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Colloque organisé par
l'URMIS, Unité
de Recherche Migrations et société (UMR7032),
sous la responsabilité de Swanie Potot, CR CNRS, potot@unice.fr
.
Le colloque s'est tenu à
Nice les 6, 7 et 8 décembre 2007. Il réunissait une
quarantaine de chercheurs venus de 14 pays et de 28 universités
ou centres de recherche différents, majoritairement européens.
En plus des participants, il a attiré une cinquantaine d'auditeurs
: travailleurs sociaux, étudiants, journalistes, enseignants
Problématique :
Nous sommes partis de l'observation selon laquelle,
dans un contexte socio-économique en mutation, l'emploi des
étrangers revêt de nouvelles formes. Le contexte mondial
est en effet marqué par l'augmentation de la concurrence
internationale, due parallèlement à l'évolution
technologique et à la libéralisation des marchés.
Or, en Europe, aire géographique qui intéresse plus
particulièrement les membres de ce colloque, cette situation
s'est accompagnée, au plan politique, de la construction
et de l'élargissement de l'UE.
Si l'ouverture des marchés du travail des
différents pays de l'UE à ses nouveaux membres est
encore partielle, ces évolutions interrogent pourtant depuis
plusieurs années déjà la nature même
des migrations de travail : on parle aujourd'hui de travailleurs
temporaires, de travailleurs détachés ou encore de
saisonniers, tandis que le " migrant " semble avoir disparu
ou être le reliquat condamnable d'une époque révolue.
En effet, si les prestations de service internationales et l'introduction
de travailleurs temporaires sont de plus en plus favorisées
par la législation européenne ; cela s'accompagne
d'un discours politique de fermeture des frontières et d'une
volonté fréquemment affichée de limiter l'installation
de nouveaux étrangers. Ce que le président français
a récemment traduit par une politique valorisant une "
migration choisie " au détriment d'une migration de
peuplement, dite " subie ".
Qu'ils soient désormais ressortissants de
l'UE ou bien laissés à la marge de celle-ci, les migrants
se trouvent dès lors pris dans des ensembles de contraintes
qui apparaissent comme inédits par de nombreux aspects. Ce
sont ces aspects, qu'ils soient législatifs, sociaux, d'ordre
économiques ou encore politiques, qu'un certain nombre de
communicants se sont attachés à rendre intelligibles
à travers de nombreux cas d'étude et selon des approches
et des disciplines diverses.
Dans le même temps, cette donne nouvelle ouvre
la porte à de nouvelles pratiques de la part des migrants
qui, semble t-il, ont aujourd'hui plus de facilité à
rester inscrits dans la mobilité. S'ancrant alors dans des
espaces socio-économiques différenciés, ils
tirent avantage de multiples opportunités, fussent-elles
précaires, sur des espaces territoriaux de plus en plus vastes
et mettent en relation leurs espaces d'origine et ceux où
ils s'arrêtent, souvent temporairement, pour travailler.
En multipliant les cas d'étude à travers
l'Europe, un des objets de ce colloque fut ainsi de se pencher sur
l'articulation entre contraintes et opportunités qui conditionnent
l'existence même de ces mouvements.
Lors de ces journées, nous avons choisi de
mettre l'accent sur les situations les plus équivoques de
mise au travail des migrants, où se conjuguent pénibilité
du travail, opacité relative des situations au regard de
la loi et forte précarité de l'emploi (prostitution,
agriculture, travail domestique, bâtiment
). Ce choix
ne résulte pas d'un parti pris misérabiliste mais
du postulat selon lequel ce sont dans ces interstices fragiles,
et de part leur fragilité même, que se construisent
et se testent les formes les plus avancées de dérégulation
du travail. Ces journées ont donc interrogé l'articulation
entre travailleurs étrangers/ travailleurs nationaux ainsi
que les liens qui existent entre travail légal/illégal
; formel/informel.
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