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ça, pr. démonstr.

1- Fréq., oral, mésolecte, basilecte. Utilisé pour référer à un être humain sans intention dépréciative. "Où est passé le chauffeur ?" - Ca y est au besoin*." (: Il est aux cabinets, Planton, Bouaké, 1982). Ca ment pas ! Y a pas photo ! Ca ne trompe pas ! [: ça désigne l'enquêtrice]. Ploog, 1999 : 958. C'était un type chic, formidable. Ca connaissait trop* de pays et de choses. Kourouma, 2000 : 16. Il est mort. Ca a rendu l'âme, malgré les fétiches*. Kourouma, 2000 : 87.

LOC.: ça y est + compl. de lieu*.

2- ça, (faire ---- ), loc.verb. Dispon., oral, tous milieux, sorte d'euphémisme. V. FAIRE*. Faire l'amour. Elle est sérieuse ? Elle t'appelle pas chaque fois qu'elle fait ça !! (Etudiante, Abidjan, 1982). Je lui ai dit que je ne veux pas faire ça avant le mariage. (Couturière, Abidjan, 1987). Ayant repéré A.B., un charmant garçon [.] le "pédé" va réussir à l'appâter [.]. On retient donc [.] que le prévenu l'a "baratiné" avant de lui faire ça. Ivoir'Soir, 19.08.1997.

SYN.: faire la chose*.

3- ça y est chez + nom de personne ou pronom, loc.verb. Fréq., oral, mésolecte, basilecte . V. ETRE CHEZ*. Etre en possession de, entre les mains de (avec sujet généralement inanimé). "Où ça y est la scie ?" - "Ca y est chez le jardinier." (: C'est le jardinier qui l'a., Boys, Abidjan, 1977). Mon livre de math, je vais le chercher. Ca y est chez Koffi. (Lycéen, Bouaké, 1992).

 

cabatô, cabato, kabato, n.m. V. KABATO*. Le cabatô et le placali* s'accommodent bien de la sauce* gluante. FM., 01.07.1983.

cabiner, v.intr. Fréq. Considéré comme un euphémisme par les non ou peu lettrés. Plaisant. pour les autres. V. CABINET*. Faire ses besoins, déféquer. Le poulet qui cabiné l'argent. Anoma Kanié, 1977. ( traduction de "La poule aux oeufs d'or"). Défense de cabiner ici sous peine d'amende. (Pancarte sur un mur, Adjamé, 1987).

SYN.: aller au besoin*, aller au bord*, aller* voir William Camara, faire cabinet*, se mettre* à l'aise, tecker*.

 

cabinet, n.m. Fréq., euphémisme chez les peu ou non lettrés. Plaisant pour les autres, oral surtout.

1- Excréments, caca. Bèf là* [: le boeuf] il a cabiné partout et puis son cabinet là* c'est même pareil comme mon béret. Zazou n°13. Ma mère m'a dit de nettoyer le cabinet des poules sur la terrasse. (Rédaction d'élève, 4ème, 1980). Frotte tes pieds ! Tu as marché dans un cabinet. (Etudiante, Abidjan, 1993)

LOC.: faire cabinet.

DER.: cabiner*.

COMP.: cabinet avec sang, cabinet poto-poto.

SYN.: besoin*.

2- cabinet, (faire [son] ---- ), loc.verb. Fréq., oral, mésolecte, peu ou non lettrés. Faire ses besoins, faire caca. Patron, ça va pas. Ça fait trois jours que j'ai pas fait mon cabinet. (Gardien, Abidjan, 1978). Le petit i fait beaucoup son cabinet. (: L'enfant a la diarrhée., Mère de famille, Daloa, 1992).

SYN.: aller au besoin*, cabiner*.

3- cabinet avec sang, n.m. Spéc., (santé), oral, peu ou non lettrés, basilecte. Dysenterie amibienne. Leur vocabulaire [: celui des féticheurs*] coprologique est le plus sûr témoignage de leur observation attentive : maladie des chèvres*, cabinet avec sang, cabinet poto-poto*. Kerharo /Bouquet, 1950, b : 61-62.

4- cabinet poto-poto, n.m. Spéc., (santé), oral, peu ou non lettrés, basilecte. V. POTO*-POTO. Par référence à la boue appelée "poto-poto"*, diarrhée. Si le bébé là*, il fait cabinet poto-poto beaucoup, il va mort. (: Si la diarrhée du bébé continue, il va mourir., Vendeuse, marché Treichville, 1984).

SYN.: ventre* qui coule.

ANTON.: maladie* des chèvres.

 

cabosse, n.f. Spéc., (flore, commerce), mais assez fréq., oral, écrit, tous milieux.

1- Baie volumineuse et ovoïde du cacaoyer. Adou [.] touchait les cacaoyers, caressant les cabosses. Du Prey, 1979 : 40. Cette cabosse de cacao pesant 27,00 kg a été découverte dans la plantation* de Man [.]. Les cabosses ordinaires ne pèsent pas plus d'un kilo quand elles sont très lourdes. FM., 16.12.1980. Depuis décembre, la masse des cabosses est arrivée à maturité virant au jaune canari sous le feuillage vert absinthe des cacaoyers*. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 96. Des branches de caféiers* aux cerises* mûres. Des cabosses de cacao [.]. FM., 08.03.1996. Il ressort que la victime avait demandé à certains de ses compatriotes de l'aider à casser des cabosses de cacao. Ivoir'Soir, 11.12.1997. Avec des cabosses de cacao qu'il offrait à ses victimes [.]. Ivoir'Soir, 20.11.1997. Comme maladie, nous avons essentiellement la pourriture brune des cabosses du cacaoyer. Ivoir'Soir, 03.02.1998.

ENCYCL.: la cabosse contient entre 15 et 40 graines rappelant une grosse fève (V. FEVE*) noyées dans une pulpe mucilagineuse.

DER.: écabossage*, écabosser*, écabosseuse*.

COMP : arbre* à cabosse.

2- Gros fruit ellipsoïde du colatier. Tu verras sur les ruines de notre case trois colatiers chargés de cabosses. Amon d'Aby, 1973 : 32. Certes la cola n'est pas un produit nouveau mais elle est achetée en cabosse à un prix concurrentiel. FM., 18.01.1993.

 

cabri, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- (Capra hircus Linn.). Chèvre naine à pattes courtes, commune en zone forestière. Mais il fallait payer ces marabouts* puis acheter moutons et cabris pour les sacrifices. A. Koné, 1980 : 94. Port Bouët : deux voleurs de cabris arrêtés. FM., 03.12.1981 (titre). Des gens qui ne font bonne chère que lorsque le cabri d'un autre vient à crever [.]. Konaté, 1987 : 59. Ils [: les tirailleurs] tiraient sur les boeufs, les moutons et les cabris. Kourouma, 1990 : 261. Quand les cabris rentrèrent se coucher et que les chiens sortirent de leurs abris, les vélos allumèrent leurs phares et de partout on entendit le rythme cadencé de la ville. V. Tadjo, 1992 : 28. Au milieu des herbes gambadent gaiement moutons et cabris [.]. Ivoir'Soir, 24.09.1997. Des cabris se promenaient. Nous les avons abattus et braisés* aussi. Kourouma, 2000 : 98.

ENCYCL.: cette chèvre est résistante à la maladie du sommeil.

LOC.: laissez cabri pisser !

DER.: cabrin*.

COMP.: cabri-mort.

SYN.: chèvre* des lagunes, chèvre* guinéenne, chèvre* naine.

2- n.m. Dispon., oral, péj. Appellation péjorative donnée par un adulte à un jeune agité et irréfléchi. Toi le cabri, ne te mêle pas de ça, rugit le chauffeur. Tu es encore trop petit pour me parler. Tierno Monenembo, 1993 : 38.

SYN.: (part.) bilakoro*.

3- cabri[-]mort, n.m. Usuel, (par allusion au proverbe local : "cabri mort ne craint pas le couteau!"), milieux scolaire et universitaire, argot des jeunes, fam., péj. Mauvais élève qui n'a plus rien à perdre car il se sait menacé d'exclusion et peut donc être paresseux, insolent et indiscipliné. Il y a de quoi se bréquer* car en ce moment précis, on est loin d'être cabri-mort. Campuslexique, 1979, 4. Il faut souligner que certains élèves non conscients de leur avenir, d'où leur surnom de cabri-mort, ne cessent de perturber nos moments d'études. FM., 30/31.05.1981."Si Septembre ne marche pas, je suis fouti*." -"Ça ira ! Dieu a souvent pitié des cabris-morts." Zazou n° 12, 1981. Pourri pour pourri, je n'ai plus  rien à craindre. Cabri mort n'a pas peur du couteau! M. Coulibaly, 1992 : 10. Cabri mort n'a plus peur du couteau, pour parler le langage courant. FM., 03.02.1993.

ENCYCL.: étant certain d'être renvoyé en fin d'année, le mauvais élève est "mort" : il n'a plus rien à perdre et peut perturber les cours.

COM.: écrit avec sans trait d'union. Pluriel : cabris[-]morts.

SYN.: bréqueur*.

4- cabri, (laisse[z] ---- pisser !), loc.verb. Assez fréq., oral surtout, basilecte, fam. ou plaisant. chez les intellectuels.  Laisse[z] tomber ! Ne vous occupez pas de cela ! C'est quelle affaire* de grand-mère vous êtes là fabriquer encore ? Laissez cabri pisser ! Konaté, 1987 : 78. Non, il n'a pas gâté ton nom*. Laisse cabri pisser ! (Lycéens, Bingerville, 1991).

 

cabrins, n.m.pl. Spéc,. (faune), écrit, manuels, lettrés. V CABRI*. Ensemble des chèvres, boucs et chevreaux. La petite case* des cabrins qui contenait pour tout et tout*, trois bouquetins*, deux chèvres et un chevreau, faméliques et puants. Kourouma, 1972 : 38.

 

cacaba, kakaba, n.m.pl. Fréq., (du baoulé "insecte, bestiole"), oral, fam., mésolecte, basilecte, plaisant chez les lettrés, péj. Appellation méprisante (souvent renforcée par "petit") : minable, avorton, rien du tout, cinglé. L'équipe de Divo n'est pas petit cacaba! ID., 14.05.1972. Bépoti, ce cacaba que j'ai élevé comme si ma semence l'avait touché [.]. Bolli, 1977 : 26. Le patron n'a pas voulu croire que le petit kakaba pouvait avoir terminé. ID., 03.11.1984. Non mais tu as vu ce cacaba qui se prend pour un grand* type. (Serveuse, Abidjan, 1993). Revenons au gouvernement, à la politique générale de ce fichu pays de maudits et de cacabas (fous). Kourouma, 2000 : 189.

COM.: orthographe la plus usuelle : cacaba. Pas de marque du pluriel -s attestée. Les enfants disent plus souvent "cacabouda*.

SYN.: bagas (part.), donita* (part.), dawa*(part.), fougari* (part.), kaya*-kaya (part.), gawa*, ouyo*-ouyo (part.), pousse*-pousse (part.), wotro*(part.).

 

cacabouda, n.m. V. CACABA*. Tu as perdu ! Tu es un cacabouda ! (Enfant, Abidjan, 1986).

 

cacahouette, cacahuète, n.f. Inusité sauf par les Européens. V. ARACHIDE*.

 

cacao, n.m. Spéc., (flore, commerce, agriculture), très fréq., (du nahuatl par l'espagnol. 1e attest. 1686 Frontignières), oral, écrit, tous milieux.

1- Graine du cacaoyer* d'où l'on extrait des matières grasses et de la poudre de cacao.

ENCYCL.: la C.I. étant devenu le premier producteur mondial (1978), le lexique concernant cette culture est banalisé.

COMP.: cacao bord de champ, cacao en fèves, cacao gradé.

2- Cacaoyer lui-même. On continuerait toujours à planter du cacao. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 88.

3- Poudre obtenue en broyant la graine de cacao.

COM.: Dans l'oralité quotidienne familière, absence fréquente du prédéterminant devant "café, cacao". ex. "cultiver cacao, planter cacao". Ecrit : café-cacao, pour désigner les deux principales richesses de la Côte-d'Ivoire.

DER.: cacaoté*, cacaotier*, cacaotière*, cacaoyer*, cacaoyère*.

COMP.: boucle* de cacao, cacaoculture*, fève* de cacao, cacaoette*.

4- cacao, (café- ---- ), V. CAFE*.

5- cacao bord [de] champ, Spéc., (agriculture), oral, fam., péj. V. BORD*-CHAMP. Cacao acheté directement sur la plantation, après la récolte, par le traitant et donc moins cher payé. Cacao bord champ, tu vends combien? (Traitant, Soubré, 1984).

6- cacao en fève, graines de cacao non encore extraites de leurs fèves, souvent exportées ainsi sans être traitées. En 1978, 55,7% des recettes d'exportation provenaient encore du café vert et du cacao en fèves [.]. Antoine /Debresson /Manou-Savina, 1987 : 39.

7- cacao gradé, graines de cacao de première qualité pour l'exportation. La Côte-d'Ivoire [.] doit désormais vendre davantage de café et cacao gradé si nous voulons maintenir notre pouvoir d'achat. FM., 18.10.1983.

 

cacaoculture, n.f. Spéc., (agriculture), (1e attest. rencontrée :1978), oral, écrit, tous milieux, mélior. V CAFÉICULTURE, HÉVÉACULTURE*. Monoculture à grande échelle du cacaoyer. Les niveaux de prix [.] ne peuvent nullement favoriser la réalisation des programmes de développement de la cacaoculture. FM., 17.12.1979. Priorité à la cacaoculture en blocs*. FM., 12.5.1980. (titre d'article).

ENCYCL.: ce fut un des mots d'ordre agricoles du pays jusqu'à l'effondrement des cours.

 

cacaoette, [kakaoDt], n.f. Spéc., (agriculture, commerce), (1e attest. rencontrée : 1980). Extracteur mécanique des fèves de cacao. La cacaoette d'Abile Gal dont la démonstration nous a été faite à Abengourou, est une machine qui effectue l'ouverture des cabosses*, l'extraction, la séparation des cabosses et des fèves* fraîches et l'éjection à distance des coques vides. FM., 15.01.1980. Nous avons découvert une écabosseuse* appelée cacaoette. FM., 08.10.1980.

 

cacaoté, adj. Fréq., oral, écrit, lettrés. Confectionné à partir de graines de cacao. Et pourtant, les produits cacaotés tels que le beurre, la pâte, la poudre de cacao et autres dérivés, augmentent tous les jours. FM., 14.10.1979.

 

cacaotier, n.m. Vx à l'écrit, oral, peu ou non lettrés. V. CACAOYER*. Tournée le matin à travers les caféiers, les cacaotiers, les cultures vivrières et fruitières poussant dans les espaces défrichés entre les grands arbres dans la clairière. Krol, 1994 : 113.

 

cacaotière, n.f. V. CACAOYERE*. Ils ont planté des cacaotières partout ici. (Planteur, Gagnoa, 1980).

 

cacaoyer, n.m. Spéc., (flore, agriculture), mais très fréq., oral, écrit, tous milieux. (Theobroma cacao Linn.). Petit arbre de la famille des Sterculiacées, d'origine américaine. Les cacaoyers, tranquillement, remuaient leurs feuilles roses. Dadié, 1953 : 167. Grâce au sol riche de la forêt vierge, les jeunes cacaoyers ont rapidement grandi et les plantations se sont étendues. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 81.

ENCYCL.: arbre importé, devenu une des cultures les plus importantes du pays.

COM.: "arbre à cabosse" est rare et vieux. "Cacaotier" semble être une graphie rare depuis le début du XIXe siècle même si le mot est encore attesté dans l'oral des peu ou non-lettrés locaux. J'étais donc ruiné pour la deuxième fois en moins de dix ans puisque ma plantation* de cacaotiers a été entièrement détruite par le feu lors de la sècheresse de 1983. Krol, 1994 : 167.

SYN.: arbre* à cabosse, cacaotier.

 

cacaoyère (1), adj. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Du cacao, qui a trait au cacao. Dans le domaine de la production cacaoyère et caféière*, les paysans d'Obibribrouo jouent un rôle déterminant. FM., 31.12.1980. Sur la prochaine récolte cacaoyère [.] 300.000 tonnes étaient déjà placées. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 18. Au cours des années 70, les productions caféière* et cacaoyère [.]. FM., 29.11.1990. [.] les producteurs et autres partenaires de la filière cacaoyère [.]. Soir Info, 29.03.1995.

COM.: collocations usuelles: récolte cacaoyère, plantation cacaoyère, production cacaoyère, filière cacaoyère.

 

cacaoyère (2) n.f. Spéc., (agriculture), mais fréq., oral, écrit, tous milieux. Plantation industrielle de cacaoyers. Les premières cacaoyères furent créées vers 1912. Du Prey, 1962 : 36. Le programme de régénération de la cacaoyère est terminé depuis 1973. Ministère du Plan, 1978, II : 21. Tu les conduiras à la nouvelle cacaoyère, quand ils arriveront. Koné, 1980 : 21. Il s'agit de stopper la dégradation de la cacaoyère. FM., 29.10.1980. Voltaïques des cacaoyères [.]. Tilliette, 1984 : 21. C'est dans une cacaoyère à Anyama qu'elle [: une petite fille] sera recueillie. Ivoir'Soir, 16.12.1997. Des chasseurs libidineux la prirent en chasse, l'arrêtèrent, la conduisirent dans une cacaoyère. Kourouma, 2000 : 198.

COM.: la variante graphique "cacaotière" est obsolète.

 

cacheter, v.tr. Dispon., (administration), oral, écrit, mésolecte. Apposer un cachet, mettre un tampon officiel sur un document administratif. Au départ et à l'arrivée, n'oubliez pas de faire cacheter votre ordre de mission. (Secrétaire administratif, Abidjan, 1977).

 

cacia, n.m. V. CASSIA*. Les illuminations ne rendent que plus brillantes les fleurs [.] jaune vif des cacias, plus chaudes, les masses de bougainvilliers. Conte, 1981 : 140.

 

cad, cadd, kad, kadd, kade, n.m. V. BALANZAN*.

 

cadavre, n.m. Fréq., oral, mésolecte, basilecte, péj. Insulte très grave. A une injure grave, on pourrait répondre par une injure grave : "Le plus cadavre dans cette affaire, c'est toi !" FM., 22.12.1979. Le pauvre père de famille réduit à mendier [.] est insulté, traité de cadavre et giflé deux fois. FM., 28.12.1979.

 

cadavré, (être ---- ), loc.verb. Fréq., argot urbain, (de la chanson "Ancien combattant" du chanteur congolais Zao), oral, fam., mésolecte, basilecte.

1- Etre tué, être mort. Mon père est cadavré. Ma mère est cadavré, tout le monde est cadavré. (Chanson "Ancien combattant", 1980).

2- Etre très souffrant. Si tu ne m'as pas vu hier au travail, c'est parce que j'étais cadavré. Cité Caummaueth, 1988 : 131.

3- Par extension, pour une machine: tomber en panne. L'autre jour là*, mon taxi m'as mis en drap*, il a cadavré sur le pont De Gaulle. (: Mon taxi m'a joué un sale tour, il est tombé en panne sur le pont De Gaulle, Chauffeur de taxi, cité in Caummaueth, 1988 : 131).

 

cadeau, n.m., adj., adv. Usuel., oral, écrit, tous milieux, fam.

1- n.m. Petite somme d'argent donnée comme pourboire ou en témoignage de sympathie. Tiens ! voilà mille francs cadeau. Dadié (Min adja ô), 1965 : 26. Patron !  Cinq francs cadeau! (Mendiant, Bouaké, 1983)

COM.: le mot suit la mention de la somme sollicitée ou accordée.

SYN.: petit cadeau.

2- adv..Gratuitement, pour rien. lIs veulent que nous achetions de la viande de ranch* alors que nous pouvons avoir cadeau du phaco*, de la biche*, de l'agouti*. FM., 17.10.1983. Le Libanais [.] leur a dit carrément de prendre un pneu cadeau. L'éphémère, 11.01.1993. Le kaki* que je porte présentement*, c'est pour* un bachelier qui me l'a laissé avant de partir en fac, cadeau, oui. Krol, 1994 : 179. Non seulement il commet l'adultère cadeau mais il a le culot de revendiquer la grossesse de la femme de l'homme qu'il a cocufié. Ivoir'Soir. 23.10.1997. Il voulait que je travaille cadeau, c'est pas la mort*? (: Il voulait que je travaille sans être payé, c'est pas une honte ?, Réparateur de montres, Bouaké, 1997).

LOC.: avoir cadeau, dissoudre cadeau, donner cadeau, prendre cadeau, mourir cadeau, payer cadeau, travailler cadeau.

3- cadeau, adj. Gratuit. Si tu prends dix oranges, tu en as deux cadeau. (Vendeuse, Abidjan, 1984). Banane cadeau y a pas! (Marchande, Abidjan, 1990). Quant à notre chanteuse à la voix si douce M.S., son mari et elle ont bénéficié d'un concert et de billets "cadeau" de la part de Golby Productions. Ivoir'Soir, 02/03.04/05.1997.

4- cadeau, (être ----- ), loc.verb. Etre gratuit. [.] une marchande qui apostrophait le plus grand d'une voix sonore et grave en fronçant le sourcil :" Non, c'est pas cadeau. Y en a pas l'argent cette année, petit, c'est crise pour tout le monde." Krol, 1994 : 21. Le logement c'est cadeau’’. Krol, 1994 : 165. On veut "bonne année la santé" afin de pouvoir atteindre l'an 2000 où tout sera "cadeau". Ivoir'Soir, 05.01.1998.

4- cadeau, (petit ---- ), n.m. Présent destiné à s'attirer la bienveillance ou la complicité de qqun, ou à remercier d'une faveur. Je lui envoie mon petit cadeau et je lui demande si je peux rester. Bailly, 27 mars 1895 in Konaté, 1991 : 11. Je fais quelques petits cadeaux aux personnes qui m'ont donné du lait. Bailly, 6 avril 1895 in Konaté, 1991 : 120. N'oublie pas le petit cadeau pour ton infornateur. (Enseignant, Abidjan, 1996).

5- cadeau, (donner ---- ), loc.verb. Donner, offrir. Il faut entrer là... Je vais donner joli pagne* cadeau. Jano, 1987 : 6. (BD). A son retour définitif en France, son fils m'a donné une mobylette cadeau et je l'ai remercié beaucoup. Deniel, 1991, 52. Qu'est ce que tu crois ? Que le marchand me l'a donné cadeau ? (Infirmière, Abidjan, 1996).

6- cadeau, (mourir ---- ), loc.verb. Dispon., oral, mésolecte. Mourir pour rien, mourir bêtement, de façon stupide. Moi je dis: bomber* avec la bagne* pour s'amuser et faire l'accident*, c'est mourir cadeau ! (: Moi je dis que faire de la vitesse en voiture pour s'amuser et avoir un accident., c'est mourir bêtement !, Chauffeur, Abidjan, 1985).

7- cadeau, (payer ---- ), loc.verb. Dispon., oral, mésolecte, fam. V. PAYER*. Acheter pour offrir. Le vélo là, c'est patron qui m'a payé cadeau pour aller au marché. (Boy, Abidjan, 1983).

8- cadeau, (permis ----), n.m. Dispon., oral, écrit, mésolecte, péj. Permis de conduire obtenu par complaisance ou prévarication. Le terme sert également d'insulte envers un conducteur qui paraît imprudent ou inexpérimenté aux yeux d'un autre conducteur. Ces permis de complaisance ou permis "cadeau" apparaissent comme un acte criminel. Ivoir'Soir, 23/24/25.05.1997. Eh toi, permis cadeau !! (Chauffeur, Abidjan, 1999).

9- cadeau, (prix ---- ), n.m. Très bon marché, à prix bradé, à prix concurrentiel. Et quand tout est au prix cadeau dans un pays les commerçants affluent vers ce pays [.]. Ils achètent ou échangent contre des marchandises au prix cadeau, ça* vient les vendre ici en Guinée et en Côte-d'Ivoire à des prix forts. C'est ça qu'on appelle faire de gros bénéfices. Kourouma, 2000 : 54. Malgré la guerre tribale, les commerçants étrangers s'aventuraient jusqu'à Sanniquellie, appâtés par les prix cadeaux de l'or. Kourouma, 2000 : 115.

 

cadeauter, v.tr. Dispon., vieilli, oral, peu ou non scolarisés, basilecte. Offrir qque chose, donner qque chose en guise de cadeau, faire des cadeaux. C'est mon frère qui m'a cadeauté le pagne là. (Elève, Bingerville, 1981). Les filles, faut les cadeauter. Sinon, y a rien ! (Jeune, Daloa, 1988).

 

cadenas, (enfermer qqn dans un ---- ), loc.verb. Vieilli, (tradition), oral, mésolecte, basilecte. Envoûter quelqu'un, lui jeter un mauvais sort. Elle n'a pas d'enfants. Sa coépouse* l'a enfermée dans un cadenas, c'est pourquoi*. (Couturière, Bonoua, 1977).

ENCYCL.: La personne désireuse de faire l'envoûtement ferme un cadenas en prononçant des paroles magiques ou en effectuant les gestes rituels conseillés par le féticheur*.

SYN.: (part.) djibser*, faire djigbô*, faire fétiche*, faire gris-gris*, faire médicament*, grigriser*, marabouter*.

 

cadette, n.f. Dispon., (tradition), (calque du mandenkan), nord, mélior. Titre porté par l'épouse la plus aimée d'un prince polygame. Tu seras la jeune femme, la cadette du roi. La préférée officielle est respectée par le roi, celle de son coeur est la cadette. C'est elle qui le guide, elle qu'il écoute. Kourouma, 1990 : 151.

 

cadres coutumiers, n.m.pl. Fréq., (administration), oral, écrit, tous milieux. Notables traditionnels : rois, chefs traditionnels, chefs de canton*, chefs de village*. Le ministre du Travail, de passage, devait s'adresser aux fonctionnaires [.] avant de rencontrer les cadres coutumiers. Du Prey, 1979 : 155.

 

café, n.m. Usuel. oral, écrit, tous milieux.

1- V. CERISE*, graine de la baie de caféier.

ENCYCL.: la C.I. est un des premiers producteurs mondiaux.

2- Poudre obtenue à partir de cette graine torréifiée.

3- Breuvage obtenu à partir de cette poudre.

4- Caféier. Mon frère a des plantations de café. (Etudiant, Abidjan, 1983).

DER.: caféier*, caféière*.

COMP.: café baoulé, café cerise, café-coque, café des noirs, café en cerise, café gradé, café gragé, café la brousse, café moussoné, café nègre, café parche, café vert, caféiculture, cerise de café.

5- café baoulé, fréq., récent (1e attest. 1992), oral surtout, fam., ironique. tous milieux. Boisson utilisée en période de pénurie : eau plate, froide et sucrée. C'est, par exemple, ce breuvage de pénurie que les Ivoiriens appellent le café baoulé [.]. Vous mettez de l'eau plate et froide [.]. Mettez-y deux carreaux* de sucre [.]. C'est ce liquide transparent [.] qu'on appelle café baoulé. La Voie, 07.01.1993. A la fin du mois, c'est le café baoulé et le pain sec !! (Etudiant, Abidjan, 1994).

6- café-cacao, café et cacao, assez fréq., argot, urbain, oral, fam., péj. V. BOTCHE*. Fesses d'une femme considérées comme source de revenus éventuels. Ma banque à moi, mon café-cacao, ce sont mes fesses. Avec elles, je détiens tous les pouvoirs. ID, 06.04.1986. [.] des jeunes filles ou des femmes mariées, attirées par l'appât des gains faciles, utilisaient leur seule richesse, leurs fesses qui sont leur café-cacao pour extorquer de l'argent aux gros-bonnets. [.] le cours du café et cacao des jeunes filles a chuté parce que le grotto* a été lui même touché par la crise économique de 1980. Caummaueth, 1988 : 107.

COM.: le café et le cacao ont longtemps été deux des principales sources de revenus de la Côte d'Ivoire.

7- café [en] cerise, fréq., (agriculture, commerce) oral, écrit. Fruit du caféier. Ramené à la tonne de cerises*, cela fait un supplémentaire de 25000 tonnes mais pour cela le café en cerise doit être dans les normes requises. FM., 27.12.1979. Le gouvernement a fait un effort en maintenant le prix [.] à respectivement 60 et 140 f le kilo pour le café cerise et le café décortiqué. FM. 23.02.1993. F.L., 21 ans et T.I., 26 ans, tous deux Ivoiriens, pisteurs*, [.] ont été déférés samedi au parquet de Tiassalé par la gendarmerie pour avoir volé dix sacs d'un chargement de café* cerise. Ivoir'Soir, 14.10.1997.

SYN.: cerise*, cerise de café.

8- café-coque, spéc., (agriculture). Café non encore décortiqué. Le café-coque* arrive à la décortiquerie*. Nouvelle Presse, 22.04.1993.

ANTON.: café décortiqué.

9- café des noirs, V. BANTAMARE*, KINKELIBA*. Le bentamaré est appelé le café des noirs parce que nous prenons souvent des infusions de cette plante. (Informateur, Bouaké, 1983).

10- café gradé, spéc., (commerce, agriculture). V. CACAO GRADE*. Café de première qualité réservé à l'exportation. Quand tu produis seulement du café gradé, tu gagnes*gros. (Traitant, Bouaké, 1983).

11- café gragé, spéc., (technique). Graine de café verte dont la pellicule protectrice argentée a été éliminée par une opération mécanique afin qu'elle ait du brillant et un meilleur aspect. La machine te donne alors du café gragé. (Ingénieur, Abidjan, 1990).

12- café la brousse, V. FAUX* CAFEIER SAUVAGE. Ca là, tu vois, nous l'appelons café la brousse parce que ça ressemble* le café. (Informateur, Adzopé, 1982).

13- café moussoné, café moussonné, spéc., (technique). Graine de café verte, non lavée, qui a été exposée à une atmosphère humide, ce qui a pour effet de la gonfler et de lui donner une couleur brun doré. Le café moussoné prend alors sa jolie couleur brun doré. (Ingénieur, Abidjan, 1990).

14- café parche, V. PARCHE*.

15- café nègre, V. BANTAMARE*.

16- café noir, fréquent, oral surtout, fam., mésolecte, basilecte, péj. V. TAXIMAN*

a) Par translation métonymique, chauffeur de taxi casse-cou et agressif, "chauffard". Ils n'ont qu'à se droguer au café noir (d'où leur surnom) pour pouvoir assurer plus de dix-huit heures par jour les fonctions de taximan*[.]. Klotchkoff in Tilliette, 1984 : 25. Café noir. Et c'est vrai qu'ils  [: les chauffeurs de taxi] ne sont pas commodes avec leurs manières grossières, leur sensibilité à fleur d'épiderme, exacerbée à force de continuelles petites doses de café fort, ce qui leur a valu leur pseudonyme. FM., 29.11.1982. Un café noir se pointe. Soyons vigilants ! FM., 08.03.1984. Souvent, harcelés par des patrons rapaces, certains chauffeurs de taxi sont agressifs [.] ils se dopent pour tenir toute la nuit. On les insulte "Va donc, eh café noir !" David, 1986 : 80. A Abidjan, même un enfant qui est né dans un taxi, quelques années après, il nous appelle café noir parce que ses aînés lui ont mis ça dans la tête. Ivoir'Soir, 20.07.1987. Je comprends maintenant pourquoi nos cafés noirs conduisent mal. Ivoir'Soir, 01.12.1997. Savez vous combien de sortes de chauffeurs de taxi y a  ici à Abidjan ? Il y a trois sortes : ceux qui puent le tabac, ceux qui vous empêchent de fumer et ceux qui sont des cafés noirs. Ivoir'Soir, 0l4.05.1998.

b) par extension, taxi mal entretenu et roulant trop vite. Je comprends maintenant pourquoi nos chauffeurs de "wourou* fato" et "cafés noirs" conduisent mal. Ivoir'Soir, 01.12.1997.

 

caféier, n.m., adj. Spéc. (flore).

1- n.m. (Coffea canephora Pierre = caféier Robusta). Arbuste de la fam. des Rubiacées qui vit plusieurs années et porte des fleurs en bouquets blancs. Son fruit rouge rappelle le fruit du cerisier (V. CAFE* EN CERISE, CERISE* DE CAFE). Il contient deux graines : les grains de café. Plusieurs variétés sont cultivées mais la plus courante est le Robusta*. On connaît aussi l'Arabica* et depuis une vingtaine d'années l'Arabusta*. Roberty, 1954 : 124.

2- adj. Qui a trait au caféier, du caféier. En effet sur les 5 000 000 de f CFA* qu'ils ont sollicité pour la relance caféière au titre de l'année 1997-98, ils n'ont en réalité perçu que la somme de 3 000 000 francs. Ivoir'Soir, 10.11.1997. La coopérative va devoir emprunter à la banque pour la régénération caféière. (Planteur, Daloa, 1998).

DER.: caféière*.

COMP.: régénération caféière, caféiculture*.

 

caféière, n.f. Spéc., (agriculture). Plantation de caféiers. Les caféières sont attaquées par les scolytes et il faut les traiter. (Planteur, Daloa, 1984). Il demande à son compagnon de l'attendre dans une caféière. Ivoir'Soir, 11.02.1998.

 

caféiculture, n.f. Spéc., (agriculture). Exploitation agricole de caféières*. Ces jeunes pratiquent surtout la caféiculture, la riziculture et la culture du manioc*. Ivoir'Soir, 19.01.1998.

 

CAFOP, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Sigle très répandu pour désigner les Centres d'Animation et de Formation Pédagogique qui forment les maîtres de l'école primaire. [.] trois policiers chargés de traquer les trafiquants de drogue se rendent derrière le CAFOP, à 3 kilomètres d'Aboisso. Ivoir'Soir, 21/22/23.11.1997. L'instit, fraîchement sorti du CAFOP n'a trouvé rien de mieux que d'en mettre plein la vue aux villageois en prétendant parler anglais. Ivoir'Soir, 11.03.1998.

DER.: cafopien*.

 

cafopien, cafopienne, n.m. ou f. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Elève d'un Cafop. Tous les Cafopiens suivaient jusqu'en 1981 des cours les préparant à l'enseignement télévisuel. (Inspecteur, Abidjan, 1986). Je l'ai connu quand il était cafopien à Dabou. (Instituteur, Abidjan, 1992).

 

cafouillage, n.m. Dispon., argot estudiantin, péj. Trouble, agitation, bagarre. [.] j'évite de me promener dans les quartiers où les gens ne me connaissent pas ou de sortir tard dans les bars où il peut y avoir du cafouillage. Bonnassieux, 1987 : 154. Tu crois qu'il y aura du cafouillage sur le campus après ça ? (Etudiant, Abidjan, 1996).

 

cafouilleur, n.m. Argot estudiantin, oral, péj. Agitateur, fauteur de trouble. Cette bousculade est souvent causée par les cafouilleurs, étudiants qui prennent plaisir au cafouillage, au désordre. Campuslexique, 1978 : 3. Pas de cafouilleur à la manifestation. C'est le mot d'ordre ! (Etudiant, Abidjan, 1996).

COM.: pas d'attestation rencontrée au féminin.

 

cafre, n.m. ou f., adj. Rare, (de l'arabe.), écrit, surtout musulmans, nord, péj

1- n.m.ou f. Personne de race noire non musulmane, païen, infidèle. Un cafre dont le front ne frôle jamais le sol. Kourouma, 1970 : 118. C'étaient des cafres, ils mangeaient le cochon, le chien, l'agame* et la viande des bêtes non-égorgées par des musulmans. Kourouma, 1990 : 261. C'était un cafre, c'est comme ça on appelle un homme qui refuse la religion musulmane et qui est plein de fétiches* [.]. Kourouma, 2000 : 16.

SYN.: (part.) animiste*, fétichiste*.

2- adj. Propre à un noir non-musulman, animiste. Il avait à profiter de l'absence de Balla pour placer près de son maître les appels à l'Islam, les conseils contre les pratiques cafres des féticheurs* et les menteries. Kourouma, 1970 : 122.

COM.: plus spécialement appliqué à des pratiques animistes.

SYN.: animiste*, fétichiste*.

 

cahimitier, n.m. Spéc., (flore). (Chrysophyllum caïnato Linn.). Bel arbre d'ombrage introduit, au feuillage roux et aux fruits comestibles. Aubreville, 1959, III : 106.

 

cahot, adj. V. CHAOS*, K.O*. Cette histoire m'a laissé cahot. (Lettre, étudiant, Abidjan, 1984).

 

caïlcédrat, caicedra, cailcédra, cailcedrat, kailcedra, kailcedrat, n.m. Spéc., (flore) mais usuel, (hybride wolof-espagnol [Schmidt, ROFCAN 5, 1984], oral, écrit, tous milieux scolarisés. V. ACAJOU* DU SENEGAL. (Khaya senegalensis [Desv.] A. Juss.). Bel arbre de savanes de la fam. des Méliacées, à bois rouge et dur. Il est exploité pour son bois et sert également à l'ornementation des rues et avenues. Bois de cet arbre. Les pirogues étaient toutes en caïcedra (acajou* indigène). Binger, 1892, I : 12. Le bois du caïlcédrat est très dur, très coloré  [.] et forme un magnifique bois d'ébénisterie. Aubreville, 1959, II : 152. La savane dite "soudanaise" elle même, la plus sèche, au nord du huitième parallèle, soit vers Bondoukou, soit vers Korhogo, nourrit des peuplements d'arbres de huit à quinze mètres, à commencer par les acacias* et les caïlcédrats*, parmi lesquels peuvent se glisser jusqu'à des karités* et des nérés*, quoique pygmées par rapport à leurs frères colossaux du sud. Conte, 1981 : 25. Sous le bienveillant ombrage d'un caïcédrat ou d'un baobab*, se déroulent toujours les palabres*. FM., 14.12.1983. On y trouve également des variétés locales : le karité*, le néré* et le caïcedra. FM., 08.11.1985. [.] souffler un peu à l'ombre des manguiers et des caïlcédrats... David, 1986 : 10.

COM.: caïlcédrat est le nom-pilote. Pluriel : caïlcédrats. Cette graphie est la plus utilisée.

SYN.: (part.), acajou du Sénégal*, acajou indigène*.

 

caillasse, cayas, [kajas], n.f. Dispon., argot urbain, oral, fam. péj. V. PIERRE*. Fric, parfois menue monnaie. T'as pas de  caillasse pour me dépanner?  (Etudiant, Abidjan, 1991). Il fumait le cigare. Pourquoi? Parce que la cayas était tombée grâce au monde fou qu'il y avait au Palais. Ivoir'Soir, 19/20/21.12.1997.

SYN.: balle, bagou*, gainz*, gnon*, jeton*, pierre/ piair*, ro*.

 

caille (1), n.f. Spéc., (faune), mais assez fréq., oral, écrit, tous scolarisés..

1- Terme générique appliqué à de petits oiseaux terrestres soit cailles véritables soit (Turnix sp.) ou fausses* cailles d'Afrique, cailles combattantes. Serle /Morel, 1988 : 90.

2- caille-arlequin, (Coturnix delegorgeui Delegorgue). Petit oiseau savanicole de la famille des Phasianidae, au vol vif et bruyant. Serle /Morel, 1988 : 56.

3- caille bleue, (Coturnix chinensis Linn. = Excalfactoria adansi Verreaux). Minuscule oiseau savanicole de la famille des Phasianidae. Serle /Morel, 1988 : 56.

4- caille combattante, V. FAUSSE* CAILLE D'AFRIQUE.

5- caille de Barbarie, V. GANGA*.

 

caille (2), n.f. Fréq., argot urbain, oral., vulg. Rapport sexuel. La gadi* là*, elle veut la caille avec les grottos* seulement. Campuslexique, 1979, 4.

ENCYCL.: dans certaines ethnies, notamment chez les Manden, les femmes donnent du yaourt ou du lait caillé à leurs maris car elles considèrent ces mets comme aphrodisiaques. D'où peut-être l'origine du mot.

DER.: cailler*, cailleuse*.

 

cailler, v.tr. ou intr. Assez fréq., argot urbain et estudiantin, oral , vulg.

1- v.tr. Avoir des rapports sexuels avec qqn. Ne va pas la cailler. Elle est malade. (Etudiant, Abidjan, 1979).

SYN.: caler*, couiller*, couper*, cuyer*, fendre*, frotter*, pomper*.

DER.: cailleuse*.

2- v.intr. Pour un homme, éjaculer. "Il l'a enceintée.*"- "Il a caillé dans une chaussette* trouée ?" (Etudiants, Abidjan, 1989).

 

cailleuse, n.f. Dispon., argot urbain, oral, fam. vulg. V. CAILLE (2)*.

1- "Baiseuse", femme expérimentée en amour et portée sur l'acte sexuel. C'est une cailleuse, l'amour, elle connaît faire*! (Etudiant, Abidjan, 1984). Avec cette cailleuse là, on peut l'allumer plusieurs fois. (Cité in Caummaueth, 1988 : 82).

2- Femme qui se drogue. Une go* qui caille, qui prend le truc, qui prend la drogue, bon on dit la cailleuse. Cité in Caummaueth, 1988 : 82.

 

caillou, n.m. Spéc., (drogue), argot urbain. Nom donné à l'unité de vente de crack.

Le caillou vaut de 300 à 400 F. Ivoir'Soir, 29.08.1997.

SYN.: dan*.

 

caillou, (être ---- ), loc.verb. Usuel, oral surtout, mésolecte, basilecte, argot urbain, zouglou, pastiches.

1- Etre dur, difficile, grave, compliqué, malaisé à faire ou à comprendre. Affaire de pétrole*, c'est caillou. (: C'est dur d'obtenir un tuyau pour l'examen., Zazou n° 12, 1981). L'examen était caillou. J'ai vu brouillard*. (Etudiant, Abidjan, 1983). Les temps sont devenus trop caillou à Abidjan pour les petits chanteurs. Ivoir'Soir, 06/07/08.03.1998. 600 millions, ça ne doit pas être caillou pour vous. Ivoir'Soir, 17/08/09.04.1998. Mais qu'il sache que quand on est seul sur terre, la vie est très dure. Je dirais même plus, la vie est très caillou. Ivoir'Soir, 22/23/24.05.1998.

COM.:"caillou" reste invariable, même en position d'attribut d'un sujet pluriel.

SYN.: (part.) être chaud*, être katanga*.

2- Par translation, pour un être humain, être prêt à tout, se préparer à commettre des actes de vandalisme (en jetant des cailloux par exemple). En ville, y en a qui sont caillou dès qu'il y a une manifestation. (Etudiant, Abidjan, 1993).

 

caïman, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- (Faune). Crocodile. Je me suis amusé à tirer sur des caïmans. Binger, 1892, II : 337. Un caïman, à la faveur de l'ombre, dérive lentement. Dadié, 1954 : 32. Sache seulement que lorsqu'on s'asseoit sur la dent d'un caïman on se garde bien de lui dire que sa bouche sent mauvais. Kitia Touré, 1979 : 24. Qu'en revanche réapparaisse un caïman à l'air libre, à deux pas de l'échangeur de l'Indénié, on s'en amuse. David, 1986 : 81.

ENCYCL.: désigne improprement mais de façon courante diverses espèces de crocodiles africains (Osteolamus tetrapsis) V CROCODILE* NOIR, (Crocodilus niloticus), V. CROCODILE* VERT. Selon les spécialistes, "caïman" ne s'applique qu'au reptile crocodilien américain.

LOC.: être caïman pareil.

COMP.: caïman sacré.

2- n.m. Fréq., argot estudiantin banalisé, oral, écrit, souvent péj. Bûcheur, étudiant travailleur. A l'inverse des caïmans, les bréqueurs* qui, par la force des événements, sont devenus cabris* morts pensent qu'ils n'ont aucune raison d'avoir peur du couteau*. Campuslexique, 1979, 4.

ENCYCL.: par allusion au comportement du crocodile qui attend le départ des chasseurs pour revenir à la surface et reprendre ses activités, le bûcheur se lève la nuit pour réviser dans le dortoir, après le passage du surveillant.

LOC.: faire [le] caïman.

DER.: caïmantage*, caïmanter*, caïmanteur*.

SYN.: bossard*.

ANTON.: bréqueur*, cabri* mort.

3- caïman sacré, n.m. Fréq., (tradition), oral, écrit,  sud, centre, mélior. Le crocodile, symbole de puissance, est souvent l'objet d'une vénération particulière pour certaines ethnies (Baoulé par exemple). Sa chasse est interdite et la population le nourrit. Un caïman sacré n'attaque que lorsqu'il est dépêché par les mânes pour tuer un transgresseur. Kourouma, 1970 : 203. Ville souvenir avec son lac aux caïmans sacrés. Oberlé 1983 : 42. On nous a vite massés le long de son passage devant le palais du Vieux* là-bas, autour du lac des caïmans sacrés. Krol, 1994 : 126.

4- caïman, (être ---- pareil), loc.verb. Fréq., oral, mésolecte, basilecte, plaisant chez les lettrés, fam. Etre en tous points identiques (à), exactement semblable (à). Lui et son frère, c'est caïman pareil! (Professeur, Abidjan, 1980). Entre Abi (matchette* de fabrication ivoirienne) et Martindale (matchette* de fabrication anglaise), la qualité était caïman pareille = même acier européen pour les lames, même qualité du manche en bois. FM., 24.03.1983.

ENCYCL.: expression née, selon les informateurs, de l'impossibilité de distinguer un crocodile de ses semblables autrement que par la taille.

SYN.: être même* chose.

5- caïman, (faire [le] ----- ), loc.verb. Fréq., argot estudiantin., oral, plaisant. Se relever la nuit pour aller travailler, après l'extinction des feux et le passage du surveillant d'internat. C'est pas lui qui ferait caïman tous les soirs, crois-moi ! (Etudiante, Bingerville, 1977).

SYN.: caïmanter*.

 

caïmantage, n.m. Fréq., argot estudiantin, oral, pas toujours mélior. Bûchage intensif avant un examen. Le caïmantage a son côté avantageux en ce sens qu'on arrive à couper* haut. Campus-Lexique, 1979 : 4.

SYN.: bosse*.

 

caimanter, v.intr. Fréq., argot estudiantin. oral, pas toujours mélior. Bûcher, réviser, travailler intensément avant un examen. Pas question d'aller en boîte maintenant ! Faut caïmanter. (Etudiant, Abidjan, 1977). L'étudiant est pour ainsi dire condamné à faire le caïman* ou caïmanter afin d'éviter de tomber dans la foule des cartouchards*. Campuslexique, 1979 : 2.

SYN.: boucler le circuit*, faire six* sur six, faire caïman*.

 

caïmanteur, n.m. Usuel, argot estudiantin., souvent péj. Bûcheur. C'était une question de cours. Les caïmanteurs sont contents ! (Lycéen, Bingerville, 1981).

COM.: pas de féminin attesté.

SYN.: bossard*, caïman*.

 

caisse de stabilisation, Caistab, n.f. Usuel, (administration), oral, écrit, tous scolarisés. Organisme d'état chargé de protéger les producteurs de matières premières agricoles contre les fluctuations des marchés internationaux. C'est la caistab qui supporte notre pays. (Informateur, Abidjan, 1983). Une caisse de stabilisation protège les producteurs contre les fluctuations des cours mondiaux et ses bénéfices alimentent un Budjet spécial d'investissement et d'Equipement (BSIE) qui finance les principales infrastructures du pays. Oberlé 1983 : 50. Selon les négociateurs, la Caistab, monopole d'état chargé de la commercialisation du café et du cacao, demeure la caisse noire de certains spéculateurs et responsables de ladite structure. L'oeil du peuple, 13.03.1996.

 

caisse-popote, n.f. Vx mais encore dispon., (du vocab. milit.), oral, fam. Coffre de bois ou de métal contenant tous les ustensiles de cuisine et la vaisselle nécessaires pour un déplacement en brousse*. Il s'agit de ma caisse-popote avec tout son matériel de cuisine que j'avais dû abandonner aux Akoués en 1909. Simon, 1905-1918 : 39. Inutile de prendre la caisse-popote, il y a un campement* où on s'arrêtera pour manger. (Forestier, Man, 1983).

 

caistab, n.f. V. CAISSE* DE STABILISATION. C'est lui qui s'occupe des ventes de cacao pour le compte de la Caistab. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 17.

 

cajan, n.m. Spéc., (agriculture), vx., manuels. V. AMBREVADE*. (Cajanus cajan [Linn] Millsp.). Plante de la famille des Fabacées. Les haricots [.] sont constitués par une série de plantes très différentes des nôtres = doliques*, cajans. Binger, 1892, II : 364. Le cajan ou ambrevade [.] est une plante à plusieurs fins utiles: fourragère, améliorante, alimentaire [.]. Roberty, 1954 : 230.

ENCYCL.: utilisée pour l'alimentation des hommes (haricots* cajan) et du bétail (fourrage).

SYN.: ambrevade*, pois* d'Angol, pois*-pigeon.

 

cajou, n.m. V. ANACARDE*.

 

cajoutier, n.m. V. ANACARDE*, ANACARDIER*.

 

cakori, n.m. V. PERLE* D'AIGRIS. Cakori n'est plus guère usité. C'est le nom ancien des perles* d'aigri. (Historien, Abidjan, 1983).

 

calao, n.m. Spéc., (faune), (du malais), oral, écrit, manuels, scolarisés. V. TOUCAN*. Terme générique désignant diverses espèces d'oiseaux à très gros bec (fam. des Bucerotidae), en général noirs et blancs, à la voix très forte et au vol bruyant. Localement on distingue le petit calao à bec noir (Tockus nasutus Linn) ; le petit calao à bec rouge (Trochus erythrorynchus Temminck) ; le grand calao à casque jaune (Ceratogyma elata Temminck) ; le calao à joues grises (Bycanistes subcylindricus Silater) ; le grand calao d'Abyssinie (Bucorvus abyssinicus Boddaert), de la taille d'un dindon, tous savanicoles. En forêt : le calao pygmée (Tockus camurus Cassin) ; le calao longibande (Tockus fasciatus semi-fasciatus Harlaub) ; le calao à huppe blanche (Tropicranus albocristatus Cassin) ; le calao siffleur (Bycanistes cylindricus Temminck). [.] les glapissements énormes des calaos [.]. Conte, 1983 : 19. Le grand calao d'Abyssinie, gros comme un dindon, qui marche plus qu'il ne vole, ne se rencontre plus que dans le parc de la Comoé. Oberlé 1983 : 28. Serle /Morel, 1988 : 135. Le Parc de la Marahoué présente l'originalité d'abriter deux grands groupes d'oiseaux presque au complet : les calaos et les touracos*; oiseaux spectaculaires par  leur taille, leur forme et leurs couleurs. Bousquet, 1992 : 163.

REM.: le grand calao d'Abyssinie est l'oiseau sacré des Sénoufo, souvent représenté dans l'art statuaire.

SYN.: perroquet* gros-bec, toucan*.

 

cale, n.f. Fréq., argot estudiantin, péj. Nourriture. Ils ont grévé* parce que la cale était immangeable. (Lycéen, Adzopé, 1986). La cale est tellement mauvaise qu'ils disent : "Only for dogs!  (Lycéen, Gagnoa, 1991)

SYN. : bouffement*, djafe*.

DER.: caler*.

 

calebasse, n.f. Usuel, (espagnol. 1e attest. 1562 Du Pinet).

1- Spéc., (flore). (Lagenaria siceraria [Molina] Szandl = Cucurbita siceriaria Molina = Lagenaria vulgaris Ser.). Plante cultivée pour ses gros fruits qui servent d'instruments de cuisine, et pour ses feuilles comestibles.

SYN.: calebassier*.

2- Spéc., (flore). V. ARBRE* A CALEBASSE, CALEBASSIER*. Fruit du Lagenaria ou d'un arbuste, (Crescentia cujete Linn.), qui sert d'instrument de cuisine ou de musique. [.] de grandes calebasses dans lesquelles on fait infuser dans de l'eau chaude, de l'écorce, des feuilles et des fruits de sounsoun*. Binger, 1892, I : 69. Roberty, 1954 : 280. Un matin, elle rinçait les calebasses. Kourouma, 1970 : 52. D'ailleurs, vous savez bien que lorsqu'on vous sert une ration d'eau dans une calebasse, vous la saisissez sans hésiter. Kitia Touré, 1979 : 8. S'ajoutera une vaste circulation de noix de cola* avec des calebasses de lait. FM., 01/02/03.05.1981. Elle n'était pas mal malgré des seins comme des calebasses. Bréal /Karul, 1983 : 55. Ils chantent avec une fervente monotonie des litanies accompagnées par le tintamarre des calebasses. Gaudio, 1984, 56. Chez nous, on cultive le mil*, les arachides*, le maïs, le haricot*, la calebasse, le coton. Deniel, 1991 : 62. La base rythmique est soutenue souvent par des calebasses recouvertes d'une résille de perles ou de cauris*. Rémy, 1996 : 36. La Place des Sacrifices située en pleine forêt du Banco. Tout autour, des débris de calebasse et des canaris* ceinturés de cauris*. (Légende sous photo). Ivoir'Soir, 03.06.1998.

ENCYCL.: évidés et séchés, ces énormes fruits sphériques constituent des récipients de formes et tailles diverses (V. GOURDE*), ou des instruments de musique.

DER.: calebassée*, calebassier*.

COMP.: arbre* à calebasse, calebasse à lavement.

3- Contenu d'une calebasse de taille moyenne. Le sel se vend par calebasses. Binger, 1892, I : 142. La maman* nous donnait une calebasse de tô*. Deniel, 1991 : 37.

ENCYCL.: unité de mesure pour la vente des liquides, des farines et des graines.

SYN.: calebassée*.

4- calebasse à lavement, n.f. Vx., (tradition), écrit. Fruit évidé et séché, en forme de poire et percé aux deux extrémités. Quelques vieux restent fidèles à la calebasse à lavement malgré l'acrobatie nécessitée par son emploi. Monnier, 1969 : 22.

ENCYCL.: la partie effilée est introduite dans le rectum et on souffle dans l'autre extrémité.

SYN.: gourde*, gourde du calebassier (vx), pompe*.

 

calebassée, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Contenu d'une calebasse. Ils s'accordent une ou deux calebassées de bangui*. ID, 04.06.1972. On lui tendit une calebassée d'eau. FM., 25/26.04.1981. La femme dont l'office était d'accueillir les hôtes de marque, s'était, avec sa calebassée d'eau, agenouillée à quelques pas. Kourouma, 1990 : 30. Aussi pressa-t-il le messager d'accepter la calebassée d'eau de l'hospitalité. Kourouma, 1990 : 31. Le Blanc prit la calebassée de vin* de palme en votre compagnie [.]. Kourouma, 1998 : 126.I

ENCYCL.: sert d'unité de mesure pour la vente des liquides, des farines et des graines, sur le marché.

SYN.: calebasse*.

 

calebassier, n.m. Spéc., (flore), (dérivé de calebasse. 1e attest. 1637. St Lo.), mais fréq., oral, écrit, tous scolarisés. (Crescentia cujete Linn.). Arbuste de la famille des Bignonacées dont les gros fruits, évidés et séchés, sont utilisés comme ustensiles de cuisine ou de musique. On sait que les noirs, grands voyageurs, n'hésitent pas à entreprendre à pied des randonnées de plusieurs centaines de kilomètres avec, souvent, pour tout bagage, la gourde de calebassier et quelques gris-gris*. Kerharo /Bouquet, 1950 b : 89. Elle jette sa calebasse* de viande d'araignée dans un accès de colère et c'est la raison pour laquelle les graines de calebassier sont si amères. Anoma Kanié, 1978 : 52.

SYN.: arbre* à calebasse.

 

caleçon, n.m. Usuel, oral, mésolecte, basilecte. Tout cache-sexe masculin ou féminin, quelque soit sa forme : culotte, slip, boxer-short, etc. A Monogaga, tu peux te baigner sans caleçon et sans soutien*. (Informatrice, San Pedro, 1979).

COM.: "slip" est pratiquement inusité.

SYN.: djakoto*.

2- caleçon, (chercher ---- ), loc.verb. Fréq., oral, mésolecte, basilecte, vulg. Pour une fille, courir après les garçons, avoir des moeurs légères, se prostituer. Elle connaît seulement chercher caleçon. Une toutou* quoi ! (Boy, Abidjan, 1978).

 

caler (1), v.tr. Assez fréq., (du frcs "se caler l'estomac"), argot universitaire, oral. Manger. Avec quoi on va caler ce soir ? L'attiéké*, c'est fini ! (Etudiant, Abidjan, 1982).

SYN.: bouffer, djaffer*.

 

caler (2), v.tr. Assez fréq., argot urbain, vulg. Faire l'amour (en parlant d'un homme). Il est parti caler son pneu* de secours. (Etudiant, Abidjan, 1977).

SYN.: cailler*, couiller*, couper*, cuyer*, fendre*, fendre*, pomper*.

 

caler (3), v. ntr. Assez fréq., oral, fam. Loger, s'installer. A l'arrivée là-bas on ne savait pas où caler. (Etudiante, Abidjan, 1992). Vingt-heures trente-o / à la SIDECI un coin de Yop / la go* était calée. Cité Tschiggfrey, 1995-2 : 76 note 8. Grégoire "calé" chez Nayanka. Il n'habitera plus Yopougon. Il aménagera dans l'ancienne maison de Nayanka. Top Visages, 30.03./05.04.1995.

 

califa, n.m. V. ACALYPHA*. Pourquoi tu ne planterais pas des califas contre le mur de la terrasse ? (Mère de famille, Abidjan, 1990).

 

calligraphe, n.m. Peu fréq., écrit, recherché., mélior., spécialement utilisé sur les enseignes. Ecrivain public. Car il s'agit peut-être d'un calligraphe professionnel, frappé par la conjoncture* et qui a dû fermer boutique. ID, n° 664, 30.10.1983. Ici, meilleur calligraphe. (Enseigne sur une échoppe, 1990).

 

callitriche, n.m. Spéc., (faune). (Cercopithecus aethiops salacus Linn.). Singe de la famille des Cercopithèques à pelage verdâtre. Il nous est arrivé à plusieurs reprises, au moment de capturer des callitriches dans une vaste rotonde, de les voir brusquement s'immerger dans le baquet d'eau leur servant d'abreuvoir. Dekeyser, 1955 : 143. Signalé dans le parc de la Comoé. Bousquet, 1992 : 155.

SYN.: singe* des palétuviers, singe* vert (part.)

 

calme, (avoir l'air ---- ), loc.verb. Dispon., oral, mésolecte, basilecte. Avoir l'air triste et abattu. Il fait une dépression, je te dis. Regarde comme il a l'air calme ! (Etudiante, Abidjan, 1982)."Mais Emmanuel, tu as l'air calme aujourd'hui, qu'est-ce que* se passe ?". Je lui ai répondu que j'avais problème* mais que ça regardait moi seul. Krol, 1994 : 129.

 

calmer son coeur, loc.verb. Fréq., (calque de l. locales), oral, écrit, mésolecte, basilecte. Se calmer, apaiser sa colère, ses émotions, son ressentiment. Si tu n'as pas calmé ton coeur, tu vas faire du mal. Deniel, 1991 : 159.

SYN.: froidir* son coeur, refroidir son coeur*.

 

calot, n.m. Dispon., (du français régional ouest XIXe siècle "grosse bille"), oral, enfants. Bille. Aux calots, personne ne me gagne*. (Ecolier, Bouaké, 1974).

 

calotropis, n.m. V ARBRE A SOIE*.

 

camarade, (faire ----- avec), loc.verb. Vx., oral, basilecte. Nouer des relations amicales avec qqn. L'envoyé de Samory vient toujours pour leur demander de faire camarade avec Samory. Bailly, lettre du 17.07.1894, (in Niamkey Kodjo, 1991 : 34.)

 

camaroptère, n.f. Spéc., (faune). Terme générique désignant de très petites fauvettes forestières (fam. des Sylvidae), notamment (Camaroptera superciliaris Fraser) ou camaroptère à sourcils, de couleur verte, blanche et jaune, à sourcils et oreillons jaune vif ; (Camaroptera brachyura Vieillot) ou camaroptère à dos gris, dessus gris, ailes olive. Serle /Morel, 1988 : 207. Signalées (Comoé, Taï). Bousquet, 1992 : 156.

 

cambodgien, n.m. ou adj., Fréq., argot estudiantin, zouglou, oral, écrit, fam.

1- n.m. Etudiant peu fortuné qui vient partager la chambre d'un boursier logé à la Cité Universitaire. Le Vice recteur a été formel : "Il n'y aura pas de cambodgien dans nos cités." Les cambodgiens, ce sont les étudiants sans bourse, sans chambre, qui bénéficient à trois ou quatre, voire plus, dit-on, du gîte d'un camarade plus fortuné. FM., 14.01.1993. Pas de Cambodgiens à Bouaké. FM., 08.02.1993. Qui a dit qu'il n'y aurait pas de cambodgiens dans les résidences U ? FM., 29.04.1993. Dans la chambre / y a des cambodgiens / mais est-ce que vous savez ce qu'on appelle cambodgien / les cambodgiens / ce sont les étudiants qui n'ont pas droit à la chambre / on ne sait pas trop pourquoi. (Chanson "Gboglo Koffi", groupe Les parents* du campus, corpus T, 1994). Le nombre de Cambodgiens, ces étudiants qui squattent les chambres des chanceux qui ont obtenu une place en cité U, se multiplie. Jeune Afrique, 23/29.03.1995 : p. 26. Chez nos "parents*" étudiants, les "Cambodgiens" sont si gentils. Ivoir'Soir, 11.06.1998.

DER.: cambodgisme*.

SYN.: palestinien*.

2- adj. Qualifie le fait pour un étudiant peu fortuné de partager la chambre d'un boursier, "squatteur". La superposition des lits vaudrait largement mieux que le système cambodgien. Tribune du centre, 14.01.1993.

 

cambodgisme, n.m. Dispon., argot estudiantin, oral, péj. Fait de partager la même chambre à plusieurs, en Cité universitaire alors que celle-ci a été accordée à un seul étudiant boursier. D'autres préfèrent vivre à plusieurs dans une chambre : le système de cambodgisme comme disent les étudiants. Ivoir'Soir, 27.08.1997.

 

camelotier, n.m. Dispon., oral, écrit, mésolecte, péj. Camelot, colporteur, marchand de camelote. Cet autre Guinéen [.] du quartier St Michel à Adjamé, était camelotier au Plateau. FM., 04.02.1980.

COM.: camelot est inusité localement. Par contre, "camelote" est bien connu.

 

Cames, [kamDs], n.m., Spéc., (université). Sigle pour Conseil Africain et Mauricien pour l'Enseignement Supérieur, créé en 1968 afin d'établir les équivalences entre diplômes nationaux et étrangers des états membres, promouvoir les recherches et les carrières universitaires. Le projet qui était assigné au départ au Cames, c'était l'équivalence des diplômes délivrés ici et là dans les universités américaines, canadiennes, allemandes [.]. FM., 18.11.1983. Je fais un dossier au Cames pour passer professeur. (Universitaire, Abidjan, 1982).

 

camion, n.m. Fréq., oral, mésolecte, basilecte.

1- Surtout peu ou non scolarisés.Terme générique désignant tout véhicule à moteur et à quatre roues. Son camion là, y a pas dessus. (: Il a une voiture décapotable., Boy, Abidjan, 1977). Entre chauffeurs, balanceurs* et coxers*, on ne dit pas "véhicule". On dit "camion". Ivoir'Soir, 26.05.1998.

SYN.: camion gbaka*, camion grumier*.

2- camion gbaka, V. GBAKA*. Il a fait le trajet Adjamé-Anyama et retour en camion gbaka. FM., 15.04.1983.

COM.: pas de trait d'union. Pluriel : camions gbaka.

3- camion grumier, V GRUMIER*.  Des arbres étaient abattus par centaines de milliers puis transportés par une noria de camions grumiers. Oberlé, 1983 : 16. Une grave collision entre un camion grumier et un taxi*-brousse [.] a fait dix morts. FM., 09.11.1983. [.] goudron* neuf mais... gare aux camion-grumiers ! David, 1986 : 110.

COM.: orthographié avec ou sans trait d'union. Pluriel : camions-grumiers.

4- camion mille kilos, V. MILLE KILOS*.

 

camisole, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux. V. ENSEMBLE-PAGNE*, COMPLET*

1- Vêtement féminin avec ou sans manches couvrant le haut du corps.Elle porte une camisole courte, en tissu imprimé et le pagne* ceint à la taille, lui couvre la jambe jusqu'à mi-mollet. Timité Bassori, 1974 : 26. J'ai jeté ma camisole et j'ai gardé mon petit* pagne*. Bolli, 1977 : 47. Tchéé*! J'ai déchiré ma camisole. (Secrétaire, Abidjan, 1984). Ses yeux se portèrent [.] sur la petite médaille incrustée d'émeraudes qui scintillait dans le creux de sa poitrine et que laissait entrevoir le corsage de sa camisole. Bandaman, 1986 : 21. Revêtue de ses bijoux, camisoles* et pagnes* de la nuit nuptiale [.]. Kourouma, 1990 : 149. Une porte s'ouvre.[.] une manche de camisole, un bras, des doigts vernis. Une femme en lunettes apparaît [.]. Ivoir'Soir, 16.12.1997. -"J'espère que c'est la bonne maladie*" , continua Wahon. Ce disant, la tante d'Anka regarda bien Djèkè et vit le ventre rond sous la camisole*. R.Yaou, 1999 : 147.

ENCYCL.: généralement confectionné dans le même pagne que la jupe qui l'accompagne. Avec le mouchoir* de tête assorti.

COMP.: camisole-pagne.

2- camisole-pagne, ensemble traditionnel féminin, usuel surtout dans le sud et composé d'une camisole et d'un pagne assorti. En tant que femme moderne, pour se vêtir correctement [.] on porte un impeccable ensemble wax* camisole-pagne. FM., 01/02.12.1990.

SYN.: complet*, complet*-pagne, ensemble* wax.

 

camp, n.m. Fréq., (du vocab. militaire), oral, écrit, tous milieux. Locutions spécifiques :

1- camp commis, Vx. V. COMIKRO*. Mon père habitait le camp commis. (Informateur, Bouaké, 1986).

2- camp d'initiation, V. INITIATION*.

3- camp de jeunesse, (enseignement). Centre d'apprentissage des techniques culturales modernes où viennent en stage de formation de jeunes agriculteurs. Les camps de jeunesse répartis sur le territoire national ont pour rôle d'apprendre aux jeunes, recrutés dans leurs villages, les techniques modernes des cultures vivrières. FM., 06.10.1982.

4- camp militaire, lieu clôturé où sont rassemblés les casernements et les logements des militaires, soldats et officiers. Mon père est brigadier et j'habite le camp militaire. (Lycéen, Abidjan, 1997). Sanniquellie comprenait trois quartiers. Le quartier des natives, celui des étrangers [.]. A l'autre bout, au pied de la colline, le quartier des réfugiés, et sur la colline, le camp militaire où nous vivions. Kourouma, 2000 : 115.

5- camp pénal, ensemble de locaux disposés sur un vaste terrain clôturé et gardé, servant de prison. Deux détenus du camp pénal de Bouaké ont assommé [.] deux de leurs camarades à l'aide d'un gourdin. FM., 05.05.1982.

 

campagne, n.f.

1- campagne, V. BATTRE* LA CAMPAGNE. Et vous battez la campagne pour quel candidat ? (Avocat, Abidjan, 1986).

2- campagne [de traite], n.f. Spéc., (agriculture, commerce); fréq., oral, écrit, tous milieux. Période de récolte et de commercialisation d'une culture industrielle : cacao, café, coton. Le Président de la République [.] a autorisé le Ministre de l'Agriculture à clôturer la campagne cacao 1982-1983, le 27 octobre 1983. FM., 18.10.1983. Les paysans ont l'impression d'avoir amorcé depuis les trois dernières campagnes, un cycle de déséquilibre sans fin. FM., 02 02 1993.

COM.: dans le parler ordinaire, le mot "campagne" n'est pas utilisé par opposition à "ville" au sens standard.

COMP.: campagne cacao, campagne café, campagne coton.

 

campement, n.m. Usuel, (du vocab. militaire), oral, écrit, tous milieux.

1- campement, campement de culture, lieu de résidence secondaire, situé près des champs éloignés du village et habité seulement pendant la durée des travaux agricoles ou de cérémonies religieuses comme l'initiation. Que faire sinon la sieste en attendant que les femmes rentrent des campements, chargées de bananes? Du Prey, 1979 : 86. Ils sont tous deux à la plantation*. Après quelques heures de besogne, ils reviennent au campement . FM., 27.12.1979. Le vieux chef* [.] revenait de son campement, un morceau de bois de chauffe* sur l'épaule. J. Guenaman Colbert, 1985 : 43. Il obtient une portion de forêt [.]. Il y construit un campement. [.]. D'autres familles viennent s'installer dans le campement qui deviendra par la suite un véritable village. FM., 04.12.1990. [.] campement [.] C'est ainsi qu'on appelle les installations aménagées sur les lieux de culture éloignés des villages, même quand on y vit en permanence comme les parents de Jonathan. Quand il va les retrouver , il dit : "Je vais au campement." Krol, 1994 : 109. On nous a logés dans un campement, dans un bois touffu à l'entrée du village où nous avons vécu ensemble pendant deux mois. Kourouma, 2000 : 37.

SYN.: campement de culture.

2- campement, campement-village, hameau habité de façon permanente parallèlement au village, par une ou plusieurs familles, souvent allogènes. Par campement, nous entendons toute entité de résidence permanente qui se crée, parallèlement au village, en un endroit donné du terroir. Une telle unité ne doit pas être confondue avec le campement de culture. Celui-ci n'est qu'un abri pour le temps d'une saison agricole. Il change de place chaque année avec le champ de vivrier sur lequel il est installé. Schwartz, 1975 : 44. J'ai laissé mes enfants tout seuls au campement. Kitia Touré, 1979 : 74. [.] j'arrive à 5h30 à un campement. Bailly, 25 mars 1895 in Niamkey Kodjo, 1991 : 117. [.] car les ramasseurs ne viennent pas les chercher dans les campements où l'on ne peut accéder qu'à pied. Krol, 1994 : 109.

3- Par extension, en zone urbaine, quartier d'installation précaire spontanée, bidonville. Le terme campement, employé pour désigner des hameaux dans le monde rural, est fréquemment utilisé par les citadins à propos de quartiers précaires en bois. Bonnassieux 1987 : 28.

SYN.: habitat*sauvage, habitat* spontané, matiti*, poto*-poto, quartier* spontané, sicobois*.

4- campement, campement-hôtel, vieilli. Dans un petit centre urbain dépourvu d'hôtel, sorte d'établissement public au confort sommaire, offrant chambres et, parfois, restaurant. Tous les jours, c'était des arrêts dans les campements pour la restauration et pour passer la nuit. FM., 14.04.1982.

COMP.: campement administratif, campement touristique.

5- campement administratif, V CHAMBRE* DE PASSAGE. Sorte de bungalow servant d'hôtel-restaurant à confort sommaire, réservé aux fonctionnaires en mission, dans les petits centres urbains. Notre ville ne disposant d'aucune chambre d'hôtel [.] il est vraiment difficile de recevoir les agents de service qui se déplacent chez nous au campement administratif qui ne compte que deux chambres. FM., 24.01.1980. Le campement administratif rénové a rouvert ses portes. FM., 08.04.1980. [.] il y a le campement administratif, un modeste complexe qui date du passage des premiers colons de la région. FM., 10.02.1981. Et lorsque effectivement, le samedi suivant cette répartition des rôles, il se représenta au campement administratif [.]. Y. Konaté, 1987 : 48. Les campements administratifs ne peuvent être considérés que comme un service public de dépannage. Il ne faut donc pas attendre d'eux un confort comparable à celui d'un établissement payant. Rémy, 1996 : 221.

6- campement de culture, V. CAMPEMENT 1.

7- campement-hôtel, V. CAMPEMENT 4. Il serait également souhaitable qu'un campement-hôtel, même modeste, soit construit. Rémy, 1996 : 121. En partant du campement-hôtel par la plage précédent celle des pêcheurs Krumen [.]. Rémy, 1996 : 163. Les campements-hôtels, composés de cases* traditionnelles, sont parfois dépourvus de climatisation. Rémy, 1996 : 221.

8- campement touristique, ensemble de cases de type traditionnel, aménagées confortablement pour héberger des touristes dans un village. Le campement touristique est en train de faire peau neuve  [.]. Son restaurant-bar est en service et d'ici décembre, les noctambules pourront découvrir [.] un sympathique night-club. FM., 02.11.1982.

SYN.: (part.) auberge* villageoise.

9- campement-village, V. CAMPEMENT 2. Longtemps, ces campements-villages sont restés repliés sur eux-mêmes. FM., 03/04.05.1980.

 

canalisateur, n.m. Spéc., argot du milieu. oral. V. AGREGE*, BRAQUEUR*, GAWA*, HOMME* PASSE-PARTOUT, OEIL* DU MAITRE, VIGILANT*. Bandit armé chargé, dans une attaque à main armée, de tenir en respect les victimes. Il y a également les canalisateurs qui tiennent en respect les victimes pendant que les dévalisateurs* fouillent et mettent à sac la maison. FM., 21.01.1981.

 

canard, n.m. Spéc. (faune).

1- Oiseau de la famille des Anatidae dont les espèces locales les plus remarquables sont le canard à dos blanc (Thalassornis leuconotus Eyton) ; le canard armé ainsi nommé à cause de l'éperon qu'il porte en avant du pli de l'aile ; oie* de Gambie (Sarkidiornis melanota Pennant) ; le canard de Hartlaub, forestier et sédentaire (Pteronetta hartlaubii Cassin).Serle /Morel, 1988 : 28-31. Canard de Harlaub signalé (Taï). Bousquet, 1992 : 170.

2- canard siffleur, V. DENDROCYGNE*.

 

canari, n.m. Usuel. (tradition), oral, écrit, tous milieux. Récipient en terre cuite (plus rarement en bois), de fabrication artisanale, servant à transporter et à conserver liquides et graines. [.] les canaris traditionnels en bois de couleur noire sont de moins en moins utilisés. Girard, 1967 : 34. Il y avait toujours de l'eau dans le grand canari. Koné, 1976 : 38. Elles avancent sereines et résignées, vers l'eau qu'on doit boire ce soir et demain si tous les canaris sont pleins. Anoma Kanié, 1978 : 55. Mets le canari sur le genou et Dieu te donnera la force nécessaire de l'élever jusque sur la tête. Kitia Touré, 1979 : 14. Ils arrivaient avec une bouteille de bière, un litre de vin, un canari de vin* de palme, un poulet ou un mouton qu'ils offraient à leur "étranger*". Oussou-Essui, 1979 : 53. Le kedjenou* de pintade que l'on a servi ensuite avait cuit à l'étouffée dans son canari de terre comme le veut la recette la plus authentique. FM., 26/27.01.1980. Chaque canari cassé / Est un muet témoin / D'une vie antérieure  Assoi-Adiko, (poème) in FM., 17.01.1984. Ne casse pas encore ton canari. L. B. Niamkey, 1985 : 13. Il faisait aussi des canaris. J'ai donc appris à travailler la céramique. Krol, 1994 : 172. En pays sénoufo, les canaris, récipients destinés à contenir de vulgaires aliments ou des substances pouvant servir au culte, sont fréquemment en bois et leur couvercle est surmonté d'un sujet animalier. Rémy, 1996 : 33. Les patrouilles [.] ont fouillé dans leurs canaris, leurs calebasses*[.]. Kourouma, 1998 : 298. Des munitions dans le canari. (titre d'article). Ivoir'Soir, 09.12.1997.[.] plus de 4 millions de francs que les paysans thésaurisaient dans des canaris. Ivoir'Soir, 27/28.02/01.03.1998. Aya Konan est allée puiser dans les vieux canaris et paniers de nos grand-mères Akan pour faire vivre, de nouveau, ces bijoux méconnus et abandonnés. Ivoir'Soir, 19/20/27.12.1997. La Place des sacrifices située en pleine forêt du Banco. Tout autour, des débris de calebasse* et des canaris ceinturés de cauris*. (Légende sous photo). Ivoir'Soir, 03.06.1998. Autour du foyer, des canaris. [.]. Encore des canaris, toujours des canaris pleins de décoctions [.]. Au fond de la case*, des canaris s'alignaient encore contre le mur. Kourouma, 2000 : 15. Les seins claquent au vent, les fesses pétillent pareilles à des canaris de bangui*, ce vin de palme fermenté prêt à faire exploser l'amphore qui tient sa mousse prisonnière. Adé Adiaffi, 2000 : 79.

 

cancan, kankan, kankankan, [kSkS], n.m. Fréq. (du mandenkan "aphrodisiaque" ), oral, fam., tous milieux. V ACCELERATEUR*. Ce sont les hommes qui vont acheter le cancan. Les femmes ne s'adresseraient pas à un homme pour acheter ce médicament*. Guido n° 68, 27.04/3.05.1983. Il est devenu courant d'acheter des réserves de cancan et la clientèle se montre satisfaite. Gaudio, 1984 : 178.

DER.: superkankankan*.

COMP.: poudre* cancan.

SYN.: accélérateur*, chargeur* de batterie, coup* de démarreur*, démarreur*, kankankan*, poudre* de démarreur.

 

candidature, (poser sa ----- ), loc.verb. Argot estudiantin, oral, plaisant.. Faire une déclaration d'amour à une jeune fille, lui déclarer sa flamme. "Et alors, tu as posé ta candidature ?" - "Non ! mon frère*, elle a un djo.*" Campuslexique, 1979 : 6.

SYN.: mettre* les brèques.

 

cane-juice, [kSdFujs],n.m. Fréq., (du pidgin-english libérien), oral, surtout, ouest. Rhum vert local de fabrication artisanale et à teneur élevée d'alcool. Il faut citer également un produit de fabrication locale, le cane-juice ou rhum des Libériens* atteignant 60" et très apprécié des populations Krous et Néyaux de la Côte-d'Ivoire. Kerharo /Bouquet, 1950b : 97. [.] mise à part la canne à sucre dont on extrait clandestinement un rhum de qualité inférieure appelé cane-juice. Holas, 1980 : 72. [.] ils [: les Grébo] savent extraire, dans de sombres distilleries clandestines, un rhum de feu que les Libériens, qui en sont les plus friands, ont fait baptiser finalement du nom inoffensif de "cane juice". Conte, 1981 : 36.

SYN.: rhum* des Libériens.

 

cango, cangô, cangoh, kangoh, kanghoh, [kSgo] / [kSgC], n.m. Dispon., (tradition), (des langues akan), oral, sud. Coupe faite d'une noix de coco évidée et qui sert à boire le vin de palme. Par exemple, il avait refusé de boire le vin de palme* commandé en son honneur dans le même kanghoh que papa. Kitia Touré, 1979 : 59. Quand tu as un cango de bangui* devant toi, n'importe qui devient ton frère. Koné, 1980 : 10. Il payait son cango de bangui*, le buvait lentement [.]. A.Koné, 1980 : 62. Soudain, il reconnaît sa mère qui lui tend une énorme calebasse*, un cangô d'eau glacée. Adé Adiaffi, 2000 : 324.

 

canne, n.f. Spéc., (agriculture), oral, écrit, tous milieux. (Saccharum officinarum Linn.). Tige de canne à sucre. Les cannes ont été particulièrement pauvres en teneur de sucre. FM., 17.04.1980. Elle mâche de la canne pendant les cours. (Elève 3e, Korhogo, 1983). Je ramassais la canne coupée. Deniel, 1991 : 144.

ENCYCL.: souvent consommée comme friandise et vendue débitée sur les marchés, parallèlement à sa culture industrielle.

 

canne de chef, n.f. Usuel, (tradition), oral, écrit, tous milieux, mélior. Sorte de sceptre ou de canne décorée de motifs symboliques identifiant un roi ou un chef traditionnel, emblème du pouvoir de celui-ci. Le prince [.] allait ensuite être promu chef coutumier* sénoufo par le chef de canton* et cela avec les attributs qui se rapportent à cette distinction : une canne de chef symbolisant la chefferie*, un boubou*, un bonnet pour être à l'écoute de son peuple et un tabouret*. FM., 20/21.03.1982. [.] cannes de chef surmontées de sculptures plaquées de feuilles d'or . Oberlé, 1983 : 72.

ENCYCL.: certaines cannes de chef sont de véritables objets d'art, plaquées d'or et incrustées d'ivoire.

COM.: le terme "récade" semble seulement utilisé par les universitaires.

SYN.: bâton -messager (part.), récade .

 

cantatrice, n.f. Dispon., rech., mésol., mélior. Chanteuse. Toute femme capable de bien chanter, quel que soit le genre de chant qu'elle pratique (folklore, chanson moderne, etc. ). Je compte sur toi Salkoun puisque tu as le meilleur batteur et sur toi aussi, Djévoh, qui possède la meilleure cantatrice. Kitia Touré, 1979 : 8. Quinze mille [: francs] étaient allés dans la caisse de la danse*; trois mille pour faire boire les danseurs à satiété mais il y avait tout juste un peu de koundjadjo*; les deux autres mille avaient été donnés à la cantatrice. Kitia Touré, 1979 : 15. Ma grand-mère a été une très célèbre cantatrice baoulé. (Etudiante, Abidjan, 1985).

 

cantine itinérante, n.f. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Installation provisoire servant de restaurant pour les ouvriers, près des chantiers. Au bout d'un mois, d'un an ou plus, les cantines itinérantes se volatilisent pour d'autres lieux. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 48. Nous mangeons à la cantine itinérante. (Contremaître, Bouaké, 1984).

ENCYCL.: elle est constituée de tables et de bancs rudimentaires sous un apatam*.

 

caoutchouc, caoutchouc sylvestre, n.m. Vieilli. écrit, manuels, textes hist..

1-  Latex de certaines lianes ou de certains arbres de la famille des Apocynées. Produit de cueillette qui fut l'objet d'un commerce florissant au début de l'époque coloniale. Ce caoutchouc qui n'était que le latex de certaines lianes ou arbres* à gomme était très chèrement payé. Du Prey, 1962 : 31.

ENCYCL.: localement il s'agit surtout d'une liane Landolphia heudelotti A. DC ou liane* gohine, et d'un arbre (Funtumia elastica [Preuss] Stapf) ou caoutchouc d'Afrique, caoutchouc de l'Ireh, caoutchoutier*.

DER.: caoutchoutier*.

COMP.: arbre* à caoutchouc, caoutchouc d'Afrique, caoutchouc de l'Ireh, caoutchouc-liane*gohine.

SYN.: caoutchouc sylvestre.

ANTON.: caoutchouc de Grand-Bassam, caoutchouc de plantation.

2- caoutchouc d'Afrique, V. CAOUTCHOUTIER*.

3- caoutchouc de Jéquié, (Manihot dichotoma Ule.). Arbre à caoutchouc qui ressemble à un manioc géant. Roberty, 1954 : 71.

4- caoutchouc de Ceara, (Manihot glaziovii Muell. Arg.). Arbre à caoutchouc devenu souvent arbre d'ornement dans les villes et les parcs. Roberty, 1954 : 71.

5- caoutchouc de l'Ireh, V. CAOUTCHOUTIER*.

6- caoutchouc-liane, latex de la liane Landolphia heudoletti. La baisse des rendements à la fin du XIXe siècle a découragé beaucoup d'exploitants qui se sont alors tournés vers le caoutchouc-liane dont l'âge d'or se situe entre 1900 et 1914. David, 1986 : 137.

 

caoutchoutier, n.m. Spéc., (flore, commerce), vx. (Funtumia elastica [Preuss] Stapf.). Arbre forestier de la famille des Apocynées dont le latex fut exploité comme produit de cueillette, au début de l'époque coloniale. La végétation est ici la même que partout ailleurs : le palmier*, l'acajou* d'Afrique, le caoutchoutier, le fromager*, abondent. Verdier, 1870-1890 : 27.

SYN.: arbre* à caoutchouc, arbre* à gomme, caoutchouc d'Afrique, caoutchouc de l'Ireh.

 

capable, adj. Fréq., oral, fam. mésolecte, basilecte, mélior. V MARI* CAPABLE. Se dit d'un homme fortuné, qui a des moyens. Regarde moi bien de haut en bas. Qui est plus "capable" aujourd'hui ? Ekra, 1984, 43.

COMP.: mon mari* est capable.

 

capitaine, n.m. Spéc., (faune), mais fréq., oral, écrit, tous milieux. Nom donné à plusieurs espèces de poissons à la chair très appréciée, de mer, de lagune, ou de rivière. [.] les Awlans peuvent inonder villes et villages [.] de merlans, de mérous, de capitaines et de barracudas*. Anoma Kanié, 1978 : 46. En revanche, vous apprendrez [.] qu'en Afrique le capitaine est poisson, le gendarme, un oiseau. De Baleine 1982 : 18. Les Serranidae ont un représentant très populaire, le capitaine, qui, dans les grands fleuves africains donne lieu à une pêche sportive et dont la chair est excellente. Le capitaine arrive à peser plus de quarante kilogs et dépasse 1, 20 m. Franklin, 1968 : 38.

ENCYCL.: comme espèces, on distingue localement le [vrai] capitaine de mer ou gros* capitaine (Polydactylus quadrifilis Cuvier) qui peut atteindre 8 kgs ; le petit* capitaine ou capitaine plexiglas (Galeoides decadactylus Bloch), plus ou moins hyalin, d'où son nom ; le capitaine-moustache (Pentanemus quinquarius Linn.) de petite taille, portant de longs filaments dépassant la longueur du corps, V. FRITURE*-MOUSTACHE. Il y a aussi le capitaine de rivière (Lates niloticus Linn.). Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 38, Seret /Opic, 1981 : 294-299)

SYN.: assan (de l'ébrié), éhouadjo (du nzéma), ébokro (de l'alladian) = gros capitaine, obo (de l'alladian), abogné (du nzéma) = petit capitaine.

 

capitale, n.f. Fréq., oral, écrit, tous milieux.

1- capitale économique, Abidjan qui fut, après Bassam et Bingerville, la capitale de la Côte d'Ivoire, n'est plus, officiellement, depuis 1983, que la plus grande et la plus prospère des villes du pays. C'est ainsi que Yamoussoukro est devenue officiellement la quatrième capitale de la Côte d'Ivoire après Grand-Bassam, Bingerville et Abidjan, cette dernière ville demeurant cependant la capitale économique. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 73.

2- capitale politique, Yamoussoukro. Yamoussoukro, le "village" natal du président Houphouet métamorphosé en "capitale politique"[.]. Krol, 1994 : 56.

ENCYCL.: la C.I. a eu successivement comme capitales : de 1893 à 1901 : Grand Bassam ; de 1901 à 1934 : Bingerville ; de 1934 à 1983 : Abidjan. Depuis 1983, c'est Yamoussoukro, "village*" natal de l'ancien Président Félix Houphouet-Boigny, qui est la capitale officielle.

 

capoc, n.m. V. KAPOCK*.

 

capote (prendre ---- ), loc.verb., V. PRENDRE*. Si tu prends pas capote, attention au sida!  (Etudiant, Abidjan, 1991).

 

capsides, n.m.pl. Spéc., (agriculture). Micro-organismes, responsables de la pourriture des cabosses du cacaoyer. Ce mal [.] est causé par des virus appelés capsides. INADES, 1984 : 35.

COMP.: anticapsides*.

 

captif, n.m. Vx., (histoire, tradition), oral, écrit, péj. Nom porté par les esclaves de la société traditionnelle, travaillant comme serviteurs au sein d'une famille et relativement bien traités. A la mort de Konin Kassi, [.] un captif fut désigné pour accompagner* le noble défunt dans le royaume de ses ancêtres. Amon d'Aby, La couronne aux enchères, 1965 : 41. Les descendants de captifs ou de serviteurs ont, quant à l'alliance matrimoniale, les mêmes droits que les descendants d'hommes libres. Aucune interdiction ou restriction ne s'opposera donc à leurs fiançailles ou mariage avec les seconds. (Jugement du tribunal coutumier de Man, 20.04.1962, cité in Girard, 1967 : 122). Les captifs de couronne se retrouvent dans la plupart des sociétés à différenciation sociale marquée [.]. Dans le principe, le captif de couronne ne possède rien [.] . L'emploi élevé qu'il détient, il le doit tout entier à son maître, roi, chef. Bouteiller, 1968 : 520. Ton père est-il un homme libre ou un fils de captif ? Du Prey, 1979 : 83. Dans le  système de la captivité, tel qu'il a existé dans plusieurs régions de Côte-d'Ivoire, il n'y avait pas de violence exercée sur le captif, mais il n'empêche que le mode d'acquisition des captifs (achat, mise en gage) réléguait ceux-ci au rang d'objets. Affou Yapi, 1986, 45.

ENCYCL.: on distinguait le captif de traite, acheté comme esclave à la suite d'une guerre, le captif de case né de captifs de traite, ou de leurs descendants dans la famille des maîtres de ses parents, le captif de couronne, esclave d'un roi traditionnel, qui pouvait occuper auprès de celui-ci un emploi relativement élevé.

COMP.: captif de case, captif de couronne, captif de traite.

 

capucin, n.m. Spéc., (faune). (Cercopithecus diana Linn.). Nom donné improprement à plusieurs espèces de Cercopithèques, plus particulièrement au diane*. Et, depuis, lorsqu'au moindre bruit, le capucin lance son alarme : Kna-koum, la brousse*, aussitôt, redevient silencieuse. Dadié, 1955 : 28.

ENCYCL.: selon les spécialistes, l'appellation "capucin" s'applique au "saï", singe d'Amérique tropicale.

SYN.: (part.) diane*.

 

car, n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux.

1- car gbaka, V. GBAKA*. Les chauffeurs de car gbaka entreprirent alors de récupérer quelques litres du précieux carburant. FM., 17.03.1983.

2- car rapide, V. RAPIDE*. Avec les bénéfices, il s'est enrichi, a acheté une grande concession* à Yopougon Port-Bouët, des femmes, des turbans, des boubous* amidonnés et des cars rapides pour transporter les passagers pressés. Kourouma, 2000 : 42.

 

caracal, n.m., Spéc., (faune), (du turc "oreille noire" par l'espagnol, Buffon, 1750). (Felis caracal Schreber). Sorte de lynx de savane, nocturne, à oreilles triangulaires se terminant par un pinceau de poils noirs ou blancs, et à la robe de couleur variable allant du jaune au roux voire au gris roussâtre. Le caracal est un lynx africain. Dekeyser, 1955 : 281. Haltenorth /Diller, 1985, 214. Mais j'ai une ceinture et elle est bien plus noire que ta petite gueule de caracal. Tierno Monenembo. 1993 : 38.

SYN.: lynx* africain, lynx* d'Afrique.

 

caracasse, n.f. Vx., (par déformation du mot français "carcasse"), oral, mésolecte, basilecte. péj. V. CARCASSE*. Insulte adressée à une femme : vieille fille laissée pour compte (avec sous-entendue l'idée que ses moeurs dissolues ont écarté tout mari éventuel). Personne ne te mariera*, caracasse ! (Dispute dans la rue, Abidjan, 1976).

COM.: chez les peu ou non scolarisés, prononcé [karakas].

 

carambole, n.f. Spéc., (flore), oral, lettrés, littoral. Fruit comestible du carambolier, d'introduction récente. C'est seulement au marché du Plateau qu'on trouve des caramboles. (Secrétaire, Abidjan, 1980).

DER.: carambolier*.

 

carambolier, n.m. Spéc., (flore). (Averrhoa carambola Linn.). Arbre de la famille des Geraniacées, aux fruits juteux et parfumés, d'introduction récente. A la plantation, j'ai mis des caramboliers et maintenant, je produis un peu  de caramboles* pour la vente. (Fonctionnaire, Abidjan, 1983).

 

carangue, n.f. Spéc., (faune). Poisson grégaire pélagique des mers tropicales. Il en existe plusieurs espèces : la carangue commune (Caranx crysos Mitchill) V. JAPON* NOIR : la carangue du Sénégal (Caranx senagalus Valenciennes) V. PETIT* JAPON ; la carangue-médaille (Chloroscombrus chrysurus Linn.) V. PLAT*-PLAT ; la grande carangue (Caranx hippos Linn.) V. JAPON*. [.] des sportifs [y] capturaient en abondance barracudas*, tarpons*, carangues, carpes* rouges [.]. Rémy, 1996 :133.

 

caravansérail [mossi], n.m. Vx. (histoire). A l'époque coloniale, type de construction destinée à accueillir en zone urbaine des populations migrantes (appartenant majoritairement à l'ethnie mossi). Désigne parfois actuellement en milieu urbain un foyer prévu pour loger sommairement des travailleurs immigrés célibataires. [.] le "caravansérail"; certains articles de presse parlent de caravansérails mossis, suite de chambres individuelles accolées avec sanitaires et cuisines collectifs situés dans des bâtiments annexes. Ce type de logement est en location simple. Il est essentiellement destiné aux manoeuvres et travailleurs saisonniers instables appelés aussi population flottante. Antoine /Debresson/ Manou-Savina 1987, 75.

COMP.: célibatorium, cour-caravansérail*.

SYN.: célibatorium, cour commune*.

 

carcasse, n.f. V CARACASSE*. C'est une carcasse qui a traîné partout ! (Planteur, Adzopé, 1984).

 

carda, n.m. V. BARTANAN*.

 

cardinal, n.m. Spéc., (faune), dispon., oral, écrit, lettrés. (Euplectes orix Linn.). Petit oiseau de la famille des Ploceidae à beau plumage rouge et noir. [.] cardinaux à la poitrine d'un beau noir velouté. Dadié, 1954, 34. Un cardinal, dans sa robe rouge, volette de touffes en touffes . Karim et Aissata (livre de lecture), 1974 : 18.

ENCYCL.: appellation impropre, selon les spécialistes, le cardinal étant un passereau d'Amérique Tropicale.

 

carême, carême musulman, n.m. Usuel, (religion) oral, écrit, tous milieux., mélior. V RAMADAN*.

1- Jeûne observé par les musulmans durant le mois de Ramadan. Le carême avait devancé la récolte du café et les gens essayaient de jeûner convenablement avant les grands travaux. Koné, 1980 : 73. Ah ! tu es endormi, Brahima. Le carême peut-être? Koné, 1980, a : 8. Ces commerçants attendaient le mois du carême musulman pour écouler leurs marchandises au prix fort. FM., 22.06.1981. C'est le carême et c'est dur de ne pas boire avec la chaleur ! (Chauffeur, Abidjan, 1983). Et à l'époque du Ramadan*, souvent appelé le Carême en Côte d'Ivoire [.]. Rémy, 1996 : 25.

LOC.: casser* le carême, faire le carême.

COMP:. carême musulman, mois de carême, temps de carême.

SYN.: ramadan*.

2- carême, (mois de ---- ), (temps de ---- ), mois de Ramadan, période durant laquelle tout musulman doit jeûner entre le lever et le coucher du soleil. Le mois de carême, le ramadan* était le mois le plus important de l'année : trente jours de jeûne et l'espoir de s'être lavé de beaucoup de péchés [.]. A. Koné, 1980 : 56. Mais il était dit que cette année-là, le mois de carême commencerait mal. Koné, 1980 : 73. Une pluie bienveillante a retardé notre tournée, arrosant Boundiali assoiffée en ce mois de carême. FM., 02.07.1982. Les gens du nord prennent les comprimés [d'amphétamines] pour couper leur faim en temps de carême. FM., 19.10.1983. Nous étions au mois de Carême. Le Changement, 06.05.1993.

3- carême, (casser le ---- ), (couper le ---- ), loc.verb. Interrompre le jeûne prescrit pour les Musulmans, durant le mois de Ramadan et obligatoire sauf raisons impératives et exceptionnelles. On rentrait à la maison avec le coucher du soleil. Et aussitôt on coupait le carême, on apaisait sa faim et on se reposait. Koné, 1980 : 83. Le Coran dit clairement quand et dans quelles circonstances on peut s'abstenir de jeûner. Ceux qui cassent le carême , en cachette, par gourmandise ou lâcheté, ne sont pas de vrais musulmans. (Radio, 03.07 1982 14H45). [.] des croyants qui n'avaient pas accompli la quatrième prière et n'avaient pas coupé le carême à l'heure prescrite. Kourouma, 1990 : 126.

SYN.: casser le ramadan*, couper le ramadan*.

4- carême), (faire le ---- ), loc.verb. Pour un musulman, pratiquer le jeûne du mois de Ramadan. "Tu fais le carême, toi aussi?" -"Je m'y suis mis. Enfin j'essaie."  Koné, 1980 : 61. Le plus dur quand on fait le carême, c'est la soif ! (Secrétaire, Abidjan, 1983). Il ne fait pas le carême parce qu'il est malade mais il rendra le jeûne quand il sera guéri. (Infirmière, Abidjan, 1990).

SYN.: faire le ramadan*.

 

carent, adj. Usuel, oral, écrit, mésolecte, péj. Incompétent, présentant des carences ou des faiblesses. Ce que je demande, c'est que l'instituteur carent aide la formation permanente en faisant des efforts personnels. FM., 08.04.1983. Il faut des recyclages pour les fonctionnaires carents sinon le pays ne se développera pas. (Syndicaliste, Abidjan, 1982).

 

caresse, n.f. V. NOM* DE CARESSE.

 

cargo, n.m. Fréq., argot urbain, oral surtout, fam. péj. Panier à salade, fourgon de police. Mais patron*, carburant pour le cargo, c'est fini*. (Policier, Abidjan, 1995). Il arrive même quelquefois que la personne agressée s'entende dire d'aller chercher elle-même ses agresseurs. parce que le "cargo" (le panier à salade version ivoirienne) est en panne. Jeune Afrique, 24/30.07.1996 : 83.

SYN.: taxi* sans payer.

 

carnaval des masques, n.m. V. POPO*-CARNAVAL. A Bonoua [.] une fois par an, aux environs de Pâques, le Popo* Carnaval, ou carnaval des masques suscite un défilé tout à fait burlesque de masques modernes. David, 1986 : 92.

 

carnavalier, n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Personne qui participe ou assiste aux fêtes du Carnaval de Bonoua. V. POPO*-CARNAVAL. Le concours de "Miss Carnaval" est un moment très attendu par les carnavaliers. Mousso, 28. 03.1995. Cette année, les carnavaliers étaient plus nombreux que l'an dernier. (Etudiant, Abidjan, 1995).

 

carpe, n.f. Spéc., (faune), mais fréq., oral, écrit, tous milieux. Terme générique rassemblant différentes sortes de poissons comestibles.

COM.: l'appellation "carpe", selon les spécialistes, ne s'appliquerait qu'à un gros poisson de la famille des Cyprinidae.

1- carpe blanche, (Pomadasys jubelini Cuvier, P. peroteti Cuvier). Poisson de mer à chair très appréciée, de la famille des Pomadasyidae. Les carpes blanches sont des poissons côtiers très abondants sur les côtes ouest-africaines. Seret /Opic, 1981 : 214. Il [.] poursuit ses activités de recherche en microscopie électronique sur la physiologie de la reproduction de poissons de notre pays et plus particulièrement du gondro* et de la carpe blanche. FM., 17.10.1983.

ENCYCL.: son dos est parsemé de taches sombres irrégulières, ce qui lui vaut le nom, sur les marchés, de TRUITE* DE MER.

SYN.: truite* de mer, assiman (de l'ébrié), kprékpré (de l'alladian), saboué (du nzéma).

2- carpe brune, (Plectorhinchus mediterraneus Guichenot). Poisson de mer de la famille des Pomadasyidae à la coloration d'un gris violet. Ce poisson [.] est rarement débarqué à Abidjan où il est parfois baptisé du nom de vieille*. L'appellation carpe brune serait bien préférable. Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 42.

SYN.: dorade* grise, vieille*.

3- carpe de lagune, terme générique s'appliquant à tout poisson d'eau saumâtre de la famille des Tilapia. L'espèce de poisson cultivé dans cette ferme est le Tilapia nilotica : la carpe de lagune. FM., 17.03.1980. La carpe de lagune est un autre poisson sur lequel la Côte-d'Ivoire fonde de grands espoirs en matière d'aquaculture. FM., 31.07.1980.

ENCYCL.: ces poissons sont l'objet d'élevage en fermes* aquacoles.

4- carpe grise, (Lethrinus atlanticus). Poisson de mer de la famille des Sparidae. Il mesure environ 30 cm et est coloré de rose, de vert et de brun. Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 73.

5- carpe métis, (Pomadasys incisus Bowdish = P. Bennetti Lave). Poisson de mer de la famille des Pomadasyidae, de couleur argentée avec des nageoires jaunâtres. Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 46. Seret /Opic, 1981 : 212.

ENCYCL.: comme tous ceux de sa famille, ce poisson "grogne" ou "ronfle" quand on le sort de l'eau. Ces grondements viennent de la vessie natatoire.

SYN.: crocro*, grondeur*, perche*, ronfleur*.

6- carpe noire, (Pseudotolithus epipercus Valenciennes). Poisson côtier et lagunaire de la famille des Sciaenidae à lignes obliques foncées sur les flancs et taches noires à la base des nageoires dorsales. Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 53.

7- carpe rouge, terme générique désignant des poissons de mer de la famille des Lutjanidae : Lutjanus fulgens Valenciennes de couleur rouge vif ; L. goreensis Valenciennes, rouge vermillon ou rose vif ; L. agennis Bleeker, brun rougeâtre. Sur les côtes occidentales d'Afrique, il n'existe que quelques espèces de Lutjans qui sont regroupées sous l'appellation commerciale de carpe rouge. Seret /Opic, 1981 : 205. Les poissons sont nombreux en particulier les carpes rouges qui peuvent atteindre 100 kg. Rémy, 1996 : 215.

SYN.: aidjoin, lutjan, kessan, taumakpan.

 

carré, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Pâté de maisons délimité par quatre intersections et qui correspond à une unité d'habitation urbaine d'un quartier populaire. Le carré a à sa tête un chef* de carré, responsable devant l'administration de la communauté qui vit autour de lui.. Les nouvelles de tous maintenant. Le carré est vide sans toi. Arnaut, 1976 : 279. Il habite un carré à Blokosso. (Coiffeuse, Abidjan, 1982). Tu vois le carré qui est là-bas, tu vas aller là-bas? Deniel, 1991 : 63.

COMP.: chef* de carré.

SYN.: concession*, cour*.

 

carré, (au ---- ), adj. V. AU* CARRE.

 

carreau (1), n.m. Usuel., oral, écrit, tous milieux. Morceau de sucre. Les premiers carreaux de sucre sortis de Ferké 1[.] en novembre 1974 . FM., 17.04.1980. Quand on fait un camp, on te donne une louche de riz, deux ou trois carreaux de sucre, deux brins* d'allumettes. Deniel, 1991 : 104. Tu sais combien de carreaux elle met dans son bol de café ? (Etudiante, Abidjan, 1996).

 

carreau (2), n.m. Usuel, (par allusion à l'uniforme scolaire des petites filles), oral, écrit, tous milieux. V. KAKI*.

1- Tissu de cotonnade à carreaux bleus et blancs, utilisé pour l'uniforme des fillettes fréquentant l'école primaire. Le spectacle de bus bondés d'élèves en kaki*, robes de carreau bleu et blanc, atteste que la rentrée scolaire a eu lieu effectivement ce lundi 11 octobre. FM., 12.10.1982. Il me faut 6 yards* de carreau pour les uniformes de mes filles. (Marché de Cocody, 1993).

COMP.: carreau-carreau.

2- carreau, n.m. ou f. Dispon., argot des jeunes, oral. Petite amie, "pépée", "tendron". Mais pourquoi il ne t'a pas dit que c'est son carreau ? Tu aurais cherché une autre fille. (Lycéen, Bouaké, 1991). Sa carreau lui a donné un faux* rendez-vous ! (Lycéenne, Abidjan, 1994).

SYN.: bouille*, daille*, gadi*, gnin*, go*, gomon*, mama*, produit*, sao*, soupe*, stéki*, tchamp*.

3- carreau-carreau, carreau, n.f. Usuel, oral, mésolecte, basilecte, fam. Ecolière, fillette ou jeune fille fréquentant l'école primaire. Pour illustrer ma pensée, la prostitution dite des bleu-blanc* ou des corbeaux* (lycéennes et collégiennes), des carreaux-carreaux (écolières) fait plus de tort aux parents, voire au pays entier. FM., 13.05.1983. Quand même! Enceinter* des carreaux-carreaux ! C'est bien fait si on l'a affecté*. (Institutrice, Abidjan, 1990)

SYN.: (part.) bleu-blanc*, corbeau*, petit* modèle*.

 

carrelé, adj. Usuel, oral, écrit, mésolecte, basilecte. En parlant d'un tissu : à carreaux. Je n'aime pas les tissus carrelés parce que c'est comme les uniformes de l'école primaire. (Coiffeuse, Abidjan, 1980). Pour Noël, je voudrais une chemise carrelée comme un cow-boy. (Lycéen, Bingerville, 1981). Elle a quitté le domicile familial, vêtue d'une robe d'école carrelée bleu et blanc. Ivoir'Soir, 23.03.1998. Ce jour là, elle était habillée de sa tenue d'école carrelée. Ivoir'Soir, 04.05.1998.

 

carte-photo, n.f. Dispon., mésolecte, basilecte, oral. Photographie. Il faudra m'envoyer la carte-photo de tous les séminaristes*. (Enseignant, Abidjan, 1984).

 

cartel, n.m. Dispon., argot estudinatin, oral, fam, péj. V. PIVOT*. Groupe d'étudiants organisé en vue de tricher à un examen. Le cartel : un groupe d'étudiants qui se mettent ensemble pour tricher à l'examen. Ivoir'Soir, 17/18/19.03. 1995. Celle-ci [: une étudiante] avoue à son tour qu'elle n'a pas réussi non plus à étudier tous les chapitres du cours. Mais elle n'est pas troublée. "Il n'y a rien à craindre, on va intégrer "un cartel." lance-t-elle. Ivoir'Soir, 07.05.1998. En se regroupant à cinq et en occupant les places du fond, ils forment ce que les étudiants appellent eux-mêmes un "cartel" ou une"défense en ligne". Ainsi, ils peuvent échapper à la vigilance des examinateurs et donc tricher sans se faire épingler. Ibid.

SYN.: défense* en ligne.

 

cartonner, v.intr.

1- Spéc., (sport). Au football, mener à la marque. L'ASEC cartonne. Ce sera bientôt la victoire. Martinet, 1980 : 17.

2- Assez fréq., argot estudiantin, oral, fam, plaisant. Réussir brillamment un devoir ou un examen. Il fait faraud* parce qu'il a cartonné. (Lycéen, Bingerville, 1979).

 

cartouchard, n.m. Argot estudiantin, (de l'expression : "brûler ses dernières cartouches"), oral, péj. Redoublant (celui qui sera exclu s'il ne passe pas dans la classe supérieure ou s'il est collé à l'examen). L'étudiant est, pour ainsi dire, condamné à caïmanter* afin d'éviter de tomber dans la foule des cartouchards*. Campus-lexique, 1979 : 6. L'idée de saisir l'équipe décanale sur la négociation d'une dérogation pour les cartouchards, victimes [.] des perturbations qui ont émaillé les examens, a été approuvée. FM. 6/7.02.1993. [.] la négociation d'une dérogation pour les cartouchards, victimes des perturbations qui ont émaillé les examens[.]. FM., 07/08.02.1993. Cartouchard : celui qui en est à sa dernière chance. C'est-à dire qui reprend son année et est en deuxième session. On peut dire qu'il est en septembre* noir. Ivoir'soir, 17/18/19.03.1995.

SYN.: ancien* combattu, bréqueur*, cabri*-mort, doublant*.

 

cartoucherie, n.f. Peu fréq, oral, écrit, acrolecte, mésolecte.. Magasin vendant du matériel de chasse, armurerie. Le ministre des Eaux et Forêts est chargé de l'application de cette loi (contre le braconnage) alors que les cartoucheries continuent d'avoir pignon sur rue dans tous les quartiers d'Abidjan et des villes de l'intérieur. FM., 19/20.03.1983. La chasse est fermée dans le pays depuis 1974 [.]. Paradoxalement, les cartoucheries sont autorisées en Côte-d'Ivoire [.]. Bousquet, 1992 : 151.

 

cas, n.m.

1- cas, (faire ---- de), loc.verb. Dispon., oral, écrit, mésolecte. Faire état de, parler de. La fille de Zomblé connaît son domicile. [.]. Ainsi le soir venu, elle en fait cas à son père. Ivoir'Soir, 26.11.1997. Tu l'as vu? Est-ce qu'il a fait cas de moi ? (Enseignante, Abidjan, 2000).

2- cas, (en ---- de ---- ), loc.adv. Dispon., surtout oral, mésolecte, peu ou non scolarisés. Au cas où [cela tournerait mal], à supposer qu'[il y ait des ennuis], au cas où. Patron, il faut garder un peu l'argent pour moi en cas de cas. (Boy, Abidjan, 1984). Je suis resté un mois à l'hôpital, on ne savait pas ce que j'avais. Le médecin m'avait installé à côté de la morgue , en cas de cas. Krol, 1994 : 120. Je lui ai expliqué que c'était pour éviter une grossesse car, en cas de cas, ça lui coûterait l'expulsion de la cour* de son père, un musulman pur et dur. Krol, 1994 : 179.

 

case, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- a) Habitation traditionnelle, ronde dans le nord, rectangulaire dans le sud, en général. Elle peut, parfois, en zone soudanienne, avoir une toiture en terrasse (V. ARGAMASSE*). Les cases [: des Abouré] étaient solides et coquettes, rectangulaires, construites en pisé, crépies d'argile blanche, percées de fenêtres et couvertes de feuilles de palmiers*-bans. Du Prey, 1962 : 49. De loin en loin une ou deux cases penchées, vieillottes, cuites par le soleil. Kourouma, 1970 : 105. Si je réussis bien, je reconstruirai ta case et même tout le village. Kitia Touré, 1979 : 23. Vous voyez cette case, la case de mon père[.]. A. Koné, 1980 : 60. Le village de Douédy--Guézon [.] abrite trente cases rondes avec des taras*, et des douches individuelles. FM., 02/03/04.04.1983.

COMP.: case à fétiches, case à masques, case à palabres, case à provisions, case à secrets, case-cuisine, case de célibataire, case de passage, case d'initiation, case d'isolement, case-établi, case-paillotte, case sacrée, captif* de case, jardin* de case, mouton* de case.

b) Européens particulièrement, plaisant.. Par extension, toute habitation, quelle que soit son apparence, son matériau de construction, sa modernité, son luxe : villa, maison, et même appartement. Expatrié cherche grande case 5/6 chambres avec jardin et boyerie*, tout confort. (Petite annonce, Abidjan, 1984). Il a une belle case avec piscine aux Deux Plateaux. (Ingénieur, Abidjan, 1997).

2- case à fétiches, (tradition). Petit local d'une habitation traditionnelle, réservé au culte des ancêtres et des fétiches du clan. Je n'ai pourtant vu, tant dans ma marche sur Bondoukou que sur celle de Kong, des cases à fétiches qu'à deux reprises. Binger,, 1892, t. II : 189. Les cases à fétiches [: de Niofouin] où l'on vient exposer les morts, ont une extraordinaire couverture qui mesure bien un mètre. Rémy, 1986 : 168.

3- case à étages, plaisant chez les lettrés. Building, immeuble. [.] l'électricité, la télévision, l'automobile et les cases à étages (buildings). Tilliette, 1984 : 25.

4- case à masques, (tradition). Case dans laquelle sont entreposés les masques* traditionnels. La case à masques est interdite aux non-initiés. (Ethnologue, Abidjan, 1980). Biankouma, jeune préfecture [.] avec ses quinze cases à masques [.]. David, 1986 : 117.

SYN.: case à secrets, case sacrée.

5- case à palabres, (tradition). Local qui abrite les réunions des hommes du village. L'accès de la case à palabres est réservé aux seuls hommes circoncis. Girard, 1976 : 27. L'équipe déjeuna [.] sous la véranda d'une vaste case à palabres. Du Prey, 1979 : 116.

ENCYCL.: cela peut être une case ou simplement un apatam*.

6- case à provisions, pièce servant de réserve pour les aliments, garde-manger. Range ce qui reste dans la case à provisions. (Ménagère, Abidjan, 1989). Antonine, va voir dans la case à provisions [.]. Tierno Monenembo, 1993 : 73.

7- case à secrets, V. CASE A MASQUES. Les femmes et les enfants ne vont pas dans la case à secrets. (Informateur, Toulepleu, 1980).

8- case de santé, local servant de dispensaire. Bakoubly, l'un des plus gros villages du département de Toulepleu vient de se doter d'une case de santé avec le soutien de la Croix Rouge internationale. Une structure bien modeste qui comprend une salle de pansements, une salle d'accouchement et une autre pour la consultation et pour l'accueil. Ivoir'Soir, 04.12.1997.

9- case d'initiation, (tradition). Local situé en général dans le bois sacré*, où se rassemblent les jeunes pour les rites d'initiation. Le féticheur*, gardien des fétiches* et des cases d'initiation du bois sacré* de Sinématiali. (légende de photographie) Kerharo /Bouquet, 1950 b : 68. La case d'initiation est souvent à l'écart du village. (Ethnologue, Abidjan, 1980).

10- case d'isolement, (tradition). Habitation située à l'écart du village et réservée aux malades jugés contagieux ou moribonds ainsi qu'éventuellement aux femmes lors de leurs relevailles ou de leurs menstrues. C'était, il y a longtemps. On a apporté le malade à la case d'isolement. C'est là que le blanc est mort. Après, quand le docteur est venu, il a dit que c'était la fièvre* jaune. (Retraité, Bonoua, 1975).

11- case de célibataire, case où se logent provisoirement, dans un village, des jeunes hommes jusqu'à leur mariage. [.] l'apparition récente de cases de célibataires [.] abritant deux ou plusieurs jeunes gens ayant pris l'initiative de se construire un logement indépendant. Schwartz, 1975 : 48.

ENCYCL.: c'est une innovation relativement récente.

SYN.: (milieu urbain) célibatorium*.

12- case de passage, case, dans un village, réservée aux visiteurs, mais aussi dans un petit centre urbain, maison ou petit appartement destiné au même usage. J'ai une case de passage. Tu t'y installeras ce soir. Du Prey 1974 : 144. Quand nous arrivons, toutes les cases de passage sont occupées. Arnaut, 1976 : 32. Tu pourras t'installer dans la case de passage pour la durée de ton séjour. (Cadre commercial, Abidjan, 1979).

SYN.: (part.) : campement* administratif, chambre* de passage.

13- case des fétiches, (tradition). Case, situé près du bois sacré* où sont entreposés masques et fétiches. Mais [.] le haut du rocher est presque rejoint par une ondulation du sol, sur laquelle s'étend le bois sacré* avec, sur sa lisière, la case des fétiches. Rémy, 1996 : 151.

14- case sacrée, V. CASE A SECRETS. Aux environs de minuit, lorsque l'obscurité sera totale, ces masques* anciens [.] feront leur apparition et entreront dans la case sacrée où ne doivent être présents que les initiés. FM., 10/11/12.04.1982. L'une des trois cases sacrées du village. (Légende sous une photographie). FM., 19.04.1982.

15- case-cuisine, petite case qui sert à la préparation des aliments dans une concession* traditionnelle. [.] case-cuisine enfin, petit local abritant un foyer et destiné à la seule préparation des aliments. Schwartz, 1975 : 48.

16- case-étable, vx , (tradition). Local indépendant de l'habitation et dans lequel, la nuit, on enferme le bétail. La case-étable, avant, c'était pour protéger des bêtes féroces mais maintenant, c'est pour protéger des voleurs! (Informateur, Katiola, 1980).

17- case-habitation, vx., (tradition). Par opposition à case-étable, case à fétiches, local servant d'habitation. [.] les cases-habitations à plan circulaire, au toit conique en paille* ou en feuilles de palmier (le papo*). Holas, 1980 : 44.

18- case-paillotte, case ronde à toit de paille, construite en dur*, sur le modèle de la case traditionnelle en banco*. Treize cases-paillottes servent de logement aux 23 animatrices stagiaires. FM., 02.11.1982. La case-paillotte est beaucoup plus fraîche et aérée. (Entrepreneur, Abidjan, 1990).

SYN.: paillotte.

19- case, (captif de ---- ), n.m. V. CAPTIF*.

20- case, (fraternité de ---- ), n.f. V. FRATERNITE* DE CASE.

21- case, (jardin de ---- ), n.m. V. JARDIN*.

22- case, (mouton de ---- ), n.m. V. MOUTON*.

 

case (de ---- ), loc.adj. Fréq. oral, écrit, tous milieux. Qui est lié à la concession, donc à la vie de la famille. V. CAPTIF DE CASE*, JARDIN DE CASE*, MOUTON DE CASE*.

 

caser, v.tr. Dispon., oral surtout, mésolecte ou basilecte. Fournir une maison. Il est revenu à Abidjan pour marier* plusieurs femmes. Pour caser les nombreuses femmes, il a acheté plusieurs concessions*(plusieurs cours*) à Anyama [.]. Kourouma, 2000 : 41.

 

cassant, adj. Fréq., (Sport). Se dit d'un circuit, d'une route ou d'une piste susceptible d'endommager un véhicule par les difficultés présentées. "Avez-vous fait des reconnaissances [: pour le grand rallye de Côte-d'Ivoire] ? On dit que le circuit sera très cassant." - "C'est vrai ! [.] je pense que ce rallye occupera particulièrement les mécaniciens." FM., 06/07.12.1980. Méfiez-vous ! cette piste est très cassante!  (Chauffeur, Biankouma, 1981).

 

cassave, n.f. V. MANIOC*.

 

casse, n.f. Fréq., argot urbain,  oral, écrit, tous milieux. Destruction, déprédation volontaire commise envers des biens publics ou privés (par exemple lors d'une manifestation). [.] un procès-verbal qui pourrait engager leur responsabilité dans la casse intervenue lundi dernier. FM., 12.06.1981. Attendue ici avec beaucoup d'appréhension en raison des nombreuses casses enregistrées lors des évènements de mars-avril, la reprise des cours[.]. FM., 10.09.1990. Je ne pouvais admettre la casse dans mon pays. FM., 04.12.1990. Le FPI [.] vient de démontrer qu'il n'entend pas respecter le jeu démocratique en organisant les casses qui ont ravagé le Plateau*, le quartier des affaires d'Abidjan. Ivoir'Soir, 24.02.1992. L'abbé A. aux étudiants : "Non à la casse et à la tuerie !". FM., 09.05.1997.

 

casse ailée, n.f. V. DARTRIER*.

 

casse café, n.f. V BANTAMARE*.

 

casse puante, n.f. V. BANTAMARE*.

 

casse-caillou, n.m. Argot urbain, oral, mésolecte, péj. Pauvre bougre, personne défavorisée. Plus de barons au-dessus des lois. Plus de casse-cailloux au-dessous. Jeune Afrique. 22/28.04.1993.

SYN.: cacaba*, en bas d'en bas*.

 

casser, v.tr. Usuel. oral, écrit, tous milieux.

1- Remplace la plupart des verbes impliquant une idée de dégradation, de destruction, au sens propre comme au sens figuré. L'auto avançait sur la piste pleine de crevasses, s'y précipitait, s'y cassait. Kourouma, 1970 a : 94. J'ai donc traduit  le malinké en cassant le français pour trouver et restituer le rythme africain. Kourouma, 1970 b. Je suis venu parce que trop de mauvaises choses se préparaient à Guignonglo. Elles sont toutes "cassées" maintenant. Chacun sait, dorénavant, de qui se méfier. Bolli, 1977. : 25. On dit qu'il a cassé une élève. (Institutrice, Daloa, 1977, : déflorer). Voici le gin, [.] pour la réconciliation. Nous allons le "casser" ensemble [: vider], le boire pour que l'affaire demeure entre nous seuls, sous la toiture. Anoma Kanié, 1978 : 285. Les enfants sont partis* casser des mangues. (Mère de famille, Bouaké, 1982, 104, : cueillir). J'ai décidé de casser [: démolir] les habitations qui étaient sur le marché. FM., 01.06.1983. Maisons cassées, mentalité changée, titrait cyniquement Fraternité-Matin, le quotidien national en août 1973 [.]. On casse beaucoup à Abidjan. David, 1986 : 70. [.] Si on casse sa cour*, Sawadogo aura bien de la peine à quitter le quartier, pense Moussa. Bonnassieux, 1987 : 200. [.] le jeune ouvrier avait l'impression d'être cassé [: épuisé], la fatigue des longs trajets s'ajoutant au poids de la journée de travail. Bonnassieux, 1987, : 67. Car la vérité [.] elle rougit* les yeux mais ne les casse pas. Kourouma, 1990 : 283. Je leur ai dit carrément [.] que s'ils veulent Samory, vous allez venir les casser. Bailly, 25.02.1985, in Niamkey-Kodjo, 1991 : 107. Tous les villages qui n'ont pas fait camarades* avec Samory, ont été cassés brûlés. Bailly, 09.02.1895 in Niamkey-Kodjo, 1992 : 104. Quelqu'un est venu casser ma porte et est entré. Je me suis dit : "Ca y est, je suis mort !". Ivoir Soir, 30.08.1992. Je sais que ma pharmacie a été cassée le 2 octobre 1995 [.]. Ivoir'Soir, 30.04.1997.

LOC.: casser furoncle, casser l'affaire, casser la bouche, casser la fille, casser le carême, casser le drap, casser le français.

2- casser, (se ----), v. pronom. Rare, écrit, oral, recherché. Se détruire, perdre sa jeunesse et sa beauté (pour une femme). Un vaurien comme une natte, vide la nuit comme le jour, pour lequel elle se cassait . Kourouma, 1970, a : 35. Tu vas te casser avec ces bâtons* de cigarette. (Enseignant, Abidjan, 1983).

3- casser, v.tr. fréq., surtout sous la forme passive "être cassé de qqn" : être amoureux* fou de qqn.", mésolecte, basilecte, parfois familier. Rendre amoureux, séduire. Il a suffi de rouler deux fois les fesses, de papilloter des yeux, de décocher un sourire [.] pour casser le formidable marabout*. Kourouma, 1970 : 67. Cette mouche est cassée de lui ! ID, 07.20.1973 (: La mouche ne cesse pas de tourner autour de lui). Yao est cassé d'elle   (Lycéen, Cocody, 1997).

4- casser furoncle, loc.verb. Argot estudiantin, oral, vulg. Pour un garçon, profiter de la promiscuité des transports publics pour satisfaire sa libido. Casser furoncle : lorsque dans le bus un garçon se frotte à une nana pour avoir des sensations ou pour satisfaire sa libido. Ivoir'Soir, 17/18/19.3.1995. On a vu des gens qui cassent furoncle sur les jeunes filles dans les bus bondés . Ivoir'Soir, 18.11.1997.

4- casser la bouche, loc.verb. V. BOUCHE*.

6- casser le carême, couper* le carême, loc.verb. V. CAREME*.

7- casser le drap, loc.verb. V. DRAP*.

8- casser son coup, casser son cou, loc.verb. Argot zouglou, oral, fam. Essuyer un échec auprès d'une femme. /J'ai breaké* la go* breaké la go/ elle m'a tacklé tacklé le coup/ c'est-à-dire cassé cassé mon coup. (Chanson "Dezeko", Groupe Les esprits de Yop, corpus T., 1994). Tu breakes* la go*, casser ton cou. (Corpus T. 1995). Peut-être que sa petite go* avait cassé son coup la veille du drame. Ivoir'Soir, 03.04.05.10.1997.

9- cassé, (être ---- complet), loc.verb. Dispon., oral, mesolecte, basilecte. Etre moulu de partout, être éreinté. Avec gbaka*, quand tu arrives Abidjan, tu es cassé complet. Zazou n°10.

 

cassia, n.m. Spéc., (flore).

1- Terme générique s'appliquant à diverses espèces de la famille des Caesalpiniacées, souvent utilisées dans la pharmacopée locale : Cassia alata Linn. ou dartrier* ou casse ailée ; C. occidentalis Linn. ou faux* kinkéliba ; C. tora Linn ou bantamaré. Aubreville, 1959, I : 260-262. Voici les cassias avec toute leur pluie d'or [.]. Conte, 1983 : 19. [.] les cierges jaunes du cassia, abondants le long des routes du sud-ouest [.]. Oberlé, 1983 : 20.

COM.: orthographié casse*, cacia*.

2- (Cassia siamea Lam.). Arbre originaire d'Asie, de la fam. des Caesalpiniacées, de taille moyenne, à houppier de feuillage dense, de croissance assez rapide. Bois de cet arbre très apprécié comme bois de feu, bois de service (poteaux, piquets), beau bois de coeur en ébénisterie et marqueterie, bois d'ombrage et d'ornement. Le cassia ne subsiste que là où l'humidité du sol reste importante. CTFT, 1989 : 410.

 

cassipoure, n.m. Spéc., (flore).. Terme générique s'appliquant à plusieurs espèces d'arbres ou arbustes de la famille des Rhizophoracées : un grand arbre, le nialatou* (du krou ) Cassipourea nialatou Aubr. et Pellegr ; un arbuste du littoral, C. barteri N.E. Br. ; un arbuste ripicole, le n'guessou* (de l'attié ) C. congoensis E. Er, et un petit arbre le hiotou*. (du krou ), C. hiotou Aubrev. et Pellegr. Roberty, 1954, : 162. Aubreville, 1959 II : 54.

 

casté, adj. Rare, (tradition), oral, écrit, scolarisés. Divisé en castes. C'était une société castée et esclavagiste dans laquelle chacun avait, de la naissance à la mort, son rang, sa place, son occupation, et tout le monde était content de son sort. Kourouma, 1990 : 20.

 

caste, (de ----), loc.adj. Assez fréq., (tradition), oral, écrit, tous milieux, péj. De basse caste, qui n'appartient pas à la caste noble. Si ses grands-parents étaient de caste, les miens étaient de famille royale ! (Lycéen, Bingerville, 1979). Le roi ne pouvait accepter de la part du griot*, un homme de caste, une certaine attitude à son endroit  Kourouma, 1990 : 32.

SYN.: casté*.

 

catégorie, n.f.

1- V. CLASSE* D'AGE. Traditionnellement*, il est de la même catégorie que moi. (Planteur, Adzopé, 1980).

2- catégorie, (adj. ordinal + ---- ), n.f. Usuel. oral, écrit, tous milieux. Echelon de la carrière d'un boy cuisinier. Plus tard, en 81, un copain m'a dit :"Des Blancs cherchent un boy cuisinier quatrième catégorie." Deniel, 1991 : 45. Cherche cuisinier sixième catégorie, sachant faire la patisserie. (Petite annonce dans magasin, Abidjan, 1995).

ENCYCL.: la première catégorie correspond à boy*-marmiton, la septième à maître-d'hôtel.

3- catégorie, (être + adj. ord.+ ---- ), loc.verb. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Pour un boy cuisinier*, appartenir à tel ou tel échelon de sa carrière entraînant un salaire défini. Mon cuisinier est quatrième catégorie. (Maîtresse de maison, Abidjan, 1980). J'étais cinquième catégorie et pendant tout ce temps, elle n'a pas changé. Deniel, 1991 : 41.

 

caterpillar, n.m. Argot urbain, oral. Amphétamine utilisée sous forme de comprimés comme drogue, particulièrement pour résister à la fatigue et au sommeil durant le Ramadan. Ces comprimés [ : amphétamines] ont diverses appellations. On les appelle tantôt caterpillars, comprimés* sans dormir ou kounou. FM., 19.10.1983. Caterpillar là c'est trop* fort. Deux jours même tu peux rester tu ne dors pas ! (Etudiant, Abidjan, 1984)

SYN.: comprimé* sans dormir, kounou*.

 

cauri, caurie, cauris, cori, n.m. Usuel. (tradition, art), (du tamoul [1615 Pytard 1er att.] ), oral, écrit, tous milieux. (Cyprea sp.). Petit coquillage de l'océan Indien, utilisé dans l'Afrique trad. comme monnaie (au siècle dernier, 300 cauris valaient 0,50 f actuels) et employé actuellement comme support de pratiques divinatoires ou de décoration (symbole de sexe féminin). [.] les propriétaires du puits vendent le canari* de huit litres, cent à cent cinquante cauries. Binger, 1892, t. 2 : 366. Les cauris offrent un moyen de divination assez employé. Ils sont jetés sur un appareil spécial, composé de carreaux de fils de coton. Les positions respectives des cauris [.] dictent les réponses. Kerharo /Bouquet, 1950 b : 31. Le guérisseur rangea ses affaires : plumes blanches , cauris, onguents. Du Prey, 1979 : 54. Les cauris* l'avaient précisé : la vérité devait être dite devant tout le monde. Koné, 1980 : 48. [.] Connus et appréciés en Afrique depuis des siècles, les cauris ont longtemps constitué un produit de troc particulièrement apprécié et une unité monétaire couramment admise par certaines peuplades, avant de devenir de nos jours l'équivalent de la boule de cristal ou du marc de café des voyantes ou voyants africains. Les cauris sont de petits coquillages de couleur blanche, beige ou brune qui, curieusement ont la forme d'un grain de café, mais d'une dimension double ou triple. Leur nom est d'origine indienne : importés par milliers aux XVIe et XVIIe siècles sur le continent africain, ils étaient troqués au même titre que les cotonnades par les Hollandais de la Compagnie des Indes contre des produits locaux et parfois même contre des esclaves. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 229. [.] là, des jeunes filles, les seins nus, les cheveux tressés et perlés de cauris, se trémoussant possédées par des transes. Bandaman, 1986 : 107. Il te la donne sans exiger de toi un seul cauri de dot. Kourouma, 1990 : 227. La femme de Moumougué nous rapporte 3680 cauries de son marché de Fougoula. Bailly, 04.07.1894, in Niamkey-Kodjo, 1991 : 29. Il prit ses cauris, me les remit pour que je dise exactement ce que je voulais. L'oeil du peuple, 27.03.1995. Au cours du XVIIIème siècle, des marchands dioula introduisirent en Côte d'Ivoire un petit coquillage blanc, le cauri  qui venait de l'Océan Indien. La fortune de ce coquillage fut considérable ou plutôt la fortune de ceux qui en possédaient beaucoup, puisqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le cauri, dans certaines régions de Côte-d'Ivoire comme Bouna était la seule monnaie employée. Rémy, 1996 : 60. La Place des Sacrifices située en pleine forêt du Banco. Tout autour, des débris de calebasse* et des canaris* ceinturés de cauris* . (Légende sous photo). Ivoir'Soir, 03.06.1998. Elle ne voulait pas de l'argent, du bétail, de la cola*, du mil*, du vin, des habits* ou des cauris [.] parce qu'elle trouvait que ma maman était trop* belle; elle voulait la marier à son fils. Kourouma, 2000 : 24.

LOC.: jeter* [en l'air] les cauris, lire* dans les cauris, tirer* les cauris.

SYN.: akori*.

 

causer, v.tr .

1- Fréq., oral, fam. mésolecte, péj. Graisser la patte à quelqu'un pour obtenir un service, donner un pot-de-vin. Par exemple, vous avez besoin d'un extrait de naissance, pour l'obtenir dans un délai normal, l'agent vous parle en termes voilés : pas d'argent, pas de service, c'est-à-dire il faut causer pour obtenir le service. Caummaueth, 1988, 127.

SYN.: pisser*, se voir*.

2- causer, (Kouadio cause), loc.verb. Argot estudiantin, vieilli. Expression signifiant que la bourse d'un étudiant a été payée. Kouadio cause. C'est le moment le plus agréable. On a les balles*!! Campuslexique. 1978, 5. Kouadio cause toujours en retard. (Etudiant, Abidjan, 1980).

ENCYCL.: le comptable de l'université portait le nom de Kouadio. L'expression a survécu à son départ.