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Gwendoline TEMIME

SV1
Université de Nice Sophia Antipolis, France


DOSSIER DE ZETETIQUE :

 


NAZCA

et ses mystères

  © Laboratoire de Zététique UNSA 1999 & G. Temine
Toute reproduction - même partielle - est interdite sans autorisation écrite explicite. Demande à adresser au Laboratoire de Zététique
All rights reserved. No part may be reproduced in any manner whatsoever without written permission. Inquiries should be addressed to the Zetetics Laboratory


1-Historique et chronologie

1-1 Nazca : La ville

1-2 La découverte du site

1-3 Nazca et son héritage

1-3-1 Qui ?

1-3-2 Quoi ?

1-3-3 Comment ?

2-Géoglyphes et lignes : l'énigme et ses théories

2-1 Les scientifiques

2-2-1 Maria Reiche et Paul Kosok : un calendrier astronomique préhistorique

2-1-2 Henri Stierlin : l'aura bénéfique des tisserands

2-1-3 Johan Reinhard : le culte des dieux de la montagne

2-2 Les illuminés

2-2-1 Erich von Däniken : les pistes d'atterrissages extra-terrestres

2-2-2 Georg von Breunig : le site olympique

2-3 Les autres

3-Les poteries Nazcas

3-1 Description

3-2 Poteries et figures du site : acte volontaire ou de pur hasard

4-Conclusion

1-Historique et chronologie

Nazca est une petite ville d'environ 30 000 habitants, située dans l'hémisphère Sud sur la côte méridionale du Pérou en bordure pacifique. 450 km la sépare de Lima : la capitale du Pérou.

Elle se trouve dans une vallée verte entourée de montagnes à 619 mètres d'altitude. L'agriculture intensive de terres irriguées est la base économique de Nazca.

Le sol est de type alluvial et constitue le piedmont bordant le flanc occidental de la chaîne des Andes.

Ce n'est pourtant pas la ville qui nous intéresse mais un site fabuleux !Entrons dans l'histoire!

En 1920, des pilotes péruviens survolent la région. C'est entre le kilomètre 419 et le kilomètre 465 de la Panamericana Sur (" Southern Panamerican "),qu'ils aperçoivent au sol, une multitude de lignes qui s'étendent à perte de vue.

Mais en 1939, une découverte encore plus étonnante est faite par un éminent archéologue américain Paul Kosok. C'est dans un contexte de guerre qu'il décide de visiter le Pérou afin de mener une étude sur les systèmes d'irrigation de la région. En voyageant sur la Panamericana Sur, non loin de Palpa, il aperçut à distance, de longues lignes multiformes.

Le site se trouve entre la vallée du Rio Ingenio et la vallée du Rio Nazca mais pas en plein désert ! Il jouxte, en effet, les terres cultivées dans les vallées irriguées par les fleuves descendants de la cordillère . C'est ce que l'on appelle une pampa .

1-3 Nazca et son héritage

1-3-1 Qui ?

Il semble que 3 différents groupes soient à l'origine de ces vestiges :

*les Paracas (-900 à ?200 av. J.C)

*les Nazcas (-200 à 600 aps J.C)

*les colons d'Ayacucho (~630 aps J.C)

Cependant et nous le justifierons plus loin dans l'exposé, les seconds sont, le plus souvent, cités comme les créateurs.

Ce sont donc les civilisations Nazcas de culture préhispanique classique ayant vécues de 200 ans avant Jésus Christ à l'an 600 de notre ère . Cette culture est célèbre pour ses nécropoles ,au matériel funéraire abondant dont nous considérerons les remarquables céramiques ,mais surtout pour ses énigmatiques lignes enchevêtrées (500 mètres à 8 kilomètres) et ses figure tracées sur le sol . Ceci est un véritable témoignage de l'activité des peuples précolombiens .

Il faut savoir que le site, contenant non loin les unes des autres lignes, figures animales et figures géométriques, envahi des dizaines de kilomètres carrés . Ceci est une échelle non négligeable qui suscitera de nombreuses  " polémiques " que nous étudierons par la suite .

1-3-2 Quoi ?

Les Nazcas ont légué au monde un héritage extraordinaire :

Carte du site où les vestiges sont visibles

Les pistes
 

D'immenses pistes, en bordure des vallées, à l'aspect de vastes trapèzes, de rectangles ou de triangles se démarquent en clair du terrain alluvial environnant .

Cet ensemble d'aires aux bords rectilignes, réguliers, peut atteindre 850 mètres de long par 110 mètres de large avec le Grand Rectangle .

Dans sa partie la plus dense, le site comporte une trentaine de ces places immenses disposées de manière désordonnée et qui se superposent parfois en se croisant.
 
 

Les lignes
 

Des réseaux de lignes gigantesques et on ne peut plus droites s'entrecroisent en parcourant de part en part les pampas péruviennes. Longues de quelques centaines de mètres voire de quelques kilomètres quand ce ne sont pas des dizaines de kilomètres, ces lignes franchissent les plaines arides et les collines sans dévier de leur trajectoire.

A partir de certains points, on peut les assimiler à des immenses toiles d'araignées étendues sur le sol.

Une infinité de lignes entrecoupées par l'angle d'un grand triangle









Les dessins

Mesurant de 50 à 150 mètres, ces figures tant humaines qu'animales ou géométriques constituent enfin, le dernier genre de lignes, qui, précisons le, ne sont visibles que du ciel. En effet, à cause de leur échelle de construction, il nous est presque impossible de discerner clairement la forme " gravée " à même le sol.

Cela suscitera là aussi de nombreuses extravagances que nous aborderons ci-après.

Vous pouvez constater qu'il nous est impossible de dire de quelle figure il s'agit!

Ces figures représentent aussi bien un singe, un condor ou un colibri, qu'une araignée, un lézard ou bien encore une spirale et des ziz-zags.

Le singe

Le colibri

L'araignée

Prises comme un tout, les lignes paraissent être un véritable fouillis, éparpillées vraisemblablement de façon aléatoire à travers la plaine désolée, se croisant et s'entrecoupant sans raison apparente. A certains endroits, ces tracés plus communément appelés " géoglyphes ", soigneusement représentés, ont été " oblitérés " par un gigantesque trapèze de près de 800 mètres de long.

Par ailleurs, il y a un énorme contraste entre des figures qui ont été exécutées à la perfection et d'autres qui semblent avoir été bâclées.

Enfin, il faut souligner que dans la plupart des cas, les lignes sont associées à une piste ou place et les principales places sont elles-mêmes couplées à une figure animale. Toutes ces merveilles ont fait de Nazca et ses mystères l'une des plus déconcertantes énigmes archéologiques. Il faut de plus souligner la présence de

quelques 1000 lignes et près de 40 figures. Le lézard mesure 180 mètres, le pélican 135 mètres, le singe 90 mètres, le condor 135 mètres et l'araignée en mesure 42.Le condor se trouve couplé avec le Grand Rectangle qui mesure environ 850 mètres.

1-3-3 Comment ?

Le procédé est simple. Il consiste en l'enlèvement de cailloux, sombres (~marrons) qui laissent alors apparaître la couleur, plus claire, des couches sous-jacentes.(~jaunes)

Ces pavés abondants, caractérisant cette zone du Pérou, ne font que quelques centimètres de diamètre. Ils résultent de la fragmentation de larges roches due aux variations extrêmes de température entre le jour et le nuit. De par ces caractéristiques, le sol constitue un véritable bloc-notes. De plus, par ce procédé, des milliers de pierres ont été déplacés.

En ce qui concerne le tracé des figures, il faut savoir que, dans un premier temps, il semble que de nombreux modèles réduits aient été réalisés. En effet, des maquettes des géoglyphes découvertes sur le site montrent qu'on a d'abord esquissé des plans à petite échelle. Utilisant une grille découpant le dessin en sections, les Nazcas ont simplement recopié chaque carré de la grille à une échelle nettement plus importante. Enfin, pour maintenir une trajectoire rectiligne sur plusieurs centaines de mètres, ils ont utilisés un guide fait d'un système de pieux et de cordes. M. Nickell a expérimenté le procédé avec ces outils et il s'est avéré qu'en 9 heures, le condor qu'il a réalisé était pratiquement identique à celui tracé dans la plaine !

La plaine de Nazca est presque unique pour ses capacités à préserver son intrigant labyrinthe de pistes.

Quelles en sont les causes ?

Il faut savoir que le climat qui régit la région est l'un des plus sec au monde avec seulement une trentaine de minutes de pluies par an !

Au dessus du sol, les effets du vent sont minimisée à cause de la couleur sombre des pierres de surface qui absorbent, alors, beaucoup de chaleur. Ceci entraîne la création d'un coussin d'air chaud protégeant les géoglyphes des vents violents.

Un autre facteur s'opposant à modifier la surface est que le sol renferme du plâtre. Ce dernier, en contact avec l'humidité, colle les pierres au sol.

Sans sable ni poussières pour recouvrir la plaine et avec peu de pluie ou de vent pour les éroder, les tracés tendent à rester tel qu'ils sont.

Enfin, une dernière précision s'impose : lignes et figures ne sont tracées que d'une seule ligne, continue, qui ne s'entrecoupe jamais. (cette règle peut cependant avoir des exceptions !)
 
 

2-Géoglyphes et lignes :l'énigme et ses théories

2-1 Les scientifiques

2-1-1 Maria Reiche et Paul Kosok :un calendrier astronomique préhistorique

Pour l'un, c'est " le plus grand livre d'astronomie du monde ". Pour l'autre, c'est " le plus fantastique calendrier de l'antiquité ".

Dans un premier temps, après sa découverte, Paul Kosok a émis l'hypothèse d'un cheminement rituel où les lignes seraient en fait, des voies associées au culte religieux. Et puis en marchant à travers la plaine, il a remarqué que le soleil se couchait dans une direction indiquée par une des lignes.

En y revenant le 22 Juin, jour du solstice d'hiver dans l'hémisphère sud et jour le plus court de l'année, il fût témoin du même phénomène. D'après lui, le peuple Nazca a tracé ces lignes pour marquer ou repérer l'hiver. A partir de là, les autres lignes auraient été gravées à travers le lever et le coucher de corps célestes afin de pouvoir fixer d'autres dates.

Les animaux seraient alors un zodiaque géant, triangles et trapèzes des éléments de visées astronomiques.

D'après un raisonnement analogue, Maria Reiche prétend que le peuple

Nazca utilisait lignes et figures afin de " mesurer " les moments clés du calendrier solaire pour aider ou compléter en quelque sorte, le planning agraire.

La méthode ? Elle est très simple :l'instrument de visée est orienté entre un point d'observation et la position du lever ou du coucher d'un astre (soleil, planète ou étoile) à une date donnée.

L'enchevêtrement des lignes aurait alors une signification évidente :chacune d'entre elles correspondraient à un point de l'horizon pour lequel on voudrait déterminer la signification astronomique. C'est alors le cas pour le lever et le coucher du soleil lors des solstices (22 Juin et 22 Décembre) et lors des équinoxes (22 Mars et 22 Septembre). Ces dates fixent le calendrier. Des périodes intermédiaires ont ainsi été transposées grâce à d'autres visées comme par exemple la date du 6 Mai marquant le début de la récolte dans cette région des Andes.

Cela serait en fait le fruit du besoin d'un calendrier agraire qui permettrait de situer avec

Précision le début des saisons, la crue du fleuve ou la date des semailles.

Enfin, en ce qui concerne cette théorie, il faut noter que l'importante quantité de lignes a pu être expliquée par Maria Reiche. D'après elle, mesures et visées ont dûes être reprises plusieurs fois en raison de la précession des équinoxes. Il s'agit en fait du mouvement des pôles, se déplaçant de manière circulaire suivant un cycle de 26000 ans. Cette variation de la direction de l'axe terrestre entraîne alors le déplacement lent des pôles. Il en résulte enfin une certaine " dérive " des " étoiles fixes " dans le ciel. Ceci est très important puisqu'il y a alors nécessité d'effectuer des corrections sur les visées astronomiques, ce qui représenterait en fait, une mise à jour de la " carte ".

Cette hypothèse peut être admise dans le sens où l'on a découvert des observatoires, permettant ce type " d'études ", à travers le monde. Citons donc l'exemple qui paraît être le plus connu :Stonehenge dans le sud de l'Angleterre. On y trouve d'énormes colonnes de pierres dont la disposition est censée conduire aux solstices et à d'autres positions de la lune.

Voici donc l'une des thèses les plus sensées avancée depuis 1939, or il existe un point négatif à cela. Pourquoi un peuple qui n'en n'est pas moins intelligent, aurait-il choisi d'observer le ciel et ses astres d'un endroit où règne la brume 260 jours par an ? Car malgré les conditions parfaites de conservation des dessins et des lignes, le climat a ce défaut. Pour certains donc, la thèse du centre d'astronomie préhistorique a des limites!

2-1-2 Henri Stierlin :l'aura bénéfique des tisserands

Nous entrons maintenant dans un tout autre domaine mais qui n'en demeure pas moins scientifique dans le raisonnement. Henri Stierlin s'attache dans son livre Nazca :la clef du mystère , a élaborer une théorie plausible tout en laissant partiellement de côté tous les arguments déjà avancés.

C'est au terme d'une longue mais néanmoins intéressante enquête sur la culture Nazca que le professeur s'est orienté vers une interprétation tout à fait différente.

Cette culture était réputée pour ses poteries et ses textiles. Ainsi, en approfondissant ces données, il a pu émettre son jugement.

Le secret réside dans la mise en place du zigzag par les tisserands Nazcas. Pour le comprendre, il nous faut d'abord expliciter certaines choses.

La matière première des tisserands se trouve sous la forme d'un fil à deux brins, tendu au sol dans l'espace ménagé en creux par les lignes (relatives au métier à tisser). Pour le placer sur la zone prévue pour l'ourdissage (terme spécifique relatif au tissage) il va falloir le déplacer, ce qui demande une certaine énergie tout de même. Les tisserands ont donc imaginé un procédé astucieux :la ligne sur laquelle est disposé le fil est en relation avec la " piste " (relative au métier à tisser). Grâce à ce lien, les tisserands n'auront qu'à tirer le fil pour le déplacer. La traction s'exercera dans le prolongement de la ligne et l'extrémité du fil sera fixée à l'un des angles de la place. Puis, toujours en exerçant une pression sur le fil, les tisserands réaliseront des va-et-vient permettant la mise en place en zigzag.

Ce procédé offre une plus grande fiabilité et élimine alors les risques de coupure du fil.

Quel est alors le sens des dessins ?

Une chose est sûre, il y a un rapport avec les installations de tissage. En fait , tissus et figures ont été exécutés avec la même technique. Or, d'après Stierlin, le rapprochement possible ne serait que symbolique ? En effet, s'ils n'ont pas de fonctions pratiques, les tissus montrent tout de même, avec les places, un point commun dont nous avons déjà parlé.

A la manière du stockage du fil en zigzag qui est d'un seul tenant, les figures sont, elles aussi, tracées d'un sillon unique reliant les deux extrémités.

Cette analogie contribue alors à la mise en relation avec les tissus.

De plus, en ce qui concerne les représentations ou du moins les figures représentées, il semble qu'il y ait un lien étroit entre les poteries que nous aborderons plus loin et ce qui est visible sur le sol. On peut en effet prêter des vertus divines aux animaux figurés sur les vases qui, précisons-le, sont en fait des urnes funéraires. Dès lors, les emblèmes seraient capables de protéger le défunt, un peu à la façon du totem qui protège la tribu et ses membres.

Il serait alors logique que les tisserands recherchent cette même protection dans leur travail. Ces dessins paraissent donc devoir placer l'activité et les produits des tisserands sous une aura bénéfique diffusée par les symboles divins.

Enfin, il faut tout de même considérer le fait qu'un rituel de parcours pourrait être associé aux lignes. Les artisans devaient vraisemblablement marcher ou danser dans les sillons. C ëétait une sorte de parcours symbolique pour obtenir la bénédiction des Dieux pour le travail à fournir.

Une dernière preuve vient s'ajouter à cette thèse. Près de la route de Puquio, Maria Reiche a découvert deux dessins. L'un où l'on distingue 16 lignes zigzag, unies à une piste à spirale. L'autre, celui du singe à queue spirale, se voit couplé de même avec 16 lignes formant un zigzag. Les interprétations dans la région disent que la spirale représente en fait la pelote et que les zigzag représentent les aiguilles.

Voici donc une seconde hypothèse qui a demandé à son auteur une réelle remise en question puisqu'il a dû mettre en parenthèse toutes les thèses dont il avait la connaissance, afin de réfléchir et de trouver une solution logique.

2-1-3 Johan Reinhard : le culte religieux des dieux de la montagne

Johan Reinhard est l'instigateur de la théorie du culte. Il a identifié de nombreuses lignes conduisant à des sanctuaires religieux, à des sources d'eau ou à des montagnes.

Il argumente de manière persuasive sa thèse. D'après lui, les Nazcas adoraient les montagnes. La question est de savoir pourquoi ce peuple vénérait-il des objets inanimés ? Il a remarqué une croyance très répandue parmis les cultures des Andes, en différents Dieux, qu'elles considéraient comme leurs aïeux, qui vivaient dans les montagnes. Ces Dieux avaient emprise sur le temps et donc sur l'eau à fournir pour assurer la fertilité des récoltes et du cheptel.

Reinhard ajoute que le Dieu " suprême " (assimilable à Zeus) Viracocha, était associé aux montagnes et à l'eau.

Et la signification des lignes dans tout cela ? Dans son livre Les lignes de Nazca , dont je n'ai pu lire qu'un résumé, il détaille plusieurs traditions, selon lesquelles les Dieux prenaient, dans le ciel, la forme d'aigle ou de condor. Ce qui d'après lui, expliquerait au mieux la signification des lignes.

Que les figures soient visibles du ciel peut être interprété comme étant dû aux capacités des divinités des montagnes à surveiller la région sous la forme d'un oiseau ou d'un félin volant.

Nous nous rapprochons à nouveau ici d'une hypothèse culturelle ou ethnique. Qu'il soit question de religion, de croyance ou de tradition, les réponses paraissent se trouver en le peuple Nazca et en sa culture.

2-2 Les illuminées

2-2-1 Erik von Daniken : les pistes d'atterrissage extra-terrestres

Von Daniken se contente d'affirmer, sans réelles preuves ni amorce de démonstration, une des plus extravagantes théories.

Il prétend , de façon très sérieuse, que le réseau de lignes serait en fait des pistes d'atterrissage pour vaisseaux spatiaux et que les figures serviraient alors de moyens de communication avec les extra-terrestres. Il s'est basé sur des photos de géoglyphes bien cadrées qu'il a mis en relation avec des pistes d'atterrissage d'aéroports actuels. Selon ses dires, il y aurait de nombreuses analogies. Il ajoute même que, de toute façon, le tracé de figures telles à une échelle si grande ne peut se faire sans l'aide d'appareils volants (avions ou montgolfières). Or, nous avons vu précédemment qu'à l'aide de pieux, de cordes et d'un té rudimentaire, une figure était parfaitement réalisable de la terre ferme, à cette échelle et en 9 heures.

L'idée des pistes d'atterrissage tracées par et pour les extra-terrestres est donc à écarter.

Mais, il faut savoir que cette théorie n'est pas la seule du genre!Il y a plus fantaisiste encore !
 
 

2-2-2 Georg A. von Breunig : le site olympique précolombien

Selon von Breunig, les places que l'on trouve dans la Pampa Colorada serait en fait des pistes de course à pied .Les Chasquis, qui, à l'époque Nazca, étaient les messagers chargés de transmettre les informations d'un bout à l'autre de l'empire Inca en courant, se seraient entraînés en ces lieux .

Les Nazcas auraient donc aménagés des pistes de manière à créer des stades qui formeraient alors un site olympique pour Chasquis !

Ceci est facilement réfutable dans le sens où, pour un lieu d'entraînement ou de compétition, Nazca est un très mauvais choix . En effet, l'altitude n'atteint guère plus de 500 mètres . Les routes que les Chasquis avaient à franchir étaient nettement plus accidentées et les altitudes, selon les régions du Pérou, pouvaient atteindre 4000 mètres !

Alors pourquoi s'entraîner ou concourir à seulement 500 mètres si l'altitude moyenne dans le pays est de 2000 mètres ?

Le choix d'un terrain où les conditions approchaient celles que les coureurs devaient affronter en réalité, aurait été plus judicieux !

Cette théorie se voulait plus scientifique paraît-il, et pourtant, une fois encore, la simple logique suffit à la discréditer .

2-3 Les autres

Elles sont des plus diverses :

La liste n'est pas exhaustive (loin de là !), car chacun peut se forger son opinion sur le sujet ! Or, il faut tout de même constater que l'affirmation est gratuite et facile alors que l'argumentation demande, elle, un effort supplémentaire certain : un effort intellectuel.

De plus, il est bien entendu que les hypothèses les plus farfelues prévalent toujours sur les hypothèses rationnelles aux yeux des gens ! Cela illustre tout à fait le besoin réel de l'homme de croire en l'extraordinaire .

3- Les poteries Nazcas

3-1 Description

Nous allons dans un premier temps considérer les poteries de style " PARACAS ?CAVERNAS " qui précédèrent le style NAZCA . La céramique de Paracas-Cavernas est une céramique aux couleurs vives appliquées sur les poteriesaprès la cuisson au four . La technique est originale car le dessin figuré est cerné de lignes creusées dans la pâte grâce à des " incisions " .

De plus, les figures que l'ont peut observer sont très souvent à l'effigie du félidé d'origine chavinoïde (relatif à l'art de Chavin) avec des canines saillantes .On peut dénoter un réel souci de géométrisation et de structure rigoureuse (mais bien loin de tout réalisme)

En ce qui concerne les couleurs, les peintures sont en fait un mélange de résine et de pigment ce qui donne l'aspect d'un vernis. Enfin , on peut dire que les formes sont variables mais les vases les plus typiques ont un corps globuleux ou lenticulaire surmonté de deux becs réunis par un pont (ou anse en pont). Cependant, il existe des bouteilles, des bols, des plats et des coupes .

L'arrivée du style Nazca a chamboulé en partie la technique de fabrication de la céramique . Il y a d'abord eut l'avènement de la polychromie (les poteries de Paracas-Cavernas étaient monochromatiques) et avec cela, l'apparition de couleurs chaudes comme l'ocre, le roux grâce à la cuisson (les poteries étaient peintes avant la mise au four). Cependant , les formes n'ont pas fondamentalement changées .

Le style Nazca est caractérisé par des vases globulaires ou lenticulaires avec deux becs et une anse en pont à la manière du style P.C . Ce qui change radicalement c'est le raffinement des créations qui sont nettement plus soignées, ce qui correspond à un certain soucis d'élégance . Sinon, en général les formes sont simples   bols et coupes sont d'une certaine pureté de silhouette comme si l'artisan avait voulu mettre en valeur le décor de la céramique parfois trop riche ou se limitant à un graphisme simple .

Ce décor peut être constitué de motifs animaliers (condors, toucans, colibris ou tout autre oiseau ; mammifères marins, poissons reptiles ou insectes) mais aussi de figurations humaines comme des prêtres ou des guerriers .

Parfois, enfin, on peut trouver des motifs évoquant, assez abstraitement une force de la germination et de la croissance végétale avec des êtres pourvus de langue, d'yeux et de gueule .

Une chose est à souligner : l'art Nazca est graphique . A la façon des hiéroglyphes égyptiens on relève une certaine expression picturale .
 

L'utilisation première de la céramique (avant que cela devienne un outils " ménager ") qu'elle soit de style P.C ou Nazca, était funéraire . Les vases étaient en fait considérés comme des urnes mortuaires (~sépultures) mais aussi comme des objets chargés de protéger le défunt, qu'ils servent de contenant ou " de décoration " . A la manière des tissus funéraires existant aussi, ces vases étaient donc une sorte d'amulette accompagnant le mort pour l'éternité, et cela grâce aux " divinités " animales ou humaines figurées.

3-2 Poteries et figures du site : acte volontaire ou de pur hasard

Effectuons un parallèle entre une poterie et un dessin figurant la même chose :

On remarque facilement les analogies existantes entre les deux images car précisons le tout de même, elles représentent la même chose : un colibri.

Les deux figures sont donc quasiment identiques . Ceci est bien la preuve que nous gardions jusqu'à présent secrète !

Les réelles ressemblances existantes semblent indiquer que le peuple Nazca est bien à l'origine des figures du site de la Pampa Colorada découvert en 1939.

Il semble que les analogies graphiques soient voulues, ce qui est logique si c'est la même culture qui a réalisé pistes et poteries .

En effet, il était, à l'époque, tout à fait normal pour les artistes et artisans de reproduire des oiseaux, des reptiles, des insectes et des créatures des mers . Par contre, le but des deux expressions artistiques ne paraît pas du tout être le même.

Pourquoi ?

Si cela avait été le cas, tout aurait été identique dans les deux cas, au détail près .

Or on remarque la présence d'éléments sur le site qui sont absents sur les poteries . Je pense ici aux lignes s'entrecoupant et aux formes abstraites et géométriques accompagnant les figures .

Si le but des poteries et des figures avait été le même aucun détail n'aurait été omis .

Il n'y a donc aucun lien entre ces deux arts si ce n'est qu'ils ont été produits par le même peuple soucieux de ses traditions et de ses croyances .

Il était donc important de parler des céramiques de style Nazca puisqu'elles sont la preuve désignant la culture Nazca comme auteur des mystères de la plaine portant ce nom .

Même si rien ne lie céramiques et figures, elles témoignent quoi qu'il en soit des moyens intellectuels, artistiques et artisanaux des cultures précolombiennes qui vécurent il y a près de 2000 ans .
 
 

4- Conclusion

Avant toute chose, il faut souligner le fait que Nazca n'est pas le seul site où de tels dessins sont observables. En effet, d'autres régions du Pérou voient leur sol gravé de figures ou de lignes. Citons entre autres : Ica, Supe et Lima.

Mais ce phénomène a aussi été localisé hors des frontières du pays comme en Angleterre ou en Bolivie (pour n'en citer que deux !)

On constate donc que le cas de Nazca n'est pas unique en son genre.

Avec toutes les théories que nous avons développées au cours de cet exposé, le caractère paranormal du " mystère " semble être discrédité. En effet, les thèses les plus extravagantes sont trop facilement réfutables de par le manque de preuves mais aussi d'objectivité.

Il est vrai que chacun de nous peut chercher et trouver une " solution ", mais le besoin de croire en l'existence d'entités extraterrestres est tel que toute explication ne sera pas rationnelle si une réelle réflexion n'est pas envisagée!

Que cela soit une carte astronomique préhistorique, un acte religieux ou toute autre chose, la vraie clé du mystère restera toujours en la possession du peuple Nazca.

FIN


SOURCES (pour détails et références précises: cf. la bibliographie in "Au Coeur de l'Extra - Ordinaire")

*Au Coeur de l'Extra-Ordinaire de Henri BROCH
*Nazca :la clef du mystère de Henri STIERLIN
*Dictionnaires et encyclopédies diverses
*Et un grand merci à Internet !

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