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ba, n.m. Spéc., (flore). (Celtis Mildbraedii Engl.). Grand arbre de la fam. des Ulmacées. Roberty, 1954 : 30. Aubreville, 1959 : 42.

SYN.: bé (attié), nangboué (ébrié), pa (yakouba), péri (gouro), po (ouobé).

 

ba, n.m. V. BEI*. Assez rare, argot des jeunes, oral. Copain, pote. Seydou, c'est mon ba depuis*! (Etudiant, Abidjan, 1983).

 

baba, n.m. Fréq., (du mandenkan "père"), surtout nord, connoté respect. Père. "Mais je suis là, moi, Baba". Karfa regarda son fils. A. Koné, 1976 : 42. J'espère un jour t'être utile, baba !  Koné, 1980 : 19. La différence est que "baba" signifie père ,disons que c'est le nom affectif que les enfants de chez nous donnent à leur père et "baba" est synonyme de papa. Et moi, je ne suis pas ton père ! M. Bandaman, 1993 : 69. Baba-é y a sida-é / mama-o y a sida-o [.] sida dangereuse maladie des gazoils*/. (Chanson "Sida" Groupe les pros du Far, corpus T., 1994).

 

babouin, n.m. V. CYNO*. Spéc., (faune), manuels. Variété de cynocéphale de grande taille, à la tête rappelant celle d'un chien. Deux espèces locales (Papio papio Destmarest) ou babouin commun et (Papio doguera Pucheran et Schimper) ou babouin doguera. Les babouins sont des animaux de moeurs combatives, d'un caractère brutal et d'un apprivoisement difficile. Dekeyser, 1955 : 15. Des troupeaux de cobes* et des singes, surtout des babouins viennent y boire. Mülhenberg /Steinhauer, s.d. : 38. Les cynocéphales (babouins) se déplacent à terre en troupe. Oberlé, 1983 : 22. Haltenorth /Diller, 1985 : 252. L'une [ : des espèces] le babouin doguera, est dominante [: dans le parc de la Comoé]. Bousquet, 1992 : 155.

SYN.: babouin de Guinée, cyno*, cynocéphale*.

 

baca, n.m. V. BAKA*, BAKADJI*.

 

bacadji, n.m. V. BAKA*, BAKADJI*.

 

bâchée, n.f. Usuel. oral, écrit, tous milieux. Véhicule de transport dont la partie arrière peut être recouverte d'une bâche. [.] ils sont donc montés dans la bâchée et m'ont suivi au commissariat [.]. FM., 18.12.1979. En cas d'évacuation sanitaire, nous n'avons qu'une vieille bâchée. (Rapport administratif, Toulepleu, 1982). Des camions déchargeant du bois pour le marché de planches, des bâchées trônant au milieu de la chaussée [.], c'est l'image d'une belle pagaille! FM., 03.06.1983. Le dimanche, l'un d'eux nous prenait dans sa bâchée et on allait à la messe à Koudougou. Deniel, 1991 : 105. Traversée de la ville en taxi pour prendre à l'autre bout le véhicule de l'étape suivante. une bâchée cette fois, de marque japonaise. Krol, 1994 : 107. La bâchée apparemment était vide. Ivoir'Soir, 03.11.1997. Il est embarqué manu militari dans une bâchée garée tout près [.]. Ivoir'Soir, 11.02.1998.

ENCYCL.: généralement, Peugeot 404 ou 504.

COMP.: taxi-bâché.

 

bachégué, [baGege], n.m. Spéc., (musique). Musique de chant et de danse africaine contemporaine, d'origine congolaise. Depuis samedi dernier, on sait que Maï la bombe est amoureuse [.]. Sans doute est-ce pour cela qu'elle chante le bachégué dans sa première oeuvre musicale sortie samedi dernier [.]. Ivoir'Soir, 02/03/04.05.1997. Le public crie: "Le bachégué ivoirien ferait pâlir de jalousie n'importe qui d'Afrique centrale". Ivoir'Soir, 16.06.1997. Il fallait le voir vibrer [.] aux sons de cette musique du terroir si riche et si belle à entendre, à danser. Même sur le pas du bachégué. Ivoir'Soir, 08.09.1997.

 

backs, [baks], n.m. Argot des jeunes, oral. Cigarette de chanvre indien. On dit qu'il fume des backs et qu'il en vend. (Etudiant, Abidjan, 1984).

 

bacosse, n.m. Assez fréq., (altération d'"abacost" utilisé au Zaïre, lui-même altération de "à bas le costume [européen]"), oral, écrit, tous milieux. Vêtement masculin, sorte de veston à manches courtes, en tissu léger, non doublé. N'Deye créations : pantalons, vestes, ensembles-broderie*, boubous*, bacosses, blouses de travail. ID., n° 944, 27. Pour aller au service*, il vaut mieux porter un bacosse ou une chemise-pagne*. (Secrétaire, Abidjan, 1984).

ENCYCL.: il se porte sans chemise ni cravate.

SYN.: abacost*, chemise-veste.

 

badame, n.f. Vx, (du hindi), rare. Fruit du Terminalia catappa Linn. (V. BADAMIER*). Grosse amande à graine comestible. Ces sortes d'amandes prisées des enfants et que certains appellent badames. (Prof., Abidjan, 1976).

DER.: badamier*.

SYN.: amande*, amande* de Cayenne, amande* de Gambie, kokoman*.

 

badamier, bandamier, n.m. Spéc., (flore), (hybride hindi /frcs), oral, écrit, lettrés.

1- (Terminalia catappa Linn.). Bel arbre ornemental à amandes comestibles, introduit. Roberty, 1954 : 254. Quelques autres essences fruitières cultivées ont pénétré en Côte-d'Ivoire, souvent par le biais de l'ornementation urbaine, comme le badamier aux amandes très recherchées. Atlas C1, c1 B, 1979. Les colatiers*, les caïlcédrats*, les badamiers, tous les acacias*, non seulement donnent à Abidjan et à ses rues, les plus belles parures, mais encore se retrouvent dans toutes les villes. Rémy, 1996 : 14. De somptueux jardins [.] étaient plantés [.] de bougainvillées*, hibiscus [.] et de badamiers. Rémy, 1996 : 122.

COMP.: badamier du Sénégal.

SYN.: amandier*, amandier* de Cayenne, amandier* de Gambie, amandier* du Sénégal, bandamier*, kokomantier*.

2- badamier du Sénégal, n.m. Spéc. , (flore). (Terminalia macroptera Guill. et Perr.). Petit arbuste des savanes utilisé en pharmacopée locale. Aubreville, 1959, II : 125.

 

badèche, n.f. Spéc., (faune). (Mycteroperea rubra Bloch.). Poisson très recherché et typiquement ouest-africain, de la famille des Serranidae. La badèche se particularise par son corps allongé et comprimé latéralement, son museau pointu et prognathe. Seret /Opic, 1981 : 148.

ENCYCL.: elle peut atteindre 75 cm de long et peser 6 kgs.

 

badge, n.m. Argot estudiantin., (de l'anglais), mélior. Argent. Tu as du badge ! Achète cinq bâtons*! (Campus, Abidjan, 1981).

SYN.: balle*, caillasse*, ché*, djètè*, fac*, gainz*, gnon*, kpoh*, jeton*, ligbi*, makouta*, pia*, pierres*, ro*,wari*, zaïre*.

 

badi, [badi], n.m. Spéc., (flore), (de l'attié).

1- (Nauclea diderrichiii [Pierre] Merrill. = Sarcocephalus Badi Aubr.). Arbre forestier de la famille des Rubiacées, exploité pour son bois réputé. Bois de cet arbre jaune citron fonçant à l'ocre orangé, (V. BOIS* D'OR). Roberty, 1954 : 111. Le badi est une essence de pleine lumière, à croissance très rapide au début. Aubreville, 1959, III : 266.

COMP.: badi des marais.

COM.: nom pilote de ce bois : bilinga, CTFT, 1989 : 386.

SYN.: bilinga (Gabon), bois* d'or, aféhaingré (ébrié), bédo (abé), bohia (agni), dubénugreu (krou), guidéré (bété),

2- badi des marais, (Nauclea xanthoxylon [A.Chev.] Aubr.). Petit arbre de la famille des Rubiacées, poussant dans les terrains marécageux. Les fruits du badi des marais sont beaucoup plus gros. Aubreville, 1959, III : 265.

 

badian, badjan, [badjS] / [badFS], n.m. Usuel, (du mandenkan "long + cabri" par dérision. En effet, chez les Dioula*, on castre le bouc pour le rendre plus grand et plus gros. Le car ainsi désigné accepte plus de passagers et roule plus vite, de même qu'un bouc castré est supposé plus agile une fois débarrassé de ses encombrants attributs génitaux !) oral, écrit, tous milieux, plaisant. Véhicule  de transport en commun peu confortable, d'environ 22 places. Ce sont les ponts de la mort [.], les badjans qui descendent dans ce trou ne se comptent plus. FM., 01.04.1982. Il est 17 heures passées quand un véhicule Renault, vulgairement appelé badian ou vingt-deux places*, aborde l'intersection juste en face du Palais du Justice. FM., 09.07.1982. Tu as pris un badian ? Eh ben ma pauvre ! (Convers., Bouaké, 1983). A., 36 ans, chauffeur d'un car-badjan [.]. FM., 14.02.1983. Il faut faire l'aller et le retour en ... gros mouton blanc, c'est-à-dire en badjan, un mot dioula qu'il faut connaître quand on voyage en Côte-d'Ivoire. Krol, 1995 : 2. Monsieur le sous-préfet roule en ...badjan. Pour rendre visite à ses administrés, il se rend à la gare, paie son ticket et attend que le badjan fasse le plein de ses 22 places. Ivoir'Soir, 21.04.1998. Il y avait trois vieilles bicyclettes sur le toit du badjan [.]. Ivoir'Soir, 27/28/29.03.1998.

ENCYCL.: le badjan a les banquettes orientées dans le sens de la marche et se distingue ainsi du gbaka* qui a seulement deux banquettes qui se font face, orientées perpendiculairement par rapport à la cabine du conducteur. Badjan et gbaka sont tous deux souvent appelés "mille kilogs"*.

COMP.: car*-badjan.

SYN.: (part.) car* rapide, gbaka*, mille* kikos, rapide*, super* goëlette, vingt*-deux places.

 

badjan (1), badian, [badFS] / [badjS], n.m. Dispon., oral, fam., mésolecte, basilecte, fam. Grosse bouteille de bière de 66 cl. Assis devant plus d'une dizaine de grosses* ou de badjans (comme on désigne les grosses bouteilles de bière locale), ils ne se font pas prier. Ivoir'Soir, 15.09.1987.

SYN.: bock*, grosse*.

 

  badjan (2), n.m. V. BADIAN*. Nous attendons le prochain badjan [.] nom donné aux minibus de dix sept places assurant les liaisons ville-campagnes. Krol, 1994 : 97.

 

badjô, [badFC], n.m. Argot estudiantin récent, oral, péj. Tricherie à un examen. Fuite? Pétrole*? Mercenariat*? On en parle toujours. D'ailleurs, un nouveau terme vient d'être inventé: le badjô. Nouvel horizon, n°144. cité in Dagnac, 1996 : 138

 

badou, [badu], v.intr.inv. Fréq., argot nouchi, oral. Manger. Si tu as les pierres*, on va badou. (Bande G, nouchi, 1991). On va badou? J'ai faim ! (Lycéen, Abidjan, 1994).

COM.: verbe invariable.

 

bafitini, [bafitini], n.m. Assez fréq., (du mandenkan "petit papa"), oral surtout. nord, aire manden). Appellation affectueuse donnée par une grand'mère à son petit-fils. Mais même Chérie-Coco* devenait quelquefois interdite devant la gravité de certaines audaces de son 'Bafitini"... Konaté, 1987 : 39.

SYN.: petit* papa.

 

bafouin, [bafwR], n.m. Spéc., (flore), (du baoulé). (Antiaris africana Engl.). Grand arbre de la famille des Moracées, exploité. Les écorces de bafouin servent à faire des pagnes destinés aux cérémonies funéraires. Bouquet /Debray, 1974 : 123.

 

bagadais, n.m. Spéc., (faune). Terme générique désignant des oiseaux de la fam. des Laniidae : (Prionops plumata Shaw) ou bagadais casqué, à bec fort crochu, blanc et noir ; (Prionops [Sigmodus] caniceps Bonaparte) ou bagadais à bec rouge, au beau plumage gris, noir, blanc et jaune. Citons parmi les oiseaux les plus communs et les plus remarquables, la pintade* commune, le bagadais casqué, le rollier* à ventre bleu, le petit calao* à bec noir. Marché-Marchad, 1969 : 75. Bagadais casqué signalé (Comoé), bagadais à bec rouge signalé (Marahoué, Taï). Bousquet, 1992 : 155-170.

 

bagage, n.m. Fréq., oral surtout.

1- basilecte. (Avec valeur collective). Ensemble d'objets que l'on emporte avec soi en déplacement mais aussi pour aller de chez soi au lieu de travail. La pluie a gâté* tout mon bagage et le maître m'a puni parce que mon cahier était taché. (Copie 5e, Bouaké, 1979). Il a fait l'accident* et il a perdu tout son bagage. (Boy, Abidjan, 1977).

2- Plaisant, euphémisme. Parties sexuelles d'un homme ou d'une femme. Pour une femme, également seins et fesses. Dis donc, elle a un de ces bagages la go* (Etudiant, Abidjan, 1982).

SYN.: affaires*, botché*, mémé*, matos*, pont*-arrière (part.).

 

bagas, bagasse, [bagas], n.m. Assez fréq., (altération phon. de "bagages"), basilecte. Portefaix, porteur (gare ou marchés). Madame, tu veux bagas pour porter ton panier ? (Marché Abidjan, 1981). Je fais* bagas à la gare routière pour manger. (Jeune, Abidjan, 1981.)

SYN.: bagas*, baragnini*, donita*, cacaba*(part.), dawa*(part.), fougari*(part.), kaya*-kaya, gawa*(part.), ouyo*-ouyo.

 

bagba, [bagba], n.m. Spéc., (flore). (Dichapetalum guineensee [D.C.] Keay). Petit arbre de la fam. des Chailletiacées. Aubreville, 1959, II : 10.

SYN.: soumolié (baoulé), gouahiélu (yakouba).

 

bagnard, n.m. Argot du milieu, nouchi, fam., oral, péj. Taulard, personne emprisonnée depuis un certain temps. Y a un bagnard qui a béou* hier ! (: il y a un taulard qui a fait la belle, hier, Jeune, Abidjan, 1981).

SYN.: (part.) agrégé*, gawa*.

 

bagne, n.f. Argot estudiantin, mélior. Bagnole, voiture de luxe. La merco*, ça c'est de la bagne, trop même*. (Etudiant, Campus, 1981).

 

bagnon, banion, [banjT] / [baQT],n.m. Argot zouglou, (du bété, "beau garçon"), oral, fam. Beau type, joli garçon. Bagnon / pitié pour les soeurs*! (Chanson "Décapsulair". Groupe Les copines, corpus T., 1994). Je n'aime pas trop les bagnon* avec les tassaba* comme ça. Ivoir'Soir, 27.05.1998.

 

bagou, (avoir le ---- ), loc.verb. Argot estudiantin, oral, fam. Avoir de l'argent sur soi. J'ai le bagou, je t'amène* au film*. (Etudiant, Abidjan, 1989).

SYN.: avoir l'argent*, les balles*, le gnon*, le kpoh*, le ro*.

 

bahé, [bae], n.m. Spéc., (flore), (de l'abé). Fagara macrophymma [Oliv.] Engl.). Petit arbre de la famille des Rutacées. Roberty, 1954 : 155. Le bahé est très abondant dans toutes les brousses* secondaires où son long fût grêle hérissé de fortes épines [.] et son panache court de longues feuilles [.] le font facilement reconnaître. Aubreville, 1959, II : 107.

 

bahia, [baja], n.m. Spéc., (flore), (de l'agni ). (Hallea ciliata Aubr. et Pellegr. ex mitrogyna ciliata). Grand arbre forestier de la famille des Rubiacées, exploité. Bois tendre, gris rosé et léger de cet arbre souvent utilisé en menuiserie. Le bahia est un arbre très fréquent dans la zone forestière. Kerharo /Bouquet, 1950 : 58. Ces derniers Mitragyna sont de grands arbres au fût droit, élevé [.]. Ils fournissent le bois appelé bahia dans le commerce des bois de la côte d'Afrique. Aubreville, 1959, III : 258.

COM.: abura est le nom pilote de ce bois même si bahia est le nom commercial le plus usité. CTFT, 1989 : 380.

SYN.: tilleul* d'Afrique (signalé comme impropre par Aubreville, 1959, III : 260.), agofa (ébrié), propro (gouro), sonso (attié), sozo, (abé).

 

bahuteur, n.m. Argot des jeunes, (dérivé de "bahut" : lycée), oral, péj. Jeune homme qui choisit ses petites amies particulièrement parmi les lycéennes. Kouadio est un bahuteur. Il n'aime que les bettys* . (Campuslexique, 1981, 6).

 

baigner, (se ----- ), v. pron. Fréq., sauf univers., oral, écrit, tous milieux. Aussi bien 'prendre un bain' que 'se doucher' ou 'se laver entièrement (avec un peu d'eau). Mon domestique les renvoie en leur disant que je vais me baigner. Binger 1884, II : 205. Madame, tu peux te baigner. J'ai porté un seau d'eau. (Boy, 1976, Daoukro). Elle est tombée dans la douchière* pendant qu'elle se baignait. (Couturière, Korhogo, 1987).

DER.: baignoire*.

 

baignoire, n.f. Fréq. oral, écrit, tous milieux.

1- Lieu où l'on fait ses ablutions (V. DOUCHIERE*). Il sortait de la baignoire, enclos de tôles où se trouvait la douche. Du Prey, 1979 : 30. Au village, on se douche à la calebasse* dans la baignoire. (Informateur, Niellé, 1976).

ENCYCL.: dans un village, la baignoire est une construction extérieure à l'habitation principale. On s'y lave avec une cuvette. L'endroit peut aussi servir d'urinoir.

SYN.: douchière*.

2- Vieilli. Grande cuvette dans laquelle on fait la lessive. Le fannico* lave le linge dans la baignoire qu'il remplit à la lagune. (Informateur, 1977, Abidjan.)

ENCYCL.: c'est parfois une baignoire de bébé en matière plastique.

 

bailler, v.tr. Dispon., (administration), oral, écrit, mésolecte, lettrés, mélior.

1- Pour un propriétaire, louer (un appartement, une villa, etc. ) à l'administration qui y logera un fonctionnaire. Elle eut de la peine à choisir entre les cinq villas [.] et quand elle eut choisi, les quatre autres propriétés furent baillées à son nom. Bandaman, 1986 : 83. Ce qui lui rapporte beaucoup, ce sont les deux villas qu'il baille. (Enseignant, Sassandra, 1992). Il nous est signalé que les militaires, pour pouvoir honorer leurs logements baillés, seraient obligés de graisser la patte à ces indélicates personnes. L'oeil du peuple, 08.03.1995.

2- baillé (être ----), (plus rare). Pour un fonctionnaire, occuper un logement dont le loyer est pris partiellement ou totalement en charge par l'Etat. Ce logement appartient à un particulier qui le loue à l'administration pour que celle-ci y loge un membre du personnel qui, statutairement, a droit à un logement de fonction. La plupart des professeurs ne sont pas baillés. FM., 12.10.1982.

 

bailleur de fond, n.m. Assez fréq., argot urbain, oral, fam., iron. V. GROTTO*. Homme qui entretient une jeune femme à grands frais. Les gros bonnets ou grottos* sont des entreprises florissantes qui vont toujours au devant des clients potentiels (jeunes filles) proposer un contrat de bail (argent, voiture, voyage, prise en charge des frais de scolarité...) moyennant des rapports sexuels [.]. D'où leur nom de bailleur de fonds. Caummaueth, 1988 : 101. Façon* elle est élégante, elle a trouvé bailleur de fond. (Etudiante, 1990, Abidjan).

SYN.: banquier*, fournisseur*, grotto*, papa*, patron*, tonton*.

 

baimbrou, [bRbru], n.m. Spéc., (flore), (de l'attié). (Diospyros xanthochlamys Gürke). Petit arbre de la fam. des Ebenacées. Aubreville, 1959, III : 159.

SYN.: bodroui (bété).

 baisement, n.m. Dispon., argot urbain, oral, vulg., plaisant chez les lettrés. Baise, action de faire l'amour. Elle a gagné concours de baisement. ID., 21.05.1972. Y en a  qui préfèrent baisement à la sieste, mais ils sont climatisés*! (Etudiant, Abidjan, 1981). Là-bas, il a vu des films où c'est baisement du début à la fin !! (Menuisier, Bouaké, 1991).

 

baisingdrome, n.m. Dispon., argot urbain, oral, péj, fam. Lieu réservé aux ébats amoureux, garçonnière, "baisodrome". Les hommes qui ont un peu l'argent dans Abidjan là*, ils ont leur baisingdrome loué au mois. (Secrétaire, Abidjan, 1987). La go*, j'ai mais pas le baisingdrome ! (Etudiant, Abidjan, 1992).

 

baisser les pieds, loc.verb. Dispon., (sport), oral surtout, mésolecte. Baisser les bras, s'avouer vaincu. Devant ce nouveau coup de sort, l'ASC-Bouaké n'a pas baissé les pieds. (Radio, 10.03.1989, 20h30). Même quand mon père est mort et que j'ai  quitté les bancs*, je n'ai jamais baissé les pieds ! (Employé de banque, Bouaké, 1989).

 

baka (1), n.m. V. GBAKA*. En revanche un baka part tous les jours de Divo. Rémy, 1996 : 121.

 

baka (2), baca, bakadji, bacadji, [baka] / [bakadFi], n.m. Fréq., (alimentation), (du mandenkan "bouillie de riz + eau"), oral, écrit, tous milieux. Plat constitué d'une bouillie de riz, ou même de maïs, qui sert généralement de petit déjeuner. Les maquis* fleurissent : on fabrique du dégué*, du baka, du gnammankoudji* que l'on vend dans les chantiers, les gares, les cours d'école. FM., 03.04.1984. Le bacadji est trop* chaud. Patiente*-toi. (Etudiant, Abidjan, 1990)..

 

bakadji, n.m., V. BAKA (2)*. Il sera servi chaque jour un plat de bakadji. Amon d'Aby, 1973 : 34.

 

bakara, [bakara], n.f. Dispon., (tradition), (de l'agni). Statuette de bois sculpté représentant une sorte de poupée à tête aplatie. V. POUPEE* ASHANTI. Visitez donc le musée qui abrite [.] des bakara, statuettes de fécondité portées sur le dos par les femmes stériles. Bussang /Leblanc, 1990 : 151.

ENCYCL.: les femmes stériles portent cette statuette attachée sur leur dos comme elles porteraient un bébé, dans l'espoir d'obtenir ainsi la fécondité.

COM.: prend rarement le -s marquant le pluriel.

 

Bako, [bako], n.m. Fréq. (du mandenkan "pays du nord"), argot, oral, fam. Appellation donnée à la France. Il avait l'avantage de venir de Bako, de l'autre côté de l'océan. FM., 07.10.1982. "Vous êtes partis clandestinement ?" - "Comme on dit, je suis passé par le nord : le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, etc." - "Le Bako..." - "Exactement. En Espagne, j'ai un peu travaillé [.] et je suis parti* en France". FM. 02.22.1992. Prétendants déçus pour le départ à "Bako", calmez-vous donc! Ivoir'Soir, 22/23/24.08.1997. Malheureusement la France ne veut pas d'eux. Et pourtant les Anjouanais croient dur comme fer que leur salut viendra du Bako. Ivoir'Soir, 22/23/24.08.1997.

SYN.: Bringué* (nouchi).

 

bakro, [bakro], v.invariable. Fréq., nouchi., (du mandenkan "foyer + dormir"), oral, fam. Dormir, "pioncer". Après le bizgo*, je vais bakro. (: Après le business, je vais pioncer., Corpus nouchi G., 1987).

COMP.: bakroman*.

 

bakroman, pluriel : bakromen, [bakroman], n.m. Argot abidjanais, oral, (hybride mandenkan  : "wa" : foyer, "kro" : dormir + anglais "man" : homme). Enfant de la rue, SDF, personne qui vit dans la rue. Ploog, 1999 : 943.

DER.: bakroser*.

SYN.: enfant de la montagne (rare).

 

bakrose, [bakroze], v.intr. Argot nouchi, oral, (hybride mandenkan / français), péj. Vivre comme un enfant des rues, être sans domicile fixe, traîner dans la rue. "Mais enfin, ces gosses dont vous vous occupez, d'où viennent ils ?"-"De la rue. Ils ont quitté leur parents, leur quartier, leur village, pour bakroser au Plateau*." (Assistante sociale, Abidjan, 1998).

 

bal-maison, n.m. Vx., oral, écrit. Soirée dansante organisée chez des particuliers, surprise-partie. Amangoua avait donné l'ordre qu'on organise un bal-maison. Anoma Kanié, 1978 : 26.

 

bala, n.m. V. BALAFON*.

 

balafon, balafong, balaphon, n.m. ou f. Usuel., (du mandenkan: "xylophone + jouer"), oral, écrit, tous milieux.

1- Instrument de musique à percussion qui ressemble à un xylophone. Après le service*, nous irons au village, écouter la balafon. Du Prey, 1979 : 105. C'est l'homme cossu des villes qui n'a plus remis les pieds au village depuis vingt ans et pour qui le tam-tam* et le balafon sont de la musique pour campagnards. A. Koné, 1980 : 65. C'est donc dans cette ambiance de gaieté faite de battements de mains*, de tam-tams et de balafons. FM., 25.01.1982. Le Nord pourrait être considéré comme le pays des xylophones, souvent improprement appelés balafons par déformation d'une expression bambara qui signifie "jouer du xylophone". Oberlé, 1983 : 94. Les tam-tams* et les balafons jouèrent. Kourouma, 1990 : 68. On pouvait entendre les gouttes frapper le toit comme un balafon singulier. V. Tadjo, 1992 : 32.

ENCYCL.: des calebasses évidées servent de caisse de résonance.

COM.: la norme locale semble s'être fixée sur la graphie "balafon" et le genre masculin. La graphie"balaphon" est rare.

DER.: balafoniste*.

SYN.: bala, xylophone manding.

2- n.m ou f. Vx. V. BALAFONISTE*. Joueur de balafon. Ecoute le balafon. C'est le meilleur joueur du pays. (Retraité, Odienné, 1979).

3- n.m. ou f. Nord surtout. Danse au son du balafon. Contournons les danses : yagba*, balafon, n'goumé*. Kourouma, 1970 : 149.

 

balafong, n.m. V. BALAFON*. On ne peut pas se marier dans ce pays sans s'amuser. Il faut le balafong, la kora*. Koné, 1976 : 85.

 

balafoniste, balaphoniste, n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Joueur de balafon. Mory Kanté est un des plus célèbres balafonistes de l'Afrique de l'Ouest. FM., 16.02.1977. Je le connais : c'est le balafoniste qui joue pour Aicha Koné. (Conversation, Abidjan, 1987). La tête enrubannée*, drapé dans un grand boubou* amidonné, suivi par une foule de griots*, de tam-tamistes* et de balafonistes, il sortait de son palais. Kourouma, 1990 : 242. Tamtameurs* et balafonnistes frappent avec fureur. Kourouma, 1998 : 120.

COM.: la graphie "balaphoniste" est très rare.

SYN.: balafon-2*.

 

balafre, n.f. Vieilli, oral, écrit, tous milieux sauf universitaires. Scarification tribale. Ces scarifications sur le visage ou la poitrine, très fréquentes autrefois, permettaient d'identifier l'appartenance d'un individu à une ethnie, un clan ou une caste. Les  anciens Sénoufo [.] portaient trois balafres horizontales ou en éventail sur chaque joue. Du Prey, 1962 : 86. "Et puis, ceux qui ont connu ta grand-mère affirment qu'elle portait des balafres."- "Ne parlons plus d'Akissi, elle est partie, esclave ou libre." Coffi Gadeau, 1965 : 53. Des oreilles de chauve-souris, un nez épaté, des balafres descendant jusqu'au cou : Moussa Ouedraogo. Kourouma, 1970 : 49. Les balafres qui partaient dans tous les sens sur son visage dénonçaient son origine étrangère. Oussou-Essui, 1979 : 11. Je me souviens d'hier [.] / De mes balafres de domestique/ De mes marques de captif*. FM., 18.10.1983. Le deuxième bandit, taillé en armoire à glace, portant des balafres sur le front. FM., 14.09.1990. Le grand-frère* est reconnaissable à sa balafre au niveau du vomer, à son regard ardent, à son bonnet anango*[.]. Tierno Monenembo, 1993 : 62. L'un de mes agresseurs portait deux profondes balafres au visage. Ivoir'Soir, 05.03.1998. Il y a là, par la multitude des langues parlées, des balafres aux visages et des accents souvent reconnaissables, toute l'Afrique. Adé Adiaffi, 2000 : 67.

DER.: balafré*.

SYN.: cicatrice* tribale, marque*, tatouage* tribal.

 

balafré, n.m., adj. Vx., oral, écrit, péj.

1- n.m. Appellation donnée, autrefois, à certaines populations qui portaient des scarifications ethniques et étaient considérées comme peu évoluées par les ethnies islamisées. Mon grand-père était un balafré, un Cafre*, un fils de captif*, comme on disait alors à Kong. (Informateur, Korhogo, 1984). Ils [: les collecteurs et les ex-recruteurs du RDA] furent mal accueillis, même trois fois lapidés, alors qu'on croyait que tout le pays était soumis et résigné après les Balafrés. Kourouma, 1990, 266.

SYN.: cafre* (part.), captif* (part.).

2- adj. Porteur de scarifications ethniques. Les tirailleurs originaires du Nord étaient des géants balafrés des cheveux aux fesses, plus cruels que nos gardes. Kourouma, 1990 : 261.

 

balai, n.m. Usuel en milieu trad., oral, écrit, tous milieux. Touffe de fibres végétales liées par un fil de fer ou une liane et non montée sur un manche. Elle sert localement de balai. Courbées vers le sol, le balai en main*, les femmes nettoyaient la place. (Copie 3e, Bouaké, 1980). Madame, j'ai besoin d'un balai, pas du balai comme ici mais d'un balai comme en France. (Planton, Bouaké, 1990).

 

balai doux, n.m. Spéc., (flore). (Scoparia dulcis Linn.). Plante de la famille des Scrophulacées, utilisée dans la pharmacopée locale. Roberty, 1954 : 126. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 278.

SYN.: timi timin nou (mandenkan)

 

balancer, v.tr. Assez fréq., oral, mésolecte, basilecte. Peser à l'aide d'une balance. Balance-moi ça en vitesse sur la balance là, l'autre est gâtée. (Commerçant, Daloa, 1980). Les collecteurs balançaient avec de faux poids pour tromper les paysans. (Radio, 12.4.1983, 21h10).

 

balanceur, n.m. Dispon., argot urbain, péj. Aide-chauffeur de gbaka*. Il demeure à bord du car pendant le déplacement et encaisse le prix du transport. Profession apprenti-gbaka*. Fonction "balanceur". Je ne savais pas que l'expression apprenti*-gbaka avait deux significations. Je ne l'ai su que lorsque j'ai demandé à exercer comme apprenti*-gbaka pour une journée. M.D, le chauffeur du car pris en location, a demandé ce que je voulais exactement."Tu veux être balanceur ou coxer*? Balanceur, c'est rester dans le gbaka avec moi et encaisser. Coxer*, c'est rester à la gare pour charger le véhicule." Ivoir'Soir, 26.05.1998. Le 'balanceur a, lui, une vie professionnelle plus instable. A tout moment, son chauffeur peut le lâcher. "Toutes les gares routières sont bourrées de balanceurs." Les chauffeurs ont donc l'embarras du choix. Ivoir'Soir, 27.05.1998. Mais les balanceurs ont que des foutaises !! Il t'a giflé avec les jetons* au lieu de les donner... (BD), Ibid.

SYN.: apprenti*-gbaka (part.).

 

balanzan, [balSzS] n.m. Spéc., (flore), (du mandenkan), nord. (Acacia albida Del). Arbre moyen de la fam. des Légumineuses Mimosacées, des régions sèches, seule espèce feuillue en saison sèche et fournissant ombrage ainsi que complément fourrager (gousses, feuilles). Bois de cet arbre, jaune clair, tendre et assez facile à travailler.  CTFT, 1989 : 355.

SYN.: cad, faidherbier, gao (rares).

 

balaphon, n.m. V. BALAFON*.

 

balaphoniste, n.m. V. BALAFONISTE*.

 

balbuzard pêcheur, n.m. Spéc., (faune). (Pandion haliaetus Linn.). Rapace diurne migrateur, commun, qui constitue à lui seul la famille des Pandionés. Le balbuzard pêcheur plonge dans l'eau d'assez haut et s'y enfonce presque complètement. Champroux /Ducret, 1979 : 26.

 

balié, [balje], n.m. Spéc., (flore), (de l'abé). (Newbouldia laevis Seem.). Petit arbre de la fam. des Bignoniacées, très répandu en savanes mais aussi en zone côtière, pour constituer des palissades. A la floraison, il porte de grands épis dressés de belles fleurs roses ou mauves. Utilisations thérapeutiques de l'écorce et des racines. Aubreville, 1959, III : 244.

SYN.: bama (ébrié), kinkin (mandenkan).

 

baliste, n.m. ou f. Spéc.(faune). Poisson de mer à corps plat, de forme ovale, recouvert d'une épaisse carapace formée de plaques en losanges, (fam. des Balistidae). Deux espèces sont très communes.

1- baliste-cabri, (Balistes carolinensis Gmelin = B. capriscus Gmelin). Lorsqu'elle est pêchée et qu'elle se défend, la baliste-cabri peut mordre cruellement. Aldrin /Noyer /Brégéat, 1972 : 85. Bien que comestible et abondant dans les prises des chalutiers, le baliste-cabri est habituellement rejeté par les pêcheurs. Seret /Opic, 1981 : 374.

SYN.: poisson*-caoutchouc*, poisson* cran d'arrêt.

2- baliste ponctué, (Balistes punctatus Gmelin = B. forcipatus). Espèce plus petite que la précédente, portant des taches brunes arrondies. Non consommée. Le baliste ponctué a un corps plus losangique que celui du baliste-cabri. Seret /Opic, 1981 : 374.

 

balle perdue, n.f. Argot urbain, oral, écrit, péj. Enfant né hors mariage. Il a six enfants de ses épouses plus quelques balles perdues par ci par là!  (Enseignante, Abidjan, 1982). Fille-mère c'est pareil. L'enfant sans père, c'est comme une balle perdue. Dans beaucoup de milieux, la fille est foutue. Krol, 1994 : 61.

 

ballé, (être ---- ), loc.verb. Argot estudiantin., (du frcs "balles": "fric"), oral  Etre riche, avoir de l'argent à dépenser. Je suis ballé, on va au film*. (Campus, 1982).

DER.: déballer*.

SYN.: avoir les balles*.

ANTON.: être moisi*.

 

balles, (avoir les ---- ), loc.verb. Argot univer., oral. Pour un étudiant, avoir touché sa bourse, par ext. avoir de l'argent sur soi, prêt à être dépensé le cas échéant. "Mon chéri, j'ai pas les balles" - " Ne t'en fais pas, je te fais un chèque." (Campus lexique, 1980 : 8).

SYN.: avoir l'argent*, le bagou*, le gnon*, le kpoh*, le ro*, être ballé*.

ANTON.: être moisi*.

 

bambou, n.m. Spéc., (flore), mais fréq., oral, écrit, lettrés.

1- V. BAMBOU DE CHINE. Appellation donnée au long pétiole de la palme du Raphia Hookeri Mann et Wendl, ou du R. gigantea A. Chev., utilisé pour la confection de palissades, de meubles, de corbeilles. Le palmier*-raphia souvent appelé - à tort - par les artisans, bambou. Etienne-Nugue, 1974 : 75. Elle revient doucement, frôlant les bambous de la palissade. Anoma Kanié, 1978 : 112. Cette exposition [.] sera constituée des réalisations suivantes : nattes en bambou, tam-tams*. FM., 09.11.1982. Si vous ne voulez pas végéter dans des huttes de bambou, concentrez vos efforts en faisant pousser du bon cacao* et du bon café*. (Allocution, Foire de Dimbroko, mars 1953, in Y-A Faure, 1982 : 23).

ENCYCL.: le véritable bambou est le B. vulgaris Linn.

DER.: bambousaie*, bambouseraie*.

SYN.: bambou-raphia.

ANTON.: bambou de Chine.

2- bambou de Chine, (dans le nord, Bambusa abyssinica A. Rich. = Oxythenanthera abyssinica Munro. Dans le sud, Bambusa vulgaris Linn.). Graminées géantes de la famille des Poacées. C'est le préau, soutenu par de gros bambous de Chine. Anoma Kanié, 1978 : 54. Parvenu à la hauteur d'un bosquet de bambous de Chine, il vit un gros chien noir lui barrer la route. FM., 30.11.1982. Partout, également, des nasses et des bambous de Chine, ainsi que les appellent les pêcheurs, pour prendre les mâchoirons*. Gaudio /Roekeghem, 1984, 93. Et pourtant le colonisateur a délimité cette frontière et cela a été matérialisé par une haie de bambous de Chine plantée avant les Indépendances [.]. Détective, 06.03.1995. Une fois rentré au village, le père demande à son fils B.Z. de planter un bambou de Chine dans la cour familiale. Ivoir'Soir, 08.07.1997. C'est un espace soigneusement nettoyé et entouré de bambous de Chine. Ivoir'Soir, 03.06.1998.

ENCYCL.: cette appellation permet de distinguer, pour l'artisanat, le véritable bambou de ce que l'on appelle localement bambou.

DER.: bambousaie*, bambouseraie*.

SYN.: bambou, bambou-raphia.

ANT.: bambou-raphia.

3- bambou-raphia, V. BAMBOU. Pétiole de la feuille du palmier-raphia*, par opposition au bambou véritable, localement appelé bambou de Chine. Des tables que l'on fabrique avec des nervures de bambou-raphia. Davesne, 1954 : 58.

SYN.: bambou.

ANTON.: bambou de Chine.

 

bambousaie, n.f. V. BAMBOUSERAIE*. Il y a environ 1,1 million d'hectares de bambousaies en Afrique Tropicale. CTFT, 1989 : 2.

 

bambouseraie, bambousaie, n.f. Spéc., (flore), mais assez fréq., oral, écrit, lettrés. Plantation de bambous véritables, destinés à une utilisation artisanale. Si l'on dispose suffisamment de bambouseraies de la variété vulgaris à l'ivoirienne*, dans la région sud, pour préparer la perche*[.]. FM., 09.01.1980. Bambouseraies (titre) CFDT, 1989 : 2.

COM.: l'hésitation est fréquente entre les deux termes avec une préférence pour "bambouseraie".

 

bamougou, [bamugu], n.m. Spéc., (flore), (du mandenkan), oral surtout.  V. OSEILLE* DE GUINEE. Calices des fleurs de l'hibiscus sabdariffa Linn., consommées dans les sauces*. Le bamougou, ça donne un bon goût. (Informatrice, Odienné, 1984.)

 

ban, [bS], n.m. Vx. (du  mandenkan), oral, écrit. V. PALMIER*- BAN. (Raphia hookeri Mann. et Wendl. = R. gigantea A. Chev. = R. sudanica A. Chev.). Palmier arborescent exploité. Le fruit du ban ressemble par sa forme, ses dimensions et sa couleur à notre pomme de pin. Binger, 1892, I : 17.

 

bana-bana, bana bana, n.m. Fréq., (du mandenkan, "petit commerçant ambulant"), surtout oral, tous milieux, fam., souvent péj. Marchand ambulant (souvent d'origine étrangère) installé au coin des rues et proposant une gamme de marchandises variées. Ce sont ces marchands ambulants appelés communément bana-bana [.]. Les bana bana peuvent facilement provoquer des accidents parce qu'ils se ruent sur les voitures attendant aux feux rouges. FM., 12.06.1983. Il y a enfin les bana-bana ou vendeurs ambulants. Ils ont pour terrain de vente les grands carrefours, les environs du port d'Abidjan, les avenues commerciales et les devantures* de certains grands magasins. ID, 24.06.1979, cité in Caummaueth, 1988 : 141. Affaire* de mendiants, affaires de bana-banas, tout ça là ! ID, 14. 05.1989. Quant aux vendeurs ambulants (bana-bana)[.] il leur faudra débourser entre 10 et 30 000 f. Jeune Démocrate. 10.01.1993. Il leur a répondu qu'il n'avait pas affaire aux stations mais qu'il traite affaire avec les bana-bana qui vendent de l'essence de qualité. Ivoir'Soir, 30.03.1998.

COM.: pluriel en -s ou invariable. Trait d'union pas toujours présent.

DER.: banabanisme*.

SYN.: feu* rouge.

2- adj. Assez rare, oral surtout, péj. Se dit d'une personne qui vit d'un peu n'importe quoi, en faisant des petits métiers de la rue. En marchant dans les rues [: de Johannesbourg] vous finissez par rencontrer des Ivoiriens bana-bana. Ivoir'Soir, 11.06.1997.

 

banabanisme, n.m. Dispon., (hybride mandenkan "marchand ambulant" + français -isme), oral, tous milieux, fam., péj. Activité de marchand ambulant, pris souvent dans le sens péjoratif de vagabondage d'un individu qui se livre à divers petits métiers occasionnels, parfois malhonnêtes. Le banabanisme tend à se développer en milieu urbain avec la conjoncture*. (Conférence de sociologie, Abidjan, 1980).

 

banane, n f. Usuel, (du soussou [l. mandé de Guinée] par le portugais), oral, écrit, tous milieux. Valeur générique : fruit de toute espèce de bananier.

1- Plus souvent : banane à cuire* par opposition à banane douce*. Pour le biokosso*, il faut 4 ou 5 daurades* fraîches, 5 tomates, de la banane ou de l'igname* bouillies. FM., 26.04.1980. La femme lui demanda de l'accompagner couper de la banane. FM., 25.06.1980.

COM.: lorsque le terme a valeur générique, il est utilisé au sing. comme collectif.

DER.: bananeraie*, bananier*.

COMP.: banane conakry, banane à cuire, banane cochon, banane doigt, banane de mer, banane douce, banane figue, banane foutou, banane légume, banane plantain, banane pomme, banane poyo, banane rose.

SYN.: banane à cuire, banane-cochon, banane foutou*, banane légume*, banane plantain*, plantain*.

2- banane à cuire, V. BANANE PLANTAIN.

3- banane cochon, V. BANANE PLANTAIN. [.] le plantain* donnant les grosses et farineuses bananes-cochon que l'on mange cuites. Roberty, 1954 : 357.

4- banane conakry, V. BANANE DOUCE. Patron veut toujours bananes conakry pour le dessert. (Boy, Abidjan, 1991).

5- banane-doigt, V. BANANE DOUCE, (calque de langues kwa comme le baoulé "doigt de pied - prostituée"). Petite banane douce. La banane-doigt est une petite banane mince comme les orteils de la putain qui ne sont pas déformés par les longues marches et le travail des champs. Carteron, 1972 : 29.

SYN.: mignonnette*.

6- banane douce, générique s'appliquant à de nombreuses variétés de bananes sucrées, consommées comme dessert et différant par la couleur, la taille et la saveur. Il faut que l'enfant mange de la banane douce, de la mangue*, de la papaye* de l'ananas*. FM., 05.03.1975. L'Ivoirien consomme des fruits : avocats*, mangues*, goyaves* [.], bananes douces. Oberlé, 1983 : 68. Les Blancs viendront la semaine prochaine. Puisqu'ils aiment la banane douce, je leur en offrirai [.]. Ivoir'Soir, 08.07.1997. Il convient ici de mentionner le succès de petites bananes douces sur tous les autres fruits présentés. Ivoir'Soir, 25.02.1998. Si à minuit, les Espagnols avaient 12 bananes douces à avaler, ils allaient* remercier l'horloge. Ivoir'Soir, 02/03/04.01.19

SYN.: banane conakry, banane figue, banane fruit, banane pomme, banane poyo, banane rose, figue*, figue*-banane*, figue rose, pomme* de paradis.

7- banane-figue, figue-banane, V. ABACA*. Vx. Banane douce consommée comme dessert. Au XVIe siècle, ils [: les Portugais] introduisirent [ : sur la côte de l'Afrique de l'Ouest] la banane-figue à fruits sucrés. Busson, 1965 : 495. Le Musa sapientium, bananier cultivé donnant les bananes-figues que l'on mange crues [.] . Roberty, 1954 : 357.

ENCYCL.: selon Mauny,(1952) survivance de l'ancienne appellation "figue", "figue rose".

SYN.: abaca* (part.), figue*, figue*-banane, figue* rose.

8- banane légume, V. BANANE PLANTAIN. 156 cartons de bananes roses et de bananes légumes. FM., 19.02.1982.

9- banane-foutou, banane foutou, (du nom du plat traditionnel ivoirien que cette variété de banane sert à préparer). V. FOUTOU*. Banane à cuire. Le mélange d'oeufs, d'huile de palme* et de cendres de peaux de bananes-foutou constitue un contre-poison d'utilisation généralisée. Kerharo /Bouquet, 1950 a : 112. Des femmes d'un certain âge, écrasent de la banane-foutou dans les mortiers. Anoma Kanié, 1978 : 108.

COM.: graphies avec ou sans trait d'union. La marque du pluriel porte seulement sur banane.

10- banane fruit, V. BANANE DOUCE.

11- banane plantain, banane-plantain, banane-plantin, banane de grosse taille (30 cm de long, 5 cm de diamètre), peu sucrée et consommée cuite comme légume. [.] en lui montrant une banane huilée, banane plantin préparée spécialement [.]. Anoma Kanié, 1978 : 256. C'était du café noir et un peu de béléké (1) de banane plantin ou de manioc. Note : Béléké : banane plantain ou manioc bouilli. Koné, 1980 : 17. N'as-tu pas de bras pour porter toi-même ce petit panier contenant des graines* de palme, dix bananes plantain, une igname*, deux tubercules de manioc*, des aubergines*, des tomates, deux poissons, un kilogramme de viande avec os, du piment, du sel, une petite bouteille d'huile* rouge, deux oignons, un paquet d'attiéké*? J. Guenaman Colbert, 1985 : 35. Dans l'espace d'un an, de 1983 à 1984, la banane plantin , l'igname* et le manioc*, aliments de base, ont augmenté sur les marchés. A. Touré, 1985 : 203. Un investissement d'environ cent vingt millions de francs portant sur la culture de la banane plantain en contre-saison. FM., 07.05.1993. 4 bananes plantain : 100/200 FCFA. Marché d'Adjamé, L'oeil du peuple, 13.03.1995. La grappe de trois bananes plantains coûte aujourd'hui 100 francs CFA* contre 50 francs CFA* le lundi (jour de marché). Ivoir'Soir, 20.08.1997. Le boom de la banane plantain à Bonon. (légende sous photo). Ivoir'Soir, 16.02.1998.

12- banane pomme, V. BANANE DOUCE, (de l'ancien nom donné à la banane douce "pomme* de paradis"). Variété de banane douce, assez grosse mais courte et à goût acidulé. Madame ! tu veux bananes-pomme. C'est doux* . (Marché, Abidjan, 1984).

13- banane pôyo, banane pôyo, banane poyo, [bananpCjC], (hybride français/ agni-baoulé). Banane douce d'introduction récente (à Agboville en 1920), très appréciée. Il faut de la banane pôyo pour la maison. Anoma Kanié, 1978 : 72. Le paysan de l'Agnéby qui a un amour certain pour la culture de la banane pôyo doit être encouragé. FM., 26.12.1979. [.] il travaille successivement dans les plantations de banane pôyo de la région d'Agboville [.]. Bonnassieux, 1987 : 31. Les paysans cultivent également de l'igname*, de la banane plantain*, de la banane pôyo, du taro*. FM., 04.12.1990. 25 francs CFA* le tas de trois bananes poyo. Ivoir'Soir, 20.08.1997.

SYN.: poyô*.

14- banane rose, Variété de petite banane douce à chair très jaune et à peau teintée de rose à maturité. Au niveau des ventes sur stands, on a enregistré  [.]  156 cartons de bananes roses et de bananes légume. FM., 19.12.1982.

 

banane de mer, n.f. Spéc., (faune). (Albula vulpes Linn.). Poisson pélagique tropical côtier, seule espèce de famille des Albulidae. Aldrin /Noyer /Brégéat, 1972 : 16. La banane de mer est principalement un poisson de pêche sportive, plus connu sous le nom de bonefish*. Seret /Opic, 1981 : 84.

ENCYCL.: son nom lui vient de sa forme bananoïde.

SYN.: bonefish, guinée*.

 

bananeraie, n.f. Usuel, (flore, agriculture), oral, écrit, tous milieux. Grande plantation de bananiers, cultivés pour l'exportation. Les professionnels de la distribution de fruits ivoiriens sont allés à Nieky dans les bananeraies de la S.C.B. (2000 ha. de champs plantés). FM., 19.02.1982. Nous traversons une bananeraie : arbres alignés, canaux profonds pour le drainage [.] sacs de plastique bleu enveloppant chaque régime. Naipaul, 1984 : 147. Après Adzobé, la forêt a été rasée sur plusieurs kilomètres pour être remplacée par de grandes bananeraies. Alland, 1984 : 17. Au fur et à mesure de l'approche sur Agboville, les bananeraies se multiplient car ce département est le premier producteur de bananes de Côte-d'Ivoire. Rémy, 1996 : 94. Le tribunal correctionnel de Tabou a condamné T.A., 25 ans, de nationalité libérienne, à deux mois pour avoir volé M.S.T, propriétaire d'une bananeraie dans  le village de Blibouda, à 19 km de Tabou. Ivoir'Soir, 07/08.05.1997. Deux mois plus tard, les 19 et 20 novembre 1988, il organise dans une bananeraie de Dabou, à une centaine de kilomètres d'Abidjan, le congrès constitutif du Front populaire ivoirien., un parti officiellement clandestin. J.A L'Intelligent, 28/11-04/12 2000.

 

bananier, n.m..Usuel, (flore), oral, écrit, tous milieux

1- Terme générique désignant quatre espèces de Musacées (à nombreuses variétés). a) Musa nana Lour ou bananier de Chine = bananier des Canaries dont les fruits sucrés sont consommés comme dessert, (V. BANANE* DOUCE). b) Musa paradisiaca Linn. ou bananier du paradis dont les gros fruits peu sucrés sont consommés cuits (V. BANANE* PLANTAIN). c) Musa sapientum Linn. ou bananier figue = bananier des sages = figuier* du paradis = figuier* d'Adam, dont les fruits sont consommés crus ou cuits. (Busson 1965 : 496) d) Musa ornata Roxb. ou bananier d'ornement.

COMP.: bananier cochon, bananier de Chine, bananier des sages, bananier d'ornement, bananier du paradis, bananier figue, bananier nain, bananier nain des Canaries, bananier plantain, bananier poyo.

2- bananier-cochon, V. BANANIER PLANTAIN. La décoction du jeune tronc de bananier dit cochon [.]. Kerharo /Bouquet, 1950, a : 111.

3- bananier de Chine, V. BANANIER (1).

4- bananier figue, V. BANANIER (1).

5- bananier nain, V. BANANIER (1).

6- bananier plantain, bananier-plantain, bananier-plantin, plantain*, n.m. (Musa parasidiaca Linn.). Espèce de bananier qui donne de gros fruits peu sucrés, consommés cuits. Les Portugais [.]  lors de leur exploration de la côte ouest-africaine, y auraient trouvé des bananiers plantains. Busson, 1965 : 495. Le bananier plantain est un bananier de grande taille donnant des fruits consommés localement comme légumes. Deltre-Wurtz, 1982 : 26. Actuellement, un seul tubercule de manioc coûte 150 F, trois bananes plantain  200 F. Guenaman Colbert, 1985 : 21. Une action de ce type a été entreprise sur croisement musa acuminata-musa balbisiana dans le cadre de l'amélioration des bananiers-plantain. Saint-Pierre /Demarly, 1989, : 53. Tantie*, vous avez bien un peu de banane-plantin ? Tierno Monenembo, 1993 : 73.

ENCYCL.: l'introduction en Afrique est très ancienne. Cosmas Indicopleustes en aurait vu en Erythrée vers 525 av. Jésus-Christ, selon Mauny.

COM.: graphie instable : avec ou sans trait d'union, avec ou sans marque du pluriel sur le second élément, plantain/plantin.

SYN.: doun (attié), manda (baoulé), namassa (mandenkan).

7- bananier pôyo, bananier pôyo, V. BANANIER.

 

bananier (1), adj. Fréq. oral, écrit, lettrés. En rapport avec la culture et la commercialisation de la banane. En ce qui concerne la production bananière, notre pays est en concurrence avec d'autres producteurs africains, notammment le Cameroun. ( Radio, 16. 09.1982, 15 h 30.)

 

bananier (2), n.m. Dispon., oral, écrit, lettrés. Cargo spécialement aménagé pour le transport et la conservation des bananes. Ce qu'il faut, pour bien connaître la côte, c'est essayer de voyager sur un bananier. (Enseignant, San Pedro, 1980.)

COMP.: quai* bananier.

 

banco, banko, n.m. Fréq., (du mandenkan "argile à bâtir"), oral, écrit, tous milieux.

1- Terre argileuse qui entre dans la confection d'un matériau de construction traditionnel. La galerie est une excavation à ciel ouvert dont les parois [.] fournissent le banco, une terre collante de couleur ocre. FM., 20.2.1984. Je fabriquais de briques en banco pour les vendre. Deniel, 1991 : 144.

2- Matériau de construction traditionnel obtenu en mélangeant argile, sable, gravillons sur une armature végétale. De nombreuses cases* rondes [.] reliées entre elles par une enceinte de banco, entouraient une grande cour. Koné, 1976 : 25. Maman nous a alors expliqué que c'était leur façon de faire les maisons. On les appelle les maisons en banco. A. Kouadio, 1983 : 10. Construite en banco, la soukala* a une seule porte d'accès, très étroite. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 244. Les mosquées sont presque toujours des constructions en banco de type soudanais. FM., 20.2.1984. [.] le père de Raphaël a construit une maison en banco [.] avec une toiture de papo* assez vaste et intelligemment conçue. Krol, 1994 : 167. Guélémou ! Mélange de cases* en banco et de maisons modernes faites de tôles ondulées. Ivoir'Soir, 24.12.1997. Imaginez quatre cases en banco disposées en carré qui entourent une cour assez exiguë. Ivoir'Soir, 02.12.1997.

ENCYCL.: le banco peut être recouvert d'une couche de ciment qui l'imperméabilise. Il peut aussi être façonné en briques.

 

bancs, n.m.pl. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- Par métonymie : école au sens large (université comprise). Quand on est resté longtemps sur les bancs, cela ne vaut pas la peine de travailler dans l'exploitation familiale. Bonnassieux, 1977 : 185. S.T. a passé une bonne partie de sa vie sur les bancs, mais à l'école coranique*. FM., 20/21.12.1980. Mais j'avais un problème avec les Classiques, il faut aller sur les bancs pour apprendre [.]. Ivoir'soir, 18.12.1997.

LOC.: être sur les bancs, faire les bancs, quitter* les bancs.

2- bancs, (être sur les --- ), loc.verb. Etre scolarisé, aller à l'école. J'étais sur les bancs, au cours moyen 1, quand mon père est mort. (Lycéen, Bouaké, 1977). Certains ne me reconnaissent plus, alors qu'on a été sur les mêmes bancs et qu'il n'y a pas de sot métier. Deniel, 1991 : 139. Quand j'étais sur les bancs, le niveau était nettement meilleur et pourtant en régression par rapport aux générations précédentes. Krol, 1994 : 50. Je me suis enfui pour retourner en classe en me disant que j'avais de la chance d'être sur les bancs. Krol, 1994 : 130.

SYN.: être élève*, faire les bancs, fréquenter*, fréquenter* les bancs.

3- bancs, (faire les ---- ), loc.verb. V. ETRE SUR LES BANCS. On le minimise* par rapport aux autres apprentis qui n'ont pas fait les bancs. Bonnassieux, 1977 : 139. J'ai douze ans et je n'ai jamais fait les bancs. FM., 21.12.1982. J'ai fait les bancs jusqu'à la classe de quatrième. (Lettre, Abidjan, 1986). Elle est illettrée, elle n'a pas fait les bancs. Krol, 1994 : 130.

4- bancs, (déserter les ---- ), (quitter les ----), loc.verb. Quitter l'école, (volontairement ou non). Depuis que j'ai déserté les bancs [.]. FM., 17.04.1992.

5- bancs, (fréquenter les ---- ), fréquenter, loc.verb. V. FREQUENTER*, Aller à l'école (quel que soit le niveau). Pourquoi pas des cours de dactylo puisqu'elle sait lire et écrire et qu'elle fait vraiment des choses comme quelqu'un  qui a fréquenté. A. Kouadio, 1983 : 32. Je n'ai jamais fréquenté les bancs. FM., 30.12.1983. Mais c'est difficile d'élever des enfants, surtout en ville [.] parce qu'ils suivent des camarades qui sont des voyous et qui ne veulent pas fréquenter les bancs. Deniel, 1985 : 219. Mon papa [.] m'a emmené au village [.] je suis allé fréquenter là-bas au village à Bonoua. A. Touré 1985 : 50. Celui-ci, du reste, fréquente sans payer aucune scolarité. Timité Bassori, 1986 : 75. Quand les élèves fréquentent dans un autre quartier, les parents doivent leur donner quelques pièces pour qu'à midi ils s'achètent un morceau de pain ou de la banane grillée. Bonnassieux, 1987 : 175. Patron, je n'ai pas fréquenté. Je n'avais pas mon père pour me supporter*. (Boy, Abidjan, 1998)

6- bancs, (quitter les ---- ), loc.verb. Etre déscolarisé (soit par abandon des études, soit après la fin de celles-ci). J'ai quitté les bancs à* mon CM 1. (Boy, Abidjan, 1979). Quand j'ai quitté les bancs, en 69 [.]. Deniel, 1991 : 121. Elle quitta les bancs de l'école à l"âge de quinze ans, son certificat d'études primaires en poche, malgré tout. Coulibaly, 1992 : 47.

SYN.: quitter*.

7- bancs, (rester longtemps sur les ---- ), loc.verb. Faire de longues études. Et quand on est resté longtemps sur les bancs, cela ne vaut pas la peine  de travailler dans l'exploitation familiale pour quelques habits et un peu d'argent reçu après la récolte. Bonnassieux, 1987 : 185.

bandamier, n.m. Rare, oral, écrit, mésolecte. V. BADAMIER*. Altération courante de "badamier", peut-être par contamination du toponyme local "Bandama". La tornade* a abattu les deux bandamiers de la cour. (Rapport administratif, 1982).

 

bandécon, bandé-con, n.m. V. BANDICON*. Toi aussi, Moussa, tu es un bandécon. ID (Moussa), 14.05.1989. Bandé-con ! Est-ce que c'est bon ça ? ID (Moussa), 08.12.1990.

 

bandicon, bandit-con, bandécon, [bSdekT] / [bSdikC], n.m. Fréq., (du français "bande de cons") oral surtout, basilecte, plaisant chez les lettrés., péj.

1- interj. Juron traduisant l'affectivité et prenant l'auditoire à témoin de l'intensité émotive. Mais, Bandico ! I fallait voir comment le bûcheron i tremblait comme feuille. ID (Moussa) n° 952.

2- n.m. Insulte adressée généralement à une seule personne : imbécile, crétin. Il m'a traité* d'un bandit-con et je l'ai boxé*. (Lycéen, Abidjan, 1975). Un bandicon comme toi, y a pas son deux* !  (Etudiant, Abidjan, 1988.)

COM.: la signification plurielle a disparu en raison de re-interprétation "bandit-con" par confusion phonétique.

 

bandit, n.m.,adj. Assez fréq., oral surtout, mésolecte, basilecte, connot. affectueuse. Petit voyou, se dit d'un enfant difficile et malicieux. Mon enfant est trop* bandit, il ne travaille pas du tout. (Secrétaire, Abidjan, 1984). Mais "bandit" [.] ne sonne pas comme une véritable insulte. Ce n'est pas une caresse non plus. Il désigne plutôt un personnage à la limite du positif et du négatif dont les hardiesses, les audaces suscitent à la fois la frayeur et la fierté de la grand-mère. Y. Konaté, 1987 : 52. Pourquoi tu es bandit comme ça à l'école ? Le maître va te punir. (Mère de famillle, Abidjan, 1996).

 

bandji, bangui, [bSgi] / (bSdFi], n.m. Usuel, (alimentation), (du mandenkan  "palmier-raphia+ eau"), oral, écrit., tous milieux. Vin de palme, sève du palmier*-raphia, du rônier* ou du palmier* à huile. Elle sert de boisson alcoolisée très appréciée. Un serveur [.] verse le liquide sucré d'un blanc laiteux, moussant d'alcool, le bandji. Anoma Kanié, 1978 : 54. Qu'est-ce que tu préfères, le bandji ou le dolo* ? (Convers., Abidjan, 1984). Vente de bandji : un commerce de plus en plus populaire. FM., 21.10.1982. On nous offre une gourde* de vin* de palme, le traditionnel bandji blanc. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 185. Le jour du drame, A.K. avait consommé seul deux litres de bandji et un litre de koutoukou*. Ivoir'Soir, 13.05.1997.

DER.: bandjidrome*.

COMP.: bangui* blanc.

SYN.: bango*, bangui*, vin de palme*.

 

bandjidrome, banguidrome, [bSgidrCm] / [bSdFidrCm], n.m. Usuel, (alimentation), (mandenkan "palmier-raphia + eau + cinq francs.." [V.-DROME*]), oral, écrit. surtout fam., tous milieux. Lieu du marché où se rassemblent les marchandes de vin de palme. Par extension, lieu de rencontre des jeunes défavorisés. Le week-end, avec les copains, il fait la tournée des bandjidromes. FM., 21.1.1980. En cette période de conjoncture*, les maquis*, les boites de nuit et les salles de cinéma ne sont plus les seuls coins de distraction des Bouakéens*. Il s'est créé un autre lieu : les bandjidromes. FM., 21.10.1982. Rendez-vous à midi au bandjidrome de Cocody. (Etudiant, Abidjan, 1994). On fait rien de mal, on va au banguidrome. (Etudiant, Abidjan, 1995).

COM.: bandjidrome semble plus fréquent que banguidrome. Construction à rapprocher de celle de allocodrome*, déguédrome*, kpémadrome*,... V.-DROME*.

SYN.: banguidrome*.

 

bangala, bangalan, bengala, [bSgala], n.m. Fréq. (du portugais  "cana de bengala" cf BAL, 1988 : 177), oral. fam., mésolecte, basilecte, vulg. Pénis. Affaire* de bangala là*, si tu promènes trop avec les toutous*, après, tu as le sida. (Convers. jeunes, Abidjan, 1987). Ton bengala là, c'est caoutchouc seulement ! (Prostituée, Abidjan, 1992). Mon mari, ce n'est pas de la volaille, c'est un homme [.]. Il a tout ce qu'il faut : l'argent, le bangalan et puis le plus long poignard de la ville. Tierno Monenembo, 1993 : 65. Le passager totalement nu essayait s'il était un homme de mettre la main maladroitement sur son bangala en l'air, si c'était une femme sur son gnoussou*-gnoussou. Kourouma, 2000 : 59. Elle me caressait le bangala, doucement et doucement. Je bandais comme un âne [.]. Kourouma, 2000 : 114.

SYN.: barreau*, bâton*, bazooka*.

 

bangbaye, n.m. V. ALBIZZIA*.

 

bango, [bSgo], n.m. Fréq. Argot des jeunes, oral surtout. V. BANGUI*. Vin de palme. Viens pinter* un bango !  (Campus, Abidjan, 1983).

 

bangui, bandji, [bSgi] / (bSdFi], n.m. Usuel, (altération de bandji, emprunt au mandenkan), oral, écrit, tous milieux. Sève du palmier*-raphia*, du rônier*, ou du palmier* à huile, boisson alcoolisée très appréciée, vin* de palme. Il n'a pas oublié comment on honore ses aïeux en buvant le bangui. Du Prey, 1979 : 37. La production d'alcool reste élevée même si on n'intègre pas dans la comptabilité officielle les productions artisanales: dolo*, bangui*, koutoukou*. (Rapport administratif, 1980). Tu boiras ce bon bangui, boisson divine de mon village. Adjaffi, 1980 : 18. Le professeur Tahiri-Zagret [.]  a découvert le secret de la stabilisation du bangui en boite. FM., 19.01.1982. Alors le chef* se lève, répand du bangui (vin* de palme âcre et sucré) au pied du podium. Gaudio /Van Roekeghem, 1984 : 63. Le bangui, ça te fait voir double ! (Chauffeur, Daloa, 1994). Du bon bangui qui brave la colère rebelle des palmes du raphia* des forêts écumeuses de koutoukou*. Adé Adiaffi, 2000 : 191.

ENCYCL.: pour la récolte de la sève, palmier*-raphia et palmier* à huile sont abattus. Le rônier*, lui, est saigné* debout. Un arbre fournit environ 200 litres de vin* de palme.

COM.: bangui et bandji semblent plus usuels dans l'usage local que vin* de palme, avec, peut-être, un emploi plus fréquent de bangui à l'écrit et de bandji à l'oral.

DER.: bandjidrome*, banguidrome*.

SYN.: bandji*, bango*, vin* de palme*.

 

banguidrome, n.m. V. BANDJIDROME*, -DROME*. [.] à gauche de l'intersection de la rue qui mène du banguidrome au quartier 13. F.M., 21.12.1982.

 

banion, n.m. V. BAGNON*.

 

banko, n.m. V. BANCO*.

 

banquier, n.m. Assez fréq., argot urbain, oral, fam., ironique. V. GROTTO*. Homme riche qui entretient une jeune femme. On dit que c'est son banquier parce qu'il paie ses études, ses vêtements et son logement depuis un an. Mais il est marié et sa femme est jalouse ! (Etudiante, Abidjan, 1984).

SYN.: bailleur de fonds*, fournisseur*, grotto*, papa*, patron*, tonton*.

 

bantamaré, n.m. V BENTAMARE*.

 

baobab, n.m. Spéc., (flore), mais assez fréq. (origine controversée. Selon Busson, (1965 :304), de l'arabe bu ibab "fruit aux nombreuses graines"), oral, écrit, lettrés, mésolecte.

1- (Adansonia digitata Linn. = A. sphaerocarpa A. Chev.). Arbre au tronc énorme, considéré comme arbre*-fétiche en raison de son utilité pour l'homme. (V. PAIN* DE SINGE). Les usages du baobab, arbre providentiel de l'Afrique, sont multiples. Pouvant servir d'abri, de citerne ou de tombeau car les vieux baobabs sont souvent creux, il fournit des matières premières à l'industrie et à la médecine locale. Busson, 1965 : 305. C'est pourquoi sur la cora* de la vieille Afrique, [.] Sous les baobabs des carrefours, A chacun, je clame [.]. Dadié, 1973 : 15. Les branches dénudées des fromagers et des baobabs étaient couvertes de grappes de vautours. Kourouma, 1990 : 25. Le baobab est foudroyé  au coeur de midi par un soleil cannibale. J. Carlos, 1994 : 6. Encore quelques baobabs magiques émergeant par-ci par-là d'un sol de moins en moins aride et la savane peu à peu fait place à la forêt tropicale. Krol, 1995 : 5.

COMP.: baobab* des chacals.

SYN.: arbre* à pain de singe (vx, rare).

2- Dispon., oral, écrit, lettrés. Par métaphore, personnage illustre et indéracinable d'un parti politique. Après avoir presque appelé les masses africaines et leurs représentants à secouer les vieux baobabs [.]. FM, 03.02.1993. Selon Jacques Baulin, ancien conseiller du "Grand Baobab"," la volonté de M. Houphouët-Boigny de freiner l'épanouissement de la couche sociale formée par les intellectuels paraît évidente. Baulin, 1980 : 99, cité in A.G. Bogolo, 1995 : 12.

3- baobab des chacals, spéc., (flore), nord. (Adenium obesum [Forsk.] Roem et Schult. = A. Hongkel A. DC. = Nerium obaesum Forsk.). Arbuste des savanes de la famille des Apocynacées, à tronc difforme et à fleurs rouges. Souvent utilisé pour la décoration des jardins. Roberty, 1954 : 233.

 

baoué, [bawe], n.m. Spéc., (flore), (de l'abé) . (Enantia polycarpa [DC] Engl. et Diels). Petit arbre à écorce odorante de la famille des Annonacées dont l'écorce a des propriétés tinctoriales. et dont le bois est jaune et tendre, recherché pour faire des planches. Aubreville, 1959, I : 124.

SYN.: atinhia (ébrié), essulo (agni), tsain (attié).

 

baouéfou, [bawefu], n.m. Spéc., (flore).  (Brieya fasciculata De Wild). Petit arbre de la fam. des Annonacées. Aubreville, 1959, I : 126. et aussi (Polyalthia oliveri Engl). Arbuste à écorce odorante. Ibid., I : 146.

 

bapé, [bape], n.m. Spéc., (flore). (Isomacrolobium vignei [Hoyle] Aubr. et Pellegr.). Petit arbre des bords de cours d'eau de la fam. des Caesalpiniées. Aubreville. 1959, I : 293.

 

baphia, [bafja], n.m. Spéc., (flore). Terme générique désignant plusieurs petits arbres ou arbustes de la famille des Papilionées. Plus particulièrement, Baphia nitida Lodd. = Delaria pyrifolia Desv. = B. barombiensis Taub.). Petit arbre du littoral, autrefois commercialisé comme bois de teinture rouge. Utilisé en pharmacopée locale. Le bois de ce baphia, fraîchement coupé est blanc, mais plongé dans l'eau, longtemps après, il devient rouge. Aubreville, 1959, I : 338. On connaît également le B. bancoensis Aubrev. et Pellegr., le B. pubescens Hook f. ou tuibésso (de l'abé).

SYN.: bois* rouge, camwood (angl.), agoron (ébrié), okoué (abé), toukoueu (attié).

 

baptême, n.m. Usuel. oral, écrit, tous milieux. Chez les musulmans, cérémonie de l'imposition du nom. Baro Ichissa doit célébrer le baptême de ses jumeaux et, à cet effet, il lui fallait un mouton. FM., 06.10.1983. Chez nous, musulmans, le baptême du premier fils, c'est une grande fête. (Instituteur, Odienné, 1984). Les cérémonies de baptême et de circoncision du garçon furent dans tout le royaume, de véritables fêtes nationales. Kourouma, 1990 : 152.

 

bar (1), n.m. Spéc., (faune), mais assez fréq., oral, écrit, tous milieux sauf basilecte. (Temnodon saltator). Poisson de la famille des Pomatomidés. Le nom de "bar" peut également être improprement donné au maigre* ou courbine* (Argyrosomus regius Asso) de la fam. des Sciaenidae. Je te préparerai un bar à la braise*. (Enseignante, Abidjan, 1982).

ENCYCL.: le vrai bar est un poisson de la famille des Percidés.

SYN.: capitaine*, tassergal*.

 

bar (2),

1- n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Dancing, établissement public où l'on consomme des boissons et où l'on danse. Tous les soirs, il va danser dans les bars de Treichville. (Lycéen, Abidjan, 1977).

ENCYCL.: diffère du sens donné par le P.R.(1995 : 144) "Débit de boisson où l'on consomme debout ou assis sur de hauts tabourets, devant un long comptoir."

COMP.: bar-maquis, bar-maid montante.

2- bar-maid montante, n.f. Fréq., oral surtout, mésolecte, très péj. Serveuse de bar maquis se livrant à une prostitution occasionnelle. Il faudrait [.] en attendant de faire partir et expulser toutes ces bar-maids montantes qui sont toutes des prostituées, les obliger à aller deux fois par semaine, pour une visite dans les hôpitaux. FM., 03.03.1980.

ENCYCL.: les bars maquis* ont souvent, à l'étage, des chambres à louer qui servent à la prostitution clandestine.

SYN.: (part.) belle de nuit*, toutou*, sao*.

3- bar maquis, n.m. V. MAQUIS*. Fréq., oral surtout, fam. péj. Etablissement public au décor sommaire, souvent mal famé, où l'on va consommer nourriture et boisson, danser, rencontrer des prostituées (V. BAR-MAID MONTANTE). Voyez, dans ce bar maquis, l'on crie et l'on danse [.] jusqu'à deux heures du matin. FM, 07.10.1982.

 

baracon, n.m. V. BARRACON*.

 

baragnini, baranini, [baraQini] / [baranini], n.m. Fréq., (du mandenkan "travail + chercher"), oral, écrit, tous milieux, parfois péj. en raison de l'amalgame : personne sans emploi : délinquant potentiel.

1- Personne sans travail fixe qui loue ses services comme porteur dans les gares, les marchés, les ports. Ces hommes appelés couramment baragnini sont des personnes responsables et qui rendent de grands services. ID., 12.07.1973.On les appelle baragnini. Cela veut dire "chercheurs de travail", ou kayakaya*, qui, par sa consonance péjorative , veut dire "travailleur d'occasion". Timité Bassori, 1974 : 48. Petit baragnini deviendra grand transporteur. Publicité dans FM., 10.02.1981. [.] plusieurs centaines de Peuls déshérités. C'étaient eux les baragnini. Tilliette, 1984 : 95.

ENCYCL.: il s'agit souvent d'hommes originaires de pays voisins.

SYN.: bagas*, cacaba*(part.), dawa*(part.), donita*, fougari*(part.), kaya-kaya*, gawa*(part.), ouyo-ouyo*, pousse-pousse* (part.), wotro*.

2- oral, toujours péj. Homme de main, qui, moyennant salaire, est prêt à louer ses services pour toutes sortes de violences. On l'appelait, assez improprement d'ailleurs, baragnini, surtout du temps où [.] il portait tout sur la tête [.]. Il acceptait sur commande de rosser en un tour de main et à volonté, tout empêcheur de tourner en rond à lui recommandé. FM., 19/20.04.1980. Il y avait des baragninis prêts à taper ceux qui venaient voter. (Coiffeur, Abidjan, 1998).

 

baranini, n.m. V. BARAGNINI. Le baranini [.] pouvait pousser pour son compte une carriole d'ananas. Tilliette, 1984 : 100.

 

baraque, n.f. Fréq., oral, écrit, tous milieux, péj.

1- Petite boutique grossièrement aménagée. M. B.A., lui est Guinéen ; il gère une baraque à Yopougon . FM., 04.02.1980. Mais ce petit boutiquier*, d'où vient-il ? Pourquoi est-il amené à s'installer parfois dans des baraques qui résistent à peine à l'orage. FM., 12.04.1982.

SYN.: boutique (part.), kiosque* (part.)

2- baraque, (maison en ---- ), n.f. mésolecte, basilecte. V. MAISON*. Habitation aménagée avec des planches grossièrement taillées, cahute, baraque. Un cousin de mon beau-père nous avait offert de demeurer chez lui. C'était une petite maison en baraque. A. Kouadio, 1983 : 32.

 

barbadine, n.f. Spéc., (flore). (Passiflora quadrangularis Linn.). Plante grimpante de la famille des Passifloracées à fruits comestibles; fruit de cette plante. Aubreville, 1959, III : 38.

 

barbe, n.f. Donne quelques loc. verb. spécifiques.

1- V. MOUILLER* LA BARBE, loc.verb. L'architecte, malgré le nombre de barbes copieusement mouillées dans l'entourage du dictateur [.]. Kourouma, 1998 : 229.

2- barbe, (demander sa ---- au Bon Dieu), loc.verb. Assez fréq., oral, écrit, mésolecte, fam. Se montrer insolent, récuser une autorité, demander l'impossible. Demander sa barbe au Bon Dieu, c'est remettre en cause sa sagesse et toute sa puissance. Konaté, 1987 : 245. Ne demande pas sa barbe au Bon Dieu, ton mari ne te laissera pas le quitter. (Secrétaire, Abidjan, 1998).

 

barbican, n.m. Spéc., (faune). Terme générique désignant localement deux espèces de petits oiseaux frugivores de la famille des Pogonorynchés à bec puissant entouré de soies rigides et plumage coloré : (Lybius* bidentatus Shaw) ou barbican à bec denté et (Lybius dubius Gmelin) ou barbican à poitrine rouge. Les barbus* et les barbicans sont de petits oiseaux aux couleurs vives qui ont un bec fort et puissant, denté sur les bords et entouré de soies rigides, d'où leur nom. Roure, 1962 : 56. Signalés (Comoé, Taï) . Bousquet, 1992 : 155.

 

barbu, n.m. Spéc., (faune). Terme générique désignant des oiseaux frugivores de la famille de Capitonidés à beau plumage et bec entouré de soies rigides. Localement, les espèces les plus communes sont : (Pogoniulus bilineatus Sundeval) ou petit barbu à croupion ; (Pogoniulus atroflavus Sparrman) ou barbu à croupion rouge ; (Buccanolon du Chaillui Cassin) ou petit barbu à taches jaunes ; (Gymnobucco calvus Lafresnaye) ou barbu chauve ; (Gympobucco peli Hartlaub) ou barbu chauve à narines emplumées ; (Pogoniulus scolopaceus Bonaparte) ou petit barbu grivelé ; (Libyius hirsutus Swainson) ou barbu hérissé. Les oiseaux les plus remarquables sont : [.] le barbu hérissé et le barbu chauve. Marche-Marchad, 1969 : 75. Serle /Morel, 1988 : 139. Signalés (Comoé, Taï). Bousquet, 1992 : 155.

 

barigot, n.m.,Vx , (de l'occitan "barigou" : tonneau, par le français régional du sud-ouest). Barrique, tonneau, souvent utilisé pour recueillir et conserver l'eau de pluie. Autrefois, on recueillait l'eau de pluie dans une sorte de tonneau qu'on appelait barigot.. (Instituteur, Bouaké, 1974).

SYN.: (part.) estagnon*, tine*, touque*.

 

barracon, baracon, n.m. Vx (de l'espagnol "captiverie" [Schmidt, 1984] attesté dès 1845) .

1- Sorte de comptoir européen du littoral africain, où les noirs vendus comme esclaves étaient rassemblés avant d'être embarqués sur les vaisseaux négriers.

DER.: barraconnier*.

SYN.: captiverie*.

2- Sorte de cabane servant de logement provisoire et inconfortable, baraque. Des barracons en planches et en maçonnerie servaient de logement aux Européens. Binger, 1892, II : 308.

 

barraconnier, n.m., adj. Vx., péj. Gardien de captiverie, geolier. Les esclaves sont transférés à bord des navires négriers comme marchandises sur les navires de commerce, après avoir été surveillés par des Krou* barraconniers. FM., 14.05.1974, article "la Côte des Dents*, 500 ans d'histoire."

 

barracuda, [barakuda], n.m. Spéc., (faune) mais fréq., oral, écrit, lettrés, mésolecte. V. BROCHET*. Poisson de mer de la famille des Sphyraenidae, pouvant atteindre 2 m de long. (Sphyraena piscatorum Cadenat). On distingue localement le grand barracuda à chevrons, ou, ne dépassant pas 1 m (Sphyraena guachancho Cuvier = S. dubia bleeker), le petit barracuda à bande dorée, reconnaissable à la bande longitudinale étroite d'un jaune doré sur les flancs. L'habitude, sur le port d'Abidjan, est d'appeler barracuda les gros spécimens et brochet* les petits. Il est préférable d'abandonner l'appellation brochet qui est très incorrecte puisque le véritable brochet est un poisson des eaux douces froides ou tempérées. Aldrin /Noyer /Brégeat 1972 : 6. De là, les Awlans peuvent inonder villes et villages [.] de mérous, de capitaines* et de barracudas. Anoma Kanié, 1978 : 77. Sur les marchés africains, les barracudas sont parfois proposés aux consommateurs sous le nom impropre de brochet. Seret /Opic, 1981 : 292. De décembre à mars, [.] on traque la carpe* rouge, le barracuda, le maquereau*-bonite*, la carangue*, la raie*-guitare, le marlin* et même le requin. Bussang /Leblanc, 1990 : 146.

SYN.: grand barracuda à chevrons, grande* bécune, brochet* (petits spécimens), petit barracuda à bande dorée = akouatché (de l'ébrié), ékoudi (du nzéma), okotcha (de l'alladian).

 

barre, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux. V. BOAT*, PANIER*, WHARF*.

1- Gros rouleaux de vagues très dangereux et difficiles à franchir pour les embarcations. Pêche vivrière par excellence, en Côte-d'Ivoire, la pêche en lagune ne nécessitait pas le difficile passage de la barre. FM., 31.07.1980. La raie blanche [.] que dessine l'écume de la barre. Conte, 1981 : 11. Les Européens déposaient sur les plages des étoffes, des bottes usées, du vin de feu et [.] allumaient un feu de bois et, dans leur chaloupe, refranchissaient la barre pour rallier leur vaisseau. Conte, 1981 : 48. Les navires restent au large [.] et l'atterrissage des petites embarcations qui ont à franchir les rouleaux violents de la barre pour faire le va-et-vient constitue jour après jour un exploit aussi malaisé que dangereux. David, 1986 : 25. Les manoeuvres qui y participent sont exposés aux mouvements des vagues et peuvent être emportés par la violence de la barre dont les rouleaux s'écrasent sur le littoral. Bonnassieux, 1987 : 23. La barre d'une lame enlève, du tablier du wharf*, les solides travailleurs [.]. Kourouma, 1990 : 78. [: La côte ouest] véritable paradis avec ses sites boisés, ses plages protégées de la barre, ses lagunes [.]. Rémy, 1996 : 20. Tout au long de la côte, à une distance variable du rivage, la "barre" se manifeste par d'énormes rouleaux déferlant par séries séparées par une accalmie plus ou moins nette. Rémy, 1996 : 123.

ENCYCL.: ces rouleaux seraient dus au fait que le plateau littoral du Golfe de Guinée est trop étroit pour freiner la grande houle venue du large.

LOC.: passer la barre.

DER.: barreur*.

2- barre, (passer la ---- ), loc.verb. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Franchir le rouleau de vagues très dangereux appelé barre. A partir de 1897, les voyageurs pour la Côte d'Ivoire n'ont plus à passer la redoutable barre. Du Prey, 1962 : 38. Il s'est noyé en voulant passer la barre. (Etudiant, Abidjan, 1987).

 

barreau, n.m. Argot estudiantin, basilecte, oral. vulg. Pénis. Cessez de nous sortir, et, avec la plus grande marque d'impolitesse, ces formes hyperscandaleuses. Comme "qui va s'amuser avec le barreau de son camarade" elle a gagné* concours de baisement* qui font de notre journal une véritable pourriture. ID., 21.05.1972.

SYN.: bangala*, bâton*, bazooka*.

 

barreur, n.m. Vx., disparu avec son référent. V. BARRE*, BOAT*, PANIER*, WHARF*. Membre de l'équipage d'un boat*, chargé de franchir la barre. Et quand le boat* se retournait, en général, les barreurs, assommés par les rouleaux, se noyaient. (Informateur, Bassam, 1974).

COMP.: chef*-barreur (maître d'équipage d'un boat*).

 

barrière de pluie, barrière des pluies, n.f. Vx., oral, écrit, tous milieux. V. LATERITE*, PISTE*. Barrière amovible, interdisant, durant la saison des pluies, l'accès d'une piste*, à tout véhicule. On mettait la barrière de pluie, dès les premières fortes pluies de mai. (Informateur Soubré, 1976).

 

bartanan, [bartanS], n.m. Spéc., (drogue). Stupéfiant produit et vendu en CI. A "Zimbabwé" à 20 km de Satama-Sokora se produit un stupéfiant du nom de "carda" ou "bartanan"[.]. Pour obtenir cette drogue, on fait bouillir la feuille de carda*. Le premier jus obtenu est si fort que l'accro qui le boit meurt. C'est seulement à partir du 3ème jus que le fabricant estime que son objectif est atteint. Il trempe alors dans le jus des morceaux de craie qui l'absorbent. Séchés et écrasés ces morceaux de craie ont le même effet que l'héroïne, la marijuana et la cocaïne. Aucun passionné pour la drogue ne résiste au barbanan. Généralement l'effet de ce stupéfiant dure au moins trois jours. Ivoir'Soir, 29.07.1997.

COM.: peut aussi être pris sans la craie.

SYN.: carda*.

 

bas âge, (à ---- ), loc.adj. Fréq., oral, écrit. D'âge tendre, en bas âge, tout petit. Les difficultés et les différences que rencontrent les non-natifs du français sont nombreuses du fait qu'à bas âge, les locuteurs se servent des langues maternelles. (Etudiant, Abidjan, 1980). Nous avons été abasourdis de voir des colonies d'enfants à bas âge aller au cinéma sans être accompagnés de parents. FM., 20.01.1984. J'étais à bas âge quand mon père a divorcé* ma mère. (Collégien, Man, 1999).

ENCYCL.: en milieu urbain, la période concernée se restreint à l'âge préscolaire. En milieu traditionnel, elle peut s'étendre jusqu'à l'adolescence.

LOC.: être*à bas âge.

 

bas de en bas, n.m. V. EN* BAS DE EN BAS.

 

base, bèze, [baz] / [bDz], n.f. Argot urbain, oral, fam, Jeunes, zouglou, mélior. Veste, (base indispensable de l'élégance). Les jours suivants, je me mis à copier les hauts fonctionnaires, noeud de cravate plus quelquefois la veste, ce que nous appelions entre nous, jeunes, la "base". Otitro, 1984 : 47. Faut encore du gnon* pour la bèze si tu veux aller en boîte ! Parce qu'il faut être sapé*. (Jeune, Abidjan, 1997).

 

Basse Côte, basses côtes, n.f. sing ou pl. Fréq., oral, surtout, fam., tous milieux, nord. Appellation usuelle du sud ivoirien proche du littoral, pour les habitants du nord ivoirien. La vie est plus chère en Basse Côte. (Rapport administratif, 1982). C'était ma première fois* de descendre en Basse Côte. (Lycéen, Abidjan, 1983). Les Togolaises vendaient à leurs compatriotes la farine de gari* et les femmes adioukrou de Basse Côte, l'attiéké*. Tilliette, 1984 : 97. Au cours de cette période, [: 1950] plusieurs dizaines de milliers de personnes descendent* annuellement en Basse Côte. Bonnassieux, 1987 : 26. Ibrahima est né à Bobahio, à vingt kilomètres de Gagnoa, de parents dioulas, descendus* en basses côtes comme on dit des gens provenant des régions du nord. Krol, 1994 : 176. La Basse Côte, pour nous, ça veut dire là où y a bon travail. (Déscolarisé, Odienné, 1998).

LOC.: descendre* en Basse Côte.

COM.: l'expression au pluriel est relativement rare.

 

bas tuyau, n.m. adj. Argot des jeunes. Pantalon à jambes étroites. La go* avait un bas tuyau. (Campus, 1980). Ma mère m'interdit la mini* et les bas tuyaux. Elle dit que c'est les toutous* qui portent ça. (Lycéenne, Abidjan, 1992).

ANTON.: bas éléphant*.

 

bas éléphant, n.m. adj. Argot des jeunes. Pantalon large du bas, pantalon à pattes d'éléphant. Où tu as payé* ce bas éléphant ? A l'adonkaflé* ? (Campus, 1980).

ANTON.: bas tuyau*.

 

basin, n.m. V. BAZIN*. Ils venaient prendre des tissus basin en pièces pour les revendre au marché. M. Koné, 1974 : 38.

 

bassi, n.m. Dispon., (du mandenkan) ,oral, écrit, tous milieux, nord surtout. Sorte de couscous de mil ou de maïs, utilisé pour la confection d'une bouillie sucrée. Il était temps de rentrer dans sa case* où l'attendait le bassi du soir. Le bassi est une espèce de couscous qui, noyé dans l'eau, gonfle amplement. Une poignée de bassi dans une calebasse, beaucoup d'eau et un peu de sucre : le repas de Brahima était prêt. Koné, 1980 : 9. Le soir, les paysans mangent seulement le bassi. (Informateur, Kong, 1990).

 

bastonner, v.tr. Fréq. oral, écrit., tous milieux. Frapper (avec ou sans bâton), rosser. Je n'ai pas de chicotte*, moi, mais je te bastonnerai bien bon*. (Altercation entre jeunes, Abidjan, 1982). On ne le bastonne que davantage. Si on le passe ainsi à tabac [.]. Yacouba Konaté, 1987 : 63. Pendant que son époux bastonnait les nègres pour les dégourdir et les civiliser [.]. Kourouma, 1990 : 117. Pourquoi courir le risque de se faire bastonner alors qu'il y a un point d'eau à quelques mètres de là? Alors bassin sur la tête, elles vont s'approvisionner au marigot*. FM., 28.04.1997. Un rappeur venu de Bouaké, s'est fait bastonner dans une boîte de nuit par une go*. Ivoir'soir, 30/31.01.et 01.02.1998.

SYN.: (part.) chicotter*.

 

bâtard, n.m., adj. Fréq., oral , écrit, nord, très péj.

1-  Insulte très forte, particulièrement pour les populations du nord patrilinéaires. Elle s'applique à tout individu méprisable par ses actions, ses motivations douteuses : salaud, salopard. [.] les bâtards de badauds, plantés en plein trottoir comme dans la case* de leur papa*. Kourouma, 1970 : 38.

ENCYCL.: dans les sociétés traditionnelles à castes, patrilinéaires, du Nord, le bâtard est le non-casté*, à statut social indéfinissable, le marginal méprisé.

COMP.: bâtard de bâtardise.

SYN.: bietchi-bien*.

2- adj. Sert à qualifier tout ce qui présente une anomalie, un défaut évident: répugnant. Bâtardes, déroutantes, dégoûtantes, les entre-saisons de ce pays, mélangeaient soleil et pluie. Kourouma, 1970 : 11. C'est ce bic* bâtard qui n'écrit plus!  (Etudiant, Abidjan, 1983). Chacun, avec un mouchoir, guette une morve batarde sur les bords du nez. Détective, 06.03.1995.

3- bâtard de bâtardise! interj. Rare, oral, lettrés, nord. Exclamation exprimant une émotion indignée intense, elle correspondrait à peu près à "malheur de malheur !" "Saleté de saleté !" Bâtard de bâtardise ! On a encore crevé ! (Universitaire, Odienné, 1977).

COM.:  calque du mandenkan introduit par Kourouma, 1970 : 9.

 

bâtardise, n.f. V. BATARD*. Assez fréq., oral, écrit, lettrés. très péj. Souillure, compromission, défaut de tout ce qui est trouble et dégradant. Il regrette toutes les années passées dans les bâtardises de la capitale. Kourouma, 1970 : 42.

COMP.: bâtard de bâtardise.

 

bateau-bus, n.m.. GARE* LAGUNAIRE. Usuel. (introduit 1980), oral, écrit, tous milieux. Embarcation à moteur servant au transport d'une centaine de passagers à travers la lagune. En décembre [.] dix-neuf bateaux-bus seront mis en service au profit des habitants de Yopougon, lesquels seront desservis dans les premiers temps par deux gares. FM., 03.11.1980. Les bateau-bus ont une longueur de 15,60 m. pour une largeur de 4 m. Ils ne comportent que des places assises (96). Ils sont insubmersibles et munis de deux moteurs. FM., 06/07.12.1980. [.] dans les gbakas*, dans les bureaux, dans les W.C., dans les pétrolettes*, dans les bateaux-bus [.] on ne parle que de nous. Guenaman Colbert, 1985 : 57. En 1982, en jetant sur l'eau quelques dizaines de bateaux-bus fraîchement débarqués de France, la même SOTRA* faisait péricliter le commerce des pinassiers* initiateurs du transport sur la lagune. A. Touré, 1985 : 253. Flux et reflux fantastique qu'une flottille de bus et de bateaux-bus s'efforce d'assurer. David 1986 : 79. Pour aller de Yopougon au Plateau, il vaut mieux prendre le bateau-bus. (Etudiant, Abidjan, 1994).

ENCYCL.: mode de transport urbain instauré à la fin de 1980.

SYN.: (part.) pétrolette*, pinasse*.

 

bateleur, n.m. V. AIGLE*-BATELEUR.

 

batick, n.m. V. BATIK*. Cette  exposition sera constituée des réalisations suivantes : nattes en bambou*, tams-tams, chaises* baoulé, boubous*, robes en batick. FM., 09.11.1983.

 

batickier, n.m. V. BATIKIER*.

 

batik, batick, n.m. Fréq. (artisanat), oral, écrit, tous milieux, mélior.

1- Technique de décoration de tissu par trempages successifs dans des bains de teinture, après impression de dessins à la cire*. Autour de Bouaké, les artisans réalisent des tissus peints selon la technique du batik. Oberlé, 1983 : 74. Désirez-vous un tissu de pagne réalisé selon la technique du batik ? Bussang /Leblanc, 1990 : 104.

2- Tissu décoré selon cette technique. Les visiteurs ont eu l'occasion d'apprécier surtout les batiks en coton avec des motifs tirés de l'art traditionnel. FM., 02/03.01.1982. Moi, je préfère acheter un batik qu'un pagne imprimé. (Institutrice, Abidjan, 1993).

ENCYCL.: certains batiks constituent des tableaux très appréciés.

COM.: la graphie batik semble plus usuelle.

DER.: batikier*.

COMP.: batique*.

 

batikier, batickier, n.m. Dispon., (artisanat), oral surtout. tous milieux. Artisan spécialisé dans la fabrication et la vente de batiks. A Man, Gouéssésso, les batikiers sont renommés. Rémy, 1996 : 217. On m'a emmenée voir les batickiers de Man. (Lettre, étudiante, Abidjan, 1997).

 

batique, adj., Dispon., spéc., (artisanat). Propre au batik*, lié à la technique du batik*. Les pagnes wax* sont une invention hollandaise. Au début du siècle, l'usine de Vlisco [.] fut la première à inventer un procédé mécanique qui reproduise fidèlement la technique batique pratiquée à la main dans les colonies hollandaises de Java. Jeune Afrique, 20/26.07.1995.

bâton, n.m. Nombreuses compositions.

1- bâton, bâton-plantoir, vx., spéc., (agriculture). Plantoir. Mes aïeux connaissaient seulement le bâton pour cultiver*. (Instituteur, Bonoua, 1980). Tu vois, c'était ça un bâton-plantoir. (Informateur, Katiola, 1994).

2- bâton, fréq. argot des jeunes, oral, fam., vulg. Pénis. [.] un liquide s'échappa de mon bâton qui, lui aussi de raidissement en raidissement se mit à ramollir après une crise de plaisir qui avait traversé tout mon corps. Otitro, 1987 : 11. Il a attrapé maladie de bâton avec les toutous*. (Boy, Korogho, 1996).

SYN.: bangala*, barreau*, bazooka*.

3- bâton, bâton-messager, V. CANNE* DE CHEF. Spéc., (tradition), mélior. Sorte de sceptre de bois sculpté de motifs symboliques représentant un chef traditionnel. Il est porté par le messager officiel d'un chef et sert à authentifier le message. V. PORTE*-CANNE. Le bâton-messager est couvert de signes conventionnels symboliques qui authentifient le message transmis oralement par le porteur. C'est en quelque sorte la lettre de créance du messager. (Ethnologue, Abidjan, 1983). Au musée, il y a des bâtons-messagers de rois* Akan. (Universitaire, Abidjan, 1987).

4- bâton, bâton d'apparat, usuel, (tradition), oral, écrit, lettrés, mélior. V. CANNE* DE CHEF. Sorte de sceptre, souvent en bois plaqué d'or, décoré d'un motif symbolique qui identifie son propriétaire, (roi, chef...). Ce sont des milliers [.] d'instruments  [.], de chaises* de chef, de bâtons d'apparat et autres témoignages des sources spirituelles et esthétiques de la culture ivoirienne qui s'amassent dans les salles et dépôts de ce musée. Gaudio /Roekeghem, 1984 : :29. [.] le bâton surmonté par l'éléphant sacré en bois plaqué d'or. Ibid : 103. Le chef* était dans le hamac*, il portait sa couronne et son bâton. (Etudiant, Toumodi, 1990).

ENCYCL.: le bâton d'apparat est porté par les chefs coutumiers, lors de leurs sorties officielles.

SYN.: canne* de chef, récade* (lettrés).

5- bâton, bâton de cigarette, n.m. Fréq. surtout oral, mésolecte, basilecte. Cigarette. Il a toujours un bâton  de cigarette dans la bouche mais il ne l'allume pas. (Etudiant, Abidjan, 1977). Hi! moi je suis patron! Regarde: je fume bâton de Marlboro! Jano, 1987 : 6. Tu crois que ça te fait du bien tous ces bâtons que tu fumes? (Enseignant, Abidjan, 1979). File-moi un bâton, mon frère*. (Jeune, Bouaké, 1996).

ENCYCL.: sur les marchés, les cigarettes sont souvent vendues au détail. "Cigarette" est alors perçu comme un collectif : paquet de cigarettes, "bâton"/"bâton de cigarette" désignant l'unité.

SYN.: (part.) filtrée*, taffe*.

 

bâtonnet dentaire, n.m. V. CURE-DENTS*.

 

bâtonnet frotte-dents, n.m. V. CURE-DENTS*.

 

battage, n.m. Dispon., oral surtout, mésolecte. Action de battre le linge lavé, ce qui sert d'essorage et de repassage. ll adopta les amples boubous indigos* amidonnés et raidis par le battage. Kourouma, 1990 : 151.

 

battement de mains, n.m. Fréq., oral, écrit, mésolecte. Geste traditionnel consistant en une sorte d'applaudissement destiné à avertir de sa présence et à demander l'autorisation d'entrer dans une pièce ou un domicile. Personne n'a répondu à mon battement de mains. Pourtant, je suis sûr qu'il y avait quelqu'un dans la case*. (Etudiant, Toumodi, 1977).

ENCYCL.: Le visiteur s'écrie en même temps kô* ! kô ! kô !

 

batterie, n.f. Usuel, Argot urbain, oral, fam. plaisant.

1- Virilité, puissance sexuelle. Tu vois ! La racine a chargé sa batterie !  (: la racine aphrodisiaque a réveillé sa virilité !) B.D., dans Guido n °68, 27.4./13.5.1983.

LOC.: charger* sa batterie.

COMP.: chargeur* de batterie*.

2- batterie, (charger la ---- ), loc.verb. Guérir de l'impuissance, (pour un homme). Y a des plantes et des racines qui chargent la batterie. Les vieux connaissent et ils s'en servent pour continuer à aller avec la femme. (Informateur, Abidjan, 1990). C'est un grotto* qui a besoin de charger sa batterie parce que sa go* est pas contente. (Histoire drôle, étudiant, Abidjan, 1992).

DER.: chargeur de batterie*.

3- chargeur de batterie, n.m. V. KANKANKAN*. Aphrodisiaque pour homme. L'enfant vend deux produits : un blanc et rond qui ressemble un peu à un genre de champignon et qu'il dit être un chargeur de batterie. Guido, n° 68, 27.04/03.05.1983. Ces curieux bouts de bois, de couleur blanche, appelés communément des chargeurs de batterie. On les croque, ou les mâche, on en absorbe le jus, puis on recrache la substance. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 187. Mama*, tiens ! un chargeur de batterie, pour ton mari! (Vendeur, au marché, Abidjan, 1992).

SYN.: accélérateur*, cancan*, coup* de démarreur, kankankan*.

4- batterie, (affaire sur ---- ), n.f. V. AFFAIRE*.

 

battre, v.tr. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- battre la calebasse, battre le tam-tam, loc.verb. V. TAM*-TAM. Faire résonner un tam-tam*. Amangoua [.] tenait à apprendre toutes les chansons, à battre le tam-tam à l'instar de ses cousins [.]. Anoma Kanié, 1978 : 66. O.S., âgé de trente ans, l'homme qui battait la calebasse pendant la fête, a apporté son témoignage à la cour. FM., 21.12.1979. Qui va battre la calebasse ce soir ? (Planteur, Abengourou, 1990).

ENCYCL.: certains tam-tams sont constitués d'une calebasse* dont l'ouverture est recouverte de cuir. Le joueur utilise ses doigts.

DER.: batteur* de tam-tam.

2- battre [la] campagne, loc.verb. Faire campagne, mener une campagne électorale. Battre campagne avec honnêteté, sans démagogie. FM., 8/9.11.1980. J'ai constaté que le pré-congrès était devenu un forum pour battre la campagne. FM., 07.04.1983. En temps opportun je battrai ta campagne. Je dirai à tous les chrétiens de voter pour toi. J. Guenaman Colbert, 1985 : 48. [ils] ont été persécutés, d'autres emprisonnés pour ne pas qu'ils puissent battre campagne. Nouveaux horizons n°138, cité Dagnac, 1996 : 177. On comprend alors pourquoi certains, après avoir battu campagne avec les candidats du PDCI [.]. Nouveaux horizons n°145, cité Dagnac, 1996 : 177. Un parlementaire serait venu battre campagne pour un des candidats. (Infirmier, Abidjan, 1998).

3- battre la main, loc.verb. Frapper dans ses mains, soit pour soutenir le rythme d'un chant ou d'une danse, soit pour signaler sa présence et demander l'autorisation d'entrer dans une case*. Tous les élèves battaient la main en chantant. (Institutrice, Bouaké, 1979). [.] les femmes qui battent la main...(TV, "Dimanche-magazine", 29. 01.1981, 20h30). Faut pas fâcher, patron*! J'ai battu la main avant d'entrer. (Boy, Abidjan, 1992).

4- battre mains et pieds, (se ---- ), loc.verb. V. MAINS ET PIEDS*.

 

batteur de tam-tam, n.m. V. TAMTAMEUR*. Les batteurs de tam-tam de la troupe dorment dans sa maison. V. Tadjo, 1992 : 18.

 

bauhinia, n.m. Spéc., (flore). Terme générique désignant divers petits arbustes de la famille des Caesalpiniacées et, plus particulièrement : Bauhinia reticulata D.C., petit arbre des savanes qui sert de bois de chauffe (V. NIAMA* (du mandenkan) = PIED* DE CHAMEAU), Bauhinia thonningii Schum., petit arbre des savanes utilisé en pharmacopée traditionnelle (V. NIAMON*, du mandenkan) = PIED* DE BOEUF), B. monandra Kurz ou Bauhinia panaché, petit arbre dont les graines fournissent une sorte d'huile. Les bauhinias, arbres tourmentés, le plus souvent buissonnants, particulièrement résistants, subsistent encore après les feux* de brousse. Kerharo /Bouquet, 1950 : 75.

 

baza, [baza], n.m. Spéc., (flore), (de l'attié). (Blighia sapida Koenig.). Arbre de la famille des Sapindacées, utilisé pour la décoration des avenues. Le baza est particulièrement décoratif à l'époque de la fructification par ses grappes pendantes de "pommes" aux brillantes couleurs rouge et jaune. Aubreville, 1959, II : 224. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 272.

SYN.: finzan (mandenkan), kaha (baoulé), goihien (wobé).).

 

bazar de trottoir, n.m. Fréq. oral, écrit, lettrés, recherché. Etal de marchandises de toutes sortes offert à la clientèle sur les trottoirs des avenues principales d'une ville. Tu trouves tout ça moins cher au bazar de trottoir. (Fonctionnaire, Abidjan, 1982). Cette formule résume bien -conjoncture* oblige - le passage de la clientèle, des magasins classiques aux bazars de trottoir. Jeune.Afrique, 02/08.01.1991.

SYN.: (part.) librairie par terre*, pharmacie par terre*.

 

bazin, basin, [bazR], n.m., adj. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- n.m. V GRAND* BOUBOU. Tissu de coton damassé servant à la confection de vêtements de cérémonie traditionnels. Un certain C.S. avait commis dans les mêmes lieux un vol de 118 pagnes indigo*, 120 m de bazin. FM., 21.01.1980. Beaucoup de bazin teint, de superbes broderies. ID., 30.04.1989. H. est arrivé habillé  [.] de bazin bleu-blanc, couleur d'espoir. Ephémère, 11.01.1993. Voleur de bazin. (Titre de presse) Ivoir'Soir. 20.01.1998.

2- adj. Confectionné en coton damassé. Sous ce manguier*, un homme, la cinquantaine, habillé d'un ensemble* bazin de couleur verte, devise tranquillement avec trois jeunes femmes et deux petits enfants. Ivoir'Soir, 21.10.1997.

COMP.: bazin riche, tissu bazin, pagne bazin.

3- bazin riche, n.m. Mélior. Bazin de qualité supérieure qui sert à confectionner les boubous* de cérémonie. C'est une pièce de six yards* de bazin riche bleu pâle. (Mère de famille, Abidjan, 1980). Pour un boubou* d'apparat , prenez du bazin riche. Vous avez le choix entre plusieurs couleurs. (Marchand, Abidjan, 1996)

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 bazooka, [bazuka], n.m. Argot des jeunes, oral, fam. Membre viril de belle taille. Le sida, c'est pas bon pour le moral du bazooka. (Campus, Abidjan, 1990). Elle savait qu'il avait un bazooka quoi ! (Corpus Zongo, 1992, 97).

SYN.: bangala*, barreau*, bâton*.

 

bdellium d'Afrique, n.m. V. ARBRE* A BDELLIUM.

 

beau / belle, n.m. ou f. Usuel, oral, écrit, fam., tous milieux. V. BEAUX*.

Terme de parenté classificatoire, s'appliquant à tout homme de la famille du conjoint, plus particulièrement : beau-frère ou beau-père. Belle est l'équivalent pour toute femme de la famille par alliance, plus particulièrement : belle-soeur. Mes frères*, dit-il, notre beau vient d'arriver mais* fatigué. M. Koné, 1974 : 53. Je n'ai pas encore fini de payer la dot* à mon beau. (Infirmier, Daloa, 1978). A Bouaflé, j'avais beaucoup de prétendants, mais mon beau était jaloux d'eux. A. Kouadio, 1983 : 26. Beau, belle : couramment employé pour désigner le beau-frère ou la belle soeur ou encore le beau-père ou la belle-mère [.]. Le contexte indique de quel allié il s'agit. A. Kouadio, 1983 : 26 note 18. Mais, beau, ta secrétaire est-elle une Africaine ou une Européenne? Guenaman Colbert, 1985 : 27. Hou! Abidjan y a des menteurs! Or mon beau est un apprenti*gbaka (: Alors comme ça, mon beau frère n'est qu'un apprenti gbaka, (BD, Ivoir'Soir, 26.05.1998.

COM.: il arrive parfois, dans le basilecte, ou dans l'oralité familière que l'on dise "ma beau" pour ma belle-soeur [l'épouse du frère de ma femme], plus rarement, ma belle mère.

 

beauclaire, n.m. Spéc., (faune). Poisson de la famille des Priancanthidae, à corps plat, gros yeux et large bouche. La chair, excellente, est localement peu appréciée. Deux espèces sont communes: le beauclaire sanglant, (Priancanthus cruentatus Lacépède), espèce cosmopolite des mers tropicales; le beauclaire-soleil, (Priancanthus arenatus Cuvier), espèce atlantique tropicale de couleur rouge brillant. Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 44. Les appellations "gros yeux", "motard" sont souvent utilisées pour désigner les Priacanthus mais il est préférable d'employer le terme de "beauclaire" qui est beaucoup plus spécifique. Seret /Opic, 1981 : 166.

SYN.: gros* yeux, motard*.

 

beaucoup, adv. Usuel, oral, écrit, mésolecte, basilecte .

1- Déterminant un adj. : très. La route était beaucoup fréquentée. FM., 16.5.1984. J'ai été beaucoup content de lire de vos bonnes nouvelles. (Lettre, Planteur, Abidjan, 1987).

2- Déterminant un verbe, a la valeur intensive de "bien"."vraiment". La pluie avait fait beaucoup peur. FM., 05.04.1982. Pendant leur absence, je gardais leur clef, car ils me faisaient beaucoup confiance [.]. Deniel, 1991 : 33. Ca l'a fait beaucoup rire. Mais moi, ça m'a fait beaucoup peur. Krol, 1994 : 119. J'ai beaucoup peur des serpents. Top Visages, 30.03/ 05.04.1995. A vrai dire ça me fait beaucoup plaisir. Top Visages, 30.03 / 05.04.1995.

3- beaucoup, (être ---- ), loc.verb. Assez fréq., oral, mésolecte, basilecte. Equivalent de la loc. impersonnelle : il y a beaucoup de. Au marché du Plateau, les antiquaires* sont beaucoup. (Chauffeur, Abidjan, 1980). Les mangues, c'est cher parce que ça n'est pas beaucoup maintenant. (Marchande, Cocody, 1992).

4- beaucoup, (l'argent n'est pas ---- ), loc.verb. Dispon., oral, basilecte. ll n'y a pas assez d'argent [pour...], on n'a pas beaucoup d'argent. Madame, l'argent là* n'est pas beaucoup pour le marché. (Boy, Abidjan, 1982). Un jour, [.] on a ramassé les bagages et puis on a fait demi-tour* au village parce qu'on souffrait trop et puis l'argent n'était pas beaucoup. A. Touré, 1985 : 66. C'est vrai que l'argent n'est pas beaucoup, 15 000 par mois . Deniel, 1991 : 148. L'argent n'est pas beaucoup pour payer bus. (Gardien, Abidjan, 1993).

SYN.: l'argent ne suffit* pas.

 

beaux, beaux parents, n.m.pl. Fréq. oral, écrit, tous milieux, fam. V. BEAU*. Belle famille, ensemble de toute la parenté par alliance, plus particulièrement les beaux-parents. Les autres ministres ont aussi leurs cousins, leurs beaux, les jeunes intellectuels et paysans de leur village. I.B. Koulibaly, 1978 : 24. Tout beau-frère traite la soeur de son épouse avec respect puisqu'elle est la représentante des beaux. Deluz, 1978 : 242. Ma soeur, mon oncle, ma tante, mon grand père, ma grand-mère [.], tous les beaux. Adiaffi, 1980 : 98. Kouassi, lui disait-elle, tu t'en vas chez tes beaux, il faut pas aller déconner là-bas, il faut pas trop manger. A. Kouadio, 1983 : 69. Beau*, belle* : couramment employé pour désigner le beau-frère ou la belle soeur ou encore le beau-père ou la belle-mère et on appelle ses beaux-parents mes beaux. A. Kouadio, 1983 : 26, note 18. S'il fallait recevoir tous mes beaux. Ils sont beaucoup*! (Enseignant, Abidjan, 1990).

 

bébé, adj. Vx., (religion), (du nom d'un des prophètes de cette religion). Propre à la religion synchrétique issue du Harrisme et qui s'est développée entre 1925 et 1950. Mélange d'anciennes pratiques animistes* et de quelques principes chrétiens déformés, la religion bébé est dirigée par un Prophète*, trois ou quatre prédicateurs, et plus rarement des prophétesses*. Bonnefoy, 1954 : 56. La religion portait le nom du premier prophète bébé. (Informateur, Abidjan, 1975.)

ENCYCL.: cette religion semble pratiquement en voie d'extinction actuellement.

 

bébi, [bebi], n.m. Spéc., (flore), (de l'attié). (Blighia unijugata Baker). Petit arbre de la fam. des Sapindacées. Aubreville, 1959, II : 224.

 

beboper, v.tr. Vx. Danser le be-bop. Lié à la mode de cette danse. Pourquoi tu ne danses pas ? Tu sais beboper. Anoma Kanié, 1978 : 26.

 

bec de perroquet, n.m. Spéc., (flore) mais assez fréq., oral, écrit.  (Helioconia spp.). Nom de plusieurs plantes ornementales cultivées pour l'exportation ou la vente sur les marchés : Helioconia humilis ou HELICONIA* PENDANT, H. collinsiana ou HÉLICONIA* MAGNIFIQUE, Strelitzia reginae ou FLEUR*-OISEAU, (son inflorescence évoque un oiseau en vol). Le jardin était noyé sous des massifs d'hibiscus*, de becs de perroquets, de bougainvillées*, de bégonias, de roses* de porcelaine, d'orchidées*. Oussou-Essui, 1979 : 136. A l'aéroport, tu pourras acheter avant de partir, un bouquet de roses* de porcelaine et de becs de perroquet. (Cadre, Abidjan, 1980).

 

bec en ciseau d'Afrique, n.m. Spéc., (faune). (Rhynchops flavirostris Vieillot). Oiseau de la famille des Laridés à gros bec rouge. Limicole. Le bec en ciseau d'Afrique vole au ras de l'eau pour y capturer les petits poissons de surface. Champroux /Ducret, 1979 : 106.

 

bec ouvert, n.m. Spéc., (faune). (Anastomus lamelligerus Temminck). Grand oiseau aquatique de la fam. des Ciconiidae, à plumage sombre et dont le gros bec reste toujours entrouvert, les mandibules ne se joignant pas. Serle /Morel, 1988 : 24.

 

béchiéta, [beGjeta], n.m. Spéc., (flore), (de l'abé et de l'attié). (Balanites wilsoniana Dawe et Sprague). Très grand arbre de la fam. des Simaroubacées qui donne une résine produisant, une fois séchée et pilée, une poudre parfumée dont les femmes s'enduisent le cou. Aubreville, 1959, II : 123.

SYN.: oulélé /laoulé (baoulé).

 

bédéiste, [bedeist], n.m., f., adj. Spéc., (politique). Partisan de Konan Bédié. Il est certain que dans des moments de colère aigue suite à la querelle que se livrent les dramanistes* et les bédéistes, ADO [: Alassane Dramane Ouattara] a menacé plus d'une fois de claquer la porte. La Voie, 07.01.1993. Puis, dans la foulée, il [: le philosophe J-M. Adiaffi] se déclare "bédéiste de gauche", accepte un strapontin de directeur au ministère de la Culture. Jeune Afrique.23/29.11.1999).

 

bédou, [bedu], n.m. Dispon., argot urbain , plaisant. Porte-monnaie. Mon frère*, tu vas payer* la djaffe*, mon bédou est mort. (Etudiant, Abidjan, 1992). "Tiens le bien ! je kpa* son bédou." -"Pitié ! C'est ma recette de la journée."(BD) Ivoir'Soir, 25.11.1997.

 

béi, [bei], n.f . Dispon., argot nouchi, (du bété "chérie"), oral, fam. Copine. Ma béi va me gué* une ché*. (: ma copine va me refiler une chemise, Bande G., nouchi, 1987)

SYN.: chérie*.

 

beitanier, n.m. V. FROMAGER*.

 

bel oncle, n.m. Assez fréq., oral, écrit, tous milieux. V. BELLE* TANTE. Oncle par alliance. [.] ont la profonde douleur d'annoncer le décès de leur époux, frère, père, grand-père et bel oncle... (Faire-part, FM., 10.09.1990).

 

bélar, n.m. Dispon., oral, surtout, fam., ouest. Personne qui achète du bois aux paysans pour le revendre en ville aux fabricants de charbon de bois. Elle vit du bois qu'elle ramasse dans la forêt et qu'elle vend aux bélars, les gars qui viennent le livrer en ville sur des chariots pour en faire du charbon*. Krol, 1994 : 91.

 

bélier, n.m. Usuel, (tradition), oral, écrit, tous milieux, sud.

1- Symbole traditionnel de la fécondité. Le crâne surmonté de cornes de bélier, symbole de la fécondité. Bussang /Leblanc, 1990 : 78.

ENCYCL.: des cornes de bélier surmontent certains masques.

2- bélier de Yamoussoukro, vx. Appellation méliorative donnée souvent au Président Houphouet-Boigny, en raison de la signification baoulé de son nom, et de la connotation flatteuse de celui-ci. Cet original [.] serait venu présenter ses voeux de Nouvel An au Bélier de Yamoussoukro*. Konaté, 1987 : 17. Tous unis derrière le Bélier de Yamoussoukro. FM., 26.10.1990.

 

belle, n.f. V. BEAU*. Ce qu'il avait fait était très mal, parce que dans notre coutume , un beau* et une belle ne doivent pas parler de certaines choses entre eux, car il y a un lien de respect qui les lie. A. Kouadio, 1983 : 27. Ah ! bonjour ma belle. Comment vas-tu ? J. Gnénaman Colbert, 1985 : 63. Je mange chez ma belle demain. Ne m'attends pas. (Avocate, Abidjan, 1992).

 

belle de nuit, n.f. Assez fréq., écrit, oral, péj. Euphémisme pour "prostituée". Utilisé parfois comme insulte. Mme C. n'est pas une femme qui s'affiche en public comme ces belles de nuits qui infectent bars et dancings, qui ornent les trottoirs et racolent les hommes. FM., 12.03.1983. Il m'a traitée de belle de nuit, moi, ce faux-type*!!  (Dispute, Abidjan, 1984). Une enquête [.] a été menée récemment auprès de 200 jeunes et de 175 belles de nuit. Réformateur, janvier 1993. Une fois le marché conclu, ces belles de nuit s'offrent au client. Jeune Démocrate, 21.01.1993. C'est le royaume [.] des belles de nuit dont les accoutrements* en disent long sur les intentions. Jeune Afrique, 24/30.07.1996 : 78. Si ces belles de nuit savent que vous êtes là pour un long séjour (elles se renseignent généralement à la réception de l'hôtel) elles peuvent vous faire crédit pour le temps qu'elles passeront avec vous. Ivoir'Soir, 12.08.1997.

SYN.: bordelle*, diantra*, sao*, sotra*, toutou*

 

belle mexicaine, n.f. V. LIANE*-CORAIL.

 

belle-tante, n.f. Assez fréq., oral, écrit, tous milieux. Soeur de la belle-soeur ou du beau-frère de l'un des parents. Ce garçon qui, sous l'emprise du chanvre indien* [.]  va se trouver bloqué sous une forme de névrose exacerbée et tirer sur sa belle-tante. FM., 29.06.1980. Si je connais Mme A.? C'est ma belle-tante, la soeur de la femme du beau* de ma mère ! (Enseignante, Abidjan, 1981).

 

bellesse, n.f. Rare, oral, écrit, pastiches basilecte, plaisant. Beauté. Il faut voir tous ces animaux lers épis tu vas fait comparaizon de ler bellesse avec pour toi. (: regarde tous ces animaux et puis compare leur beauté à la tienne. ID, n° 953, 48, Moussa).

 

beloter, v.intr. Dispon., oral, fam. Jouer à la belote. C'est un ami. Nous belotons souvent ensemble. (Secrétaire, Abidjan, 1977). Dimanche, viens à l'apatam*. On belotera. (Fonctionnaire, Abidjan, 1994).

DER.: beloteur.

 

beloteur, n.m. Assez fréq., oral, fam. Joueur de belote. C'est un bon beloteur. Il nous a gagné* tous ! (Chauffeur, Toumodi, 1976)

 

ben ailé, n.m. Spéc., (flore), nord. (Moringa oleifera Lam. = M. Pterygosperma Gaertn.). Petit arbre originaire de l'Inde dont les feuilles consommés cuites et dont les graines fournissent une huile fine et blanche (V. HUILE* DE BEN). Roberty, 1954 : 238.

SYN.: neverdaye, neverdie (du wolof, rare).

 

bénéficier, v.intr. Fréq. oral, écrit, mésolecte. Faire des bénéfices dans une transaction commerciale, tirer des bénéfices (d'une action, d'une situation), recevoir des avantages matériels. Ces commerçants, ils veulent trop bénéficier. Ils exagèrent!! (Enseignante, Abidjan, 1977). Si les Européens ne bénéficiaient pas, ils ne viendraient pas chez nous. (Etudiant, Abidjan, 1984).Si un enfant réussit [.], le village bénéficie. (Planteur, Korhogo, 1992).

 

bengala, bangala,