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pacte du sang, n.m. Dispon., (tradition), oral, écrit, tous milieux, mélior. Engagement solennel traditionnel, à la vie et à la mort, au cours duquel les prestataires du serment échangent leur sang pour sceller leur accord. Car ils en arrivèrent même à conclure un pacte du sang. Aucun d'eux ne devait trahir son ami même si les circonstances s'y prêtaient. Dans la vie tout ce que l'un aurait, il le partagerait avec l'autre. Même la femme. I. B. Koulibaly, 1978 : 9. Une sorte de pacte de sang. Pour la vie, pour la mort ! J. Carlos, 1994 : 54.

 

pacotilles, n.f.pl. Vx., oral, écrit, péj. Ballot de marchandises de peu de valeur destiné au troc, qu'autrefois les équipages pouvaient emporter avec eux sans payer de fret. Par extension, produit bon marché et de mauvaise qualité vendu sur les marchés. Bokadan! ses faubourgs indigènes, [.] ses marchands de bibelots, de savates ou de pacotilles, accrochées aux angles des rues. Anoma Kanié, 1978 : 82. La période qui a suivi immédiatement l'abolition de l'esclavage [.] fut caractérisée surtout par le commerce des produits dits de cueillette, du trafic de poudre d'or et de l'ivoire que les Africains troquèrent contre des pacotilles, des armes à feu et des alcools frelatés. FM., 18.10.1983.

 

paddy, n.m. V. RIZ* PADDY. Le développement de la riziculture devra s'accompagner du relèvement du prix du paddy jusqu'ici payé très bas par rapport au coût de production de plus en plus élevé et des mesures pour freiner les ravages des agoutis* et des sangliers*. FM., 28.01.1982.

 

paftane, [paftan] n.m. (du wolof : "faftan / fafton"). V. ARBRE* A SOIE. Aubreville, 1959, II : 97.

 

pageot, pageau, n.m. Spéc., (faune). On distingue localement : (Pagellus bellottii Steindachner = P. coupei Dieuzeide), le pageot = pageot à tache rouge, = pageau à tache rouge, poisson typiquement ouest-africain et très commun, de la fam. des Sparidae à corps rose avec quelques points bleus sur le dos et des bandes verticales rougeâtres et le pageot rouge, (Dentex angolensis Poll et Maul ou Dentex congoensis Poll.), appellation désignant deux poissons de fond côtier de la fam. des Sparidae, de couleur vermillon et portant deux fortes canines sur chaque mâchoire alors qu'ils n'ont ni incisives ni molaires. L'appellation "pageot" est très incorrecte pour ces Dentex car les vrais pageots n'ont pas de canines. Mais l'habitude est prise à Abidjan de les appeller ainsi. Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 74, Seret /Opic, 1981 : 230.

 

pagne, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Cotonnade de fabrication locale ou importée aux motifs colorés, obtenus de façon artisanale (V. KENTE*, PAGNE A LA CIRE, PAGNE A LA COLA, BATIK*, INDIGO*) ou industrielle.

1- Pièce de cotonnade mesurant généralement 12 yards* et qui peut être vendue à la coupe sur les marchés. Pagne là*, tu coupes quatre yards*? (Coiffeuse, marché Treichville, 1984). Si vous n'avez pas de filtre, vous mettez un pagne propre sur le canari* dans lequel vous versez l'eau . Deniel, 1985 : 47. Les pagnes que tu vends là, ma femme ne les utiliserait pas pour allumer le feu. Tierno Monenembo, 1993 : 43. Les pagnes peuvent être tissés avec plusieurs fils de couleurs différentes ou teints selon les procédés de nouage ou de batik* dans lesquels certaines zones de tissu sont soustraites à la teinture par réserve. Rémy, 1996 : 217.

COMP.: pagne à la cire, pagne à la cola, pagne batik, pagne bazin, pagne fancy, pagne indigo, pagne kita / pagne akita, pagne wax.

SYN.: (part.) kenté*, kita*, pagne wax.

2- Par opposition au vêtement de type européen, tenue traditionnelle consistant pour les hommes en une pièce de pagne drapée autour du corps et parfois rejetée sur l'épaule comme une toge romaine, et pour les femmes, en une pièce de tissu enroulée autour des hanches et descendant jusqu'aux mollets. Elle est complétée par une seconde coupe de tissu nouée autour des reins et retombant sous forme de pan. Celle ci peut être déroulée et utilisée pour maintenir éventuellement un bébé sur le dos. L'ensemble féminin traditionnel est complété par une camisole et un foulard en forme de turban, assortis. V. COMPLET*. Mais le pagne peut servir également à confectionner des boubous*, des robes ou des ensembles (pantalon ou jupe et veste) de type européen. Son compagnon lui donne des pagnes neufs comme il n'en a pas portés depuis longtemps. Kindo Bouabi, s.d. : 25. Les pagnes qu'on avait mis à sécher sur les herbes ou le gazon [.] Anoma Kanié, 1978 : 11. Les pagnes séchaient partout sur la palissade [.]. Oussou-Essui, 1979 : 13. Il ignore qu'il ne faut pas jeter les vieux pagnes à la poubelle, sinon on manque ensuite de chiffons pour s'essuyer les pieds. Kitia Touré, 1979 : 62. Regardez donc les pagnes que vous portez : ils sont faits par des machines. A. Koné, 1980 : 63. Nous sommes d'accord. Mais Akissi doit préparer ses pagnes, ses petites assiettes et tout* avant d'aller rejoindre son mari. Akissi Kouadio, 1983 : 82. Les pagnes, pour une femme, c'était à la fois l'habit* mais aussi la dot*, le mobilier qu'elles emportaient quand elles changeaient de maison, de mari. Tilliette, 1984 : 99.

DER.: pagneuse*.

COMP.: pagne ceinture, pagne d'apparat, pagne de sortie, pagne de travail, pagne funéraire, chemise pagne, robe pagne, petit pagne.

SYN.: (part.) complet*.

2- pagne à la cire, pagne décoré de dessins créés par de la cire liquide qui protège certaines parties de l'étoffe du bain de teinture.

3- pagne à la cola, pagne teint à l'aide de teintures végétales, particulièrement à base de cola.

4- pagne baoulé, pagne artisanal du pays baoulé décoré traditionnellement de figures géométriques. Mais depuis peu, il peut être décoré de portraits ou d'images représentant des monuments, des paysages ou des animaux. Versés [: de jeunes artisans] dans l'art du tissage de pagnes baoulé, ils se sont installés dans la commune d'Abobo au KM*3, route d'Alépé. Ivoir'Soir, 10.11.1997. Contrairement au pagne baoulé multicolore où domine le bleu caractéristique que nous connaissons, je lui donne d'autres couleurs en le rendant beaucoup plus uni. Ivoir'Soir, 02.03.1998.

5- pagne batik, V. BATIK*. Désirez-vous un pagne batik ? Il y en a de superbes au Plateau. (Professeur, Abidjan, 1990).

6- pagne bazin, V. BAZIN*. Celle ci [ : une épouse] demande cette année 5 000F pour s'acheter un pagne bazin. FM., 23.04.1993.

7- pagne de sortie, pagne de qualité, destiné aux invitations ou aux sorties. Six complets de pagnes de sortie et six mouchoirs, quatre complets* de pagnes de travail [.]. Amon d'Aby, Kwao Adjoba, 1965 : 31.

8- pagne de travail, pagne de qualité ordinaire, porté pour le travail quotidien dans la maison. Quatre complets de pagnes de travail [.]. Amon d'Aby, 1965 : 31.

9- pagnes de mariée, n.m.pl. Pagnes offerts par la belle-famille à la fiancée et qui constituent le trousseau de la mariée. Prends mes pagnes de mariée et les alliances et va donner ça à ta mère. Akissi Kouadio, 1983 : 99.

10- pagne-ceinture, pagne porté enroulé autour des hanches et s'arrêtant à la taille.

[.] le pagne-ceinture est noué au nombril au lieu d'être jeté à la romaine sur l'épaule [.]. Anoma Kanié, 1978 : 257.

11- pagne d'apparat, V. KENTE*. L'oncle était un énorme patricien, somptueusement vêtu d'un pagne d'apparat, qui affectait de ne comprendre que le nzima. Du Prey, 1979 : 83.

12- pagnes funéraires, n.m.pl. Pagnes qui servent de linceul pour le défunt et dans lesquels les parents de celui-ci se confectionnent des vêtements de deuil. Qu'ils aient pu se rendre ou non sur place, les "Grands"* envoient de l'argent et des pagnes funéraires. Vidal, 1986: 15. Mon épouse mérite des obsèques dignes. Voici dix pagnes, qu'ils tapissent le fond du cercueil et procurent une grande douceur à ma bien-aimée. Nokan, 2000 : 42.

13- pagne indigo, V. INDIGO*. 19 affaires ont été enregistrées portant sur des tissus, du chanvre* indien [.], des cartouches, des pagnes indigo[.]. FM., 14.10.1982. Grâce à Dieu, elle a aujourd'hui [.] la teinturerie de pagnes indigo, là-bas [.]. Tierno Monenembo, 1993 : 67. Mme J. G. a dû déchanter en voulant s'acheter du pagne indigo [.]. Je me suis renseignée sur la place attribuée aux vendeuses de pagnes indigo et bazin*. Ivoir'Soir, 01.07.1997. Le dernier projet [.] met ainsi en évidence la nécessité de produire et de commercialiser les pagnes indigo au plan local [.]. Ivoir'Soir, 22.12.1997.

14- pagne kita, pagne akita, V. KENTE*, KITA*. [.] son voisin Kouakou, le riche planteur* qui à la dernière fête* des ignames*, se pavanait dans un magnifique pagne kita*[.]. Kindo Bouabi, s.d. : 13. Une sueur tiède ruisselait sous son lourd pagne kita et sa couronne, toute d'or, chatoyait sur sa tête. M. Bandaman, 1986 : 107. [.] et aussi la flambée de la monnaie quand [.] un beau pagne akita de cérémonie coûte jusqu'à 40 000 francs [: de 1977]. David, 1986 : 157. Emportant divers objets de valeur dont des pagnes kita. Démocrate, 08.04.1993. Les malfrats se sont contentés du poste téléviseur, de 105 complets* de pagne, de 4 pagnes kita* [.]. Ivoir'Soir, 29.08.1997. Le lendemain matin, Djèkè, habillée traditionnellement avec des pagnes kita et coiffée avec de l'or dans ses cheveux, fit un malheur. R.Yaou, 1999 : 135.

15- pagne wax, V. WAX*. Et dans les dédales de nos marchés, un marchandage serré permet d'offrir à la femme qu'on aime, des pagnes wax nouveau motif sortis récemment d'usine. FM., 18.12.1979. Il fait main basse sur dix pièces de pagne wax. FM., 30.01.1984. En effet il a été un des promoteurs du pagne wax. FM, 13/14.021993. Les pagnes wax sont une invention hollandaise. Au début du siècle, l'usine de Vlisco [.] fut la première à inventer un procédé mécanique qui reproduise fidèlement la technique batique* pratiquée à la main dans les colonies hollandaises de Java. Jeune Afrique, 20/26.07.1995. Avant la dévaluation, nous importions 20 containers par an (2 millions de yards*) de pagnes wax en provenance de Hollande. Jeune Afrique, 20/26.07.1995. Les voleurs ont emporté 287 pagnes wax. FM.,13.03.1998.

16- pagne fanci, V. FANCY*. Les candidats devaient se confectionner des tenues en pagne fanci. Le fanci* qui est de bonne qualité mais malheureusement peu consommé. FM., 13/14.02.1993.

17- pagne, (chemise-----), V. CHEMISE*-PAGNE.

18- pagne, (complet- ----), V. COMPLET*-PAGNE.

19- pagne, (ensemble ----), V. COMPLET*-PAGNE. A voir Tra Lou Tra, 30 ans, superbement habillée dans un ensemble pagne à multiples motifs [.]. Ivoir'Soir 26.11.1997.

20- pagne (robe ----), V. ROBE*-PAGNE.

 

pagneuse, n.f. Dispon., oral surtout, jeunes urbanisés, péj. Fille qui ne s'habille que de tenues traditionnelles, donc villageoise démodée et ringarde. Mais d'où vient cette pagneuse, cette garce, cette villageoise ? Putain! Complètement cinglée la grand-mère ! Adé Adiaffi, 2000 : 76.

 

pagre, n.m. Spéc., (faune). Poisson de mer de la fam. des Sparidae. Plusieurs espèces typiquement sont ouest-africaines : le pagre des tropiques (Sparus pagrus africanus Akasaki) rose argenté avec points bleus sur le dos mais une grosse tache rouge sombre à l'aisselle de la pectorale, nageoires roses bordée d'orange (75 cm) ; le pagre à points bleus (Sparus coeruleostictus Valenciennes = Pagrus ehrenbergi Valenciennes) à corps rosé constellé de points bleus sur le dos (55cm) ; le pagre rayé (Sparus auriga Valenciennes) au corps argenté rayé de 4 à 5 bandes transversales brun rougeâtre assez larges (50 cm). Seret /Opic, 1981 : 232-237.

SYN.: daurade*(: Pagrus ehrenbergi Valenciennes).

 

paille, n.f. Fréq., oral, écrit, tous milieux.

1- Tiges d'imperata* séchées qui servent à couvrir les cases ou à confectionner des vanneries. Sans rue, les maisons couvertes de paille, sont en terre battue. FM., 17. 03.1983.

2- Par métonymie, toiture végétale d'une case*. La case* n'avait pas encore de paille lorsque les pluies ont commencé. (Planteur, Bouaflé, 1984).

 

paillote, n.f. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Construction légère dont le toit et les murs sont confectionnés avec des panneaux végétaux tressés. V. PAILLE*, PAPO*. Pendant trois ans, nous avons vécu la vie indigène au sein des villages et des campements*, couchant dans des paillotes, mangeant la cuisine locale, courant la brousse* et la forêt. Kerharo /Bouquet, 1950, b : 17. Certains disent : "Nous payons une location pour la paillotte’’. FM., 22/23 01.1980. Deux jolies paillotes construites en bois et en chaume dominent la forêt. FM., 10.10.1983.

SYN.: (part.) apatam*.

 

pain, n.m. Quelques locutions usuelles, évoquant généralement le pain (forme, consistance, nourriture, couleur, etc.)

1- pain à cacheter, Spéc., (faune). V. CERCOPITHEQUE*, HOCHEUR*. Le hocheur* ou pain à cacheter. Mouvements de menace : incline l'avant du corps et hoche rapidement la tête (d'où son nom français) ce qui met en valeur la tache nasale blanche. Haltenorth /Diller, 1985 : 274.

2- pain couché, Fréq., oral, fam., mésolecte, basilecte, péj. Pain rassis, pain de la veille. Les masses paupérisées des quartiers périphériques tels que Abobo et Yopougon, avaient opté pour la consommation du pain godio vendu à vil prix. "Bonjour le pain couché" entendait-on. Soir Info, 29.03.1995.

SYN.: pain godio.

3- pain de banane, pain d'igname, V. FOUTOU*. En pilant le pain de banane ou d'igname, elles chanteraient : pan dans tes yeux, pan dans tes parties sexuelles.... Du Prey, 1979 : 179.

4- pain de singe, fréq., oral, écrit, tous milieux. Fruit du baobab dont la pulpe farineuse est consommée comme friandise ou délayée dans l'eau pour obtenir une sorte de limonade acidulée. Une farine de sevrage [.] parce qu'elle contient en plus [.] du pain de singe. FM., 18.09.1990.

5- pain godio, V. PAIN* COUCHE. Et revoilà le pain godio. (Titre d'article), Soir Info., 29.03.1995.

6- pain sucré, fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte. Sorte de grosse brioche artisanale. Une cliente, Ivoirienne de Grand-Bassam et fabricante de pain sucré à Treichville [.] . A. Touré, 1985 : 141. Vendeuse de pain sucré, Mme D. s'était levée de très bon matin [.]. Ivoir'Soir, 24.11.1997.

 

paire, n.f. Fréq., oral surtout, mésolecte, basilecte, fam. Paire de chaussures. J'avais un jean, deux chemises, mon short et mon maillot pour l'éducation physique, et sur moi ma tenue kaki *et ma "paire*," c'était à peu près tout. Krol, 1994 : 36. J'ai dépensé [.] 4 000 pour une paire d'occasion, mais un peu bien*, c'est les tennis que j'ai aux pieds, je n'ai que ça d'ailleurs mais mon ami Raoul me prête parfois sa paire de cuirs, j'aime les vrais souliers. Krol, 1994 : 136. Pourquoi tu ne la cires jamais ta paire ? (Mère de famille, Abidjan, 2000).

 

palabre, n.m.ou f. Usuel.

1- Discussion, débat avec idée de marchandage. Picard arrive à deux heures, il est en plein palabre. Brétignères, 1881-1890 : 155. Mais comme j'étais un peu fatigué* des palabres, je suis venu à la maison [.]. Anoma Kanié, 1978 : 13. J'ai demandé à mon amie de ne rien dire à mes parents, je ne voulais pas de palabres. Mais elle n'a pas tenu parole, alors voilà des palabres et des palabres dans la cour*. Akissi Kouadio, 1983 : 33. L'officier propose et applique une autre méthode : la palabre, la palabre africaine. Kourouma, 1998 : 30. Pour couper court aux longues palabres on est allés voir l'imam*. Kourouma, 2000 : 31.

LOC.: faire palabre, garder la palabre.

2- Dispute, querelle, conflit. Au fait, la langue peut-elle se fâcher contre les dents qui la protègent dans la bouche, Elle peut leur faire de petites palabres, mais elle ne s'en éloigne jamais. Kitia Touré, 1979 : 59. Il a commencé à faire des histoires à ma femme. Pourtant, en le recevant, je lui avais bien dit que je ne voulais pas de palabre chez moi. FM., 27.10.1979. C'était des palabres à la maison pour être rentré tard. FM., 23.12.1980. Chrétienne convaincue, elle a horreur des palabres. J. Guenaman Colbert, 1985 : 10. Si tu as un palabre avec quelqu'un, il faut chercher à le résoudre. Deniel, 1985 : 69. Jamais je vais habiter avec quelqu'un qui est marié. Ca amène trop de palabres. V. Tadjo, 1992 : 19. Soit une pompe pour 1 000 habitants, ce qui provoquerait des palabres entre femmes. Ivoir'Soir, 30.04.1997. Quand on veut divorcer, c'est palabre. Ivoir'Soir, 05/06/07.05.1998.

LOC.: chercher palabre, faire palabre, porter haut la palabre.

3- Procès et recours à la justice coutumière, technique traditionnelle de résolution des conflits. Le soir, après avoir réglé les interminables palabres à propos, le plus souvent, de femmes adultères et de vieux maris [.]. Koné, 1976 : 80. A la tombée de la nuit, Marcel arriva avec son fils aîné, dans sa deux chevaux, pour la grande palabre qui devait réunir toute la famille. Du Prey, 1979 : 43. Donc, pour tout dire, les funérailles ne promettaient rien : ni beaucoup de colas* et de galettes, ni un repas viandé* et inépuisable, ni même une bonne palabre pour départager d'éventuels héritiers [.]. A. Koné, 1980 : 44. Rassemblement de vieillards valétudinaires dont les mieux portants s'appuyaient sur des bâtons alors que les autres pour qui le palabre semblait interminable somnolaient. Kourouma, 1990 : 62. Trois semaines après l'arrivée de ma tante au village, ils ont réuni un grand palabre de la famille dans la case de grand-père (palabre signifie assemblée coutumière où se discutent les affaires pendantes, se prennent les décisions). Kourouma, 2000 : 35.

LOC.: mener les palabres, régler la palabre.

4- palabre, (chercher ----- ), loc.verb. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte, péj. Chercher querelle, aimer faire des histoires. Vraiment*, il y a des gens qui cherchent palabre quoi ! Ivoir’Soir, 20.11.1997. Voici des gens au lieu de rester chez eux pour manger, ils veulent chercher palabre. Ivoir'Soir, 13.12.1997. Si tu cherches palabre, man*, tu vas me trouver ! (Etudiant, Abidjan, 1999).

5- palabre, (faire ---- ), loc verb. Fréq., oral, écrit, tous milieux, péj. Faire des histoires, provoquer une dispute, chercher querelle. Elle demande pourquoi nous "faisons palabre" [.]. Du Prey, 1979 : 119. En me voyant pleurer, les gens ont commencé à demander pardon* en disant qu'ils avaient l'habitude de faire palabre mais que ça ne durait pas. Akissi Kouadio, 1983 : 72. Faire palabre, c'est quoi*? C'est fermer la porte, enlever la clé, enlever sa ceinture et chicoter*: mon mari et moi on ne s'est jamais frappés. Deniel. 1985 : 153. Mais ne pas faire palabre ? Personne ne peut dire qu'il ne fait pas palabre, ça arrive obligatoirement, il faut se défendre. Deniel, 1991 : 50. Tu as pris Mady dans sa famille pour l'installer au village [.]. Alors pourquoi faire palabre et lui chercher des histoires. Krol, 1994 : 130. Elle a fait palabre avec moi, parce que je lui ai dit de faire une école de couture [.]. Krol, 1994 : 133. A Abengourou, on n'aime pas palabre et on ne fait pas palabre. Ivoir'Soir, 04.11.1997.

6- palabre, (garder la ---- ), loc.verb. Dispon., oral, écrit, péj.  Répondre, prendre part à une discussion. Un enfant poli écoute, ne garde pas la palabre. Il cause pas comme un oiseau*-gendarme dans les branches du figuier. Kourouma, 2000 : 11.

7- palabres, (mener les ---- ), loc.verb. Dispon., oral, écrit, mélior. Mener un débat, régler un conflit. Toi qui savais si bien mener les palabres, reçois notre hommage et dors en paix. Kindo Bouabi, s.d. : 51.

8- palabre, (porter haut la ---- ), loc.verb. Dispon., écrit, mélior. Elever le débat. D'autres orateurs suivirent mais en vérité personne ne put vraiment s'animer et porter haut la palabre. A.Koné, 1980 : 45.

10- palabre (régler la ---- ), loc.verb. Dispon., écrit, mélior. Régler le conflit, mettre fin à la dispute. On alla chercher des amis, des parents, des notabilités, pour régler la palabre. Anoma Kanié, 1978 : 106.

 

palabrer, v.intr. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Discuter, marchander, se disputer. Tous deux commencent à palabrer. Naipaul, 1984 : 156. Bref on palabre. Avec succès parfois. Tilliette, 1984 : 57. Les dockers et les douaniers ont laissé les colas* pourrir dans les cales pendant que Yacouba alias Tiécoura continuait encore à palabrer sous l'appatam*. Kourouma, 2000 : 41. Sous l'action de l'alcool, ils reprirent avec véhémence leurs discussions habituelles. Ils ne parlaient pas, ils palabraient. Oussou-Essui, 1999 :67.

SYN.: chercher la bouche*, faire palabre*.

 

palabreur, palabreux, n.m., adj. Fréq., oral, écrit, tous milieux, péj. (Homme) hargneux, qui cherche querelle, qui se vexe vite, sème la discorde et peut devenir brutal. Bété dit que Gouro fait palabre* / Gouro dit que Bété fait palabre / entre les deux-là* qui est palabreux. (Chanson "Ziopin : halte au tribalisme*". Groupe Les potes de la rue", 1994). Ainsi l'Etat ayant compris que nous ne sommes ni des récalcitrants ni des palabreux, nous a laissés faire notre réunion. Le Jour, 18/19.05.1996. Si c'est chez nous ici, façon* on va frapper ce voisin palabreux. C'est lui-même qui va nous donner sa maison pour dormir. Ivoir'Soir, 06/07.08.1997. Malheureusement, tout villageois sous-développé nègre est un palabreur [.]. Kourouma 1998 : 266. En clair, si vous êtes "palabreux", violent et même bandit*, et que votre femme tombe enceinte, elle va accoucher d'une fille. Ivoir'Soir, 18.02.1998. Je ne discute pas avec toi, tu es trop palabreux même*. (Etudiante, Abidjan, 1999). Un mois, il a été tellement occupé par les palabres*, tellement emmerdé par les palabreurs qu'il a oublié de bien mouiller* la barbe des douaniers pour un bateau plein de paniers de colas* qui est bien parti et est bien arrivé à Dakar. Kourouma, 2000 : 41.

 

palestinien, n.m. V. CAMBODGIEN*. A l'INSET et à l'ENSTP, le système de "palestinien", de "cambodgien" qui consiste à dormir en groupe dans une même chambre dans les résidences U d'Abidjan et de Bouaké est totalement méconnu*. Un étudiant, une chambre, affirment fièrement les étudiants de Yamoussoukro. Ivoir'Soir, 13.11.1997.

 

palette de peintre, n.f. Spéc., (flore).(Caladium bicolor Vent.). Plante de la fam. des Aracées servant à la décoration des jardins en raison de ses feuilles marbrées de rouge ou de blanc. Roberty, 1954 : 371.

 

palétuvier, n.m. Spéc., mais usuel, (flore).

1- Terme générique désignant localement plusieurs espèces d'arbres de la fam. des Rhizophoracées. Localement on distingue essentiellement le grand palétuvier gris (Rhizophora racemosa G.F.W. Meyer), et le petit palétuvier (Rh. mangle Linn. ou Rh. Harrisonii Leechman). V. MANGLIER*. Le bois du palétuvier est dur et rouge. Il sert de bois de chauffage, et de tonnellerie. Roberty, 1954 : 249. On peut dire du palétuvier que c'est un arbre qui marche, poussant sur le bord d'un îlot vaseux, ses racines adventices se lancent toujours du côté de l'eau et prenant racines, forment des arbres nouveaux qui grandissent peu à peu les îles, tandis qu'à l'arrière la terre s'agglomère, se déssèche et forme terre ferme. Le palétuvier ne trouvant plus alors assez d'humidité meurt et laisse la place à une autre végétation. Pobéguin cité in Aubreville, 1959, III : 62. Des palétuviers, encore des palétuviers aux mille et une racines aériennes. Anoma Kanié, 1978 : 46. Ou alors, paraissant chercher une impossible piste dans les mangroves littorales, viennent les spectaculaires palétuviers gris, personnages incroyables avec leur tronc trop ridé, leur feuillage trop parcheminé, leurs racines-échasses parfois monstrueuses, et surtout les fines et longues pendeloques qui dégringolent de leurs branches comme de lourds cheveux. Conte, 1981 : 28. Les racines aériennes des palétuviers forment parfois de véritables tunnels qui débouchent sur de vastes espaces libres. Rémy, 1996 : 121.

COMP.: palétuvier blanc, faux palétuvier, grand palétuvier, petit palétuvier.

2- palétuvier blanc, (Avicennia nitida Jacq. ). Arbre de la fam. des Verbénacées, caractéristique de la mangrove. Il a un feuillage gris vert et des feuilles lancéolées. [Roberty, 1954 : 178]. Cette essence est surtout remarquable par d'innombrables pneumatophores, sortes de drageons verticaux qui émergent en brosses épaisses au-dessus de l'eau. Aubreville, 1959, III : 234.

SYN.: biaza (krou).

3- palétuvier, (faux ---- ), V. RIKIO*.

 

palme, n.f. V. NOIX* DE PALME.

 

palmeraie, n.f. Spéc. Lieu planté de palmiers. On distingue localement les palmeraies naturelles (sur le littoral par exemple) et les palmeraies artificielles ou palmeraies industrielles, plantations (palmiers* à huile par exemple) aménagées pour la production à grand rendement de produits exploitables pour l'industrie. Comme les Africains, en cultivant plusieurs fois de suite les vieilles brousses* à des intervalles de temps variables, respectent généralement les palmiers qui s'y sont installés, les peuplements de palmiers* à huile, à la longue deviennent denses et presque purs. C'est ainsi qu'ont pris naissance toutes les immenses palmeraies* de la zone maritime de la CI. On les appelle souvent "palmeraies naturelles" par opposition aux "palmeraies aménagées" qui sont entretenues en vue de la récolte des régimes de palme et de la production de l'huile. Aubreville, 1959, III : 317. Celles-ci [: les femmes adioukrou], éliminées ou écartées des palmeraies industrielles, se sont massivemenr retournées, il y a quelques années vers cette activité [: la fabrication du couscous* de manioc]. David, 1986 : 65. [.] ces vieux amoureux du pays qui ont connu Abidjan-village des années 40 [.] et qui mourront sur leur palmeraie d'Anguédédou ou leur bananeraie* d'Azaguié parce que la Côte d'Ivoire est devenu leur seconde patrie. David, 1986 : 169. Elle [: la route] traverse  de sages palmeraies ou des plantations d'avocatiers* et d'ananas, en alternance avec des étendues de brousse*. Rémy, 1996 : 100.

 

palmier, n.m. Spéc., mais usuel (flore). V. COCOTIER*, DATTIER* SAUVAGE, PALMIER-BAN, PALMIER-LIANE, PALMIER A HUILE, PALMIER RAPHIA, PALMIER RONIER. Terme générique désignant un ensemble d'espèces de la fam. des Palmacées. On distingue localement

1- palmier à huile, (Elaeis guinensis Jacq.). Grand palmier présent dans toutes les formations secondaires de CI. On extrait de l'huile de la pulpe de son fruit (V. HUILE* DE PALME, HUILE* ROUGE) ou de l'amande contenue dans la noix (V. HUILE* DE PALMISTE). Sa sève fournit une boisson alcoolisée (V. VIN* DE PALME), son coeur est consommé cuit ou cru (V. CHOU*-PALMISTE), etc,. Roberty, 1954 : 374. Le palmier à huile est surtout abondant dans la basse CI. Les palmeraies* se raréfient plus au Nord. Aubreville, 1959, III : 317. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 214. Concernant le palmier à huile, on avait remarqué que beaucoup de planteurs* se livraient délibérément à l'abattage de ces arbres avant l'âge limite pour en extraire le bangui*. FM. 22.02.1980. Jusqu'à preuve du contraire, cela leur [: aux Dan] rapporte davantage que d'être réputés nos meilleurs grimpeurs dans les plantations de palmiers à huile, [.]. Conte, 1981, 40. Pour s'y rendre [: à Grand Bassam] on emprunte une route longeant l'océan atlantique, traversant d'immenses plantations de palmiers à huile et de cocotiers, alignés comme au cordeau. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 12. Verdure sauvage ou au contraire très ordonnée : des bataillons élancés d'hévéas*, un océan moucheté de palmiers à huile... David, 1986 : 7. Le plan palmier, lancé en 1964, assurait en 1982 au pays le troisième rang mondial avec 102 000 ha de palmiers à huile, 700 000 tonnes de régimes* et une douzaine d'huileries. David, 1986 : 54. Les grandes compagnies de plantations [.] éventrent là aussi la forêt pour implanter sur la Tabou, la Néro ou aux rapides Grah, hévéas* et palmiers à huile. David, 1986 : 111.

SYN.: palmiste, adè (ébrié), m'mé (baoulé), tcho-gni (attié).

2- palmier-bambou, V. BAN*, PALMIER-RAPHIA.

3- palmier-ban, V. PALMIER-RAPHIA.

4- palmier-cocotier, V. COCOTIER*. Palmiers-cocotiers : la production multipliée par dix en quinze ans.(Titre d'article). FM., 17.03.1983.

5- palmier-éventail, (Livistonia chinensis Mart.). Palmier décoratif à tronc couronné par un bouquet de larges feuilles en éventail. Le palmier-éventail a été introduit pour la décoration des jardins. (Enseignant, Abidjan, 1990).

6- palmier liane, V. ROTIN*. Variété de palmier grimpant, producteur de rotin, aux feuilles pennées à bases engainantes et aux fruits couverts d'écailles imbriquées (genres Calamus, Ancistrophyllum, Eremospatha). Aubreville, 1959, III : 318. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 213.

7- palmier raphia, palmier-raphia, terme générique désignant plusieurs espèces de palmiers arborescents aux fruits couverts d'écailles imbriquées et renfermant 1 à 3 graines. Le plus répandu est le Raphia gigantea A. Chev. On admet généralement que les palmiers raphia ne fleurissent qu'une fois et meurent après la floraison. Certaines espèces sont extrêmement utiles (R. vinifera PB.) : on en extrait du vin* de palme, le bourgeon terminal est consommé sous le nom de chou-palmiste*, le rachis des espèces à grandes feuilles sert à faire des charpentes de cases, des chevrons. Fendu en longues et minces lattes, il sert à faire des nattes, des corbeilles. (V. BAMBOU*). Les feuilles sont employées comme couvertures des cases. Roberty, 1954 : 374. En faisant rouir des folioles des jeunes feuilles, on obtient ces lanières végétales connues sous le nom de raphia. Aubreville, 1959, III : 318.

DER.: raphiale*.

SYN.: ban*, palmier bambou, palmier -ban, raphia*(part.).

8- palmier rônier, palmier-ronier, palmier rondier (vx). (Borassus flabellifer Linn. var. Aethiopium Warb). Beau palmier remarquable par ses feuilles en éventail, et son tronc si curieusement renflé dans la partie supérieure. Présent surtout en savane. Ses fruits lisses, coriaces, d'un jaune orangé ont une pulpe fibreuse comestible entourant 3 graines à amandes comestibles lorsqu'elles sont jeunes et tendres. Le bois brun à fibres noires est très dur, inattaqué par les insectes et les termites. Difficile à travailler, il peut prendre un beau poli. Roberty, 1954 : 374, Aubreville, 1959, III : 319. Le palmier ronier, bel arbre de savane [.] est surtout utilisé en Côte d'Ivoire pour la fabrication du vin* de palme. Bouquet /Debray, 1974 : 133. Le palmier-rônier, si caractéristique avec ses colonnades grêles et ses feuilles en hachoir, est un familier du tableau. Conte, 1981 : 25. L'arbre le plus caractéristique de la région est le palmier rônier [.]. Oberlé, 1983 : 18. Deux petites aires à palmiers-rôniers existent dans le nord et le sud-est du parc [: de la Comoé]. Bousquet, 1992 : 153.

SYN.: palmier rondier, (vx), rônier*.

 

palmiste, n.m. Spéc.

1- Vx. Nom donné parfois au palmier à huile.

COMP.: chou*-palmiste, ciseau*-palmiste, rat*-palmiste, vautour* palmiste.

2- Usuel. Amande blanche et coriace enveloppée dans un tégument brunâtre qu'on trouve dans le noyau de la noix* de palme et dont on extrait l'huile* de palmiste. Avec leurs palmistes, leur cola*, leurs trois grains de café*, ils ont juste de quoi acheter du sel, du pétrole, un bout de cotonnade... Du Prey, 1979 : 164. Le caoutchouc et les palmistes y étaient exploités par le colonisateur. FM. 04.02.1980. [.] le temps des travaux forcés* pour fournir le caoutchouc et les palmistes aux réquisitions des commandants*. David, 1986 : 157.

3- palmiste (chou- ----), coeur du bourgeon terminal du palmier à huile ou du rônier. Consommé cuit ou cru. Le sommet végétatif ou chou-palmiste est un excellent légume mais sa cueillette provoque inéluctablement la mort du palmier. Marche-Marchad, 1965 : 43.

SYN.: coeur* de palmier.

4- palmiste, (ciseau ----), instrument à long manche, terminé par une lame droite et épaisse en forme de trapèze, et qui sert à cueillir les régimes de noix de palme. [.] la récolte [.] des régimes des graines de palme* à l'aide du ciseau-palmiste [.]. Girard, 1967 : 85.

ENCYCL.: il ressemble à un grand ciseau à bois.

5- palmiste (rat ----), appellation usuelle d'une sorte d'écureuil* terrestre diurne, l'Euxerus erythropus Geoffroy, très fréquent dans les champs et qui se nourrit souvent de noix de palme. Nulle part les pièges n'avaient pris le moindre animal. Même pas un rat-palmiste, pressé de courir sur un palmier aux fruits bien mûrs. Dadié, 1955 : 96. Il était à la chasse avant-hier [.] attrapait des rats-palmistes, taupes et agoutis* dans les champs [.]. Anoma Kanié, 1978 : 66. En zone de savanes on observe fréquemment le joli petit écureuil* fouisseur (improprement appelé rat-palmiste), de moeurs terrestres à longue queue. Oberlé, 1983 : 24.

SYN.: écureuil* fouisseur, écureuil* terrestre.

6- palmiste africain, vautour palmiste, (Gypohierax angolensis Gmelin). Petit vautour tout blanc sauf ailes noires et blanches et bande noire sur la queue. Il vit près de l'eau et semble lié à la présence du palmier* à huile dont il mange (non exclusivement) les fruits. Fam. des Accipitridae. Vautour palmiste signalé (Comoé, Marahoué, Taï, Azagny). Bousquet, 1992, 179).

 

palomète, n.m. Spéc., (faune). (Orcynopsis unicolor Geoffroy Saint-Hilaire). Poisson de mer commun, de la fam. des Scombridae, à corps très comprimé latéralement et peau nue. Il atteint 130 cm de long et est apprécié pour la pêche sportive. Seret /Opic, 1981 : 330-333.

 

palu, n.m. Usuel, oral , écrit, tous milieux, fam.

1- Forme abrégée de "paludisme". Vous n'avez qu'à crever, tout seuls, d'ennui, d'ignorance, de tétanos, de palu, de vers* de Guinée , de variole. Du Prey, 1979 : 136. Le chauffeur de l'ambulance est venu en compagnie de deux personnes me réveiller pour un malade qui souffrait d'un palu prolongé. FM., 24.05.1984. L'interne, lui, aspirait à un repos prolongé car il traînait un palu. FM.,12. 08.1990. Quelques 5 jours après l'inhumation, notre artiste contracte un palu. Détective, 22.02.1993. Quand j'ai le palu, je vais rarement voir le médecin. Krol, 1994 : 39. J'ai le palu, nous l'avons tous mais mes crises sont plus fréquentes que la moyenne et très violentes. Krol, 1994 : 112. Elle avait un palu qui la rongeait. La Voie, 16.05.1996. Un long "palu" qui l'a tenu pendant six longs mois loin de son lieu de travail. Ivoir'Soir, 12.11.1997. [.] des sachets transparents dans lesquels se trouvaient des feuilles sèches pour soigner le palu de son frère. Ivoir'Soir, 18.11.1997. Il y a le palu qu'on peut guérir mais qui nous tue. Ivoir'Soir, 118.12.1997.

COMP.: coup de palu, neuropalu*, palu pernicieux.

DER.: paludéen.

2- palu pernicieux, Spéc., (santé). Encéphalopathie parasitaire à Plasmodium falciparum, principale cause de coma ou de convulsions fébriles chez les enfants de moins de cinq ans.(Gentilini et alii, 1977 : 382).

SYN.: neuro-palu.

3- palu, (coup de -----), Usuel, tous milieux. Accès de paludisme. Tu prends ta nivaquine*? Méfie toi du coup de palu ! (Infirmière, Bouaké, 1986).

4- palu (neuro-palu), Spéc., (santé). V. PALU PERNICIEUX.

 

paludéen, adj. Fréq., oral, écrit, tous milieux. En proie à un accès de paludisme. Une minute auparavant, M.D., paludéen et pas complètement rétabli, devait céder la place à M.N. FM., 24.03.1978. Tu ne vois pas qu'il est paludéen ? Il faut l'amener à l'hôpital. (Planteur, Adzopé, 1987).

 

pamplemousse, n.m. ou f. V. PAMPLEMOUSSIER*. Fréq., oral, mésolecte, basilecte. Localement on tend à distingue la pamplemousse qui est le gros fruit de cet arbre et le pamplemousse qui est l'arbre (Citrus decumana Merr.) également appelé pamplemoussier. Davesne, 1954 : 46.

 

pamplemoussier, n.m. Spéc., (flore). (Citrus decumana Merr.). Arbre de la fam. des Rutacées, cultivé pour ses gros fruits savoureux. Roberty, 1954 : 156.

 

panca, panka, n.m. Vx., écrit surtout, litt. Sorte de ventilateur constitué d'un écran de toile ou de papier fixé au plafond et qu'un domestique agitait au moyen d'une corde pour rafraîchir l'air de la pièce. Nous lui livrâmes tous les droits du Blanc, de la jeune fille peule vierge aux panca et aux tireurs* de panca. Le panca était un écran de toile ou de papier qui se suspendait au plafond pour éventer la chambre. Kourouma, 1990 : 66.

COMP.: tireur* de panca.

 

pangolin, n.m. Spéc., (faune). Mammifère nocturne de l'ordre des Pholidotes, bas sur pattes, au corps revêtu d'écailles cornées brunes, à langue vermiforme protractile. Il se nourrit exclusivement de fourmis et de termites. Sur les quatre espèces répertoriées en Afrique, localement on en connaît trois : le pangolin commun = pangolin à écailles tricuspides (Manis [Phataginus] tricuspis Rafinesque) dont la queue égale une fois et demi la longueur tête + corps ; le pangolin à longue queue (Manis [Uromanis] tetradactyla Linn.) dont la longueur de la queue égale deux fois la longueur tête + corps ; le pangolin géant (Manis [Smutsia] gigantea Illiger) à queue plus courte qui atteint 1 m de long, (tête + corps). Le pangolin, ce fourmilier étrange venu tout droit de la préhistoire avec sa carapace d'écailles... Arnaut, 1976 : 117. Regarde bien le pangolin ! C'est la sagesse de l'Afrique. Ibid : 117. L'enfant qui s'appelait Soulé était fainéant comme un pangolin [.]. A. Koné, 1980 : 34. Les pholidotes ou pangolins, de physiologie et de moeurs étranges, occupent une place à part dans le règne animal [.]. De moeurs nocturnes, le petit pangolin est arboricole tandis que le grand pangolin (qui peut atteindre 1,50 m de long) est terrestre, mais devenu fort rare. Oberlé, 1983 : 24. [.] les hommes ont capturé sur une branche, suspendu à quatre mètres des eaux paresseuses du fleuve, un pangolin. C'est un animal rare qui vit recroquevillé sur les arbres. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 165. Haltenorth /Diller, 1985 : 20. Les trois espèces sont signalées (Marahoué, Taï). Bousquet, 1992 : 163. Le contenu [: du véhicule] est renversant : des antilopes*, des singes*, des agoutis*, des pangolins, etc. Ivoir'Soir, 17.03.1998.

COM.: le pangolin symbolise la paresse (c'est un animal nocturne qui passe le jour endormi sur un arbre ou dans son terrier). Il peut également symboliser la sagesse dans certaines cultures.

SYN.: fourmilier*, pholidote (manuels), tatou*.

 

panier, n.m. Vx. Avant l'aménagement de ports en eau profonde, les gros bateaux ne pouvaient accoster à cause de la barre*. Pour débarquer, les passagers étaient transbordés dans une embarcation plus petite (V. BOAT*, CHALOUPE*) grâce à une espèce de nacelle nommé panier. Sur la plage avant du navire sont disposées comme des balançoires de foire, des caricatures de chaises à porteurs où les passagers, le coeur serré, prennent place quatre par quatre. Le mât de charge enlève chaque panier et essaie de les déposer [.] dans le léger boat* qui danse une impressionnante gigue. Kerharo / Bouquet 1950, b : 7. Il [: le ministre français Milliès-Lacroix, en 1908], [.] rembarque avec sa suite, comme il a débarqué, quatre par quatre, en "nacelle*" qu'on appelle aussi "panier", une vilaine caisse de bois accrochée à un treuil qui la dépose en contrebas du wharf dans la chaloupe de liaison avec le croiseur ministériel. David, 1986 : 29. Autrefois, le voyage se faisait par paquebot et les passagers étaient débarqués dans des paniers à claire-voie qui les prenaient sur le pont du navire pour les déposer sur le wharf*. Rémy, 1996 : 160.

SYN.: nacelle*.

 

panka, n.m. V. PANCA*.

 

pantalon kaki, n.m., Dispon., oral, fam. Appellation familière désignant les écoliers et les collégiens, astreints à l'uniforme : short et veste à manches courtes kaki pour les écoliers, pantalon et chemise kaki pour les collégiens, robe en vichy bleu et blanc pour les écolières, ou jupe kaki et chemisier blanc pour les jeunes filles des lycées et collèges. Hier matin les bleu blanc* et les pantalons kaki ont en effet repris le chemin des classes. FM., 14.09.1990.

 

panthère, panthère d'Afrique, n.f., V. LEOPARD*. S'il y a un problème, c'est celui des bêtes féroces, notamment les panthères. FM., 07.03.1984. Haltenorth / Diller, 1985 : 210.

 

papa, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux, mélior.

1- Appellation qui n'est réservée ni aux enfants ni au cadre familial. Elle peut être étendue à l'oncle paternel dans un environnement patrilinéaire (nord) ou à l'oncle maternel (sud matrilinéaire), mais aussi à tout homme âgé à qui on veut témoigner du respect. Tu verras beaucoup d'autres choses encore, puisque moi-même, ton papa, je n'ai pas fini d'en voir, tu vois que je te choisis une femme et ça ne réussit pas. Anoma Kanié, 1978 : 281. Longue vie Papa Houphouët ! (titre poème) FM., 18/19.10.1980. Bonne fête papa Houphouët. FM., 19.10.1982. La plantation  me vient de mon papa, le grand frère de ma mère. (Planteur, Adzopé, 1987). Papa Houphouët vaincra ! FM., 26.10.1990. [.] le propriétaire du champ, par exemple le papa, donnait à chaque membre du groupe une parcelle à cultiver. Deniel, 1991 : 20.

2- papa, péj. Pour une jeune fille, appellation affectueuse (et ironique) donnée à l'homme riche et plus âgé qui l'entretient. V. GROTTO*.

3- papa Bon Dieu, Dispon. L'appellation peut être utilisée pour désigner Dieu, chez les Chrétiens ou assimilés. Papa Bon Dieu parle. (titre d'article) FM., 29.03.1982.

4- Papa Nouveau, nom donné au prophète* qui dirige l'église syncrétique harriste qui porte également ce nom, assez importante dans la région des lagunes. Ces hommes et ces femmes clament de tous leurs poumons leur foi en leur guide Papa Nouveau. Arnaut, 1976 : 81. A Touzoukou, vous êtes l'hôte du Prophète fondateur d'une secte Papa Nouveau. Guido : Abidjan jour et nuit, n°32, 9/15.06.1982. Citons encore l'église de Papa Nouveau à Touzoukou (près de Jacqueville)[.]. Oberlé, 1983, 84. Tout au bout de la piste côtière qui court sous les cocotiers*, à Touzoukou, la résidence-cathédrale-caravansérail de Papa Nouveau, pape harriste* de la région, ne s'ouvre que sur rendez-vous. David, 1986 : 107. Le nom Papa Nouveau que j'ai donné à mon église dès sa naissance est un nom pour marquer la différence avec toutes les autres religions révélées et églises. Ivoir'Soir, 17.03.1998. Jean-Michel ayant eu envie de faire un tour à Toukouzou, à l'église de Papa Nouveau [.]. R. Yaou, 1999 : 3. A ses côtés, un dignitaire de Papa Nouveau, une secte locale qui compte environ 20 000 membres et connaît un succès d'estime auprès de nombreux cadres ivoiriens, surtout dans la marine nationale. J.A. L'intelligent, 21/27.11.2000.

COMP.: prophète* Papa Nouveau.

 

papaye, n.f. Spéc., mais usuel, (flore)

1- Gros fruit comestible du papayer qui peut être consommé vert, (en salade ou en gratin), ou mûr, (en dessert ou en entrée). Les papayes encore vertes sont écrasées entre deux cailloux ou mieux triturées au mortier familial. Kerharo /Bouquet, 1950, b. : 68.[.] toute la famille réunie pour prier et [.] manger les galettes de maïs, la papaye ou la mangue* parfumée. A. Koné, 1980 : 9. Salade de papayes vertes. (Titre de recette de cuisine, FM., 14.04.1983).

2- papaye greffée, V. PAPAYE SOLO, SOLO*. Appellation fréquente sur le marchés mais erronée car le papayer ne supporte pas la greffe. En réalité il s'agit d'une variété de papaye sélectionnée, à fruits plus petits, dont la chair rouge est extrêmement sucrée et parfumée.

3- papaye muscat, V. PAPAYE SOLO, SOLO*. Nom donné par les Européens à la papaye solo, plus parfumée.

4- papaye solo, nom donné à une variété sélectionnée de papayes dont le fruit plus petit et à chair rouge est très parfumée et très sucré. Un projet de dix hectares de papayes solo. FM., 07.05.1993.

SYN.: papaye greffée, papaye muscat, solo rouge.

 

papayer, n.m. Spéc., mais usuel, (flore). (Carica papaya Linn.). Petit arbre de la fam. des Caricacées à grandes feuilles , groupées à la cime du tronc. Fruit comestible pouvant atteindre 40 cm. Utilisations therapeutiques nombreuses. Il existe une variété sélectionnée : le papayer solo. Prenez le sentier rouge; d'ailleurs on voit d'ici, le sommet des papayers. Anoma Kanié, 1978 : 230. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 82. L'Amérique a donné à l'Afrique le papayer, le goyavier*, le cacaoyer*, l'avocatier* et le corossolier*. Oberlé, 1983 : 20. Dans tous les recreux et recoins des Deux Plateaux, bien planqués sous les bananiers* et les papayers, se nichent des villages sauvages* de planches jaunes qu'on édifie en quelques heures... David, 1986 : 84.

 

papeau, n.m. V. PAPO*, Un fabricant de papeaux a été trouvé mort dans des conditions obscures. ID, 15.07.1973.

 

papier, papier des blancs, papier de blanc, n.m. Fréq., oral surtout, peu ou  non lettrés, plaisant chez les intellectuels..

1- Diplôme. Sylvestre veut dire que grâce au papier des Blancs, il démontrera un jour que tout cela n'est qu'imposture. Bolli, 1977 : 90. Mais oui [.] il est instruit, il a des diplômes, beaucoup de papiers. Anoma Kanié, 1978 : 236. La connaissance du papier des Blancs éloigne nos enfants de nous. Oussou-Essui, 1979 : 84. Il me disait qu'il aimerait me marier*, mais comme nous n'avions pas le même niveau d'études, il se demandait si ça ne nuirait pas à l'harmonie de notre ménage. [.] je ne savais pas que le papier ça rentrait dans l'amour. Akissi Kouadio, 1983 : 58. Nous avons à présent dans le village quelqu'un qui connaît le vrai papier des blancs. L.B. Niamkey, 1985 : 24. Il n'y avait pas d'histoire de papier non plus. Le fait de n'être pas allé à l'école n'avait pas vraiment d'importance. Bonnassieux, 1987 : 27. C'est papier qui est bon, plus que tout ! (Boy, Abidjan, 1990). Malgré ta connaissance en fait de" papier de blanc", tu ne m'en convaincras pas. R.Yaou, 1999 : 19.

COMP.: long papier, petit papier.

LOC.: connaître papier, apprendre le papier, papier content pas mon affaire.

2- papier (long ----), diplôme universitaire.[.] des expressions telles que "long papier, petit papier" sont apparues pour railler ceux qui ne voient la réussite qu'après être bardé de diplômes universitaires. L'oeil du peuple. 13. 03. 1996.

3- papier (petit ----), diplôme mineur ou dévalué comme le certificat d'études ou le brevet.

4- papier, (connaître ----), loc.verb. V. CONNAÎTRE* PAPIER. Si elle m'avait mis à l'école, peut-être que je serais déjà un grand* quelqu'un mais je ne connais* rien dans le papier*. Deniel, 1991 : 77. Je ne connais pas papier. Deniel. 1985 : 72. Nous on est pauvre, on ne connaît pas papier. Bonnassieux, 1987 : 165. C'est un homme sérieux et instruit, oui, il connaît papier [.]. Krol, 1994 : 102.

5- papier (apprendre le ---- ), loc.verb. Apprendre à lire et à écrire. Comme tu as appris un peu le papier, ça pourra t'aider à apprendre facilement. Deniel, 1991 : 128.

5- papier content pas mon affaire, loc.verb. Argot estudiantin. V. CONTENT*  Expression désabusée par laquelle un étudiant laisse entendre qu'il réussit peu ou mal dans ses études sans qu'on puisse le lui reprocher.

 

papier de verre, n.m. Spéc., (flore). Nom donné couramment aux feuilles du Ficus exasperata dont on se sert parfois pour décaper l'épiderme avant l'administration de certains médicaments contre les dartres*. Le ficus exasperata, encore appelé vulgairement par les colons, ’’ papier de verre’’ , en raison du caractère des feuilles qu'on peut effectivement utiliser en guise de papier de verre. Kerharo /Bouquet, 1950, b : 85, note (1). Le ficus exasperata [.] dont les feuilles s'appellent communément "papier de verre" ou "lames de rasoir". FM, 21.07.1972.

SYN.: lames* de rasoir.

 

papillon des mangues, papillon des manguiers, n.m. Spéc., (faune). Gros papillon noir qui apparaît avant la saison des pluies au moment où les mangues sont abondantes. J'ai fermé les nacots*pour que les papillons de mangues n'entrent pas. (Coiffeuse, Abidjan, 1987).

 

papo, papot, papeau, n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Panneau destiné à recouvrir le toit des cases ou à servir de cloison. Il est constitué de feuilles de palmier*-raphia ou de cocotier* ou de palmier* à huile, entrelacées. D'autres fenêtres [.] donnent sur Walama, village indigène là-bas, avec les toits de chaume ou de papo, visibles dans le lointain [.]. Anoma Kanié, 1978 : 222. A commencer par la vieille case* de terre battue recouverte de papot, badigeonnée de jaune. FM., 11.02.1981. O.NG. devait confectionner des papots pour la toiture de la cuisine. FM., 30.12.1982. [.] les maisons rectangulaires du Sud comportaient une ossature de bois de palmier ou de bambou, renforcée souvent par du banco* (terre humidifiée et malaxée) et un toit à forte pente, couvert en paille ou en papo (faisceaux de feuilles de palmier*-raphia). Oberlé, 1983 : 62. A Vridi II, les maisons en papot sont nombreuses sur le sol sablonneux[.]. La profusion de feuilles de cocotier permet d'y réaliser des constructions à moindre coût.. Bonnassieux, 1987 : 203. A côté, l'ancienne [: maison], plus petite, trop basse, toiture végétale en papo, recyclée en remise [.]. Krol, 1994 : 98. Sous les toitures en branches de papo, la température est plus supportable que dehors [.]. Krol, 1994 : 98.

SYN.: paille*, secco*(part.).

 

papou, papounet, n.m. Dispon., argot urbain, oral, iron. Fiston, fils à papa. Le problème chez nous c'est que Papa qui devrait sensibiliser son papou* sur les risques de vagabondage sexuel, a lui même, au moins 4 à 5 bureaux* politiques à parcourir par jour. Ivoir'Soir, 24/25/26.10.1997.

 

parapluie atomique, n.m. Spéc., argot estudiantin, iron. Par dérision appellation désignant le fait qu'un étudiant ayant atteint le niveau de licence, de maîtrise ou de DEA ne peut plus être renvoyé de l'Université. Par exemple, en licence, en maîtrise , les étudiants bénéficient ce ce que l'on appelle communément le "parapluie atomique". C'est à-dire qu'à ce niveau d'études, l'étudiant ne peut plus être renvoyé de l'Université. Ivoir'Soir, 26.06. 1997.

 

paradisier, n.m. Spéc., (faune). Nom donné improprement à plusieurs espèces d'oiseaux à beau plumage alors que le paradisier véritable vit en Nouvelle Guinée. Le paradisier, plus beau que jamais, effleure les buissons fleuris de ses panaches  [.]. Son plumage de soie et de velours éclate de toutes ses couleurs et, semblable à un souverain, il se pavane avec dignité. (Feuilleton de Timité Bassori, janvier 1975).

 

parasolier, n.m. Spéc., (flore). (Musanga cecropioides R. Br.). Petit arbre décoratif de la fam. des Moracées, caractéristique des paysages de la brousse africaine. Bois de cet arbre, d'un blanc grisâtre rosé, tendre et peu dense. C'est l'un des bois les plus légers d'Afrique. Il est appelé communément parasolier à cause de sa cime en parasol. Aubreville, 1959, I : 64. Il venait "clouc...clac"! sur ses courtes pattes chaussées de sandales en bois de parasolier. Dadié, 1955 : 93. A peine de-ci de-là note-t-on une silhouette d'exception, par exemple le charmant parasolier qui, à vingt mètres de haut, expose ses feuilles comme autant de parapluies de golf aux larges rayures... Conte, 1981 : 29.

SYN.: amohia (ébrié), egoui (agni), kode (bété), vogoba (gouro).

 

parc, n.m. Spéc.

1- parc à bois, loc.nom. Lieu de stockage des billes de bois, près d'un port. Celles-ci peuvent soit être déposées sur le sol (parc à bois) soit immergées dans un fleuve (V. PORT* A BOIS). [.] le parc à bois [.] prévu à côté du port se retrouve par la volonté des forestiers, tout au nord, derrière le Bardo et Seweké parce qu'il était plus facile d'y décharger des billes... Rémy, 1996 : 157.

2- parc animalier, parc national, loc.nom. Nouvelle appellation donnée aux réserves d'importance nationale dans lesquelles la chasse est désormais interdite. Classée en parc national depuis 1953, cette enclave de 3 000 hectares est en effet restée à peu près intacte. Rémy, 1996 : 97. L'ancienne réserve de Bouna, créée en 1953, puis transformée en parc national de la Comoé, le 9 février 1968. Rémy, 1996 : 112. Et pourtant soutient le premier magistrat de ma commune [.] sa commune regorge de curiosités touristiques qui sont entre autres, le parc animalier d'Abokouamékro, ses collines, [.] ses lacs, son centre des métiers. Ivoir'Soir, 29.04.1998.

3- parc de vision, n.m. Appellation méliorative donnée aux réserves locales consacrées à la protection des espèces menacées et dans lesquelles les visiteurs éventuels devront se contenter d'admirer les animaux. Parc de vision d'Abokouamékro. Bussang /Leblanc, 1990 : 115. Ultérieurement, ce parc de vision sera doublé en superficie et cette extension sera consacrée à l'élevage proprement dit des espèces (girafes, zèbres, autruches, éléphants, rhinocéros,...). Rémy, 1996 : 169.

 

parcelle, n.f. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Lot de terrain bâti ou à bâtir. Le terme suivi de son numéro d'identification peut indiquer l'adresse dans les quartiers où les rues n'ont ni nom ni numéros. Par exemple, un notable burkinabè a payé* une parcelle à un Béninois pour la somme de 240 000F. Bonnassieux, 1987 : 199. Non je ne connais* pas sa parcelle à Blokosso. (Planton, Abidjan, 1982).

SYN.: carré*, concession*(part.).

 

parche, n.f. Spéc. Pellicule enveloppant la graine de café. Les coques et parches de café décortiqué dans les usines ne seront plus. Nos études révèlent qu'elles peuvent servir d'engrais [.]. Tout planteur* désireux d'avoir des parches, peut simplement au retour de la livraison de son café en demander aux responsables de l'usine. FM., 16.01.1980.

COMP.: café parche, café en parche.

 

pardon, n.m. Entre dans un certain nombre d'usages différenciés localement.

1- interj. Fréq., oral, fam., mésolecte, basilecte. S'il te /vous plaît, (dans une requête, je t'/vous en prie, je t' /vous en supplie. Quand je lavais ses enfants dans la douche*, il entrait et me chuchotait :"Akissi, pardon, je ne te fais pas pitié ? il faut me marier*". Akissi Kouadio, 1983 : 34. Akissi, pardon, il faut laisser Jacques venir avec nous. Ibid, 1983 : 49. Patron*, pardon, cent francs pour manger. (Mendiant, Abidjan, 1984). CHU de Yopougon. M. Wolf aux grévistes : "Pardon, reprenez le travail". FM., 28.01.1993.

2- pardon, v.inv. Fréq., oral, basilecte. Pardonner. Oui patron*. 300 F c'est bon. Je pardon* lui : c'est un bonne arrivée ! Kollin, 1975, 38. Si vous pardon lui, il va fait encore. (Boy, Abidjan, 1983).

3- pardon, (demander ----), loc.verb. Fréq., oral, écrit, tous milieux. V. DEMANDER* Alors les gens ont commencé à demander pardon au patron. [: implorer la pitié de). C'était pour celui-ci une façon de recevoir de l'argent puisque quelqu'un pouvait se lever et dire : "Je donne 100 F pour qu'on enlève au moins cinq coups". Deniel, 1991 : 80. Nous, on l'a entouré et on lui a demandé pardon pour les voyous. Il s'est fâché encore. V. Tadjo, 1992 : 17.

4- pardon, (donner ----), loc.verb. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Accepter des excuses, accorder son pardon, se laisser fléchir. Nous tenons à garder l'anonymat, donne-nous pardon. Krol, 1994 : 121. Elle voulait se réfugier chez ma grande soeur* à Abidjan, en attendant que mes parents présentent des excuses à son père, pour qu'il donne pardon et m'autorise à l'épouser, parce qu'elle m'aimait. Krol, 1994 : 134.

5- pardon, (faire ----), loc. verb. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte.

a) - V. DEMANDER PARDON. Supplier, implorer la pitié de qqun. Il arrive qu'au milieu du mois, l'étudiant se retrouve sans ticket de restaurant. Il fait pardon à un parent* mais c'est non. Krol, 1994 : 218.

b)- Faire la paix, se réconcilier, Je suis arrivé* pour vous demander de faire pardon avec votre femme. Krol, 1994 : 122. Ils ont allés trouver le mari qui venait de rentrer pour faire pardon au nom de leur fille. Krol, 1994 : 122.

 

pardonner, v.tr. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte.

1- Demander pardon, présenter des excuses. Mon enfant viendra vous pardonner demain à midi. (Mot d'excuses de parents, Abidjan, 1983). Quand l'affrontement verbal dégénère, des témoins du "palabre*" interviennent pour calmer les adversaires, les "pardonner". Note 4 : s'excuser auprès des adversaires pour qu'ils se calment. Bonnassieux, 1987 : 132.

2- Marchander, discuter pour obtenir une faveur. Les samaras coûtent 200 f mais si tu pardonnes, tu peux les avoir pour 175. (Boyesse, Abidjan, 1983). Bananes là*, c'est cher. Il faut pardonner un peu. (Marché, Bouaké, 1986).

3- Accorder une faveur, une remise. Ou , je dois encore 50 f mais il faur pardonner [: me tenir quitte]. (Boy, Abidjan, 1984). Mille francs c'est trop cher. J'ai dit à mon patron de me pardonner et il m'a laissé partir. Deniel, 1991 : 65.

 

pareil, adj. Dispon., mésolecte, basilecte.

1- V. MEME* CHOSE PAREIL. Ton mari et ton fils, c'est même chose pareil ! (Revendeuse, Abidjan, 1984).

2- pareil comme, loc.adj. La vie à Adjamé, c'est pas pareil comme avant. On a trop* peur! (Lettre, Abidjan, 2000).

 

parent, parent étudiant, n.m. Fréq., argot estudiantin, oral, fam. Condisciple, camarade d'études à l'université. Il arrive qu'au milieu du mois, l'étudiant se retrouve sans ticket de restaurant. Il fait pardon* à un parent mais c'est non. "Ecrase hein, tu te brises*, ça réussit* pas" crie le parent. Krol, 1994 : 218. Parents : à l'université, camarades sur qui on peut compter pendant les moments difficiles. Première leçon de français* de Moussa. Jeune Afrique, 34/30.07.1996 : 95. [.] le parrain des "parents" le [: le concert] présente comme un concert d'apaisement [.] la contribution à la détente des relations entre les étudiants et le gouvernement dans la crise universitaire qui perdure. FM., 26/27.04.1997. Chez nos parents étudiants, les Cambodgiens* sont si gentils ! Ivoir'Soir, 11.06.1997. En effet, nombreux sont les "parents" qui pointent* chez deux ou trois"parentes" en même temps dans la même cité et quelquefois dans le même bâtiment. Ivoir'Soir, 05.02.1998. Longtemps, avant que je n'arrive à l'Université, j'entendais dire que les professeurs font tout pour empêcher les "parents" d'avancer dans les travaux de recherche. Les raisons avancées à l'époque par les "parents" étaient que les professeurs avaient peur de perdre leur place si jamais beaucoup de jeunes ont le même niveau qu'eux. Ivoir'Soir, 16.04.1998. S'il y a un point commun entre les "parents" d'aujourd'hui, c'est bien leur insolence vis-à-vis des "parentes". Quelle que soit la cité, ils se mettent à leur fenêtre ou devant leur porte et dès qu'une "parente" passe, ils la sifflent ou l'interpellent grossièrement. Ivoir'Soir, 23.04.1998.

 

parenté, (être ---- à), loc.verb. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte. Etre apparenté à, avoir des liens de parenté avec. Votre femme est parentée à Eugénie ? FM., 06.07.1980. A cette occasion, nous avons découvert que nous étions parentées au Président par Mamie* Akamoué que l'on avait perdue de vue depuis longtemps. FM., 16/17.01.1982. Et comme toutes les victimes sont parentées à des soldats de l'armée patriotique rwandaise au pouvoir, on a vite fait de soupçonner la rebellion d'être derrière ce réseau d'empoisonneuses. Ivoir'Soir, 18.06.1998.

 

parenté à plaisanterie, n.f. Dispon., oral, écrit, mélior. nord. Parenté fort ancienne et plus ou moins mythique entre groupes ethniques qui ont été associés à un moment de leur histoire. En conséquence, la coutume autorise les membres de ces groupes, à tolérer entre eux une plaisanterie sans ménagement. Avec la parenté à plaisanterie, tu es obligé de supporter les railleries du parent, sans te fâcher, et lui, il doit faire pareil avec toi. (Etudiant, Abidjan, 1984). Chez nous, la terminologie de la parenté ne se limite pas à la seule famille biologique. Elle s'étend de la parenté à plaisanterie, à la parenté spirituelle, à la parenté économique. FM., 10.02.1993.

 

paresseux, n.m. V. PANGOLIN*, POTTO*. Il convient de rejeter pour les animaux représentés en Afrique les noms employés à tort qui désignent des animaux d'Amérique : il n'y a pas en Afrique d'édentés vrais, de fourmiliers* proprement dits, de paresseux ni de tatous*. Roure, 1962 : 75.

 

par exprès, loc.adv. Dispon., oral, mésolecte, basilecte. Volontairement. Maîtresse, Ali m'a fait tomber par exprès. (Enfant, cour d'école, Dimbokro, 1979). On raconte aussi que le thé aurait été empoisonné par exprès ou par négligence par un produit servant à tuer des agoutis*. Ivoir'Soir, 16.10.1997.

 

par finir, loc.adv. Dispon., oral, mésolecte, basilecte. Pour finir, finalement. Il a demandé tous les prix et par finir, il est parti sans acheter. (Revendeuse, Abidjan, 1982).

 

parler, v.tr. Usuel, oral surtout, mésolecte, basilecte. Nombreuses locutions locales.

1- parler [bon] français, loc.verb. Euphémisme signifiant donner un pourboire, une gratification ou un pot de vin., accorder un passe-droit. Il [: le policier] te demande pourquoi tu n'as pas la carte consulaire ou le certificat de résidence, mais il empoche ta carte [: d'identité étrangère] dans son gros sac et te dit :"Il faut parler bon français" c'est-à-dire qu'il faut lui filer un billet ; si tu ne mets pas ta main à la poche, il ne te rend pas ta carte et t'emmène ! Deniel, 1991 : 31. On les [: les belles* de nuit] lutine et les embarque facilement pour peu qu'on "parle français". En clair, mettre la main à la poche. Comme on dit à Abidjan. Jeune Afrique, 24/30.07.1996 : 78. Ce sont des expressions que les Ivoiriens utilisent très souvent dans leurs conversations. Que ce soit au bureau, dans les maquis* ou dans les rues. Ces expressions sont les suivantes: "il faut parler français", "je suis dans le contexte*","c'est un gombo*", "fais* nous-fait", "fais moi manger*", "donne* pour moi", "se fon*". Toutes ces expressions ont une singularité, celle de dire la même chose. Ce que ces expressions veulent dire, c'est "la corruption". Ivoir'Soir, 13/14/15.06.1997. [.] à chaque poste de contrôle de l'ECOMOG*(il y en a une quarantaine entre Monrovia et la frontière ivoirienne) le chauffeur "parlait français" aux soldats de l'ECOMOG. et aux policiers libériens. Il a du laisser plus de trois mille dollars libériens. Ivoir'Soir, 16/17.07.1997. Ses concurrents s'étaient toujours trouvés plus généreux dans la manière de "parler français", dans le "geste* national". Kourouma, 1998 : 229.

SYN.: donner gombo*, être dans le contexte*, faire le geste* national, faire manger*, graisser*, mouiller* la barbe, sefoniser*.

2- parler derrière qqun, loc.verb. Parler de qqun en son absence, particulièrement pour en dire du mal. Si tu parles de lui [: de ton patron] en bien devant lui mais en mal derrière lui, ça ce n'est pas bon. Deniel, 1991 : 74. Elle dit derrière moi que je cherche* son chéri* or* que c'est lui qui me cherche. (Lycéenne, Bouaké, 1995).

3- parler vis-à-vis, loc.verb. V. VIS*-A-VIS. Vous avez vu l'ange de Dieu, en chair et en os ! Et il vous a parlé vis-à-vis ! Ekra, 1985 : 57.

4- parler la vérité, loc.verb. Dire la vérité. Il y avait des palabres* sur la répartition des bénéfices. Elle ne parlait pas la vérité. Bonnassieux, 1987 : 134. Parle la vérité maintenant! (Etudiant, Abidjan, 1990).

 

parler moussa, n.m. V. FRANCAIS* DE MOUSSA. Au détour d'un chemin, lorsqu’un vendeur de fruits utilise le parler Moussa pour vous aborder, sorte de patois suave, utilisé dans les relations courantes [.]. Gaudio / Roekeghem, 1984 : 10.

 

parole, n.f. Fréq., oral, mésolecte, basilecte, fam., péj.

1- parole, (avoir la ---- trop longue), loc.verb. Etre trop bavard. Toujours est-il que je m'exprimais comme une enfant de sept ans. Quand j'étais plus jeune encore, mon père tout en me disant :"Tu as la parole trop longue !" admirait déjà l'aisance avec laquelle je manipulais cette parole. Deniel, 1985 : 118. Je viens t'écouter ! N'aie pas la parole trop longue, hein ! (Etudiant, Abidjan, 1997).

2- parole de tailleur, (faut pas fait ---- !), loc.verb. Il ne faut pas faire des promesses qu'on ne pourra pas tenir ! Faut pas faire parole de tailleur : il ne faut pas mentir, il ne faut pas faire de promesses inconsidérées. Première leçon de français* de Moussa. Jeune Afrique, 24/30.07.1996 : 95.

 

partager, v.tr. Fréq., oral, mésolecte, scolaires surtout. Distribuer. C'est le chouchou du maître. C'est lui qui partage toujours les cahiers. (Collégien, Bouaké, 1984). On vient voir nos notes. Le prof va partager les copies. (Etudiant, Abidjan, 1998).

 

part de l'étranger, n.f. Dispon., oral, (calque des langues loc.), mésolecte, mélior. Part de nourriture qui est mise de côté à la fin du repas familial pour un éventuel visiteur ou un nécessiteux de passage. En effet, quand elle faisait la cuisine, elle prévoyait toujours la part de l'étranger; elle disait :"On va se coucher, mais un étranger* va peut-être passer". Deniel, 1985 : 121.

 

partir, v.intr. Fréq., oral surtout, mésolecte, basilecte.

1- Aller. Est-ce-que vous êtes parti pour lui demander   FM., 09.01.1980. La partie civile ayant fait monter exagérément la valeur, il n'y a pas eu d'accord. C'est ce qui explique que mon client soit parti en prison. FM., 07.05.1981. Quand il s'est rendu compte que je partais toujours à l'église [.]. Deniel, 1985 : 69.

2- partir au besoin, loc.verb. V. BESOIN*. Quand il part au besoin, lui, ça dure des heures* de temps !! (Etudiant, Abidjan, 1996).

3- partir en gazoil, loc.verb. V. GAZOIL*. Tu viens ? On part en gazoil à la rue Princesse ! (Etudiant, Abidjan, 1999).

 

passage de la barre, n.f. V. BARRE*. [.] la pêche en lagune ne nécessitait pas le difficile passage de la barre. FM., 31.07.1980.

 

passer, v. Quelques locutions locales :

1- passer la barre, loc.verb. V. BARRE*, La pirogue s'est renversée pendant qu'ils essayaient de passer la barre. (Témoin, Abidjan, 1986).

2- passer à côté de, loc.verb. Dispon, oral, écrit, mésolecte. En parlant d'un examen ou d'une épreuve : échouer de peu. J'ai passé deux fois à côté de l'entrée en 6ème et je n'ai eu que le CEPE. FM., 17.03.1982. En 1992, je suis passé à côté du bac mais je l'ai eu en 1993. (Instituteur, Abidjan, 2000).

3- passer derrière qqun, loc.verb. Dispon., oral, écrit, mésolecte, péj. V. DERRIERE*. Agir en cachette de qqun, agir derrière le dos de qqun. Après, son frère et lui sont venus me voir pour me dire qu'ils ne veulent pas continuer le travail. Or ils passaient derrière moi pour aller chez l'homme. FM., 08.02. 1982. Ma petite soeur passe toujours derrière moi pour raconter ce que je fais à mes parents. (Lycéenne, Daloa, 1987).

 

pastenague, n.f. Spéc., (faune). Sorte de raie de la fam. des Dasyatidae, caractérisée par une longue queue effilée en fouet sans nageoires dorsales. Chair fine qui peut être consommée fraîche ou fumée. Les deux espèces les plus communes sont : la pastenague à perle (Dasyatis margarita Günther) caractérisée par un gros tubercule nacré situé au centre du disque et entouré de nombreux granules plus petits ; la pastenague marbrée (Dasyatis marmorata Steindachner) portant des marbrures d'un bleu vif qui ressortent du fond brun verdâtre. Seret /Opic, 1981 : 62-65.

SYN.: raie* plate, raie* perlée, terre*, asakoui (de l'ébrié), gbengbené (de l'alladian), koudouké (du nzéma).

 

patapara, n.m. Spéc., (flore), (de l'attié). (Hymenostegia Aubrevillei Pellegr. ). Arbre moyen de la fam. des Caesalpiniées. Aubreville, 1959, I : 306.

 

patas, n.m. V. SINGE* ROUGE, SINGE* PLEUREUR. C'est avant tout le royaume [.] des antilopes* [.] et des singes (chimpanzés, patas, colobes-magistrats*;...) David, 1986, 99.

 

patate [douce], n.f. Spéc. mais usuel, (flore). (Ipomaea batatas [Linn] Poir.). Plante cultivée de la fam. des Convolvulacées dont les tubercules à chair tendre et sucrée sont consommés de diverses façons. On distingue selon la couleur des tubercules la patate blanche, la patate jaune, la patate rouge et la patate violette. Roberty, 1954 : 312. [.] avec en parterre, des patates aux feuilles vert foncé. Dadié, 1955 : 121. Vous reconnaissez le manioc* et les patates douces. Anoma Kanié, 1978 : 238. Quand le sirop a bouilli, mettez dedans une livre de patates épluchées et coupées en morceaux. FM., 30.05.1980 (: recette de la compote de patates douces). A l'heure du repas, la grande famille ivoirienne se réunit autour d'un plat unique de céréales (riz, maïs, mil, sorgho) ou de tubercules (igname*, taro*, patate douce) arrosé d'une sauce* épicée, différente selon les régions. Oberlé 1983 : 68. Là-bas, je faisais la culture*, je cultivais le mil*, la patate, les ignames*[.]. A. Touré, 1985 : 199. Cette année là, il a produit plus de 1 500 tonnes d'ignames*, 100 tonnes de maïs, 60 tonnes d'aubergines* et de courgettes, 600 tonnes de patates, 100 tonnes d'arachide* et 150 sacs de gombo* sec. FM., 18.04.1989.

COM.: localement "patate" n'est pas utilisé pour désigner la pomme de terre, sauf par les Européens.

 

pâte, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- Aliment traditionnel confectionné à partir de mil*, sorgho*, maïs, igname* ou banane* plantain. Présenté sous forme de boule*, il est consommé pour accompagner la sauce*. Il n'y aurait plus la farine de mil* et de maïs* pour préparer la pâte qui était la principale nourriture du pays et le plus grave pour les vieux, il n'y aurait pas de dolo*de mil. Koné, 1976 : 84.

COMP.: boule* de pâte.

LOC.: manger* la pâte et la sauce.

COM.: ne désigne pratiquement jamais les pâtes alimentaires appelées "nouilles, vermicelle ou macaronis".

2- pâte, (manger la ---- et la sauce), loc.verb. Manger à l'africaine. Il a vécu plus de vingt ans au village, mangeant la pâte et la sauce. (Planteur, Daoukro, 1987).

 

paternels, n.m.pl. Spéc. Terme de parenté classificatoire qui désigne globalement l'ensemble des parents du père. Il y aura du monde aux funérailles. Du côté des paternels, plus d'une centaine au total. (Ingénieur, Korhogo, 1988).

 

pater-noster, n.m. V. ABRUS* A PRIERE.

 

patienter, (se ---- ), v.pronom. Dispon., oral, écrit, mésolecte, basilecte. Se calmer, se montrer patient. Mariam! Je ne peux plus t'attendre.[.]."-"Oh ma chère, patiente-toi." (BD. in FM., 01.04.1983). Mon père me dit de me patienter, de ne pas faire de palabres* mais je ne peux pas. (Garagiste, Abidjan, 1997).

 

patois, n.m. V. DIALECTE*, LANGUE* NATIONALE. Langue africaine vernaculaire, propre à un groupe ethnique. Le terme, dépréciatif à l'origine dans la bouche du colonisateur, n'est ressenti comme tel actuellement que par les intellectuels qui préfèrent parler de "langue" ou de "dialecte"."Hum, c'est ta fille ça ?" siffla-t-elle en patois. Bolli, 1977 : 54.

 

patoche, n.f. Dispon., argot urbain, péj. Ecolière ou lycéenne enceinte. On les voit souvent ces patoches à la tenue bleu et blanc*, au ventre ballonné, qui passent dans les rues avec quelques effets scolaires sur les bras. FM., 04.03.1983.

 

patron, n.m. V. CHEF*. Terme d'adresse qui indique en général un rapport de hiérarchie sociale respectueuse (supérieur / inférieur) mais peut également marquer la bonhomie devant l'attente d'un service (client /serveur). Je sens qu'il a envie de me parler. A deux ou trois reprises, il m'a salué d'un "bonjour patron" qui annonce une suite. Arnaut, 1976 : 159. Les sous-préfets se faisaient appeler "mon commandant" comme autrefois et les entrepreneurs de bâtiment étaient tout fiers d'être salués, bonnets bas, par les manoeuvres qui les nommaient "Naba" ou les contremaîtres du pays qui disaient "Patron". Du Prey, 1979 : 63. Installé à son volant, le chauffeur demanda au passager : -"Où je te conduis, patron ?" Oussou-Essui, 1979 : 7. Si tu veux, patron, tu coupes* à la fin du mois mais il faut donner l'argent*. Tilliette, 1984, 104. Patron, le café, ça vien t? (Client au maquis*, Abidjan, 1990).

 

patudo, n.m. V. THON* OBESE.

 

pau rosa, n.m. V. BOTO. Spéc., (flore). (Swartzia fistuloides Harms). Petit arbre forestier de la fam. des Caesalpiniacées.aux grandes gousses noires cylindriques vernissées. Aubreville, 1959, 1 : 326.

 

payer, v.tr. Usuel, oral, écrit, mésolecte, basilecte.

1- Cumule les sens de "payer" et de "acheter". Dibetchi, le plus riche de la bande payait toujours un nouveau roman d'aventures. Dadié, 1956: 147. J'ai payé pour 7000 f. de médicaments. FM. 07.10.1982. Compte-tenu du nombre d'ouvrages que j'aurai à payer à la rentrée [.]. FM., 12.10.1982. Je suis allé payer du fil 60 f. Deniel, 1991 : 65. A l'accouchement, j'ai payé des habits* pour la femme et le bébé. Deniel, 1991 : 148. Il a fait venir son petit frère* du village, il lui a payé l'apprentissage de la menuiserie, il lui payait ses habits*. Deniel, 1985 : 212. Les temps sont durs. L'argent manque pour payer du vin. Bonnassieux, 1987 : 194. Plus mes fournitures, trois cahiers et un seul livre d'école très abîmé, pas un de plus, ma parole, je l'avais payé* à une librairie* par terre. Krol, 1994 : 36. Il y a plein de gens qui sortent de l'hôpital avec une ordonnance mais ils "n'arrivent*" pas même à la pharmacie, ou bien ils "paient" un ou deux médicaments, les moins chers de la liste. Krol, 1994 : 39. Elle mangeait un beignet qu'avait payé le garçon. Krol, 1994 : 128. Non, je n'avais pas de moustiquaire, je n'ai jamais eu l'argent pour payer ça. Krol, 1994 : 162.

SYN.: acheter*.

2- payer cadeau, loc.verb. V. CADEAU*. Je crois qu'elle a ce comportement parce qu'elle entend les autres dire que leurs gars sont gentils, qu'ils prennent leurs frais en charge, ou qu'ils paient cadeau. Krol, 1994 : 133.

3- payer bon prix, loc.verb. V. BON PRIX*. 8 000 francs ce boubou*? C'est bon prix ça ? (Secrétaire, marché Abidjan, 1987).

4- payer un oeil de sa figure, loc.verb. Payer une fortune, payer extrêmemnt cher. Il payait un oeil de sa figure les engrais, insecticides et outils. Perret in Tilliette, 1984 : 103. Si tu vas dans une des boutiques du Plateau*, tu paieras la croix* de Niamey, même en argent, un oeil de ta figure !! (Infirmière, Abidjan, 1997).

 

pays, n.m.

1- pays, (à chez nous ---- ), loc.adv. V. A*. Fréq., oral., peu ou non scolarisés, plaisant chez les intellectuels. Ici en Côte-d'Ivoire, dans notre pays (région, village...). A chez nous pays, y a trop la conjoncture*. (: Ici, on manque trop d'argent, Chauffeur de taxi, Abidjan, 1982). A chez nous, la rentrée scolaire, ça ruine les familles. (Secrétaire, Abidjan, 1984). L'enfant là* , il vient à chez nous pays pour gagner* métier. (Menuisier, Abidjan, 1990).

COM.: parfois prononcé [aGZnupei].

2- pays rural, Spéc. V. VILLAGE*-CENTRE. Terme administratif désignant une unité formée par le regroupement de plusieurs villages dans le cadre du nouvel aménagement du territoire. Les 8200 villages de côte-d'Ivoire s'intègrent à 758 pays ruraux. FM An 14. Les villages sont structurés en pays ruraux polarisés par des villages*-centres*qui reçoivent les équipements les plus importants. FM., 30.01.1981.

 

pdcéiste, pédéciste, pédécéiste, n.m.ou f., adj. Usuel, tous milieux.

1- n.m. ou f. Membre du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire- Rassemblement démocratique africain), parti politique ivoirien qui fut jusqu'en 1980 le parti unique.Concertation entre Pdcéistes . (titre) FM. 23.02.1993.

2- adj. Du PDCI-RDA. C'est la démobilisation ssystématique de l'ordre ancien, des institutions pdcistes. La Voie, 07.01.1993.

 

peau de prière, n.f. Dispon., oral, écrit, nord, musulmans. Tapis de prière constitué d'une peau d'animal (chèvre ou mouton) que tout musulman emporte avec lui lors de ses déplacements. Karfa marchait lentement. Il n'avait pour tout bagage que sa peau de prière et sa bouilloire, pour tout compagnon que son ombre. Koné, 1976 : 143. C'était l'heure où, en ce mois de ramadan*, les vieux musulmans somnolaient dans la chaise longue ou sur les peaux de prière [.]. Koné, 1980 : 5. Djigui retourna sa peau de prière, se leva [.]. Kourouma, 1990 : 17.

 

peau gras, peau grasse, peau grattée, n.m.ou f., V. BLAFOUE*, COCHON GRATTE*, GRANIN*. Il l'a volé à un peau gras qui travaille au Plateau*. (Secrétaire, Abidjan, 1986). Elle sort avec un peau grattée qui lui a payé une voiture. (Etudiante, Abidjan, 1990). Plus de 80 000 nègres à Cohcoh et Socrouha et 600 "peaux grattées" environ au Métropolitain, cela commence à faire du bruit, hein ! Oussou-Essui, 1999 : 115.

 

peace corps, n.m. V. CORPS* DE LA PAIX. C'est un peace corps qui nous fait les cours d'anglais. (Collégien, Bouaké, 1984).

 

pêcherie, n.f. Spéc. Nom générique de différents pièges à poissons traditionnels installés à demeure. Les pêcheries fixes sont de deux types: le plus intéressant et le plus usité est celui des bordigues comportant une palissade en lattes de palmier liées par des lianes et fixées à des piquets enfoncés dans la vase. Bonnefoy, 1954 : 13.

 

pêcheur bozzo, n.m. V. BOSSO*.

 

pédécéiste, pédéciste, n.m.ou f., adj. V. PDCEISTE*. Quand un paysan pédécéiste vers Bako considère les multipartistes comme des frères et des sœurs [.]. FM., 22.08.1990. Il était pédéciste à mort avant mais maintenant... (Etudiant, Abidjan, 2000).

 

peigne afro, n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Peigne en bois ou en métal ou en plastique comportant un petit nombre de dents larges, longues et espacées. Patron, tu veux peigne afro en ivoire ? Je te fais bon*prix ! (Marchand, marché de Treichville, 1990).

 

peine, (ce [n'] est [pas] la ---- !), loc.verb.exclam. Fréq., oral, écrit, tous milieux, péj. Ca ne se fait pas !, Ce n'est pas bien !, C'est une honte !, «  J'te dis pas ! » Expression marquant une forte réprobation soulignée par l'intonation. Alors pour finir, j'ai dit : "C'est pas la peine ! Tant pis pour eux. Un jour on trouvera tout ce que je note et on verra ce que j'ai fait sans le diplôme de base". Arnaut, 1976 : 66. Le directeur [.] est venu me voir pour que je prenne la place d'André et que je m'occupe des villages mais mon père n'a pas voulu : "Déjà ton oncle est mort, ce n'est pas la peine !" Pour nous en Afrique, ce n'est pas bien, ce n'est pas joli. Comme si les gens l'avaient tué pour prendre sa place ! Deniel, 1991 : 103. Adzopé même, ce n'est pas la peine ! Toujours c'est coupure de courant. Regarde, Monsieur, tous mes appareils électro-ménagers sont gâtés*. FM., n° 8740, cité Dagnac, 1996 : 149. Les Russes mêmes, c'est pas la peine quoi !  Ils n'ont pas "gbass"* de boisson et puis ils boivent n'importe quoi. Ivoir'Soir, 04.12.1997. Elle là s'est bien occupée de nous, mais seulement quand c'était lui, o* là , c'était plus la peine. Corpus Van den Avenne, 1995 : 92. Les Ivoiriens se disent :  "Le Zaïre, vraiment*, c'est pas la peine !" Et ils oublient que les soldats ivoiriens ont eu le même comportement que leurs collègues zairois, il n'y a pas très longtemps. Basobli, vous vous souvenez ? Ivoir'Soir, 13.05.1997. Vraiment, femme c'est pas la peine !! J'ai rendez-vous avec Gazou ici à 19 heures, il est 22 heures, elle ne vient pas ! (BD) Ivoir'Soir, 21.11.1997.

 

pélamide, n.f. V. BONITE*.

 

pélican, n.m. Spéc., (faune). Très gros oiseau aquatique au bec long et large portant au-dessous une poche nue. On distingue localement le pélican gris (Pelecanus rufescens Gmelin) à dos rose et le pélican blanc (Pelecanus onocrotalus Linn.), plus grand et moins commun. Serle /Morel, 1988 : 18.

 

pelon, n.m. Spéc., (faune). V. FRITURE*. (Brachydeuterus auritus Valenciennes). Petit poisson très commun de la fam. des Pomadasyidae à chair fragile et donc valeur commerciale faible. Seret /Opic, 1981 : 218-219

SYN.: agbonzo, loko loko, friture*(part.).

 

pénicillaire, n.m. V. MIL* CHANDELLE, PETIT* MIL.

 

penser, v. Fréq., oral, écrit, mésolecte, basilecte.

1- v.intr. Etre inquiet, mécontent, ressasser une idée. Je sentais que ce que je venais de lui dire le faisait penser, trop* même. Krol., 1994 : 165. Je vois que tu penses. Y a quoi ? (Enseignante, Abidjan, 1995).

2- penser la tête, penser dans sa tête, loc.verb. Réfléchir profondément et en secret. En attendant nous allons ouvrir l'oeil et bien "penser la tête". Du Prey, 1979 : 170.

SYN.: réfléchir* dans sa tête.

3- penser là dessus, loc.verb.. Examiner qqchose, méditer sur qqchose, réfléchir à qqchose. Bon. Maintenant, pensez là-dessus : c'est depuis six ans que l'homme paye* tout pour la fille : le bouffement*, l'habillement, les cahiers, les livres et tout. Du Prey, 1979 : 123.

 

pentecôtiste, adj. V. EGLISE PENTECOTISTE*. Festival pentecôtiste à Vridi-Plage. (titre d'article), FM., 15.10.1982.

 

pépéangrouafou, [pepeSgrwafu] n.m. Spéc., (flore), (du baoulé). (Ficus bongouanouensis A. Chev.). Très grand arbre à contreforts et à écorce lisse. Aubreville, 1959, I : 80.

 

pépékallé, [pepekale], n.m. Argot nouchi, (du nom d'un chanteur zaïrois), oral, fam. Comprimé bleu de périactine consommé comme drogue. Kouadio Nguessan, 1990 : 375. Pour chanter, il prend pas pépékallé, lui ! (Etudiant, Abidjan, 1994).

 

pépé-soupe, pépé, n.m. Fréq., (de l'anglais "pepper soup") oral, écrit, tous milieux. Soupe légère et pimentée qui peut se préparer avec du poisson, de la viande ou des tripes. [.] les clients auront droit à un méchoui au couscous à 1h.30 et à un pépé soupe aux environs de 5 h. du matin. FM., 24/25.12.1980. Les plats traditionnels acquièrent en tout cas de la valeur tels que le kedjenou*, le pépé-soupe, le foutou*. FM., 01.07.1983. On commença par y vendre des nani* dja ou pieds de boeuf puis des queues de boeuf puis des pépé-soupe*. (2). Note (2) : Le pépé-soupe est une sauce* claire très pimentée contenant surtout des tripes. Le mot pépé-soupe est probablement composé du mot anglais "pepper (poivre, piment) qui devient pépé et de soupe. A. Touré, 1985 : 248. Devant ces femmes, des marmites bouillantes d'où se dégage un fumet délicieux, la spécialité ici, c'est le pépé soupe de poisson. Ivoir'Soir, 08.06.1998. J'ai apporté [.] une marmite de pépé soupe et une autre de sauce*graine. R.Yaou, 1999 : 186.

 

percer, v.tr. Dispon., oral surtout, basilecte. Blesser, piquer avec un instrument tranchant de telle sorte que le sang coule. L'autre jour, par exemple, il a percé* le crâne à son marabout* d'un grand coup de walaga*. Y. Konaté, 1987, 39. Je vais juste vous percer le doigt. (Infirmière, Abidjan, 1990).

 

perche, n.f. V. CARPE* METIS.

 

percnoptère brun, n.m. Spéc., (faune). (Neophron [Necrosyrtes] monachus Temminck). V. VAUTOUR*. Petit vautour brun très foncé avec un bec relativement grêle. Très commun, anthropophile et urbain, fréquente les dépôts d'ordures. Serle /Morel, 1988 : 35. Signalé (Comoé). Bousquet, 1992 : 157.

SYN.: charognard*, gyps* africain, vautour-moine.

 

perdreau, n.m. Spéc., (faune). V. FRANCOLIN*, PERDRIX*. Nom impropre donné à un francolin de petite taille (Francolinus lathami Hartlaub = Francolin* de Latham, forestier : 27 cm ; F. albogularis Hartlaub = Francolin* à gorge blanche, des terrains buissonnants, 25 cm.). Serle /Morel, 1988 : 54.

 

perdrix, n.f. Spéc., (faune).

1- V. FRANCOLIN*. (Francolinus bicalcaratus Linn.). Nom impropre donné à un francolin très commun, de taille moyenne (35 cm mais la femelle est un peu plus petite que le mâle). Pas même une de ces perdrix étourdies, tout le temps en bandes à s'ébattre dans la clairière et les sous-bois. Dadié, 1955 : 97. Des pintades sauvages* ou des perdrix s'envolaient de temps à autre en poussant leurs cris aigus. Koné, 1976 : 13.

2- perdrix de mer, (Glareola [galachrysia] nuchalis Gray). Oiseau des plages et des lagunes, de la fam. des Glareolidae, à longues ailes pointues, queue fourchue et petites pattes, brun mais portant une large bande blanche à la base de la queue et un collier blanc ou roux. Serle /Morel, 1988 : 85.

 

perdu-perdu, gagné-gagné, n.m. Fréq., oral, mésolecte, basilecte. Sorte de bonneteau pratiqué sur les marchés. Des pickpockets aux joueurs de cartes communément appelés "perdu-perdu, gagné-gagné", tu prends rouge, tu rouges*, tu prends noir, tu perds. L'Ephémère, 11.01.1993.

 

père, n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux, mélior.

1- Appellation pouvant désigner le frère du père, l'oncle paternel, dans les ethnies patrilinéaires. Ah ! Ca, c'est mon fameux* oncle paternel qui m'écrit [.] (lecture) Mon cher fils [.]. Salutations, Ton père Afahi. Amon d'Aby, Entraves, 1973 : 28.

2- Missionnaire catholique européen, par extension, tout prêtre catholique de race blanche. Le père était en tournée, je n'ai vu que le catéchiste. (Planteur, Abengourou, 1974).

 

périophtalme, n.m. Spéc., (faune). (Periophtalmus papilio Bloch). Poisson des zones vaseuses des estuaires ou des mangroves, capable de vivre hors de l'eau grâce à un système de "respiration aérienne". Il a des yeux proéminents et très rapprochés, placés sur le dessus de la tête, d'où son nom. Il se déplace par bonds rapides au moyen de ses pectorales très développées et se réfugie à la moindre alerte dans son terrier. Seret /Opic, 1981 : 322.

 

perle d'aigris, perle d'acory, loc.nom. Sorte de corail bleu-vert translucide qui faisait autrefois l'objet d'un commerce intense sur la Côte du Bénin. Ils [: les premiers occupants du pays baoulé] ont creusé dans les collines du nord-est de Toumodi un réseau serré de galeries de mine pour en extraire les perles d'aigris "wolis" auxquelles ils attachaient un grand prix comme s'il s'agissait de gisements naturels et non pas de vestiges laissés par d'autres êtres humains. Bouaké, Etude régionale, 1963 : 66.

SYN.: aigri*, cakori*, corail* bleu, cyprée (rare), pierre* d'aigri, pierre* de Popo, woli*.

 

perle des lagunes, n.f. Fréq., écrit, tous milieux, mélior. Surnom donné usuellement à la ville d'Abidjan. La bonne fortune d'Abidjan, la perle des lagunes, est toute récente. Tilliette, 1984 : 27. La perle des lagunes se marie bien à son double écrin forestier et aquatique qui, dans l'ensemble n'a pas trop souffert. David, 1986 : 69.

 

permis acheté, n.m.ou f. Dispon., oral, fam., mésolecte, basilecte, péj. Appellation fustigeant un mauvais conducteur et qui sous-entend que l'obtention de son permis a essentiellement tenu à un pot de vin. Oui, Monho, ma cousine était bloquée au milieu de la chaussée, souffrait, la sueur froide perlait sur son front. Les gens criaient partout :"Permis acheté"! A cause d'elle, toutes les honnêtes femmes qui ont eu honnêtement et consciencieusement leur permis de conduire étaient dégradées*. J. Guenaman Colbert, 1985 : 39. Apprends à conduire, eh permis acheté ! (Chauffeur de taxi, Abidjan, 1996).

 

permission, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- Par extension du langage militaire, autorisation de s'absenter (de son travail). J'ai d'abord remplacé un camarade qui avait une permission de deux mois. Deniel, 1991 : 58. La secrétaire est en permission pour accoucher. (Planton*, Abidjan, 1996).

LOC.: demander la permission, envoyer en permission.

2- permission, (demander la ---- ), loc.verb. Demander une autorisation d'absence (à son employeur). Pardon* Patron*, je demande la permission pour aller au Centre de Santé demain matin. (Boy, Abidjan, 1987).

3- permission, (envoyer en ---- ), loc. verb. Vieilli, basilecte. En milieu traditionnel, euphémisme signifiant renvoyer au village une vieille épouse afin d'en accueillir une nouvelle. Envoyer en vacances. -"Où se trouve ma tante, ta mère ? "- "Mon père l'a envoyée en "permission" quand il a épousé l'autre femmme, il y a deux ans à Daoukro". Du Prey, 1979 : 29. Tu comprends bien que je ne peux pas laisser tomber tout à coup mes vieilles femmes. Mais je les enverrai souvent en permission, au loin. Du Prey, 1979, 109.

 

perroquet, n.m. Spéc., (faune).

1- Oiseau arboricole de la fam. des Psittacidae, généralement de couleurs voyantes. On distingue localement : le perroquet robuste (Poicephalus robustus, Gmelin), vert avec des épaulettes et des cuisses d'un rouge orangé (forestier) ; le youyou*= perroquet youyou (Poicephalus senegalus Linn.) ; le jacko* = perroquet jacko = perroquet gris à queue rouge (Psittacus erithacus Linn. ; le perroquet vert à calotte rouge (Poicephalus gulielmi Jardine). Serle /Morel, 1988 : 99-102. Perroquet jacko signalé (Taï, Azagny). Bousquet, 1992 : 179.

2- perroquet, poisson-perroquet, poisson côtier herbivore de la fam. des Scaridae. Ses dents sont soudées entre elles et forment un véritable bec robuste et tranchant comme celui d'un perroquet. Les mâles adultes sont orangés, vert jade, bleu turquoise et jaune. Femelles et jeunes sont jaunâtres avec de larges bandes transversales brunes. Chair comestible assez molle. Sur les côtes occidentales d'Afrique, une seule espèce est réellement commune : le perroquet vert  (Scarus hoefleri Steindachner) d'environ 60 cm., caractérisé par son bec d'un joli ton bleu-vert pastel. Seret /Opic, 1981 : 308-311.

3- Nom donné à tort aux tétrodons. V. POISSON*-GLOBE. Bien que la toxicité des "perroquets" ne soit pas prouvée en Afrique de l'Ouest, les Scaridae ont été inclus dans le décret présidentiel du 11.01.1967 relatif aux poissons vénéneux pour éviter toute confusion avec les tétrodons appelés eux-mêmes parfois à tort "perroquets." Aldrin /Noyer /Brégeat, 1972 : 81.

SYN.: lapin*, poisson globe*, tétrodon*.

4- perroquet gros-bec, n.m. V. CALAO*.

 

perruche, n.f. Spéc., (faune).

1- V. YOUYOU*, (Poicephalus senegalus Linn.). Nom impropre donné à un petit perroquet à dos vert cru et ventre rouge de forêt sèche ou de savane, bien connu comme oiseau de cage. Serle /Morel, 1988 : 99.

2- perruche [à collier], (Psittacula krameri Scopoli). Assez grande perruche entièrement vert tendre à longue queue bleu vert. Le mâle a le menton noir se prolongeant en un mince collier rosé sur le dos. Elle coexiste souvent avec le youyou*. Serle /Morel, 1988 : 99.

 

perte de la face, n.f. Dispon., oral, écrit, recherché. Honte, humiliation. Se sauver comme ça, en cachette, de son pays, moi je dis que c'est la perte de la face ! (Etudiant, Abidjan, 1999).

 

pervenche de Madagascar, n.f. Spéc., (flore). V. BONJOUR*-BONSOIR. La pervenche de Madagascar [.] est à l'heure actuelle l'une des plantes qui ont suscité le plus d'études pharmacologiques et botaniques dans le monde. Bouquet /Debray, 1974, b : 22.

 

peser zéro, loc.verb. Dispon., oral, mésolecte, basilecte, fam. Ne pas faire le poids, être sans comparaison possible. Il y a à Abidjan des gros marchands libanais qui livrent le poisson dans tout le pays avec leurs camions équipés, ce sont les maîtres du marché, je pèse zéro avec mes bassins. Krol, 1994 : 167. La Côte d'Ivoire, elle pèse zéro à côté du Nigéria avec son marché de plus de cent millions de personnes. (Etudiant, Abidjan, 1998).

 

peseur d'hommes, n.m. adj. Dispon., oral, mésolecte.

1- n.m. Jeune garçon muni d'un pèse-personnes qui constitue son gagne-pain puisqu'il lui sert à indiquer leur poids à ses clients moyennant rétribution. Je suis peseur d'hommes au Plateau. (Jeune, Abidjan, 1987).

2- adj. Qui gagne sa vie en proposant les services de son pèse-personnes. De la même manière, les gamins peseurs d'hommes n'iront pas avec leurs balances poireauter à Cocody ou Marcory Résidentiel parce que leurs clients sont plus nombreux à Adjamé et au Plateau. A. Touré, 1985 : 20.

 

peson, n.m. Dispon., oral, écrit, lettrés. Poids traditionnel servant en particulier à peser la poudre d'or. Ces petits poids de métal, souvent représentant des animaux sacré ou des formes géométriques, sont très esthétiques et recherchés. Le peson akan, c'est l'alliance parfaite de l'esthétique et de l'utilistaire : figurant un animal -scorpion, crocodile, tortue, crapaud, insecte- ou simplement de forme géométrique, les pesons représentent parfois aussi des personnages et des objets de la vie courante. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 100. Chez les Baoulé, les pesons, ornés eux aussi de motifs symboliques représentant des proverbes et servant à les distinguer, sont parmi les objets les plus justement renommés. Bussang / Leblanc, 1990 : 29.

 

pétanquer, v.intr. Dispon., oral, fam. mésolecte. Jouer à la pétanque. Après le déjeuner escamoté, on joua au volley-ball, on plongea, on discuta, on pétanqua avec des noix de coco*. Du Prey, 1979 : 80.

 

pétard, n.m. Fréq., argot urbain, tous milieux.

1- pétard (avoir des ----), loc.verb. Avoir des problèmes, des ennuis, des histoires. Trois employés français [.] risquent de ne pas être assistés par leur avocat. C'est que [.] leur conseil a, elle même, des pétards avec la justice. Ivoir'Soir. 10.11.1997. R. V. a de sérieux pétards à cause d'un papillon. A cause de ce papillon il va aller en prison au Brésil. Ivoir'Soir. 17.11.1997. Après cette dissolution, certains ministres ont eu des pétards. Ivoir'Soir, 19.11.1997. Je vois déjà les flics français créer plein de pétards aux suppporters anango*. Ivoir'Soir, 03.06.1998.

2- pétard (il n'y a pas de ---- !), loc.verb. Il n'y a pas de problèmes ! Tout roule ! Tout va bien ! J'étais bien : avec les Français, il n'y a pas de pétard ! Deniel, 1991 : 58. Y a pas de pétards si les papas peuvent fumer ! Ivoir'Soir, 11.06.1998.

 

pétasse, n.f. Fréq., oral, argot des jeunes, sans connotation défavorable, vulg. Petite amie. Tu n'as qu'à venir à la soirée avec ta pétasse. (Etudiant, Abidjan, 1998).

 

pétauriste, n.m. V. CERCOPITHEQUE*. Spéc., (faune). (Cercopithecus petaurista Schreber). Petit singe aux favoris blancs rabattus en arrière, dessous du corps également blanc, dessus verdâtre foncé. [.] des singes : chimpanzés, colobes*, pétauristes, cercocèbes*[.]. Oberlé 1983 : 22.

SYN.: hocheur [pétauriste].

 

pétépré, [petepre], n.m., Spéc., (flore), (de l'attié ). (Calpocalyx brevibracteatus Harms). Petit arbre de la fam. des Mimosées qui lorsqu'il est en fleurs porte d'abondantes panicules d'épis blancs pendants. Aubreville, 1959, I : 232.

 

pétiga, petit gars, [petiga], n.m. Dispon. (déformation de "petit gars"), oral, fam. bande de jeunes. Appellation amicale, terme d'adresse entre membres de la même bande. Eh, pétiga , on va au banguidrome*? (Campus, Abidjan, 1990).

 

pétini, [petini], adj. Dispon., argot nouchi, jeunes urbanisés. Petite. De source bien informée, Gor serait maintenant marié à une toubab*. La petini go* a enjaillé* le zimbloman* qui a décidé de se ranger [.]. Ivoir'soir, 15/16/17.05.1998.

 

petit, adj. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- Jeune, d'âge tendre. S'oppose à "d'âge mûr", ce qui, en milieu traditionnel suppose un statut d'homme marié chef de famille ayant un certaine indépendance financière. [.] mais grand-père m'a dit :"Avant de bouger*, il faut te fiancer." -"Mais je suis petit !" . Je n'avais pas beaucoup plus de vingt ans. Deniel, 1991 : 142. Mick Jagger, c'est une grande star. Il a maintenant 53 ans. Donc c'est pas un petit. Ivoir'Soir, 12.06.1997.

SYN.: blakoro*.

2- Par conséquence, se dit de quelqu'un de médiocre condition, dépourvu d'importance sociale. Nous, les petits, les en *bas d'en bas, on ne nous demande jamais notre avis. Sauf pour voter. Mais là on nous triche* ! (Cordonnier, Abidjan, 1997).

3- Nombreuses locutions qui établissent une différence :

+ par rapport à la taille :

- petit cadeau, n.m., V. CADEAU*.

- petit modèle, n.m., V. CARREAU-CARREAU*, MODELE*.

- petit format, n.m. adj,. V. ANTILALECA*.

- petit masque, n.m., V. MASQUE*.

- pétits minitaires, n.m. pl. V. ENFANTS* SOLDATS.

+ par rapport à l'importance sociale :

- petit blanc, n.m. V. BLANC*. [.] je ne pus retenir ma colère, et boxai tellement ce petit Blanc qu'il en perdit trois dents. I. B. Koulibaly, 1978 : 7.

- petit boy, n.m. V. BOY*. Les gosses mordent facilement à l'hameçon. Il [: leur] apparaît aisé de travailler deux, six ou huit mois dans une grande ville comme petits boys, garçons de course ou manœuvres [.].  Ivoir'Soir, 15/16/17.05.1998.

- petit cacaba, n.m. V. CACABA*.

- petite femme, n.f. Epouse d'un polygame qui a déjà une ou d'autres épouses plus âgées. On interroge la petite femme de mon frère. Du Prey 1979 : 131. Le délégué est tombé amoureux de moi, il voulait me prendre pour une de ses petites femmes. Akissi Kouadio 1983 : 35. Je craignais de devenir sa petite femme, comme il disait. C'était un musulman très gentil, mais il avait déjà femme et enfants, franchement je ne voulais pas. Akissi Kouadio, 1983 : 35. La perspective de devenir la "petite femme" dans un ménage polygame effraie Fanta. Bonnassieux, 1987 : 181.

- petite soeur, n.f. V. SOEUR*, Pour manger, on avait trouvé une petite soeur qui préparait* sur la place [.]. Krol, 1994 : 37.

- petit français, n.m. V FRANÇAIS* DE MOUSSA, FRANÇAIS* POPULAIRE D'ABIDJAN, Par ailleurs, elle sautait allègrement les articles en parlant, ce qui permettait à l'offensé de se moquer d'elle en retour, en lui faisant remarquer qu'elle parlait décidément un bien petit français. F. Bolli, 1977 : 14.

- petit frère, n.m. V. FRERE*. Donc notre petit frère nous a conseillé de monter un orchestre. FM. 30/31.01.1982.

- petit gars, n.m. Argot estudiantin, oral, fam., péj. Etudiant effacé et peu entreprenant. Le petit gars c'est l'étudiant assez modeste et non entreprenant. L'opposé du petit gars c'est le déclareur*. Campuslexique, 1978, 9.

SYN.: pétiga*.

ANTON.: déclareur*.

- petit masque, n.m. V. MASQUE*.

- petit métier, n.m. Petit boulot. Se dit d'un travail précaire et mal rétribué, notamment de tous les métiers ambulants. Par translation, appellation  désignant les gens qui exercent ce genre de travail. Les petits métiers* sillonnent les quartiers pour proposer aux grotos* leurs broutilles et leurs talents. Tierno Monenembo, 1993 : 40.

- petit pagne, n.m. Cache-sexe féminin. J'ai jeté ma camisole et j'ai gardé mon petit pagne . Bolli, 1977 : 47.

- petit papa, n.m. V. BAFITINI*.

- petit père, n.m. Nom donné au frère du père, notamment au frère cadet. A l'âge d'aller sur les bancs*, je suis parti* vivre chez mon petit père. (Lycéen, Man, 1986).

+ par référence à un autre animal de plus grande taille avec lequel existe une ressemblance.

- petit barbu, n.m. V. BARBU*.

- petit bulbul, n.m. V. BULBUL*.

- petit capitaine, n.m. V. CAPITAINE* PLEXIGLAS.

- petit calao, n.m. V. CALAO*.

- petite castagnole, n.f. Petit poisson littoral des fonds rocheux de la fam. des Pomacentridae. On connaît localement deux espèces : Chromis chromis Linn. et Chromis lineatus Cadenat, au corps rayé. Seret /Opic, 1981 : 284-285.

- petite hirondelle à ventre roux, n.f. V. HIRONDELLE*.

- petit chinchard, n.m. V. CHINCHARD*.

- petit flamant, n.m. V. FLAMANT*.

- petit indicateur, n.m. V. INDICATEUR*.

- petit japon, n.m. V. JAPON*.

- petit martin-chasseur n.m. V. MARTIN-CHASSEUR*.

- petit martin-pêcheur n.m. V. MARTIN-PECHEUR*.

- petit moqueur, n.m. V. MOQUEUR*.

- petit serpentaire, n.m. V. SERPENTAIRE*.

- petit téléphone, n.m. V. TELEPHONE*.

- petit touraco, n.m. V. TOURACO*.

- petit turbot africain, n.m. V. TURBOT*.

+ par référence à un autre végétal dont il se différencie par quelque trait.

 - petit kola, n.m. (Garcinia kola Heck.). Petit arbre de la fam. des Guttifères, forestier. Utilisations thérapeutiques. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 149.

SYN.: tchouakpè (attié).

- petit mil, n.m. (Pennisetum thyphoides [Burm.] Stapf. et C.E. Hubbard). Plante annuelle de la fam. des Graminées qui peut atteindre jusqu'à 2 m. de haut. Elle fournit des épillets à partir desquels on fait une farine, base de la nourriture dans le nord du pays. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 146. [.] mais on emportait souvent de la farine de petit mil qu'on mélangeait avec de l'eau. Deniel, 1991, 120.

SYN.: gnon (mandenkan).

- petit ouara, n.m. V. OUARA*.

- petite patate noire, n.f. V. FABIRAMA*.

- petit manglier, n.m. (Conocarpus erctusLinn.) Arbuste des terrains marécageux salés et de la mangrove. Fam. des Combrétacées. Aubreville, 1959, III : 66.

SYN.: nja (krou).

+ par référence à une durée plus importante.

- petite saison des pluies, n.f. V. SAISON*.

- petite saison sèche, n.f. V. SAISON*.

 

petit, (gagner ----), loc.verb. V. GAGNER*. Moi j'ai dit : "Et si tu gagnes petit, tu vas faire quoi?". (Sage-femme, Abidjan, 1982).

 

petit-duc, n.m. Oiseau de proie nocturne de la fam. des Strigidae. Localement on distingue entre autres : le petit-duc africain (Otis scops Linn.) le plus petit, savanicole ; le petit-duc à face blanche (Otus [ptilopsis] leucotis Temminck), plus gros, à face blanche cerclée de noir, longues "oreilles" blanches. Serle /Morel, 1988 : 110-114. Petit-duc à bec jaune (Otus icterorynchus Shelley) rare, signalé (Comoé, Taï). Bousquet, 1992, 172.

 

pèt-pèt, n.m. V. SAMARA*.

 

pétrole, n.m. Fréq., argot estudiantin, oral, écrit, plaisant. Triche, fuite, tuyau, pompe permettant de réussir un examen. Malheureusement au lieu de travailler durement, il [: l'étudiant] s'évertuera soit à tricher soit à jouer sur la faiblesse morale de certains professeurs pour avoir le pétrole, en clair les épreuves. On ne récolte plus ce que l'on a semé mais ce que le pétrole a produit. [.] A l'Université, la fuite d'une façon  générale a reçu l'appellation de pétrole [.]. Pourquoi l'appellation pétrole ? : C'est une source d'énergie qui peut nous permettre d'avoir un maximum de chances. C'est à Abidjan que se trouve le gisement. Des lycées très cotés de la capitale, seraient le puits [.] cela vient des fils à papa [.] ces élèves si faibles qu'ils passent l'année à ne rien faire. Ils ne peuvent pas raffiner le jus. FM., 25.05.1980. Le pétrole a coulé en nappes très larges cette année au bac. FM., 11.07.1980. Comme chacun sait, à l'université, le langage est hautement scientifique. Les fuites ont un nom : le pétrole. FM., 05.02.1982. Ehé parent* / ça là / si c'est pas pétrole* c'est M.S.T. / mais M.S.T. c'est quoi / hum M.S.T. / c'est Moyenne Sexuellement Transmissible / faut pas dire à quelqu'un hein. (Chanson Gbogblo Koffi 2" Groupe les parents* du Campus). Il s'agit de la triche, le pétrole. Krol, 1994 : 195. Il y est question, toujours à travers des histoires très triviales, de la tricherie dans les examens et les notes, autrement dit le "pétrole" et ses variantes, notamment les MST* moyennes sexuellement transmissibles, le guiz* célèbre par lequel certains professeurs font des fleurs à certaines étudiantes en échange de leurs faveurs. Krol, 1994 : 219. Une enquête est donc ouverte pour voir si le pétrole n'a pas coulé [: à un jeu télévisé]. Ivoir'Soir, 16/17/18.01.1998. C'est à l'étudiant le plus brillant que revient la charge de faire couler le "pétrole". Ivoir'Soir, 007.05.1998.

 

pétrolette, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Embarcation à moteur transportant des voyageurs, ou remorqueur de lagune tirant des chalands ou des trains de bois flotté. Une pétrolette arrive :Vous repreniez vos rames, redoubliez d'ardeur; course même parfois dans une compétition joyeuse, stimulante. La pétrolette [.] vous poursuivait par instants, puis vous rattrapait et vous dépassait. Anoma Kanié, 1978 : 44. Tout d'un coup, on se trouve devant Tiapoum, petite escale de "pétrolettes" d'où Adou devait rayonner. Du Prey, 1979 : 83. Mais on peut encore voir des transports de passagers à bord de pittoresques pinasses* ou "pétrolettes" [.] entre Grand Lahou et Abidjan comme entre Abidjan et le Ghana. Oberlé, 1983 : 46. Dans les maisons, aux arrêts et dans les bus, dans les rues, dans les gbakas*, dans les bureaux, dans les W.C., dans les pétrolettes, dans les bateaux-bus*, dans les boîtes de nuit, dans les salles de cinéma, dans certaines églises, sur les lits ... on ne parle plus que de nous [.]. J. Guenaman Colbert, 1985 : 57. C'est d'autant plus dommage que les "pétrolettes" (chalands à moteur cahotant sur la lagune) [.] permettraient d'atteindre Fresco sans problème si le chenal était dragué. Rémy, 1996 : 121.

SYN.: pinasse*(part.).

REM.: jamais employé en CI au sens de "vélomoteur".

 

pétromax, pétro-max, n.f. Vx., (nom de marque devenu terme générique). Lampe à manchon qui fonctionne à la vapeur de pétrole. Sais-tu le prix d'une pétromax ? Y. Konaté, 1987 : 40. Ca y est ! Il y a encore une coupure de courant ! Allume la pétromax. (Mère de famille, Abidjan, 1983).

 

peu, adv. V. UN* PEU. "Comment ça va ?"-"Un peu, un peu. Et toi ?"(Conversation de rue, Abidjan, 1990).

 

Peulh, peul, n.m. Dispon., (nom d'ethnie du nord) oral, écrit. Eleveur, berger. Car la vie des membres de ce groupe ethnique du Sahel est liée à l'élevage de grands troupeaux. Ils sont souvent recrutés comme bergers ou convoient des troupeaux à travers le pays vers les centres urbains du sud. C'est ainsi que l'élevage est considéré comme le travail des Peuls. FM., 08.03.1980. Dans la réalité, il n'y a pas que des zébus* qui soient concernés. On trouve des troupeaux métissés, des taurins appartenant à des peulhs. FM.,16.04.1982.

 

peur, (avoir ---- du couteau), loc.verb. V. CABRI* MORT.

 

phacochère, phaco, n.m. Spéc., (faune). V. SANGLIER*. (Phacochoerus aethiopicus Pallas). Sorte de gros porc sauvage au pelage réduit à quelques soies clairsemées mais portant une longue crinière érectile, brun jaune, allant du front au milieu du dos. Les canines supérieures incurvées atteignent une soixantaine de cm. Il habite surtout la savane claire. M. F.C. qui revenait de Touba [.] a percuté un phaco sorti subitement de la boussaille. FM., 04.11.1982. [.] des lions, des hyènes*, de disgracieux phacochères. Oberlé 1983 : 22. Haltenorth / Diller, 1985 : 12. Les phacochères occasionnent quelquefois des dégâts importants aux cultures périphériques du Parc [: de la Comoé]. Bousquet, 1992 : 155. Dans le centre et le nord, l'agouti*, le phacochère sont préparés généralement en ragouts qui ont une saveur de venaison. Rémy, 1996 : 213. Un phaco blesse deux enfants. Ivoir'Soir, 05.05.1998.

SYN.: cochon* sauvage, sanglier*, sanglier* à verrues.

 

pharmacie-trottoir, n.f. Fréq., oral, écrit, tous milieux urbanisés. Etal de vente de médicaments (traditionnels ou non), disposé à même le trottoir dans une rue ou un marché. Sus donc aux pharmacies-trottoirs qui, selon les professionnels créent beaucoup plus de problèmes qu'elles n'en résolvent. FM., 18/19.1996.

SYN.: (part.) pharmacie ambulante.

 

pharmacien, Fréq., oral, écrit, tous milieux.

1- pharmacien ambulant, n.m. V. PHARMACIE* PAR TERRE. Revendeur ambulant de médicaments (traditionnels ou non) qui assume généralement - bien que n'en ayant pas le diplôme- un rôle de pharmacien conseil. [.] les incroyables itinéraires thérapeutiques effectués par les malades dans les grandes villes africaines. Un véritable parcours du combattant qui les conduit d'un CHU à un tradipraticien*, d'un féticheur* à un pharmacien ambulant, d'un infirmier de quartier à un "prophète"* ou un marabout* pour tenter de recouvrer la santé. Jeune Afrique, 06/12.03.1996 : 38. Résultat : les gens sont de plus en plus nombreux à s'approvisionner auprès de pharmaciens ambulants qui vendent les médicaments au détail, sans ordonnance, prodiguent les conseils, osent parfois un diagnostic gratuit, et reprennent même les médicaments que le client leur retourne quand il est guéri. Jeune Afrique, 06/12.03.1996 : 38.

2- pharmacienne par terre, n.f. V. PHARMACIE*-TROTTOIR. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Femme installée sur le trottoir d'une avenue où elle présente aux passants un étalage de médicaments variés, parfois traditionnels, parfois de spécialités pharmaceutiques. J'ai de l'aspro que j'ai payée* à une pharmacienne par terre, au Plateau*. (Couturière, Abidjan, 1990). Des réseaux parallèles approvisionnent les pharmaciennes par terre dont le statut à la limite de la légalité les soumet à toutes sortes d'abus. Jeune Afrique, 27 avril-3 mai 1995 : 36-37

 

pharmacopée traditionnelle, n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux, mélior. Science des guérisseurs traditionnels africains qui soignent les patients de diverses maladies par des préparations qu'ils composent généralement à base de plantes. Ensemble des médicaments et des traitements para-médicaux ainsi élaborés, auxquels les scientifiques s'intéressent depuis un certain nombre d'années. Hier, tout simplement niée et reléguée au rang d'un fétichisme* proscrit par les somnités scientifiques, la pharmacopée traditionnelle a aujourd'hui droit de cité. I.D., 03.02.1980. Ce planton*-marabout a été légalement initié dans son enfance aux vertus de la médecine et de la pharmacopée traditionnelle et sa réputation de guérisseur lui amène encore d'autres clients. Bonnassieux, 1987 : 200.

 

phase, n.f. Dispon. oral, écrit, tous milieux, fam.

1- Phase ! interj. Exclamation admirative.

2- n.f. Improvisation individuelle faite par un danseur ou une danseuse sur un rythme donné et qui provoque l'admiration du public. En mauvaise part, invention destinée à attirer l'attention, simagrée. Tu as vu cette phase ? Il connaît* danser ce type ! (Jeune, Abidjan, 1990). Hum ! Allany, c'est quelle phase ça encore? [: ne plus vouloir parler aux journalistes] Comment tu vas faire la promotion de ton album ? Ivoir'Soir, 28.05.1998.

LOC.: faire une/ des phase(s), sortir les phases.

3- phase(s), (faire une / des ----), loc.verb. Mélior. Improviser, inventer des variations et des pas lors d'une danse. Peut aussi prendre une connotation péj.: chercher à se faire remarquer, vouloir absolument attirer l'attention générale. Je ne veux pas sortir avec lui, il veut toujours faire des phases et se faire admirer ! (Secrétaire, Bouaké, 1986).

4- phases, (sortir les ---- ) loc.verb. Faire une démonstration (de danse, de mouvements sportifs,... ). Ma chère, après les cours d'avant hier, j'ai voulu faire une démonstration de bôrô d'enjaillement*.Quand je me suis accrochée au bus et que j'ai commencé à sortir les phases, tout le monde criait. Ivoir'Soir, 02.04.1998 (BD.)

 

physalie, n.f. Spéc., (faune). (Physalia pelagica). Sorte de méduse aux longs filaments urticants bleutés, souvent rejetée sur les plages. La physalie est parfois improprement appelée "argonaute", nom désignant en fait un mollusque céphalopode tout à fait inoffensif et pourvu d'une coquille extrêmemnt fragile. Marche-Marchad, 1969 : 77.

SYN.: argonaute (impr.), poumon marin, bonnet flamand (ouvrages scient.)

 

pia, n.m. V. GNON*. Qui m'a piqué mon pia ? (Collégien, Abidjan, 1992).

 

piac-piac, n.m. Spéc., (faune). (Ptilostomus afer Linn.). Gros corvidé noir de suie à longue queue pointue étagée roussâtre et raide. Hérons garde*-boeufs, buphages* et piacs-piacs sont des compagnons fréquents de l'éléphant. Haltenorth /Diller 1985 : 112. Serle / Morel, 1988 : 178. Signalé (Comoé), Bousquet, 1992 : 156.

SYN.: corbeau piac-piac.

 

piair, n.m., V. PIA*, PIERRE*, GNON*. Décrou le piair* ou ce sont les pompiers qui vont venir te chercher ! (BD.: Aboule le fric ou tu vas avoir besoin du SAMU ! Ivoir'Soir, 05.01.1998).

 

pian, n.m. Spéc., (santé), (du galibi, l. amérindienne) .

1- Tréponématose (due à Treponema pertenue), non vénérienne, non congénitale, endémique, touchant surtout les enfants. La transmission se fait par contact direct entre personne saine et individu malade, plus rarement par l'intermédiaire d'objets souillés ou de piqûres d'insectes. Il faut vous préciser qu'il y a eu des années où la tuberculose, le pian et surtout la lèpre étaient fréquents dans la région. FM., 23.12.1980. Le secteur a également la charge du dépistage et du traitement des fleaux sociaux que sont la trypanosomiase* (maladie* du sommeil), la lèpre*, l'onchocercose*, le pian, la bilharziose* et la tuberculose. FM., 27/28.12.1980. Mazer /Sankalé, 1988 : 392. [.] ils [: les sorciers] constatèrent que le Blanc [.] guérissait le pian, le pied, la main et le ventre. Kourouma, 1990 : 68. Lutte contre le pian : plus de 1550 cas traités. FM., 18.09.1990. Eradication du pian : la dose unique. FM., 06/07.02.1993.

DER.: pianique*.

COMP.: pian crabe.

2- pian-crabe, n.m. Lésion pianique* cutanée qui se situe au niveau de la paume des mains ou de la plante des pieds. Au niveau de la paume des mains ou de la plante des pieds, les pianomes cutanés brisent la couche cornée et la base est cisaillée entre les deux lèvres de l'ulcération : c'est le pian-crabe douloureux, fréquent chez les enfants d'âge scolaire marchant pieds nus. Gentilini /Duflo, 1977 : 236.

 

pianique, n.m. adj. Spéc., (santé).

1- n.m. Malade atteint du pian*. Les équipes médicales ont décelé plus de 1559 pianiques. FM., 18.09.1990.

2- adj. Relatif au pian*. [.] il a même physionomie débarrassée des lésions pianiques. FM., 06/07.02.1993

 

piatou, [pjatu], n.m. Spéc., (flore), (du krou). (Dypetes Aubrevillei Léan.). Petit arbre de la fam. des Euphorbiacées. Aubreville, 1959, II : 54.

 

pic, n.m. Spéc., (faune). Oiseau arboricole grimpeur au bec droit et pointu. Localement on distingue : le pic à taches noires (Campethera punctuligera Wagler) à tête cramoisie, dessus jaune olivâtre moucheté, dessous doré ; le pic barré à dos d'or (Campethera maculosa Valenciennes), vert et jaune avec front, calotte et nuque rouge chez le mâle ; le pic tacheté (Campethera nivosa Swainson), brun et crême ; le pic à oreillons bruns (Campethera caroli Malherbe), un peu plus grand ; le pic cardinal (Dendropicos fuscescens Vieillot), le plus commun, olive et blanc strié de noir ; le pic gris (Mesopicos goertae Müller), gris à tête et croupion écarlate, dessus olive nuancé de doré, savanicole ; le pic à ventre rouge (Mesopicos pyrrhogaster Malherbe), grand, et remarquable par ses couleurs olive doré, rouge et noir. Serle / Morel, 1988 : 144-148. Signalés (Comoé, Taï) : pic à oreillons bruns, p. à ventre rouge, p. barré à dos d'or, pic d'Elliott (Mesopicos elliottii Cassin), p. tacheté, pic vert du Gabon.(Dendropicos gabonensis Verreaux). Bousquet, 1992 : 172.

 

picatharte chauve [de Guinée], n.m. Spéc., (faune). (Picathartes gymnocephalus Temminck = p. oreas Reichenow). Sorte de corbeau d'aspect étrange, efflanqué avec un long cou, une longue queue, des pattes longues et robustes, le dessus gris, le dessous blanc, la tête, nue, jaune vif avec une grosse tache noire de chaque côté de l'occiput. (blocs rocheux de forêt humide). Fam. des Corvidae. Serle /Morel, 1988 : 179.

SYN.: picatharte du Cameroun.

 

pick-up, n.m.Vx. Petit camion haut sur roues, souvent à 4 roues motrices, avec plate-forme pour une demi-tonne de charge utile. [.] le compteur de notre pick-up enregistrait à la fin de notre périple 50 000 km. Kerharo /Bouquet, 1950, b.: 58.

 

picule, n.m. Spéc., (faune). (Sasia africana = Verreauxia africane Verreaux). Sorte de minuscule pic de sous-bois, (8 cm) à dessus vert et jaune, dessous gris, tache rouge autour de l'oeil. Serle /Morel, 1988 : 146. Signalé (Taï). Bousquet, 1992 : 172.

SYN.: picumne* de Verreaux.

 

picumne de Verreaux, n.m. V. PICULE*.

 

pie, n.f. V. CORBEAU*-PIE. Nom impropre du corbeau africain qui est noir et blanc.

 

pièces, n.f.pl. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- Papiers d'identification d'une personne (: pièce d'identité) ou d'un véhicule. Depuis 1979, toutes mes pièces sont perdues. FM., 13.04.1981. Jamais un état civil n'a été aussi mal structuré. Encore mieux vaudrait-il la peine d'aller à Abidjan pour établir les pièces. FM., 17.04. 1981. On n'accède à la cour intérieure qu'après vérification des pièces. FM., 09.09.1986. Et lui ?  Ya na pas pièces !! Jano, 1987 : 13. Défaut de présentation de pièces. Aie ya yaie ! Entre deux coups de matraque, notre ami implore le policier [.]. Y. Konaté, 1987 : 141. On t'arrête si tu n'as pas tes pièces, par exemple de carte d'identité mais aussi quand tu ne peux pas prouver que tu as un emploi régulier avec une carte de travail [.]. Bonnassieux, 1987 : 119. Amis les flics ! Sympas, le sourire en coin, ils vous regardent dans les yeux. Vos pièces ! Ivoir'Soir, 06.11.1997. [.] lorsqu'un policier vous arrête, il vous demande d'abord les pièces de votre voiture. Ivoir'Soir, 18.11.1997. [.] il aurait selon les informations recueillies à la police, refusé de présenter ses pièces. Ivoir'Soir, 02.02.1998.

COMP.: pièces afférentes.

2- pièces [afférentes], loc.nom.f.pl. Terme administratif très largement utilisé. Ensemble des documents officiels que doit présenter un conducteur lors d'un contrôle de police : carte grise, permis de conduire, carnet d'entretien. N'ayant pu entrer en possession de toutes les pièces afférentes au véhicule [.]. FM., 22.08.1990. Où sont les pièces afférentes ? (Policier, Abidjan, 1997).

 

pied, n.m.

1- Fréq., oral, basilecte. Pas toujours distingué de "jambe". Il s'est cassé le pied peut signifier aussi il s'est cassé la jambe.

2- Usuel, oral, écrit, mésolecte, basilecte, plaisant. Nombreuses locutions.

- pied la route, (faire [son] ---- ), (prendre son ---- ), loc. verb.  Marcher à pied. "Et comment tu reviendras ?" - "Si je n'ai pas d'occasion*, je prendrai mon pied la route !!" (Etudiants, Abidjan, 1984). Nous n'avons même pas beaucoup fait pied la route, même pas un kilomètre [.]. Kourouma , 2000 : 46).

SYN.:  gratter*, piétiner*.

- pied (ton ---- mon ---- ), loc.nom. Locution évoquant le grand amour : là où tu vas, je vais aussi. Elle peut aussi exprimer une intention humoristique: tu ne te sépareras pas de moi comme ça! Certains pagnes évoquent l'amour :"Mon pied, ton pied" est un pagne à succès. Gaudio /Roekeghem, 1984 : 161. Ce pagne qui s'appelle "ton pied mon pied" symbolise la fidélité tout en traduisant implicitement cette inquiétude permanente qui ronge d'imaginer son homme demain avec une autre. La où vont les pieds de mon chéri*, là iront les miens, toujours ensemble, inséparables. A. Touré, 1988 : 130. Crois-tu que je ne sais pas apprécier les bons restaurants et le reste ?  Dorénavant, ce sera ton pied, mon pied. M.Coulibaly, 1992 : 15. Monsieur "Vava" et Marie- Jo, c'est "ton pied, mon pied". Et le "Vava national* fait son chemin, clamant à qui veut l'entendre que le mariage avec Marie-Jo c'est pour bientôt. Ivoir'Soir, 01/02/03.08.1997.

- pieds, (marcher dans la trace des ---- de qqun), loc.verb. Marcher sur les traces de qqun., suivre les traces de qqun. Il veut faire* médecin et marcher dans les traces des pieds de son père. (Mère de famille, Abidjan, 1987).

3- pied de boeuf, n.m. Spéc., (flore). V. BAUHINIA*.

4- pied de chameau, n.m. Spéc., (flore).V. BAUHINIA*.

 

pie-grièche, n.f. Spéc. Terme générique désignant plusieurs oiseaux de la fam. des Laniidae. On distingue, entre autres, localement : la pie-grièche cubla de Gambie = cubla* (Dryoscopus gambensis Liechtenstein), de coloration très différenciée chez les deux sexes : noir brillant et blanc pour le mâle, gris et fauve pour la femelle ; la pie-grièche variable (Malaconus [Chlorophoneus] multicolor Gray) aux brillantes couleurs ; la pie-grièche soufrée (Malaconatus sulfureopectus Lesson) aux vives colorations ; la pie-grièche ensanglantée (Malaconatus cruentus Lesson), gris-bleu, jaune et rouge ; la pie-grièche de Blanchot (Malaconatus blanchoti Stephens), savanicole, gris, vert jaune et orange ; la pie-grièche fiscale (Lanius collaris Linn.), noire et blanche, élancée, agressive, à longue queue. Serle /Morel, 1988 : 164-168. Signalées (Taï) : pie-grièche à front blanc (Malaconotus bocagei Reichenow) ;  pie-grièche verte de Lagden (Malaconotus lagdeni Sharpe) ; pie-grièche cubla de Gambie ;  pie-grièche cubla à gros bec (Dryoscopus sabini Gray) ; pie-grièche cubla à oeil rouge = cubla* (Dryoscopus senegalensis Hartlaub) ; pie-grièche nicator = nicator* (Lanius chloris) ; pie-grièche variable (Malaconotus multicolor Gray) ; pie-grièche verte ensanglantée, signalées (Taï) ; pie-grièche fiscale (Marahoué). Bousquet, 1992 : 172.

 

pierre, piair, n.m. V. PIA*, Fréq., argot urbain, nouchi.

1-  Fric, argent. "Hm !-Hm ! t'as les pierres ?"-"Euh, tu vois frère*, on a déjà investi dans l'essence.. Wallaye *!!! Jano, 1987 : 2. Ici, à la gare, tout le monde se bat pour gagner un peu de "pierre"*. Si le jeton* ne tombe pas, le "vieux père*" devient furieux. Afrique matrimoniale, 22.03.1995. Ce dernier [.] "graou"* le reste du "pierre". Bôl Kotch, 28.03.1995. Le pierre est fini ou quoi ? Vous pouvez nous le dire les gars, y a pas drap* car il n'y a pas de honte à inviter que des stars locales. Ivoir'Soir, 21/22/23.11.1997. Organiser un arbre de Noei? De quoi? Pas question! Allons boire avec le piair. (BD.) Ivoir'Soir, 26/27/28.12.1997.

COMP.: pierre-tché.

SYN.: badge*, balles*, caillasse*, ché*, djètè*, fac*, gainz*, kpoh*, jeton*, ligbi*, makouta*, pia*, ro*,wari*, zaïre*.

2- pierre-tché, n.m. (hybride français / mandenkan). Richard, type plein aux as. Yves, il est sapé *comme un pierre-tché! (Etudiant, Abidjan, 1994).

4- pierre d'aigris, pierre de Popo, n.f. V. PERLE* D' AIGRIS. Les pierres d'aigris faisaient l'objet d'un commerce intense sur la Côte du Bénin (cf. Mauny, notes africaines, n°42, avril 1949 : 33-35). On les trouveraient dans les sites archéologiques de Grand-Popo (d'où son nom de pierre de Popo) et de Kétou. Ces pierres d'aigris, très recherchées, représentaient une valeur en or considérable. Les familles qui en possèdent encore, les considèrent comme l'un des éléments les plus précieux de leur trésor*. Bouaké, Etude régionale,1963 : 69.

5- pierre de feu, pierre du ciel, pierre de foudre, n.f. Spéc. Nom donné localement aux haches préhistoriques en pierre taillée ou polie que l'on suppose tombées du ciel. Ces pierres en formes de hache, de racloirs, de marteaux ou de gouges sont appelées par les indigènes pierres de feu ou pierres du ciel parce que ceux-ci ont la conviction que leur chute sur terre accompagnait la foudre. Simon M., 1973 : 74.

6- pierre de Popo, n.m. V. PERLE* D'AIGRIS.

 

piessos, [pjDsCs], n.m. pl. Argot urbain., fam., péj. Logement, "piaule"."Moi j'habite les deux Plateaux et toi ?"-" Bien moi, c'est un peu compliqué,[.] mais de toute façon comme j'ai les numéros de vos "piessos" alors je serai le premier à venir vous voir." Otitro, 1984 : 45.

 

piétiner, v. intr. V. GRATTER*. Je refuse de piétiner jusque chez toi! (Infirmière, Abidjan, 1984).

 

pigeon, n.m. Spéc., (faune). Gros oiseau de la fam. des Columbidae. On distingue localement : le pigeon gris écailleux (Columba univincta Cassin), strictement forestier ; le pigeon à nuque bronzée (Columba malherbi Verreaux), à tête et dessous gris et dessus cuivré à reflets verts ou violets, forestier ; le pigeon des palmiers (Columba guinea Linn.), lié à la présence du palmier borassus, le pigeon vert [à front nu] = pigeon des rôniers = colombar* (Treron [vinago] australis Linn.), espèce arboricole de savane ou de forêt : le pigeon à épaulettes violettes (Treron waalia Meyer) qui se distingue du précédent par son ventre jaune citron et ses épaulettes violettes. Effectivement Adou se sentait étranger à ces grands garçons avec qui il ne pouvait parler sans effort que du passé, des abeilles, des touracos*, des pigeons verts, des fourmis-magnans* qui avaient dévoré son petit singe* vert en une nuit. Du Prey, 1979 : 38. En lisière des forêts, on rencontre des pintades, perroquets gris et verts, francolins*, cailles, pigeons verts, tourterelles [.] Oberlé, 1983 : 28. Serle /Morel, 1988 : 95-98. Pigeon gris écailleux et pigeon vert à front nu signalés (Marahoué, Taï). Bousquet, 1992 : 172.

COM.: localement le Treron australis et le Treron waalia sont confondus sous la dénomination usuelle de pigeon vert.

 

pignon d'Inde, n.m. V. POURGHERE*.

 

pili-pili, n.m. Fréq., oral, surtout Européens. V. PIMENT* ENRAGE. Terme générique pour désigner tout condiment à base de piment rouge très fort (frais, pilé ou conservé dans l'huile, le vinaigre, l'alcool.). Par extension, toute sauce rouge assaisonnée de piment fort. [.] repas aux chandelles avec juste ce qu'il faut de pili-pili pour satisfaire l'exotisme sans déranger le foie. Arnaut, 1976 : 11. Sachez par exemple qu'au Pavillon, il y aura tous les midis un buffet Noël au pili-pili. FM., 19.11.1979. [.] le maquis* du stade sert des poulets kedjenou*, si vicieusement assaisonnés de pili -pili*. Gombeaut et alii, 1990 : 79.

 

piller, v.tr. Fréq., oral, écrit, tous milieux. Voler, "piquer", sans idée de violence ni de désordre. [.] impunité pour les hommes du pouvoir quelles que soient la somme pillée, la faute commise, et les rigueurs de la loi pour les seuls petits* même pour des peccadilles. Nouvel horizon, n°138, 1992. Maintenant y a des enfants* qui pillent le sac de leur maman et qui veulent la battre si elle crie ! (Revendeuse, Abidjan, 1993).

 

piment, n.m. Fréq., oral, écrit, tous milieux.

1- Nom donné à plusieurs variétés de plantes de la fam. des Solanacées dont les baies plus ou moins charnues, de couleur rouge ou jaune et de saveur plus ou moins brûlante sont utilisées comme condiment. On distingue particulièrement le piment enragé = piment cerise = piment bouc (Capsicum frutescens Linn.) très piquant qui la taille sphérique d'une petite cerise ; le piment des oiseaux (Capsicum annuum), à la saveur tout aussi brûlante. Le piment d'Accra est une autre variété à fruit long et peu piquant. Enfin le piment des Blancs est le fruit du poivrier cultivé de la fam. des Pipéracées (Piper nigrum Linn) qui est celui du commerce. Roberty, 1954 : 300.

COM.: le piment des oiseaux est ainsi nommé car les oiseaux, par leurs excréments, en dissiminent les graines.

LOC.: manger piment, manger piment dans la bouche d'autrui.

SYN.: pili-pili*, piment pili-pili (pour les variétés rouges les plus brûlantes).

2- Sauce à base de piment rouge et fort. C'est un Blanc mais il mange piment comme nous. (Couturière, Bouaké, 1984).

3- piment, (manger ---- dans la bouche d'autrui ), loc.verb. V. BOUCHE*. Si A. n'a trouvé personne pour manger son piment dans sa bouche, il faut bien qu'il le broie lui-même son piment. Nouvel Horizon, 15.01.1993.

 

pinasse, n.f. Vieilli., oral, écrit, tous milieux, sud lagunaire. Embarcation à moteur du réseau lagunaire pouvant transporter une cinquantaine de personnes. Un toit protège les voyageurs et les bagages du soleil. D'autres pirogues, d'autres pinasses s'apprêtent à prendre le large [.] Anoma Kanié, 1978 : 286. [.] Une pinasse à moteur puissant chargea Adou et son équipe. Du Prey, 1979 : 83. Les deux hommes se trouvaient en compagnie d'autres passagers à bord d'une pinasse. FM., 19.11.1980. Cette pinasse dont la construction est prévue sur un chantier naval [.]. FM 13.05.1981. L'apparition de bateaux-bus* et le monopole de la Sotra* menacent l'existence des propriétaires de pinasses. FM., 30/31 01.1982. [.] leurs débarcadères pour pinasse [.]. Tilliette, 1984 : 29. [.] la guerre sans merci engagée par les bateaux-bus* contre les pinasses. A. Touré, 1985 : 268. De vieilles pinasses de bois s'effacent progressivement devant les bateaux-bus* vert et crême de la Sotra*. David, 1986 : 80. Le vieux pionnier sénégalais de Nigui-Assoko peut raconter quarante ans de souvenirs lagunaires, et, comme pour lui donner raison, passe au même instant dans le bout de son jardin une vieille pinasse sans couleurs qui a encore le courage de faire de temps en temps la liaison Abidjan-Lahou par la lagune en vingt-quatre heures... David, 1986 : 107. [.] Tapsoba, qui est parvenu à acheter une pinasse afin de transporter les passagers sur la lagune [.]. Bonnassieux, 1987 : 33. Nous n'avons ni navire, ni pirogue, ni pinasse. M. Bandaman, 1993 : 142. Rien qu'en pensant à nos pinasses de la lagune Ebrié, je frémis de peur. Ivoir'Soir, 18.09.1997. Mais selon le jour d'arrivage des pinasses ou des camions [.] le poisson frais est étalé à partir de 16 h. Ivoir'Soir, 26.03.1998.

SYN.: bateau*-bus (part.), pétrolette*.

DER.: pinassier*.

COMP.: quai aux pinasses.

 

pinassier, n.m. Vieilli, oral, écrit, tous milieux. Conducteur de pinasse*. La situation est intenable pour les pinassiers. FM.: 30/31.01.1982. En 1982, en jetant sur l'eau quelques dizaines de bateaux-bus* fraîchement débarqués de France, la même SOTRA* faisait péricliter le commerce des pinassiers initiateurs du transport sur la lagune. A. Touré, 1985 : 253

 

pincer [les cordes de] la cora, loc.verb. Dispon., oral, écrit, mésolecte. V. CORA*. Jouer de la cora. Le maître-griot* pinça les cordes de sa cora. Kourouma, 1990 : 19. Tu pinces la cora, je crois ? (Professeur, Abidjan, 1997).

 

pintade, n.f. Spéc., (faune). Oiseau terrestre de la fam. des Phasianidae. On distingue localement la pintade commune = pintade sauvage (Numida meleagris Linn.) grise : la pintade huppée (Guttera edouardi Harlaub), à huppe de plumes noires bouclées, gorge nue et rouge, cou déplumé bleu. Serle /Morel, 1988 : 55-58. Des pintades sauvages ou des perdrix* s'envolaient de temps à autre en poussant leurs cris aigus. Koné, 1976 : 13. Pintade huppée signalée (Comoé, Marahoué, Taï, Azagny), pintade à poitrine blanche (Agelastes meleagrides Bonaparte) (Taï). p. commune (Comoé). Bousquet, 1992 : 179.

 

pinté, (être ---- ), loc.verb. Dispon., fam. mésolecte, basilecte, péj. Etre saoul. Tenant à peine sur ses jambes, car pinté à mort, C.S. entre dans le maquis* d'à côté [.]. Ivoir'Soir, 08.07.1997. Galilée qui, alors qu'il était pinté, a eu l'intuition que la terre tourne autour du soleil. Ivoir'Soir, 01.10.1997. Etre pinté au volant d'une fusée, ça risque d'être compliqué pour le retour sur terre. Ivoir'Soir, 02/03/04.01.1998. Pour faire ce qu'ils ont fait, ces bouchers devaient être plus pintés que les ânes suppliciés. Ivoir'Soir, 24.03.1998.

DER.: pinteur*.

 

pinteur, n.m., Dispon., argot urbain, péj. Gros buveur, saoulard. Encore une trouvaille pour décourager les drogués et les pinteurs. Ivoir'Soir, 21.08.1997.

 

pipangaye, pipengaille, n.m. V. LIANE-EPONGE*. Roberty, 1954 : 93.

 

pipigbalé, [pipigbale], n.m. Spéc., (flore). (Parkia filicoïdea Wellw. ex Oliv.). Grand arbre de la fam. des Mimosées à fleurs en boules rouges pendant au sommet de longs pédoncules souples. Aubreville. 1959, I : 238.