwaba Geingob! FM.,
01.02.1993. Akwaba Bédié ! Bienvenue
Président ! Les milliers d'Ivoiriens qui se sont rendus hier à l'aéroport
international Félix Houphouet-Boigny ont réservé au chef de l'Etat un accueil*
triomphal. Ivoir'Soir, 26.05.1997. Pour sa part, le ministre ivoirien du Commerce [.] a souhaité à la
délégation égyptienne le traditionnel Alwaba du gouvernement . Ivoir'soir,
27/28.02/01.03.1998. Elle a toujours un
sourire aux lères. Un sourire pour vous dire Akwaba si vous arrivez chez elle.
Ivoir'Soir, 20.04.1998. Ils sont introduits dans une "maison en
dur" et là surprise, allongé sur un canapé, le général R.G. soi-même, en
boubou* leur lance un akwaba*-"bienvenue!" chaleureux et se lève pour
les accueillir. J.A. L'intelligent, 21/27.11.2000.
ENCYCL.: marque un retour soit après
une longue absence, soit après une absence de quelques heures, ou bien une
première prise de contact.
LOC.: dire akwaba* : souhaiter la
bienvenue.
SYN.: bonne arrivée*!
2- n.m. Paroles
de bienvenue. Après l'akwaba, il [:
le député] a chargé le préfet de
transmettre au chef de l'Etat l'indéfectible attachement des populations à sa
personne. FM., 27/28.02.1982. Et
qui prononcera l'akwaba pour l'inspecteur? (Instituteur, Abengourou, 1995).
alafia, interj. V. LAFIYA*.
al-barka, barka, barika, n.m. Dispon., (de l'arabe
par le mandenkan), musulmans. Merci, remerciement. L'autre répondra par l'al-barka traditionnel. Binger, 1892, I :
236.
alam, [alam], n.m. Spéc., (coiffeurs, barbiers), (du haoussa , l.
afro-asiatique du Niger ou du Nigéria :"alun"), oral, basilecte. Pierre d'alun. Pour
clore l'opération [.] adoucir la peau, calmer le feu du rasoir, il [ : le
warsam*] frotte la peau avec l'alam,
pierre aux vertus calmantes et hémostatiques. C.E.R.A.V, 1978 : 5.
alambi,
[alambi]
/ [alSbi] n.m.
Spéc., (flore), (attié). (Premna hispida Benth.). Arbuste buissonnant de
la fam. des Verbenacées. Aubreville, 1959, III : 236.
alambiquer, v.tr. Dispon., écrit, recherché, lettrés
surtout. Rendre inutilement complexe, compliquer à plaisir, obscurcir. Les professeurs de philosophie alambiquement
inutilement les phrases et contorsionnent malicieusement les mots. ID.,
n° 942, 40.
ENCYCL.: survivance d'état de langue. "alambiquer" : (1ère
att. 1532) est noté vx dans les dictionnaires actuels de la langue
française.
albacore, n.m. V. THON* A NAGEOIRES JAUNES.
albizzia, n.m. Spéc.,
(flore). Terme générique rassemblant plusieurs arbres de la famille des Mimosacées
: (Albizzia glaberrima [Schum. et Thonn.] Berith) : aloukouaka, (de
l'attié) ; (Albizzia ferruginea Berith) : iatandza (de l'attié) ; (A.
zygia [DC] Machide ) : ouochi ; (A. adianthifolia [Schumach.] W. F.
Bright ) : bangbaye ; (de l'agni). Une espèce originaire de l'Inde est
plantée dans le nord comme arbre d'avenue.: Albizzia Lebbek [L.] Benth. La résistance des albizzia aux feux de
brousse leur a permis de pénétrer profondément la forêt et de subsister en
savane. Busson, 1965 : 266.
ENCYCL.: les jeunes feuilles sont parfois consommées dans les soupes.
Aubreville, 1959, I : 210.
SYN.: albizzie (vx). (A. glaberrima) = kolibangban (baoulé)
; (A. ferruginea) = aciainbaka (agni), poué (wobé), doumouti (gouro), pohain
(guéré) ; (A. zygia) = kao (attié), gori (baoulé), kouli (agni), séa (wobé),
zaa (yakouba), mahé (krou), douprahia (ébrié), niépo (bété) anazo / bangbaïgni
(agni) ; (A. adianthifolia : pétempé / bétempé (ébrié), banéto
(mandenkan).
albizzie, n.m. V. ALBIZZIA*.
alcool de traite, n.m. Dispon. mais vieilli., oral, écrit. Boisson
alcoolisée de fabrication locale, alcool de vin de palme. C'est alors que la bouteille lui fut présentée et la liqueur* n'était
autre que de l'alcool de traite, localement connu sous l'appellation de
koutoukou*. FM., 21.01.1983.
SYN.: koutoukou*.
alékoum salam!, interj. V. ASSALA* ALEKOUM.
alèthe, n.f. Spéc., (faune). Terme générique
désignant deux oiseaux différents forestiers et terrestres de la fam. des
Turdidae : (Alethe diademata Bonaparte) ou alèthe à huppe rousse ;
(Alethe poliocephala Bonaparte) ou alèthe à poitrine brune. Serle /
Morel, 1988 : 190. Signalés (Taï) . Bousquet, 1992 : 170.
ENCYCL.: ils se nourrissent de fourmis*-magnans. Bousquet, 1992 : 158
alhadji, n.m. V. HADJ*. [.] mais aussi de riches alhadji et des
commerçants de la Côte roulant en mercedes [.]. Tilliette, 1984 : 82.
alhamdoulilahi, alhamdoullillahi, hallihamdoulilahi, interj. Fréq., (de l'arabe), musulmans, nord.
Dieu soit loué! Dieu merci! Marque de soulagement ou de satisfaction utilisée à
la fin d'une discussion, d'un repas, etc. "Bonne journée ?"- "Pareille
aux autres, mais hallihamdoulilahi, remercions le Tout-Puissant."
Koné, 1980 : 11. Alhamdoulilahi ! La palabre* est bien finie
! (Chauffeur, Odienné, 1987).
aligner, (s'---- ), v.pronom. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte. Faire la queue, prendre son rang dans une file d'attente. Pendant un an, le jeune homme s'est aligné à
maintes reprises dans le groupe de nombreux jeunes [.] qui postulaient un
emploi. Bonnassieux, 1987 : 78. Au
lieu de s'aligner, elle voulait dépasser les gens. Voilà pourquoi y a palabre*!
(Ménagère, marché Abidjan, 1990).
SYN.: faire le
rang*.
alkékenge,
[alkekSF], n.m.
Spéc., (flore), (de l'arabe "al kakandj"). (Physalis peruviana
Linn.). Plante décorative portant des baies rouges comestibles de la grosseur
d'un bigarreau, enfermées dans le calice en forme de lanterne.
SYN.:
coqueret comestible,
groseille du Cap.
Allah akbar ! Allahou akbar, Allaho akbar, allah
koubarou, (de l'arabe "Dieu est grand"), oral, écrit, musulmans.
1- interj. Fréq. Exclamation exprimant divers états
affectifs : ferveur, surprise, admiration, enthousiasme, fatalisme, etc. Son entourage et lui se mettent à pousser
une série d'exclamations [.] Allah Akbar
! Binger, 1892, I : 115. Karfa releva la tête : "Allahou akbar !"
murmura-t-il. Koné, 1976
: 23. Allaho Akbar, entonnait l'imam*.
Et, en choeur, les fidèles reprenaient avec ferveur ce cri.. Koné, 1980 :
13. Tu devrais au lieu de te plaindre
prier Allah koubarou ! Kourouma, 2000 : 17.
2- n.m. Peu fréq., écrit surtout.
Nominalisation de l'interjection usuelle chez les musulmans pour exprimer la
soumission à la volonté d'Allah. L'office
ponctué de plusieurs allahou akbar avant les deux génuflexions d'usage ou
rak'a* dura une dizaine de minutes. FM, 29.09.1982.
allamanda, n.m. Spéc.,
(flore), (du nom du naturaliste brésilien Allamand qui a fait connaître la
plante), relativement fréq. chez les lettrés. (Allamanda cathartica Linn.).
Plante ornementale de la famille des Apocynacées. Introduit en Côte-d'Ivoire pour ses belles fleurs jaunes ornementales,
l'allamanda est originaire du Brésil et de Guyane. Bouquet /Debray, 1974 :
21. Les parcs et les jardins de
Côte-d'Ivoire sont ornés de plantes décoratives originaires d'Asie ou
d'Amérique tropicales : bougainvillée, [.], roucouyer*, allamanda, hibiscus. Oberlé,
1983 : 20.
allen,
[alR] / [alDn], n.m. Spéc., (flore, agriculture), mais fréq., oral, écrit, mésolecte. Variété
de coton (Gossypium hirsutum Mill.) indigène ou américaine, très cultivée. [.]
le coton de la qualité allen, récemment introduit. Atlas CI, 1979,
C1b. Coton : l'allen blanc trié
passe à 100 F, l'allen jaune et non trié à 90 F. FM., 18.10.1983.
ENCYCL.:
localement, on
distingue allen blanc et allen jaune.
aller, v.intr. Fréq., oral, écrit, mésolecte.
Nombreuses constructions non attestées en français central.
1- Utilisé
comme auxiliaire modal pour l'irréel du présent et pour l'irréel du passé. Il
est alors à l'imparfait suivi de l'infinitif du verbe qui, en français
standard, serait au conditionnel. Si tu
ne me donnais pas mon bic*, j'allais te battre. (Lycéen, Bingerville,
1979). Si j'avais su, j'allais partir. (Lettre
étudiant, Abidjan, 1984). S'ils n'étaient
pas des psychiatres, j'allais dire qu'ils sont fous. Ivoir'Soir,
01.12.1997. Si à minuit, les Espagnols
avaient 12 bananes douces à avaler, ils allaient* remercier l'horloge. Ivoir'Soir,
02/03/04.01.1998. Si J. Chirac savait ce
qu'allait provoquer en Suisse son discours dimanche dernier sur TF1, il
n'allait probablement pas parler. Ivoir'Soir, 08/09/10.05.1998.
2- v.intr. Dispon., oral, lettrés. Utilisé là où on attendait
"partir". Il faut aller du principe que nous devons
gagner ce match pour être classés. (TV., 17.03.1983, 20H30). Pour tes chefs, tu dois aller à temps pour
être à l'heure au service*. (Employé, Bouaké, 1986).
3- aller
au besoin, loc.verb. Oral surtout. V. BESOIN*.
4- aller au bord, loc.verb.
Vieilli. V. BORD*.
5- aller au commerce, loc.verb. Usuel. V. COMMERCE*. Aller faire
des courses dans les magasins. Le
fonctionnaire n'aura plus aucune raison d'abandonner son service avant midi
pour aller au commerce. FM., 14.12.1979. Je travaille. C'est le samedi matin, à* l'après midi que je vais au
commerce. (Fonctionnaire, Abidjan, 1999).
SYN.: commissionner*.
6- aller au coco taillé, loc.verb. V.
COCO* TAILLE. Argot estudiantin,
oral, péj.. Prendre un repas succinct, sans apéritif, ni viande ni poisson.
En attendant la bourse, je vais au coco
taillé. (Lexique estudiantin, Ivoir'Soir, 17 /18 /19.03.1995).
7- aller aux infectieuses, loc.verb. Argot
estudiantin, oral, péj. Aller manger dans les petits restaurants bon
marché, pas très loin de la Cité U. L'argent,
c'est fini. Faut aller aux infectieuses pour djaffer*. (Lexique
estudiantin, Ivoir'Soir, 17/18 /19.03.1995.)
8- aller en bringue, loc.verb. Argot
urbain, fréq., oral surtout. Aller
faire la fête, aller danser et festoyer. Les
jeunes qui se donnent rendez-vous à la messe de minuit pour aller ensuite en
bringue ou en boîte de nuit, moi, ça me révolte. FM., 24/25.12.1983.
Pour Noël, tu iras en bringue ou bien*?
(Menuisier,
Man, 1996).
SYN.: fêter*, nocer*.
9- aller en grève, loc.verb.
Fréq., oral, écrit, tous milieux.
Se mettre en grève. Les conférenciers *
ont estimé samedi que le SYNARES est dans son bon droit pour aller en grève*
demain. FM., 13.02.1993. Tu
crois que les étudiants iront en grève encore une fois? (Enseignant, Abidjan, 1993).
SYN.: (part.) gréver*.
10- aller et revenir, loc.verb. Assez fréq. oral, écrit, mésolecte,
basilecte. Aller et venir, faire des allées et venues. Les Rôniers*, de leurs éventails, s'éventent en regardant aller et
revenir les amis de la Chauve-souris. Dadié, 1955 :26. Tu as fini d'aller et revenir? Tu me fatigues! (Enseignant, Abidjan, 1980)
11- aller pour revenir, loc.verb. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte. Faire
un aller et retour. Il est allé à Korhogo
pour revenir. (Secrétaire, Abidjan, 1977). Patron* n'a fait qu'aller à la plantation*pour revenir. (Gardien, Bouaké, 1977). Tu resteras un peu à Dakar ou tu vas pour revenir? (Cadre administratif, Abidjan, 1993).
1-
Attestations d'un certain nombre de locutions verbales : aller au cimetière,
V. CIMETIERE*, aller au film, V. FILM*, aller aux marabouts. V. MARABOUTS*,
aller chez le Nago, V. NAGO*, aller au sao, V. SAO*, aller au service, V.
SERVICE*, aller voir William Camara, V. WILLIAM CAMARA*, aller au tchoin*, V.
TCHOIN*, aller yako, V. YAKO*.
aller-retour, n.m. Fréq.,
oral, tous milieux. Sorte de beignet très apprécié, vendu sur les marchés
et au coin des rues. Ah ! tu n'as pas faim ? Combien
d'aller-retour as-tu payé* avec la revendeuse ? (Mère de famille, Bouaké,
1978). C'est ma marchande attitrée
d'aller-retour. Parce qu'elle les fait très bien. (Universitaire, Abidjan,
1982).
ENCYCL.: ce beignet passe pour si délicieux que, lorsqu'on en a mangé
un, on revient en acheter un autre, d'où son nom.
allié, n.m. Argot
estudiantin, oral, fam. Copain,
bien placé dans une file d'attente et qui permet à un ami nouvel arrivant de se
placer devant lui. Pour ces combattants,
la seule façon de ne pas se faire trôler* c'est de réussir une bonne
intégration* entre deux alliés*. Campuslexique, 1978, 2.
allié à plaisanterie, n.m. V.
PLAISANTERIE*.
alligator, n.m. Rare,
écrit, oral, lettrés, mélioratif.
Crocodile. Se dit surtout de la peau du reptile utilisée en maroquinerie. Mon attaché-case, c'est en alligator!. (Député,
Abidjan, 1977). Caïman*, c'est crocodile,
c'est Blanc* qui appelle ça alligator, sinon tout ça c'est même chose. Ivoir'Soir.
30.04.1997.
ENCYCL.: impropre. L'alligator ne vit pas en Afrique.
SYN.: caïman*, croco*.
alloco, n.m. V. ALOKO*. [.] le merveilleux alloco, rondelles de
banane-plantain* frites et légèrement pimentées. Rémy, 1996 : 208.
allocodrome, n.m. V. ALOKODROME*, -DROME*. A Cocody, le marché en face de
l'Allocodrome a aussi fermé ses portes. Ivoir'Soir, 01.07.1997.
allogènes, n.m.pl. et adj. Usuel, oral, écrit, lettrés.
1- n.m.pl.
Etrangers, et par extension,
Ivoiriens venus d'une autre région du pays. Nous
travaillons pour les allogènes. Guenaman Colbert, 1985 : 35. Allo ! C'est ça : tout l'enseignement est en
grande partie dispensé par des étudiants et des allogènes aux qualifications
professionnelles douteuses. Guenaman Colbert, 1985 : 66. Des allogènes? [.] des allogènes désignent
d'abord et surtout les parents pauvres du Sahel, en particulier les
"cousins" burkinabé [.]. Cependant à Soubré, les allogènes, ce sont
aussi les gens venus d'ailleurs en Côte-d'Ivoire. Gombeaud /Moutout /Smith,
1990 : 89. Les quelques boutiques que
compte le village et qui sont tenues par des allogènes. FM.,
29.11.1990. En 1980, au début de la
communalisation*, j'ai été approché par une délégation mixte composée
d'autochtones et d'allogènes. Ivoir'Soir, 29.04.1997. Aujourd'hui [: à Abengourou] les allogènes sont de loin plus nombreux que
les autochtones. Ivoir'Soir, 04.11.1997.
2- adj. Venu d'une autre région du pays ou
de l'étranger. J'ai donc décidé de me
présenter aux élections partielles, à la demande d'ailleurs d'un certain nombre
de conseillers autochtones et allogènes. Ivoir'Soir, 29.04.1997.
alloko, n.m. V. ALOKO*. L'enfant sait que si la mesure d'attiéké*
est trop petite ou si dix francs d'alloko ne lui suffisent pas, la vendeuse ne
lui fera aucun cadeau. FM., 09.04.1982.
allokodrome, n.m. V. ALOKODROME*, -DROME*. Sept ans après la reconstruction du
désormais "Espace gastronomique de Cocody" (nom officiel de
l'Allokodrome), les adversaires les plus virulents du projet ont versé* de
l'eau dans leur vin. Ivoir'Soir,
01.04.1998.
alloucou, alloukou,
n.m. V. ALOUKOU*. Trois lycéens ont apporté leur tam-tam pour
accompagner une improvisation endiablée d'alloucou, spécialité du pays bété,
qui ne se chante qu'en bété. Krol, 1994 : 27.
allumer, v.tr. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte.
1- En parlant
d'un moteur, mettre en marche. Enfin, il
alluma sa mobylette, et, bien assis sur sa selle, roula vers Bouaké. Koné,
1974 : 13. Quand il y a délestage, nous
allumons le groupe* pour que les clientes finissent d'être coiffées. (Coiffeuse,
Abidjan, 1983).
2- allumer
le feu loc.verb. Spéc., (sport). Vocabulaire du football
: tenter de marquer un but. Au moment
d'allumer le feu, Akoupo rate lamentablement son tir. M. Martinet, 1980 : 32.
SYN.:
buter*.
almami, n.m. V. ALMANY*, IMAM*.
almamy, almami, n.m. Usuel, (de l'arabe
"imam" par le mandenkan). V. IMAM*. Personnalité
religieuse musulmane, attachée à une mosquée dont elle dirige les prières et
les cérémonies. C'est là que sont campées
les troupes de l'Almany. Binger, 1892, I : 172. Le premier almany prend ses fonctions à Boudoukou en 1600. Du Prey,
1962 : 40. L'Almany est exilé au Congo. Il mourra à Ndolé en 1900. Du Prey,
ibd : 34. [: L'imam ] almamy S.. en grand
boubou noir et canne en main* conduira comme par le passé les prières de la
nouvelle mosquée de Wolo. FM., 20/21.12.1982. Almamy
Touré, ils t'ont eu ! Yakouba Konaté, 1987 : 225. C'était la mosquée privée de l'Almamy de Toukoro, l'office du maître
des lieux. Kourouma, 1990 : 144. D'abord
marchand, il [ : Samory] devient chef de village, rassemble des
partisans, conquiert les environs et se donne le titre d'Almamy, c'est-à-dire
Chef des Croyants. Rémy, 1996 : 54. Une
sorte de lassitude s'est alors emparée de l'almamy. Ivoir'Soir,
24.09.1997. Il envoyait de l'argent au
village de Togobala, à ses parents, aux griots* et à l'almamy. Kourouma,
2000 : 78.
COM.: utilisé devant le nom comme une sorte de titre. Ecrit avec
une majuscule, Almany fait référence à un personnage historique, chef et héros
de la résistance mandingue contre les troupes coloniales : Samory Touré.
aloco, n.m. V. ALOKO*. Nicole leur propose de l'aloco en
entrée et en dessert. Ivoir'Soir, 14.05.1997.
aloko, aloko,
alloco, aloco, [aloko], n.m. Usuel,
(de toutes les langues du groupe kwa, particulièrement le baoulé
"mûr" mais aussi du mandenkan
"banane plantain"), oral, écrit, tous milieux. Plat constitué de
rondelles de bananes-plantain* frites dans l'huile de palme*. A midi, il mangera de l'attiéké* ou de
l'aloco au marché. FM., 24.12.1979. Seulement, entre le chawarman*, l'attiéké*, l'alloco ou les brochettes
locales, il semble que nous ayons opté pour l'aliment d'importation [: le
chawarman*]. FM., 22.12.1980. L'enfant sait que si la mesure d'attiéké*
est trop petite ou si dix francs d'alloko ne lui suffisent pas, la vendeuse ne
lui fera aucun cadeau. FM., 09.04.1982. De l'aloko sans piment, ce n'est pas de l'aloko. FM.,
18/19.12.1982. Une jeune femme fait
griller de l'alloco. Bonnassieux, 1987 : 197. Je vois une femme qui fait de l'aloco. L'huile chaude. Les bananes*
rougissent. V.Tadjo, 1992 : 11. Pour
en arriver où elle en est, elle a dû [.] vendre des beignets, des sodas et de
l'aloko en déambulant à pied du centre à la périphérie. Tierno Monenembo,
1993 : 67. Je lui propose de nous asseoir
dans l'une des cabanes du petit marché devant une poignée d'aloco, émincé de
banane-plantain* frit à l'huile servi soit dans une assiette en plastique, soit
sur une feuille de bananier [.]. Krol, 1994 : 116. L'aloco, l'attiéké*, toutes les nourritures sont exposée à la merci de
la poussière et de la fumée des voitures. Ivoir'Soir, 21.01.1998.
ENCYCL.: vendu
additionné de piment sur tous les marchés.
alokodrome,
alocodrome, allokodrome, allocodrome, [alokodrCm]
/ [alokodrom],
n.m. Usuel, : (hybride du baoulé +
du mandenkan ), oral, écrit, fam. V. -DROME*. Endroit du
marché où se rassemblent les marchandes d'aloko*. Par extension, sorte de
marché couvert, consacré à la restauration, à la boisson et aux rencontres. V.
MAQUIS*. La commune de Cocody a connu
une animation particulière samedi dernier à l'alokodrome. FM.,
13.05.1981. Désormais à l'allocodrome de
Cocody, les jeunes pourront ajouter un dessert intellectuel à leur repas. ID,
n°939, 05.02.1989. L'allocodrome dont les travaux sont très avancés sera livré en avril
prochain. FM., 10.02.1993. En
reprenant la rue Washington [.] on passe entre un petit marché et l'allocodrome,
nom humoristique donné à un maquis* où l'on déguste à toute heure de l'alloco,
depuis peu enfermé dans un bâtiment en dur* vert et blanc. Rémy, 1996 :
85. Et l'allocodrome de Cocody est leur [:
des jeunes] lieu privilégié. Ivoir'Soir,
26.02.1998. Avec ma soeur, on a décidé d'aller à l'allokodrome, Ca te dit? (Corbineau,
2000, II : 24).
alouette, n.f. Spéc., (faune). On distingue particulièrement sous cette appellation deux
oiseaux de familles différentes.
1- alouette-sentinelle, (Macronyx croceus Vieillot). Gros passereau terrestre de la
famille des Motacillidae. Serle /Morel, 1988 : 158. Signalé (Comoé, Marahoué). Bousquet, 1992 : 156.
ENCYCL.: sédentaire, elle vit en savane ou dans les défrichements
forestiers.
2- alouette-moineau, alouette-moineau à oreillons blancs,
(Eremopterix leucotis Stanley).
Petit oiseau de la fam. des Alaudidae, beaucoup plus moineau qu'alouette,
châtain et noir à l'exception des oreillons et de la nuque d'un blanc pur
(seulement le mâle). Il se tient généralement sur le sol et perche parfois,
dans les savanes arbustives et boisées claires. Signalé (Comoé). Bousquet, 1992 : 155.
aloukou, alloucou,
[aluku], n.m. Spéc., (tradition, musique), (bété), (sud-ouest surtout). Danse
folklorique bété. Alors que la radio, la
télévision [.] passent en revue le soir du gbégbé*, de l'aloukou, du goli*. Y.Konaté,
1987 : 102. Elle est originaire d'Issia
et aime l'aloukou. ID, n°946, 06.1989. Trois lycéens ont apporté leur tam-tam pour accompagner une
improvisation endiablée d'alloucou, spécialité du pays bété, qui ne se chante
qu'en bété. Krol, 1994 : 27. Petit-fils
de chansonniers de la région Gagnoa-Lakota, il est très tôt un virtuose de
l'alloukou*. Ivoir'Soir, 10.02.1998.
aloukouaka, [alukwaka], n.m Spéc., (flore),
(de l'attié). (Albizzia glaberrima [Schum. et Thonn.] Benth). Grand arbre de la fam. des Mimosées. Aubreville, 1959,
I : 210.
SYN.:
kolibangban (baoulé).
alphabète, n.m. ou f., adj. Assez fréq., (du français "analphabète" par
dérivation régressive) , oral, écrit,
tous milieux sauf universitaires.
1- n.m.ou f. Personne qui a appris à lire et
à écrire, généralement mais non exclusivement, grâce à des cours
d'alphabétisation. Les alphabètes sont
plus nombreux dans les zones rurales de Basse Côte d'Ivoire. (Etudiant, Abidjan, 1980).
2- adj. Se dit d'une personne qui
sait lire et écrire. Patron*, je suis
alphabète, je connais* papier. (Boy, Abidjan, 1979). Mon père est alphabète, ma mère non. (Etudiant, Abidjan, 1992).
DER.: néo-alphabète*.
SYN.: lettré*.
ANTON.:
analphabète.
alphabétisation fonctionnelle, n.f. Fréq., oral, écrit, tous milieux.
Méthode d'alphabétisation des adultes liée à un programme de formation
professionnelle. L'alphabétisation
fonctionnelle, née de la conférence des Ministres de l'Education, tenue à
Téhéran en 1965, va plus loin.. FM., 18.02.1983.
ENCYCL.: c'est la méthode la plus pratiquée dans le pays.
alphabétisé, n.m. Fréq.,
oral, écrit, tous milieux, pas toujours mélior. Personne qui a appris à
lire et à écrire. On n'est pas toujours
disposé à faire confiance aux alphabétisés, à ces lettrés* nouvelle manière.
FM., 18.02.1983.
SYN.: (part.)
lettré*, alphabète*.
alphabétiseur, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux.
Instructeur d'un cours d'alphabétisation. Un
séminaire pour la formation d'alphabétiseurs en langue yacouba se tiendra
prochainement à Douékoué. (Note de service, Abidjan, 1980).
alphatia, [alfatja], n.m. Peu fréq., (de l'arabe.) oral, écrit, Musulmans. Première sourate du Coran qui
ouvre la prière puis sert de bénédiction finale. Il n'avait pas fini de prononcer son alphatia final. Kourouma, 1990
: 29. Le dernier alphatia de la grande
prière de vendredi prononcé, le roi changeait de visage. Kourouma, 1990 : 65.
A.M., n.f. Spéc. (santé), (sigle pour "antenne mobile"). Unité
médicale mobile, chargée des vaccinations systématiques dans les villages. L'A.M. vaccine entre 25000 et 30000
personnes par an, toutes vaccinations confondues. FM., 13.04.1981. L'A.M. viendra la semaine prochaine pour les
vaccinations. (Infirmier, Dimbokro, 1990)
SYN.: antenne* mobile.
amande, n.f. Spéc.,
(flore) mais fréq., oral, écrit, tous milieux.
1- Fruit du
Terminalia catappa (V. AMANDIER* DE CAYENNE). Sur le chemin de l'école, nous cassions* des amandes. (Rédaction,
3ème, Bouaké, 1980). Ils sont partis
ramasser des amandes sur le bord de la route. (Planteur, Dimbokro, 1990).
ENCYCL.: ce fruit ressemble à une grosse amande et contient une
graine comestible très appréciée.
SYN.: amande de Cayenne, amande de Gambie, amande de Sénégal,
amande de terre*, badame*, kokoman*.
2- amande de Cayenne, V. AMANDE.
3- amande de Gambie, V. AMANDE.
4- amande de karité, V. KARITE*. Fruit du Butyrospermum parkii [G.Don]
Kotschy. La pluie tombait en gouttes
espacées comme des amandes de karité. Kourouma, 1970 : 40. Comaf
Int. (France) recherche fournisseur pour commande de 400 t. d'amandes de
karité. (Petite annonce, FM., 29.11.1990).
SYN.: karité*, noix* de karité.
5- amande de palme, amande palmiste. V. NOIX* DE PALME. Vx. Les Jack-Jack font un
commerce considérable d'huile et d'amandes de palme. Binger, 1892, II :
334.
6- amande de terre, V. POIS*
SUCRE.
7- amande du Sénégal, V. AMANDE.
amandier, n.m. Spéc.,
(flore) mais fréq., oral, écrit, tous milieux.
1- amandier de Cayenne, lettrés. (Terminalia
catappa Linn.). Arbre ornemental à feuilles caduques et fruits comestibles
rappelant l'amande, originaire d'Asie. Sous
les amandiers de Cayenne, les joueurs de boules et de cartes [.]. Dadié,
1956 : 13. Ses flamboyants* qui donnaient
de l'ombre, ses amandiers de Cayenne où viennent s'asseoir les bambins et les
vieillards [.]. Anoma Kanié, 1978 : 229.
Si pittoresque, l'hôtel de France avec ses deux étages tout blancs aux
multiples fenêtres, sa terrasse cimentée, les nombreux amandiers de Cayenne
nuit et jour remplis d'oiseaux [.]. Dadié, 1980 : 36.
SYN.: amandier, amandier
de Gambie, amandier du Sénégal, amandier tropical, badamier*, kokomantier*.
2- amandier de Gambie, V. AMANDIER DE CAYENNE.
3- amandier du Sénégal, V. AMANDIER DE CAYENNE.
4- amandier tropical, V. AMANDIER DE CAYENNE. L'hôtel se trouve dans une rue commerçante bordée d'amandiers tropicaux
aux feuilles rondes. Naipaul, 1984 : 132.
amante /amant, n.f. ou m. Usuel, oral, écrit, tous milieux, ni
soutenu, ni péjoratif. Personne qui aime une personne de l'autre sexe et en
est aimée (avec ou sans relations physiques). Oui, c'est exact ! Elle est l'amante de mon frère qui me l'a confiée en
attendant son retour en France. (Cité tribunal coutumier de Man). Girard,
1953 : 78. Son amant - il s'agit en fait
d'un amant au sens ancien de personne qui aime et qui est aimée [.]. Deluz,
1978 : 200. Son amante court se réfugier dans la pièce voisine. FM.,
22.02.1979. Généralement il se trouve une
amante qu'il loge décemment et entretient. FM., 08.10.1982. Qui serait son amant ? Son futur époux
serait celui qui arriverait à déchiffrer le message que voici. FM.,
10.04.1983. Cette demoiselle qui est une
ancienne amante [.]. FM., 31.01.1988. Il n'est pas question que j'épouse une fille qui a été l'amante de mon
oncle. Coulibaly, M., 1992 : 117. B.
G. que ton mari t'a présentée comme étant sa cousine alors qu'en réalité elle
est son amante. Détective, 06.03.1995. Il reconnaît s'être accusé d'avoir tué A. Thérèse."Mais si je l'ai
fait, c'est parce qu'elle est mon amante et sachant qu'elle portait une
grossesse de moi, je l'ai conduite chez un médecin pour la faire avorter."
. Ivoir'Soir, 21.10.1997.
COM.: plus
fréquemment usité au féminin.
amarante (1), n.f. Spéc.,
(flore).
1- amarante, V. EPINARD*.
2- amarante crète de coq, V. CRETE* DE COQ.
3- amarante queue de renard, V. QUEUE DE RENARD*.
amarante (2), amaranthe, n.m. Spéc., (faune). (Lagonsoticta senegala Linn.). V.
BENGALI*. Petit
oiseau granivore de la famille des Estrildidae de couleur rouge vif, qui vit
dans le nord du pays. Serle /Morel, 1988 : 252. Signalé (Comoé). Bousquet, 1992 : 156.
amarrer, v.tr. Vx, (histoire, époque coloniale). Arrêter, emprisonner, enchaîner,
attacher. S'il [: le ballot] n'était
pas retrouvé, il allait amarrer les chefs de compagnie. Bailly, lettre du
15-09-1894 in Konaté, 1991 : 67. Quand
ils sont arrivés, le chef* voulait les amarrer pour ne pas qu'ils sortent du
village. Bailly, 08.04.1895, in Konaté, 1991 : 121. Bala prenait un sabre qu'il amarrait après lui. Bailly, 09 04 1895,
Konaté, 1991 : 122.
amazakoué, [amazakwe], n.m. Spéc., (flore), (de l'attié ).
(Guibourtia ehie (A. Chev.) Léonard). Arbre de la famille des légumineuses
Caesalpinacées, exploité. V. COPAL*. Bois de cet arbre brun gris, veiné
de noir et cuivré (V. BOIS* JAUNE). Dans
la forêt dense de Côte-d'Ivoire, se trouve, très fréquemment, un grand arbre,
l'amazakoué. Aubreville, 1958, I : 318. L'amazakoué
donne un bois foncé et non flottable. Marché-Marchad, 1965 : 98. Bousquet
/Debray, 1974 : 59.
ENCYCL.: il produit une sorte de résine odorante.
COM.: ovangkol,(nom pilote)
CTFT, 1989 : 380.
SYN.: copalier*,
ovangkol (Gabon), hiébaka (agni), ogbomolo (abé), sé-mélé (yakouba), zouloué
(wobé).
ambi, n.m. Assez
fréq. ("ambi" marque de
produit de beauté.), oral, écrit,
tous milieux. Nom d'une crème de beauté servant à éclaircir une peau noire,
par extension, tout produit éclaircissant. Il
y a des filles qui croient qu'avec de l'ambi, elles seront teint* clair comme des métisses. (Etudiante,
Abidjan, 1976).
DER.: ambifiée*, s'ambifier*.
SYN.: crème ambi, khessal*, teint* clair forcé.
ambiance, n.f.
1- Vx., oral, non fam. Soirée dansante. Demain,
il y a ambiance au Désert avec le Western Brother Band du Nigéria. (Corpus
Duponchel, 1974). Je vais à une ambiance
demain chez Koffi. Tu viens? (Enseignante,
1975, Daloa).
SYN.: dégagement* (vx).
2- Oral, vieilli, non fam. Atmosphère
joyeuse et pleine d'entrain. L'essentiel
pour eux [: les clients] c'est de
trouver l'ambiance. Bonnassieux, 1987 : 132. L'ambiance est chaude*. On achète de l'eau pour se désaltérer, pour
se mouiller [.]. Y. Konaté, 1987 : 77.
Après quoi, les animateurs [.] ont
introduit les mélomanes dans le feu de l'ambiance en invitant à se produire le
groupe traditionnel Dongui venu de Korhogo [.]. Le Monde Ivoirien.
10.03.1995. C'est la veille des vacances.
Dans la cour, il y a ambiance. (Elève 3ème, Bouaké, 1996).
DER.: ambiancer*, ambianceur*.
3- bonne
ambiance ! Interj. Fréq., oral, fam., mélior., tous milieux. Bonne soirée !
Amusez vous
bien! Bonne ambiance ! FM.,
31.12.1990.
ambiancer, v. intr. Fréq., oral, écrit, fam., mésolecte .
1- S'amuser,
faire la fête. Ça va chauffer* et
ambiancer. (Etudiant, Abidjan, 1976). Tu
entends, ça ambiance ferme chez Yao. (Etudiant, Abidjan, 1990). Ambiancez-vous sur Canal Horizons avec
l'intégralité de la coupe d'Afrique des Nations. (publicité). Ivoir'Soir,
06/07/08.02.1998.
2- Mettre
de l'animation joyeuse dans une fête ou une réception. Avec son orchestre de dix sept musiciens, V. Gueï ambiance en
permanence le Yaossehi de Yop City!. ID, n° 949, 16.04.1989. La finale qui s'est déroulée au Centre
Culturel français a drainé une foule compacte de mélomanes et de supporters,
venus des quatre communes pour ambiancer la fête. ID, n° 951, 04.07,
1989. A Oumé, les Blackys Tam-tam et les
Groove Makers ne se sont pas fait prier pour "ambiancer" la salle.
Ivoir'Soir, 02/03/04.05.1997. Poussins
Choc et les Salopards se chargeront d'"ambiancer" ces jeunes intellos.
Ivoir'Soir, 28/29/30.11.1997.
Puis, après avoir ambiancé la cité en compagnie des vendeuses du prospère
commerce du sexe, il disparaît mystérieusement dans la nuit [.]. Adé
Adiaffi, 2000 : 79.
3- Donner une
coloration particulière (agréable ou non) à une atmosphère psychologique. Dans ces conditions, les scènes de ménage
ambianceront de plus en plus la vie du couple. Y. Konaté, 1989 : 58. C'est la terreur qui ambiance tout le film. (Enseignant,
Abidjan, 1997).
COM.: (1ère
attest. 1987).
ambianceur, n.m. Fréq.,
oral surtout, fam., mésolecte. Joyeux luron, personne qui aime fréquenter
bars et boîtes de nuit et sait y créer une atmosphère de gaieté. La mode du lekiné* est dans le vent. Les
ambianceurs retrouvent la chaleur communicative de l'époque du
"Désert". ID, 23.04.1989. Remportée [: la coupe d'Afrique des Vainqueurs de
Coupe] un mois plus tard au stade
Houphouët-Boigny, sans l'aide des sorciers, mais avec le soutien au tam-tam*;
irrésistible et magique, des ambianceurs en transe. Krol, 1994 : 103. [.] la distribution de cadeaux griffés*
Craven A [.] aux spectateurs les plus ambianceurs [.]. Ivoir'Soir,
25.02.1998. Chanteur, danseur,
ambianceur, il ensorcelle son public. FM., 13.05.1998. C'est un vrai ambianceur, toujours prêt à
aller en bringue. (Jeune, San Pedro, 1999).
ambiant, adj. Vieilli, oral surtout, fam., mésolecte.
Agréablement distrayant. La soirée tout
de même a été ambiante. M. Touré, 1980, ms : 34. J'ai trouvé votre soirée très ambiante. (Cadre, Bouaké, 1980).
ambifiée, n.f. Assez fréq. (dér. d'ambi*) ,
oral surtout, tous milieux, péj. Jeune
femme ou jeune fille noire qui utilise de l'ambi* pour s'éclaircir le teint. Ces ambifiées, après, tu les rencontres à la
consultation* ! (Infirmière,
Abidjan, 1976). Je suis teint* clair
naturel et pas une ambifiée comme elle
le dit! (Secrétaire, Abidjan,
1988).
ENCYCL.: l'abus de ce produit passe pour provoquer des dermatoses et
des ulcérations.
ambifier, (s'---- ), v. pron. Assez fréq. (dér.
d'ambi*.), oral surtout, tous milieux. S'enduire d'ambi* pour s'éclaircir
le teint. Si tu t'ambifies, ça montre que
tu as honte de ta peau noire. (Etudiante, Abidjan, 1977). Les femmes sont folles! Elles s'ambifient et
elles s'abîment complètement la peau pour être teint* clair !! (Médecin,
Bouaké, 1978).
ambrette, n.f. Vieilli.
Spéc., (flore), (dérivé du mot "ambre" par allusion au parfum de la plante). (Hibiscus
abelmoschus Linn.). Plante annuelle de la famille des Malvacées. Cette odeur a valu à la plante le nom
d'ambrette. Busson, 1965 : 294. Les
nombreuses feuilles et graines (gombo*, oseille*, ambrette [.] qui sont
consommées journellement. Bouquet
/Debray, 1974 : 108.
ENCYCL.: la plante porte une capsule qui contient de petites graines
à odeur de musc. Utilisé comme condiment ou en parfumerie. Roberty, 1954 : 59.
ambrevade, n.f. V. CAJAN*, POIS* D'ANGOL, POIS*
PIGEON.
ambulatoire, n.m. Spéc., (santé), oral, écrit..
Malade soigné aux consultations externes d'un hôpital. [.] les autres malades peuvent recevoir des
soins en ambulatoires. FM., n° 8741, 1992. A Bongouanou, les ambulatoires peuvent acheter les médicaments à
l'hôpital. (Infirmier, Abidjan, 1993).
amendable, adj. Assez fréq., oral, écrit, mésolecte. Passible
d'une amende. Si on vous prend à brûler
un stop, vous êtes amendable. (T.V. Emission "Comment ça va" de
L. Groguhet, 18.01.1981, 20H30). De quoi?
Je suis amendable? Et pourquoi? (Chauffeur, Abidjan, 1984).
amender, v.tr.dir. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Infliger une amende. Les amendes étant faites pour éviter les
perturbations, toute personne amendée et qui refuse de payer, peut être mise
hors du club. Règlement intérieur d'un Club de Jeunes, article 17,
1974. Puisque ma raison n'est pas celle
du juge, je me suis donc trouvé amendé de 120 000 F. FM.,
25.03.1981. Les policiers amendent un taxi-brousse*
trop chargé. (Rédaction, 3ème, 1983).
COM.: surtout
employé au passif au sens d'être" sanctionné par une amende".
amener, v.
1-v.tr.dir. Fréq., (confusion
phonétique courante de [a] et [S]
dans la position initiale), oral, écrit,
mésolecte. V. EMMENER*. Emmener. Tout
petit que j'étais, elle m'a amené avec elle quand elle a quitté mon père. FM.,
06.11.1980. Je l'ai amenée à Bouaké avec
moi, laissant tout à son mari. FM., 16/17.01.1982. Ce sont ces messieurs [.] qui travaillaient
à Bingerville qui nous ont amenés à Abidjan. FM., 31.01.1982. Où est-ce que tu m'amènes? (Etudiante,
Abidjan, 2000).
2- amener, (s'---- ) v. pron. Fréq., oral, écrit, mésolecte , sans connot. fam. Se rendre à , se
présenter à. A la place de la victime,
aurait-il accepté de perdre les 15 000 F après avoir perdu une journée de
travail ? Car n'oublions pas que cette dame s'est amenée au commissariat à
12H30. FM., 27.05.1980. Amenez-vous
au secrétariat dès la fin de votre cour, pour un message vous concernant.
(Note de secrétaire, Abidjan, 1982). Il
s'est amené à l'oral sans rien avoir révisé. (Etudiant, Abidjan, 1999).
âmes, n.f. V. MANGEUR* D'AMES.
ami, n.m. V. FAIRE* AMI A.
ami de boisson, n.m. Fréq., oral
surtout, mésolecte, mélior. Nom donné par les autres membres d'un groupe de
boisson à tout homme qui fréquente ce groupe. V. GROUPE DE PINTE*. A Bouaké, il faut avoir son groupe de
pinte*. Les amis de boisson se retrouvent alors souvent dans les maquis* pour
discuter, manger et surtout boire. FM., 18.02.1993. Avec les amis de boissons, c'est la certitude d'avoir une bedaine au
bout d'un mois. FM. 16.02.1993.
ENCYCL.: il s'agit d'une sorte de cercle masculin qui se retrouve
tous les jours, à la même heure, dans le même débit de boisson, pour partager des
boissons alcoolisées de façon conviviale.
ami-garçon, n.m. Dispon., oral, fam., mésolecte,
basilecte. Amant homosexuel. Comment
un homme peut-il avoir envie de faire ca* avec son ami-garçon, comme on dit à
Treichville ? Nouvelle Presse, 22.04.1993. C'est son ami-garçon, il paraît. (Etudiante, Abidjan, 1994).
amimimon,
[amimimT],
n.m.
Spéc., (flore). (Heisteria
parvifolia Smith). Arbuste de la fam. des Olacacées des forêts de Basse Côte,
remarquable par ses fruits comestibles. Aubreville, 1959, I : 108
amina ! interj. Dispon., (de l'arabe), oral, écrit,
musulmans. Amen! Qu'il en soit ainsi!
Allah nous garde de la honte! Amina! A.Koné, 1980 : 9. "Dieu
nous donne demain ! Dieu nous aide
! Dieu nous protège de la honte ! "- "Amina ! "
répondait la sainte assemblée. Koné, 1986 : 14.
amitié, (être en ---- avec qq'un), loc.verb. Fréq,. oral, écrit, mésolecte. Euphémisme pour : avoir une liaison
avec qqqn de façon relativement durable et quasi officielle. Quand on est en amitié avec une fille [.] il
ne faut rien lui acheter. Koulibaly, 1978 : 32. Nous avons été en
amitié au moins trois ans. (Institutrice, Ferké, 1988).
amome, n.m. Spéc.,
(flore). Terme spécialisé à valeur générique, désignant différentes plantes
de la famille des Zingibéracées. V. MANIGUETTE*, FAUSSE* MANIGUETTE.
amon,
[amT],
n.m. Spéc., (flore), (de l'abé). (Buchholzia
coriacea Engl.). Arbre moyen dont l'écorce râpée a une odeur fortement épicée.
Utilisée contre les maux de tête. Aubreville, 1959, I : 166.
SYN.:
abo (attié), amizi (agni), bracho (bété de Soubré), dantou (krou).
amourer, v.tr.dir.
Vx, oral, basilecte. Avoir
des relations sexuelles [avec qqun] C'est
K. qui a amouré la fille du vieux*. (Informateur, Tiassalé, 1975).
amphi R, n.m. Argot
estudiantin, usuel. Restaurant unversitaire. [.] le temple de la djaffe*, autrement dit l'amphi R est le seul
endroit [.] où est vérifié l'axiome "Tu mangeras à la sueur de ton
front." (Lexicampus, 1979, Université d'Abidjan, CERAV.: 5).
an, n.m. Peu
fréq., oral, écrit, mésolecte.
Dans des contextes où l'on attendrait "année." Chaque an, il faut payer l'écolage* des enfants. (Commerçant,
Abidjan, 1977). C'est l'an où je suis
parti à Bouaké. (Infirmière, Abidjan, 1982). A longueur d'an, il faut écouter ses histoires ! (Etudiante,
Abidjan, 1990).
anacarde, n.m. Spéc.,
(flore).
1-
(Anacardium occidentale Linn.). Anacardier, petit arbre de la famille des
Anacardiacées, cultivé dans le nord du pays. On sait qu'il existe à Korogho, la Savanor, une usine chargée de
valoriser l'anacarde dans le nord. FM., 22.01.1980. Avant, on trouvait un anacarde ici ou là.
Maintenant on le cultive. (Informateur
Korhogo, 1980). Avec 30 000 hectares qui
produisent un peu plus de 20 000 tonnes [.] l'anacarde, petit fruit à la noix
très prisée à travers le monde en plus de son rôle économique, joue désormais
un rôle écologique. Ivoir'Soir, 16.04.1998.
SYN.: acajoutier*, anacardier*, cajoutier*, darkassou*, pommier*,
pommier*-acajou.
2- Fréq. Fruit de cet arbre, qui comprend
le fruit proprement dit, sorte de noix réniforme à une graine (V. NOIX* DE
CAJOU), et, immédiatement au dessous, une partie charnue rouge, comestible,
à odeur rappelant la pomme, qui résulte du développement du pédoncule. (V.
POMME*-CAJOU). Dès notre arrivée,
nous avons décidé de cueillir quelques fruits, notamment l'anacarde. FM.,
11.04.1983.
SYN.: cajou*.
COMP.: noix*
d'acajou, noix* de cajou, pomme*-cajou.
anacardier, n.m. Spéc.,
(flore) mais fréq., oral, écrit, lettrés. V. ANACARDE*I (Anacardium occidentale
Linn.). Arbre de savane cultivé pour son
fruit et pour son pédoncule comestibles. Busson, 1965 : 334. L'anacardier [.] introduit il n'y a
guère plus d'une dizaine d'années, d'abord dans une perspective de
reboisement [.] puis en milieu
villageois pour une exploitation commerciale de l'amande. Atlas CI C1b,
Arnaud /Sournia, 1980 : 78. Beaucoup de
tecks* et d'anacardiers furent alors plantés jusqu'en 1976. FM.,
08.01.1983. Indépendamment de la
production de noix* et de pommes*, l'anacardier peut être utilisé pour la
protection basse dans la réalisation de coupe-vents. CTFT, 1989 : 405. Tôt le matin, Koffi Baya, cultivateur à
Tambi, [.] avait pris langue avec A.D et Y.B. Pour un singulier travail : la
mise à feu du pare-feu aménagé autour de sa plantation d'anacardiers [.]. Ivoir'Soir,
08.01.1998. L'anacardier comme un
pare-feu. (titre d'article), Ivoir'Soir, 16.04.1998.
anago,
anango, nago, [anago]
/ [anSgo] / [nago],
n.m. ou f., adj. Fréq. oral surtout, mésolecte, connotation parfois semi mélior, semi péj. :
" personne ayant un grand sens des affaires".
1-
n.m.ou f.
Membre de l'ethnie yorouba (Nigéria, Bénin) faisant souvent office de
colporteur ou de petit détaillant. Elles
vendent les biscuits par pièce comme l'Anago.
Dadié, 1983 : 191. Va chercher
une boîte de lait chez le nago, au coin de la rue. (Mère de famille,
Abidjan, 1977). Les Anagos ont allumé leurs lampes-tempête. Le petit marché ressemble
à une assemblée de sorciers. V. Tadjo, 1992 : 12.
SYN.:
bôda*.
2- adj.
Appartenant à l'ethnie Yorouba. Nos
femmes ne sont même pas capables de se tresser* et enrichissent les femmes
Anago. Guenaman Colbert, 1985 : 33.
COMP.: anango* plan,
boubou* nago.
analphabétisation, n.f. Dispon., écrit,
lettrés, péj. Fait d'être analphabète, analphabétisme. L'analphabétisation régresse. (titre d'article), Ivoir'Soir,
09.09.1997.
ananas, n.m. Usuel, (flore,
agriculture).
1- Plante
importée cultivée. Signalée sur la Côte de Guinée dès 1605 par Van Marées.
COM.: prononciation fluctuante, avec -s final ou sans.
COMP.: ananas de brousse, ananas fleur, champagne* d'ananas.
DER.: ananeraie*.
2- ananas
de brousse, (Thonningia sanguinea Vahl.). Plante forestière de la famille
des Balanophoracées. Fruit de cette plante qui ressemble à un ananas fibreux et
peu sucré. Utilisé en pharmacopée locale. Il
semble bien que l'on doive considérer l'ananas de brousse à cause de son
utilisation dans de nombreux remèdes magiques plus comme une plante fétiche*
que comme une espèce médicinale. Bouquet /Debray, 1974 : 51. Adjanohoun
/Aké Assi, 1979 : 51.
3- ananas-fleur, (Ananas cosmosus
variegatus Linn.). Variété ornementale d'ananas. La Côte-d'Ivoire, avec son produit phare, l'ananas-fleur qu'elle est un
des rares pays à proposer, est présente sur toutes les gammes de végétaux. Jeune
Afrique, 27.07/02.08.1995 : 40. Madame,
tu veux ananas-fleur ? orchidée ? rose de porcelaine*? (Marché de la Riviera, Abidjan, 1984).
COM.: sa hampe
florale développe une inflorescence rose vif à petites fleurs bleues se
transformant en fruit rose décoratif. En vente sur tous les marchés.
anadio, [anadjo], n.m. Spéc., (flore),
(de l'abé). Terme générique désignant plusieurs petits arbres de la fam.
des Sapotacées (Chrysophyllum subnudum Baker et Ch. taïense Aubrev. et
Pellegr.). Aubreville, 1959, III : 146.
ananeraie, anananeraie, n.f. Spéc., (agriculture).
Plantation industrielle d'ananas destinés à l'exportation. Avec ses ananeraies, il fabrique du champagne* d'ananas..
(Fonctionnaire, Bouaké, 1987). Tu roules
au milieu des ananeraies sur des kilomètres. (Informateur, Abidjan, 1990). On trouve, répartis dans les vallées
limoneuses, des caféiers, des cacaoyers, des palmeraies*, des bananeraies*, des
orangeraies et des mandariniers, des anananeraies. Adé Adiaffi, 2000 : 233.
anango, n.m., adj.
1- V. ANAGO*, adj. Les Yoruba du Nigeria qu'on appelait encore Anango
[.]. Tilliette, 1984 : 97.
COMP.: anango plan.
2- anango plan, anago plan, , n.m. Argot urbain, zouglou, oral, péj. Stratégie mensongère, astuce, ruse. Or que* toi-même t'es étudiant / tu vas chez son papa tu dis c'est ta
voisine de classe / est ce que ça c'est bon / anango plan? (Corpus
chansons, 1993). Moi, j'ai l'impression
là que ces deux-là s'aiment encore et leur litige est un "anago-plan"
pour se réconcilier. Ivoir'Soir, 28.08.1997. Mais attention! Je n'ai pas dit que leur invention est un "anago
plan" pour gruger des investisseurs aveugles. Ivoir'Soir,
23.09.1997. A voir comme ma dernière
facture de téléphone était élevée, je me demande si je n'ai pas été victime
d'un anago plan de ce genre. Ivoir'Soir, 22.10.1997. Elle voulait défiler "forcé" avec
la méga star alors qu'elle n'avait pas été sélectionnée au casting. Quand
Katoucha s'est aperçue de l'"anango plan" , elle a tout de suite
déshabillé Fely. Ivoir'Soir, 17/18/19.04.1998.
ancêtres, n.m.pl. Usuel, oral, écrit, tous milieux, mélior. S'oppose à la fois à anciens* (ascendants vivants)
et à aïeux* (fondateurs mythiques du groupe), pour désigner des
ascendants défunts mais relativement proches, intermédiaires entre la divinité
et les humains vivants. Pourtant je le
respecte comme je respecte les Ancêtres. Kindo Bouabi, s.d. : 12. Les
funérailles au cours desquelles les défunts accèdent au rang d'ancêtres. Oberlé, 1983 : 94. [.] le dipri*, de l'avis des anciens*,
demeure [.] un rituel séculaire hérité [.] des ancêtres du village de Gomon. ID, n° 951,
30.04.1989. On voit dans le schéma de la
formation du monde apparaître dès les premières images, la notion d'ancêtres
qui est probablement le plus important des thèmes communs à tous les animistes.
Bussang /Leblanc, 1990 : 73.
COMP.: autel des ancêtres, grands* ancêtres, village* des ancêtres.
ANTON.: