PROJET SCIENTIFIQUE - AXE 1 PERFORMANCE SPORTIVE

 

 

Projet du Laboratoire Motricite Humaine Education Sport Santé (EA 6309)

  • Université Nice Sophia Antipolis (UNS), établissement principal
  • Université du Sud Toulon Var  (USTV), établissement secondaire

 

Le projet scientifique du LAMHESS comprend deux axes regroupant six thèmes principaux :

Axe 1

Déterminants et conséquences physiologiques et/ou psychologiques de la performance sportive de haut niveau :

  • Performance croyances et transgression
  • Performance et longévité
  • Performance, fatigue et récupération

Axe 2

Facteurs de risque et de protection des comportements de santé de populations en situation de vulnérabilité

  • Epidémiologie du vieillissement accéléré par des pathologies chroniques
  • Facteurs psychosociologiques de l’engagement durable dans l’activité physique chez des populations spécifiques
  • Effets de programmes d’intervention à des fins d’éducation ou de santé

 

 

 

Axe 1. Déterminants et conséquences physiologiques et/ou psychologiques de la performance sportive de haut niveau

 

 

Responsables : Serge Colson (UNS) et Thierry Bernard (USTV)

 

Une des caractéristiques de la région PACA est la présence du sport de haut niveau, d’une part, par le nombre important d’athlètes résidant dans cette région. Depuis plus de 20 ans, plusieurs chercheurs participant à ce projet développent des activités de recherche liées à la compréhension de l’adaptation physiologique, à la prévention des troubles liés au surentraînement, aux déterminants psychologiques et aux stratégies d’optimisation de la performance chez le sportif de haut niveau. Ces travaux se sont concrétisés par de nombreuses conventions avec les fédérations sportives, avec les clubs régionaux de haut niveau de performance, le Ministère de la Santé et des Sports, le Ministère de la Défense, des conventions de recherche actuelles avec l’INSEP et avec le CREPS Sud Est qui gère l’ensemble des pôles France sur la région PACA. Cette configuration unique en France dans le monde universitaire permet de proposer un projet de recherche centré spécifiquement sur les problématiques liées à cette population des sportifs de haut niveau. Les thématiques de cet axe font suite aux travaux antérieurs ou en cours ; bien que spécifiquement centrés sur la haute performance, les projets développés s’intéressent, pour une part, à la relation entre pratique sportive de haut niveau et vulnérabilité, s’articulant ainsi avec les thématiques de l’axe 2.

 

 

Performance croyances et transgression

Si le sport est un vecteur de développement moral, il est aussi, notamment lorsque les enjeux compétitifs s’élèvent, l’occasion de nombreux comportements de transgression. Depuis les simples incivilités, jusqu’au dopage, en passant par les comportements d’agression physique ou verbale, ces comportements sont monnaie courante, quelles que soient les disciplines sportives (Weiss, Smith, & Stuntz, 2008), et sont souvent jugés comme des moyens supplémentaires d’élever la performance (Corrion, Long, Smith, & d’Arripe-Longueville, 2009). Par ailleurs, dans les sports à visée esthétiques, les désordres alimentaires sont également instrumentalisés au profit de la performance (Scoffier, Maiano, & d’Arripe-Longueville, 2010).Dans les projets que nous souhaitons développer, nous nous proposons d’intégrer les apports du modèle socio-cognitif révisé par Cury et al. (2006) et ceux des modèles sur les stéréotypes, pour expliquer les comportements de transgression des règles, de désordres alimentaires ou de performance. Plus précisément, nous souhaitons examiner, (a) l’effet de menace du stéréotype sur les buts d’accomplissement et la performance, à partir d’indicateurs physiologiques de force et de variabilité cardiaque ; (b) la modération des effets des stéréotypes par les théories implicites de l’habileté et leurs effets sur la performance et les comportements de tricherie ; (c) les effets de stéréotypes liés aux sportives pratiquant une discipline à visée esthétique sur l’internalisation des normes liées à la minceur, les perceptions de soi et les comportements alimentaires.>

 

 

Performance et longévité

Depuis une dizaine d’années, la participation des athlètes vieillissants ou encore «  master athlètes » a augmenté de façon considérable, notamment dans les épreuves de longue distance. En marathon, par exemple, les performances des masters s’améliorent de façon significative et permettent d’observer des performances inférieures à 3 heures pour des athlètes de plus de 70 ans (e.g., Trappe, 2007). Depuis les premiers travaux de Hill (1925), l'étude des performances « record » a souvent été utilisée dans la littérature pour étudier les mécanismes d'adaptation physiologique lors de l'exercice, et plus récemment, l’influence du processus de vieillissement sur ces mécanismes (e.g., Tanaka & Seals, 2007 ; Bakeret al., 2003). Au cours des travaux précédents que nous avons menés sur cette thématique, nous avons montré que le déclin des performances avec l’âge dans les activités de longue durée était indépendant du sexe, mais dépendait du mode de locomotion ou encore de la durée de l’exercice (Bernard et al., 2010 ; Lepers et al, 2010 ; Sultana et al., 2009). Par ailleurs, nous avons montré que chez des masters athlètes régulièrement entraînés en endurance, l’entraînement ne modifiait pas les altérations structurelles du muscle classiquement rapportées dans la littérature mais en revanche, permettait de conserver des adaptations fonctionnelles identiques à celles d’une population plus jeune (Bieuzen et al., 2009, Louis et al., 2009, Louis et al., 2012, Brisswalter & Nosaka, 2013). Dans ce cadre,nous nous proposons d’envisager les effets du vieillissement sur les capacités fonctionnelles de masters athlètes pour appréhender les mécanismes du vieillissement indépendamment des effets délétères de la sédentarité et pour identifier des stratégies pour maintenir le niveau de performance malgré l’avancée en âge.

 

 

Performance, fatigue et récupération

Les travaux que nous avons menés lors des quatre années précédentes se sont principalement attachés à identifier les caractéristiques de la fatigue induite par les pratiques de compétition et d’entraînement dans les activités de longue durée (e.g., Hausswirth & Brisswalter, 2008), la répétition de sprints (Blain et al., 2010, Amann et al., 2011) ou certaines activités aquatiques (Castagna et al., 2007, 2008 ; Vercruyssen et al., 2010). Les travaux ont : i) montré l’importance de la régulation centrale sur les mécanismes d’adaptation à la fatigue (Bernard et al., 2009 ; Garrandes et al., 2007b ; Blain et al., 2010 ; Hausswirth et al., 2010 ; Le Meur et al., 2009 ; Suriano et al., 2006), ii) permis d’identifier les relations entre l’altération de la fonction musculaire et la performance dans les activités de locomotion (Bieuzen et al., 2007, 2008 ; Gauché et al., 2009 ; Vercruyssen et al., 2008 ; Vercruyssen& Brisswalter, 2009), iii) mis en évidence que les cinétiques d’apparition de la fatigue pouvaient être influencées par l’activité sportive pratiquée (Garrandes et al., 2007a, 2007b).


De récents travaux menés notamment par des membres du laboratoire ont permis de mettre en évidence le rôle fonctionnel majeur de ce réseau afférent dans la réponse de l’organisme à l’exercice (Amann et al., 2011). Ces travaux démontrent que les afférences de type III-IV modulent la perception de l’effort et restreignent le niveau d’activation de la commande motrice centrale de manière continue au cours de l’exercice (accentuent la fatigue centrale), de sorte qu’un seuil critique de fatigue ne soit jamais dépassé. Lorsque ce niveau seuil est atteint, l’exercice est volontairement interrompu par le sujet ou l’intensité est drastiquement diminuée (Amann et al., 2011). De ce fait, plus celui-ci est atteint précocement, plus la capacité d’exercice et la tolérance à l’effort du sujet s’en trouve limitée.


Ces travaux seront poursuivis dans le projet à venir à travers l’étude des relations entre fatigue et récupération lors d’exercices épuisants (de longue durée ou de courte durée ; terrestres ou aquatiques) pour lesquels les mécanismes de fatigue périphériques et centraux sont nombreux et peuvent affecter à la fois les facteurs physiologiques et psychologiques de la performance.
Ces travaux auront pour objectifs principaux : a) la détermination des effets du niveau d’entraînement sur les mécanismes de contrôle de la fatigue musculaire périphérique, b) l’étude des effets de différentes stratégies de récupération chez le sportif de haut niveau sur les caractéristiques objectives (fatigue centrale, périphérique) ou subjectives (motivation, perception de la fatigue, de la douleur etc.. ) de la fatigue.

 

 

 

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