Dans environ un tiers des cas, les patients atteints d'infection HIV patente présentent de discrètes anomalies cognitives. Un autre tiers de ces patients développe un syndrome démentiel progressif (encéphalopathie sub-aigue), avec ou sans autre manifestation de la maladie. Le profil des déficits cognitifs de cette démence évoque celui d'une démence sous-corticale. Les manifestations neuropsychiatriques varient beaucoup d'un sujet à l'autre, mais associent généralement un ralentissement psychomoteur, un retrait social et une relative préservation du langage. Elles sont au début difficiles à distinguer d'un syndrome dépressif. Les anomalies histopathologiques rencontrées dans la démence du SIDA affectent la substance blanche et la substance grise. La seule cellule infectée par le virus est la cellule microgliale. La pathogénie de la démence du SIDA est encore mal connue: une hypothèse serait une toxicité indirecte du virus sur les neurones par l'intermédiaire de récepteurs. Il existe aussi des modifications cérébro-vasculaires (calcification et inflammation) (1). En raison du couplage entre métabolisme et débit sanguin régional, le mécanisme, métabolique ou vasculaire, des défects observés en tomographie d'émission de positons (TEP) ou monophotonique (TEMP) n'est pas encore élucidé.
Aucune
En imagerie fonctionnelle cérébrale, des asymétries sous corticales ou des défects corticaux multiples ou isolés de distribution variable ont été observés chez des patients présentant une encéphalopathie sub-aigue HIV (1,2). La répétition des examens a montré une augmentation des anomalies de perfusion parallèle à l'aggravation des symptômes cliniques (3). Il a été également montré qu'il était possible de faire une distinction à l'aide de la TEMP entre démence HIV et psychose non HIV (4). En revanche, il n'est pas possible de différencier la distribution des hypoperfusions présentées par des utilisateurs chroniques de cocaine et par des patients atteints de démence du SIDA (5). De plus, des anomalies de perfusion ont été aussi décrites chez des sujets séropositifs asymptomatiques, avec examen IRM négatif (3,6).
Le développement d'une démence chez un patient HIV est signe de mauvais pronostic. Son diagnostic précoce est important pour la mise en oeuvre de thérapeutiques, bien que l'AZT n'ait pas fait la preuve de son efficacité dans ce cas précis. Le diagnostic repose sur l'apparition d'un syndrome démentiel, en l'absence d'anomalie focalisée sur les examens morphologiques. L'IRM peut mettre en évidence chez ces patients des hypersignaux au niveau de la substance blanche sur les images pondérées en T2, et/ou une atrophie cortico-sous corticale, mais est aussi souvent normale. Bien que la distribution des défects en TEMP ne soit pas spécifique, les résultats suggèrent que l'imagerie fonctionnelle peut être utile dans le suivi de la progression de cette démence et dans l'évaluation d'un effet thérapeutique (4,7).
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